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 Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)

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MessageSujet: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Lun 10 Mar 2014 - 23:56

On lui avait beaucoup parlé des hommes. Souvent en mal. Lui aussi il avait pensé le pire de ces étrangers. Mais c'était la rancœur de l'ensemble de sa famille qu'il exprimait. Ce qui est particulier, lorsque l'on a une pensée presque commune, c'est que si l'un sait quelque chose, les autres l'apprenne aussi. C'est pour cela que ses frères ne s'inquiètent jamais de l'apprentissage de leur culture. Elle est en eux. Ce savoir de ce qu'il l'était, il l'avait depuis que ses yeux avaient clignés en découvrant le monde. Est ce qu'à ce moment, il avait imaginé être un jour séparé de sa famille ? C'était peut être inscrit dans ses gènes, dans sa pensée depuis le début ? Mais Epsilon se posait beaucoup trop de questions depuis qu'il s'était éloigné d'Ood Sphère. Cette liberté le rendait heureux tout en le mettant mal à l'aise. Il n'avait pas l'habitude de faire en permanence ses propres choix. Pourtant, c'est bien ce qu'il devait faire pour vivre dans ce nouveau monde qui s'offrait à lui.

Il avait cligné des yeux, et le paysage avait changé. A la place de sa planète froide, aux innombrables flocons et aux passerelles de glaces, se tenaient des bâtiments à perte de vue, des lumières aveuglantes et une chaleur presque étouffante. En rentrant dans cette étrange entassement d'hommes et de bétons, l'ood se demandait où il se trouvait. Certes, sur la Terre. Mais il ne l'avait pas imaginé de cette manière. Il pensait que les hommes, qui avaient colonisés l'espace, habitait une planète magnifique. Ce n'était pas le cas. La fumée était partout, les cris fusaient et les arbres courbés semblaient pleurer. Où ces étranges voyageurs l'avaient déposés ? Pourtant, malgré sa demande étrange, les hommes l'avaient accueillit chaleureusement dans leur vaisseau et lui avait promis un voyage d'à peine quelques secondes, comme s'ils remontaient le temps . Et il s'était retrouvé sur Terre. Mais pas en 4149. En 2014. A Londres. Un petit problème de réglage sans doute. Soit ces hommes avaient de l'humour, soient ils avaient une idée derrière la tête. Ood Epsilon n'aimait pas cela, parce qu'il connaissait aussi mal l'humour que la société du XXI siècle.

Cela faisait donc deux mois qu'il arpentait les rues de la capitale anglaise. Il regardait les passants et tendait la main. Ce geste lui avait toujours paru étrange. Ce n'est pas en dirigeant la main vers les autres qu'ils allaient faire quelque chose pour vous. Ici, tout le monde est unique et pense d'abord à soi. Qui donnerait de l'argent à un pauvre défiguré ? Car c'est bien ce qu'il était devenue dans cette société qui restait encore obscure à ses yeux. Portant toujours une longue cape couvrant presque entièrement son visage, on ne distinguait que partiellement ses traits. Beaucoup pensaient qu'il avait subit des atrocités durant son enfance ou qu'il revenait d'une guerre ou encore que des scientifiques fous l'avait utilisé pour des expériences. L'ood était devenu une sorte de légende. Ou une bête de foire au choix. Et il avait encore du mal à comprendre ces concepts d'indifférence, de mépris. Certes, il les avaient connus à Ood Sphère. Mais il ne pensait pas que les Hommes étaient aussi cruels avec leurs propres frères.

Il lui manquait l'enchantement. Celui qu'il avait lu dans les yeux d'Ivan. Celui qu'il avait aperçu dans les étoiles lorsqu'il leur parlait pendant des heures. Ces grands discours au ciel, il en faisaient encore tous les soirs. C'était comme une sorte de rituel. Dans ces moments là, il percevait plus nettement les pensées de ses frères. Ou tout du moins ils croyaient les entendre. Epsilon se leva du recoin sombre où il avait élu domicile pour faire la manche. Dans sa lenteur habituel, il commença à se diriger doucement vers l'horizon.

C'est à ce moment là qu'il percuta quelqu'un. Sa cape tomba sur le sol, dévoilant sa véritable nature aux yeux des passants. Beaucoup hurlèrent, d'autres s'enfuir. Il allait devoir encore partir. Pourquoi semblait il si repoussant à leurs yeux ? Quel importance pouvait avoir l'apparence lorsque l'on pouvait penser ? Être un, être tout. Et il ne s'était jamais posé la question du beau et du laid, concrètement. La seule chose qu'il avait compris dans cette aberration, c'était que certains étaient supérieurs à d'autres. Et cela, il n'aimait pas. Pendant qu'il était plongé dans ses pensées, il s'était recroquevillé sur lui même instinctivement. Ayant repris ses esprits, il se releva et remis sa cape en place, couvrant son visage. C'est alors qu'il se rendit compte qu'on l'observait. La femme qu'il avait bousculé était encore là, et le fixait.

Je me demande ce qu'elle me trouve. On dirait qu'elle essaye de lire dans mon esprit. Dommage que les humains ne connaissent pas la télépathie, j’aimerais savoir pourquoi elle ne s'est pas enfuit...
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Ven 14 Mar 2014 - 14:30

Il était beaucoup trop tôt pour se lever. Se tournant et se retournant dans son lit, Aedis observait presque méthodiquement les minutes passer sur son réveil analogique, avec ses diodes aux teintes verdâtres, et ce pour deux raisons : c'était tout à fait fascinant de voir ces chiffres se modifier seuls, et, de ce fait, cela lui permettait de ne pas laisser son esprit divaguer et avoir des pensées pas tout à fait positives. Et, au mieux, elle parviendrait finalement à se rendormir : en plus, elle ne travaillait même pas aujourd'hui. Un comble ! Au bout d'une heure à gigoter au fond de ses draps, la demoiselle finit par se lever violemment, rejettant presque ses couvertures au sol. Nul besoin d'ouvrir les volets, en théorie, le ciel était encore sombre à cinq heures du matin ; néanmoins, elle n'aimait pas utiliser de la lumière pour rien, vieux reste de ce qui avait été la majorité de sa vie, et ouvrit à l'aveuglette ses persiennes. Une pâle lumière envahit les lieux, émanant des quelques réverbères qui illuminaient sa rue : cela suffisait pour que des ombres apparaissent dans son appartement, et qu'elle puisse distinguer ses meubles, en nuances de gris. Elle prit donc un rapide petit déjeuner, dans la pénombre, puis s'habilla d'un jean et d'un t-shirt marron -elle aimait bien cette couleur-, ainsi que d'une paire de converses blanches. Sortant en claquant la porte, clefs néanmoins dans sa poche, Aedis se mit à errer dans les rues londoniennes. Tombant au fil de ses pérégrinations sur un parc, encore désert, elle entra et déambula dans les allées, avant de s'éloigner des sentiers battus. S'asseyant finalement contre un arbre, elle laissa sa main courir contre l'herbe humide de rosée, appréciant la caresse douce du matin. Observant le calme et écoutant les premiers oiseaux chanteurs qui s'éveillaient en même temps que la ville, enfin, la demoiselle réussit à s'endormir...

* * *

Sentant le soleil tanner sa peau pâle mais résistante, Aedis s'éveilla alors que l'astre luisant était déjà haut dans le ciel. Devant elle passaient des joggueurs, des gamins et des chiens avec des frisbees, des couples bras dessus bras dessous. Ce spectacle réconfortant de l'humanité la fit sourire, mais n'eut guère la capacité de soulager son dos à présent endolori, et la demoiselle dut se résoudre à se lever et marcher un peu. Retournant dans la rue, quittant d'un soupir les arbres rassurants, elle s'arrêta au bout de quelques minutes dans une boulangerie, où elle acheta vilement les trois derniers croissants ; en regardant le sachet, elle se dit que finalement, le monde moderne avait du bon. C'était sur ces considérations qu'elle se rendit compte que sa journée allait être pour le moins... Perturbée. Elle marchait sans y faire attention, et heurta quelqu'un. S'excusant sans y penser, elle continua à marcher.
Les gens se mirent soudainement à hurler et à courir. Amusant comme les moutons restent des moutons, quelque soit l'époque : stupides, effrayés et naïfs. Au contraire, Aedis, qui se sentait quelque peu au-dessus du lot, céda à sa curiosité naturelle, ce qui la poussa à se retourner, pour voir ce qui se passait réellement. Elle n'allait pas s'enfuit devant des chimères ! Elle eut un hoquet de surprise en voyant cette... Chose. Qu'est-ce que c'était ? D'où sortait-il ? Elle se mordilla la la lèvre : il n'avait pas l'air aggressif. Etait-ce la personne qu'elle avait bousculé ? Il lui semblait bien que c'était elle... Le voyant remettre son capuchon en place, Aedis resta immobile ; il finit par remarquer sa présence, et la fixa à son tour. Sentant la situation devenir gênante, elle fit quelques pas, et sourit timidement :


    - Bonjour. Je crois que nous ferions mieux de nous éloigner. Il y aura eu dans le tas bien un ou deux imbéciles pour alerter je ne sais quelle autorité.

Effectivement, ils eurent tôt fait de déguerprir, s'enfonçant dans d'autres rues de Londres. Finalement, la demoiselle se tourna vers l'étrange inconnu :

    - Je m'appelle Aedis. Et vous... Qu'êtes vous ?

Oui, bon, ça manquait un peu de politesse. Bah, tant pis.
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Mar 25 Mar 2014 - 11:40

Ood Epsilon était quelqu'un qui aimait se poser des questions. Il s'imposait des réflexions qui pouvait aller très loin, et cela arrivait qu'il se perde. Autrefois divaguer ainsi aurait été mal vu, mais maintenant il avait la possibilité de se tromper et de faire des erreurs. Sur lui ne reposait plus la responsabilité écrasante d'une espèce toute entière. Mais cela ne lui donnait pour autant aucune excuse pour l'inattention qu'il venait de commettre.

Bousculer un passant était une chose, montrer son visage en était une autre. Il évitait en général tout contact visuel avec un inconnu, pour minimiser les risques. On ne sait jamais vraiment à quel humain on peut avoir affaire. Mais étrangement, la jeune femme devant lui ne semblait pas apeuré. Juste un peu de surprise et d'incompréhension se lisait sur son visage. L'ood ne se voyait pas, mais on pouvait lire aussi, avec sa manie de cligner des yeux, son étonnement. Et cela ne s'arrangea pas quand la jeune femme l'invita à la suivre.

Ils marchaient tout deux dans les rues de Londres, s'éloignant du lieu de leur rencontre. La mystérieuse inconnue avançait d'un pas rapide et déterminé, tandis qu'Epsilon la suivait avec peine. La rapidité n'a jamais été son fort, c'est une autre des raisons pour laquelle il n'a jamais essayé de s'enfuir là bas. Un escargot n'échappe pas à la pluie, lui avait dit un sans abris un jour. Il n'avait pas saisit le sens de l'expression, mais l'avait gardé par habitude. Alors que le jeune Ood avait commencé à prendre le rythme, son étrange guide s'arrêta puis se tourna vers lui, lançant la phrase qu'il redoutait d'entendre :

"Je m'appelle Aedis. Et vous... Qu'êtes vous ?"

Depuis qu'il était arrivé sur Terre, il n'avait jamais prononcé le mot Ood. A cet instant, il avait envie de se saisir de son transmetteur et de parler. D'expliquer sa vie, son but. Que quelqu'un le comprenne enfin. Cela faisait une éternité qu'il n'avait pas parler à quelqu'un d'autre que lui. Mais Epsilon savait que ce serait impliquer cette inconnue dans sa vie pour les années à venir. Car une histoire pareille ne peut pas s'oublier. Epsilon se doutait bien que la jeune femme  se moquerait sans doute de lui, le prenant pour un fou. En effet, sa vie ne semblait être qu'un "roman", étrange chose inventé par les humains comme divertissement. Mais il se devait d'être honnête avec celle qui avait croisé sa route. Il prit le transmetteur jusqu’à qu'ici caché dans sa poche, et activa sa voix grave et artificiel :

"Je suis Epsilon. Un Ood plus exactement. Et comme vous semblez le penser, je ne vient pas de ce monde. Enfin, j'habitais sur une autre planète autrefois. Excusez moi si cela peut vous paraitre un peu confus et irréaliste, mais c'est la réalité. Maintenant que les présentations sont faites, vous pouvez soit partir et essayer d'oublier mon existence, soit me dire où vous voulez nous emmener exactement. Et je ne vois pas la raison qui vous pousserait à rester avec moi. Personne n'aimerait rencontrer un jour quelqu'un de mon espèce... Comment dire... Ce n'est pas tous les jours que l'on voit un extraterrestre non ?"
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Mar 1 Avr 2014 - 13:57

Attendant la réponse de la créature, Aedis le sentit hésiter, réfléchissant apparemment à ce qu'il pourrait dire. Etant donné qu'il n'était pas humain, ça lui semblait évidemment, il devait sans doute se demander ce qu'il pouvait bien révéler à une inconnue qui lui posait de telles questions, de but en blanc. Le voyant farfouiller dans sa poche, Aedis se mit sur la défensive, mi-curieuse, mi-apeurée : ses connaissances en alien se résumaient aux anges pleureurs, et aux choses que lui avaient raconté le Troubadour. Mais il ne sortit qu'une espèce de globe, qu'il... "activa".
Ainsi, il était un Ood, nommé Epsilon. Il avait un discours un peu guindé -presque autant que le sien quelques mois plus tôt, mais cohérent, et la demoiselle haussa les épaules avant de répondre d'un sourire amusé, et avec son habituel accent un peu vieilli :


    - Enchantée, Epsilon. Je ne crois pas votre histoire irréaliste, loin de là. Et euh... Je n'avais pas l'intention de vous emmener où que ce soit, c'était plus pour nous éloigner des ennuis. Je ne tiens pas plus que vous, j'imagine, à me retrouver au milieu de policiers. Soupirant, Aedis reprit en levant les yeux au ciel, avant de se concentrer à nouveau sur Epsilon : Bof, c'est vrai qu'on ne voit pas tous les jours un extra-terrestre, mais, à vrai dire, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre quelqu'un qui a passé la majorité de sa vie au dixième siècle...

Un sourire amusé naquit sur son visage, alors qu'elle se déplaça de quelques pas, en direction des rues plus empruntées. Jetant un coup d'oeil à Epsilon, elle le jaugea rapidement, et reprit :

    - De fait, maintenant que vous en parlez... Il y a des lieux plus agréables qu'une ruelle pour papoter. Vous voudriez aller quelque part ? Un café ? Quoique, je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée. Un parc peut-être ?
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Ven 25 Avr 2014 - 15:38

La police. Epsilon avait mis du temps à comprendre ce principe à son arrivée à Londres. Pourquoi mettre en place une organisation pour faire régner l'ordre et la justice ? Pour lui, soit la société n'était qu'harmonie et liberté, soit elle n'était que chaos et répression. Il n'avait connu que cela, et avait du mal à saisir le fait que les hommes pouvaient être à la fois bon et mauvais. Certes, Ivan était un homme méritant comparé à certains de son espèce. Quel était donc la limite entre le bien et le mal ? Cette question le taraudait depuis quelques temps. Autrefois, cette interrogation lui aurait paru absurde, presque dangereuse. Ce qui était bon pour un Ood était bon pour un autre, cela semblait aberrant de penser le contraire. Mais ici, il n'était qu'un étranger qui devait fuir la justice. Même s'il n'avait jamais été dans ce lieu que ses compagnons de pavés appelaient "le poulailler", il comprenait qu'il ne serait pas le bienvenue. Trop de différences, trop d'incompréhensions. C'est pour cette raison qu'il écouta plus attentivement la jeune femme qui se tenait devant lui.

"Je ne crois pas votre histoire irréaliste, loin de là."


Aedis semblait différente des humains qu'il avait connu. Elle réagissait calmement, parlait avec une pointe d'ironie. Il ne lisait dans ses yeux que de la curiosité à son égard. Pour Ood Epsilon, les Hommes ne communiquaient véritablement qu'avec leurs yeux, comme ses frères et lui se parlaient par la pensée. La première chose qu'il avait donc regardé chez sa sauveuse était ses deux iris gris pâle. Elle n'avait pas peur de lui. Epsilon pouvait lui faire confiance.

"Un parc peut-être ?"

Souvent, l'Ood réfléchissait beaucoup trop. Mais il n'avait que cela à faire de ses journées. Pour une fois qu'on lui proposait quelque chose de nouveau, il ne pouvait refuser. Depuis toujours il collectionne les objets tout comme les instants précieux. Et une femme du 10ème siècle et un extraterrestre on un point commun : ils viennent d'ailleurs. Même si Epsilon n'avait pas encore déterminé précisément quand se situait le 10ème siècle... Mais il adorait découvrir la culture humaine, et répondit simplement à Aedis :

"Il y a un petit parc abandonné non loin d'ici. Nous pourrons parler calmement. Il vaut mieux éviter les grands parcs, mon transmetteur inquiète ou fait rire. Suivez moi"

Et l'Ood passa légèrement devant la jeune femme, regardant l'horizon. Échanger quelques mots avec cette inconnue allait sûrement se révéler intéressant. C'est ce qu'il se disait alors qu'ils passèrent ensemble la porte rouillée du parc.
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Mar 20 Mai 2014 - 14:20

Le sourire qui naquit sur le visage de la demoiselle resta un instant, alors qu'elle attendait la réponse d'Epsilon. Curieuse comme elle l'avait rarement été, Aedis se remémora son cours voyage avec le Troubadour, alors qu'elle lui posait toutes les questions qui lui passaient par la tête à propos de lui, de ses voyages, de sa culture. Et pourtant, il ressemblait à n'importe quel être humain. Que dire alors de cet Ood, de cet être extra-planétaire ! Il lui proposa de se rendre à un parc un peu plus loin dans la ville, où ils pourraient être au calme. Hochant la tête, la demoiselle emboita le pas d'Epsilon, le laissant prendre la tête de la suite des opérations. Un ange passa entre eux le temps qu'ils marchaient, chacun sans doute réfléchissant à cette improbable rencontre.
Le parc était magnifique, bien plus beau que ce que l'on pouvait voir de taillé, de coupé, de propre et précis. Aedis se souvenait des forêts sauvages de l'ancien temps, et elle regarda les plantes grimpantes et sauvages batailler pour leur survie avec une pointe de nostalgie. S'asseyant sur un banc au bois à moitié pourri, elle se tourna vers Epsilon, et commença :


    - D'où est-ce que vous venez ? Je n'ai croisé que trois autres types d'extra-terrestres jusqu'ici... On en voit peu par ici, la Terre n'est pas une destination très populaire...

Surtout en ce moment, alors qu'ils avaient eu droit à des attaques qui mettaient UNIT et compagnie sur les nerfs. S'étirant les jambes, la femme regarda autour d'elle. Il n'y avait personne aux alentours, le parc était effectivement bien tranquille. Sans doute, dans un coin un peu plus reculé du lieu, se trouverait un ou deux groupes de junkies ou d'ados rebelles. Mais ceux là étaient trop stones pour voir et comprendre, ou trop bêtes pour être crus. C'était un avantage, et puis ils profitaient de la vue. Ils auraient pu se croire loin de tout, loin de la ville... Seuls, un doux ronron se faisait entendre, vague réminiscence des voitures qui se déplaçaient non loin de la, sur la route. Sans y faire attention, on aurait presque pu penser que c'était le bruit de la mer, du ressac et du vent. Aedis n'était jamais venue ici, mais elle s'y sentait bien. Elle devrait penser à remercier l'Ood plus tard.
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Dim 15 Juin 2014 - 22:12

La nature était une chose que personne ne pouvait renier. On pouvait la cacher, l'oublier ou la détruire, mais elle valait toujours mieux que ces constructions vides et grises. Les humains ne le comprenait pas forcément, ce n'était pas quelque chose d'évident pour eux. Mais alors qu'il était assis sur ce banc un peu usé par le temps, Epsilon en profitait pour admirer le paysage alentour. Le concept même des parcs l'avait toujours intrigué et émerveillé à la fois. Dans un espace défini, on réunissait des arbres, des fleurs, tout ce qui pouvait être beau à regarder ou à toucher. Mais rien ne dépassait, tout était tenu sous clé, derrière une grille, et fermé dès que la nuit était venue. Ce lieu si calme, qui semblait sauvage et libre, ne l'était pas vraiment. C'est pour cette raison qu'il aimait venir ici. Le parc lui rappelait un peu chez lui, ce qu'il avait vécu. C'était une manière pour lui de ne pas oublier ses origines et de réfléchir en paix.

L'ood réfléchissait depuis quelques secondes déjà à la manière dont il allait répondre aux questions de la jeune femme assise à ses côtés. Difficile de lui raconter l'histoire de son peuple et de sa planète en quelques phrases. Comme tous les orateurs, il n'avait jamais été doué pour raconter une histoire de manière brève. Il fallait toujours qu'il rajoute sa vision des choses, ses pensées... Depuis qu'il était loin d'Oodsphère, Epsilon pouvait se permettre de penser un peu plus par lui même. Il profitait donc de ce nouveau don chaque jour. Il prit donc la décision de lui parler avec des allégories, des choses simples. Il voulait qu'elle comprenne. Il savait que ce n'était pas évident de faire passer une image par la parole. Mais il se lança tout de même.

"Je viens de très loin... D'une planète encore inconnue aujourd'hui par votre peuple. Ma galaxie est pour vous inaccessible. Mais un jour, vous viendrez nous rendre visite, franchissant les limites de la lumière et de l'espace. Les humains trouverons Oodsphère. Chez moi, tout est différent. Le vent est glacial et la neige tombe sans cesse. Dans l'immensité, ma planète n'est qu'une petite sphère blanche. Le climat n'est peut-être pas idéale, mais cela en vaut la peine. D'éternels ponts de glaces et de cristaux, construit naturellement au fil des siècles rendent l'endroit magique. Mais les hommes sont venus. Et comme pour les arbres de ce parc, ils nous ont modifié pour que nous soyons utiles, ils nous ont fait marcher droit. Ils veulent toujours contrôler ce qui est différent. Mais c'est une autre histoire, qui fait partie du passé des Oods. Maintenant je suis ici, perdu dans une époque que je ne connais pas, ayant remonté le temps par hasard."

Alors Epsilon se tut. Il ne savait pas s'il en avait trop dit ou pas assez, mais il laissa planer un long silence, pour qu'Aedis comprenne pleinement le sens de ses paroles. Il écouta le bruit des voitures et des passants, lointain mais trop présent à son goût.
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Jeu 17 Juil 2014 - 9:46

Un souffle de vent fit frémir les arbres, et caressa le visage de la blondinette, qui ferma les yeux en soupirant de plaisir. Parfois, le passé lui manquait, et elle se prenait à rêver de grands espaces, de longues chevauchés dans une forêt à peine connue des hommes, et d’une vie plus simple et plus simple. Toute la technologie, tous les moyens de communication… Cela en valait-il vraiment la peine ? L’époque où elle avait grandi avait ses inconvénients, et ils étaient nombreux, mais… Les gens n’étaient pas des monstres remplis d’angoisse, de stress et de mal-être ; tous n’étaient peut-être pas heureux, mais ils savaient au moins être reconnaissants de ce qu’ils possédaient.
La description de son monde –Oodsphere- par Epsilon raviva ces pensées dans l’esprit d’Aedis, qui sourit rêveusement. Laissant un silence s’installer entre eux, elle finit par répliquer, d’une voix douce :


    - Ca a l’air… Magnifique. On m’a offert un jour de voyager à travers le temps et l’espace... J’ai refusé, je voulais revoir les miens. Mais, quand j’y repense, quand j’entends que de telles beautés existent par de-là notre système solaire… Je regrette mon choix.

Des étoiles rêveuses brillaient dans les yeux de la jeune femme. Voyager ? Elle n’en avait pas eu la possibilité quand elle avait été jeune –et elle n’en avait pas eu l’envie, faute d’éducation en ce sens- et maintenant, elle était coincée ici par… Par sa famille ? Par ses responsabilités ? Par le manque d’argent ? Plus plausiblement par la peur : sa famille ne la retiendrait sans doute pas, elle pouvait prendre des congés à son boulot, et elle avait plus d’argent qu’il n’en fallait. Elle avait juste peur, quoi qu’elle ne sache pas vraiment de quoi. Elle avait envie de revoir le Troubadour, et d’accepter son offre. Il lui avait dit qu’il reviendrait !

    - Comment avez-vous remonté le temps ? Elle inspira longuement, et repris avant qu’Epsilon ne puisse répondre. Quand j’étais petite, j’ai fait la rencontre d’un ange pleureur. Il m’a envoyé à peu près 500 ans en arrière… C’était… Perturbant. J’imagine comme ce doit être d’être encore plus loin dans le temps et dans l’espace par rapport à chez vous. Même si vous avez fait le choix de voyager, je suppose que ce n’est pas facile tous les jours.

Le tact n’était pas forcément son fort, mais elle faisait du mieux qu’elle pouvait.
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   Ven 22 Aoû 2014 - 0:08

Ood Epsilon ne comprenait pas. Certaines émotions était pour lui un mystère. Au contact des humains, il en avait découvert bon nombre. Mais celle ci était douce et agréable. Ce n'était pas de la colère ni de l'appréhension. C'était quelque chose qui lui rappelait chez lui. Une sorte de partage des sentiments entre deux êtres. Il était toujours bercé par cette sensation quand il était auprès des siens. Les Ood se comprennent tous, leur ressentis sont semblables. Mais Epsilon ne s'attendait pas à ce qu'une humaine ressente elle aussi de la nostalgie pour un autre monde. Il pouvait le lire dans ses yeux, dans son sourire rêveur. Il se demandait quelles étaient les raisons qui l'avait arraché à sa terre, si elle avait eût le choix. Mais le silence fût rompu et une phrase lui fit tourner la tête vers son éphémère compagne de route.

"Je regrette mon choix"

Il se rendit compte à cet instant qu'il aurait pu devenir Aedis. Enfin, pas au niveau du métabolisme ni de l'espèce mais.... Elle représentait le chemin qu'il n'avait pas choisit, celui de refuser de voyager. Il voyait à travers elle ce qu'il aurait pu devenir s'il n'était pas parti d'Oodsphère. Une personne pleine de rêves qui ne seront jamais assouvis. Un naufragé qui attendait que quelqu'un revienne, pour lui faire voir l'univers. Leur situation était similaire, dans une certaine mesure. Il se demanda pourquoi les choses se passaient de cette manière, que le hasard n'en était pas vraiment. Est ce que cette discussion dans ce parc avait un but précis ? Epsilon n'en savait rien. Mais cela lui faisait du bien de parler. Mais alors que ses pensées vagabondaient comme à son habitude, la jeune femme avait continué à poser ses questions. Il avait l'impression que plus le temps passait, plus elle se rapprochait de ses secrets. Ce qui ne l'empêcha pas de répondre néanmoins, n'étant plus très méfiant à présent :

"Je ne connais pas les Anges Pleureurs, mais je suppose qu'il a été aussi difficile pour vous d'être ballotée à travers les époques. J'ai une très mauvaise notion de comment le temps passe ici, et des dates. Je serais bien incapable de situer votre point de départ et votre point d'arrivée. Mais mon voyage dans le temps fut bien différent du votre. J'avais décidé de voir les étoiles, plus précisément la Terre. J'ai une dette à payer auprès d'un ami qui vit ici. Je voulais le rejoindre et parcourir l'immensité. Découvrir de nouvelles choses, amasser des objets pour ma collection. Mais cela n'avait aucun sens de le faire seul."

L'ood s'arrêta quelques secondes, comme pour ressentir ses propres mots, et donner le temps à son interlocutrice de tous les comprendre. Il reprit son traducteur rond, et poursuivit son récit.

"Les astres de loin semblent merveilleux, brillants. Ils exercent sur beaucoup une attraction incroyable. Je fais partie de ceux qui rêve de voir ces lumières de plus près, de voir quels mystères elles regorgent. Mais maintenant que j'ai vu, je suis perdu. Je ne m'attendais pas à la misère, à l'injustice, à devenir un monstre sur la planète qui m'intéresse au plus au point. Même s'ils ont été ignobles avec nous, les hommes ne sont pas tous les mêmes. Vivre ici a été dur, le plus souvent. Je ne compte plus les fois où j'ai regretté mon départ, ma famille que j'ai lâchement quitté pour les étoiles. Je les entends chanter pour moi dans mon sommeil. Ca me redonne de l'énergie. Je vois des choses biens parfois, même sur le pavé. Mon existence aurait été moins libre si je n'avait pas décidé de monter dans ce vaisseau qui partait pour la Terre. Je ne connaissait pas ses hommes, mais ils m'avaient promis de m'amener à destination sans poser de questions. Mais je voulais me rendre sur la Terre en 4149. J'ai choisit de voyager, mais pas à travers le temps."
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MessageSujet: Re: Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)   

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Le monde change d'un clignement de paupière (Londres 2014, PV Aedis)

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