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 TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]

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MessageSujet: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Dim 6 Juil 2014 - 14:05

“Mendax & Virginia

L’ombre d’un ciel agacé par la neige planait au-dessus de cette pauvre Londres et le temps n’était bien que très peu joyeux ce jour-là, l’on se dépêchait de courir se mettre à l’abri alors que des trombes d’eaux gelée commençaient déjà à parsemer le sol dans un silence presque effrayant, les nuages gris étaient uniformes recouvrant le ciel tout entier. La voiture n’avait pas encore été commercialisée et ses modèles les plus récents n’avaient rien de très stable, alors, on se contentait d’utiliser nombreux véhicules hippomobiles de différentes tailles et de différents luxes, certains se plaisaient à être tirés par plusieurs chevaux dans de larges coches, tandis que d’autres s’affairaient, parce qu’ils n’avaient pas les moyens d’avoir plus, à tous rentrer dans un plus petit habitacle. Au rebord de la pénombre gênée par le gris du ciel, un jeune homme d’à peine une vingtaine d’années dirait-on par son visage, s’approcha d’un cocher et lui tendit quelques pièces, en lui marmonnant une direction. Il était vêtu très sobrement, comme s’il sortait tout juste de son tailleur, un simple haut-de-forme positionné sur le sommet de son crâne, cachant les reflets lumineux de sa toison blonde décoiffée qui lui servait de cheveux, il n’avait pas de moustache au grand dam de la mode de l’époque, mais semblait de toute façon incapable d’en faire pousser une. Le garçon ne précisa pas la raison de ce long et très coûteux voyage, et le cocher ne voulait de toute façon pas le savoir. Du moment qu’il était payé, cela lui conviendrait. Impatient, le jeune homme avait fait signe au cocher d’accélérer, qu’il était pressé. Après quelque grognement solitaire et une insulte retenue, il fit aller plus vite ses deux chevaux.

Finalement, ils arrivèrent à la destination qu’avait voulu rejoindre en toute hâte le jeune homme, et plutôt que de remercier le cocher, il se mit à regarder autour de lui, prenant connaissance de l’environnement qui l’entourait, prenant connaissance des routes et des chemins tout autour de lui. Il avait en mémoire le trajet de Londres à Canterville Chase, et avait retenu chaque mouvement. Le cocher était un homme vénal, mais un homme bon, il demanda quelque paiement à nouveau pour être récompensé de ce long trajet et de cette accélération qui fatigua les deux chevaux noirs, mais le jeune homme au chapeau haut-de-forme ne le paya pas. Au contraire, il détacha de sous son veston un couteau à la lame très longue, autant qu’une main, et le logea d’un geste dans la gorge du pauvre monsieur. Le pauvre homme n’eut même pas le temps de s’en rendre compte qu’il était déjà en train de se vider de son sang, sur son siège, alors que ses cheveux hurlaient de nombreux hennissements. Mais étrangement, lorsque le garçon retira du sommet de sa propre tête le chapeau et qu’il s’avança vers les deux bêtes, d’un geste de la main levée au-dessus de leurs larges têtes, les chevaux se turent, et quand il les détacha du véhicule, s’en allèrent bien au loin sans se retourner et sans s’intéresser au cadavre du pauvre cocher, qu’un simple mouvement fit tomber au sol, dans un fracas épais et lourd. Le jeune homme aux cheveux blonds regarda la dépouille et se mit à sourire, amusé. Remettant son chapeau, il continua la route seul. Faisant le tour de la propriété, il n’allait pas entrer par la grande entrée, ç’aurait été trop facile. Il fit le tour, et lorsqu’il fut finalement parvenu aux arrières cours, dans un très grand jardin, il escalada quelques pierres et buissons enneigés puis se laissa finalement tomber sur le sol de la propriété immense. Il était intéressé par ce qu’elle avait contenu, ce qu’elle avait vécu, cette grande maison. Quelque chose de fascinant s’y était produit, et quand bien même il n’était pas certain de savoir de quoi il s’agissait, il savait qu’il devait venir tout y récupérer. C’était précieux, et sûrement très bon à revendre. L’appât du gain, c’était la seule raison qui l’avait poussé à venir, qui l’avait poussé à tuer un homme innocent et tout à fait sans rapport avec toutes ces histoires. Mais à qui manquerait-il, de toute façon ?

Une fois qu’il eut pénétré l’intérieur de la gigantesque habitation, il fut ravi de trouver que personne n’était présent à ce moment, tous dormaient. Parfois, il récupérait quelques objets de valeur qu’il croisait sur son chemin et les cachait dans ses poches qui semblaient étrangement ne jamais manquer de place, quel avantage fortuit pour un voleur ! Le garçon était bien silencieux, mais il ne pouvait s’empêcher de siffler un air ancien et plutôt macabre tandis qu’il dépouillait les pièces sur son passage, toujours de petits objets disparaissaient entre ses mains et chaque fois il continuait de marcher. Cette grande maison était un terrain de jeu pour lui, ses gens dormaient et lui n’avait pas besoin de chercher à être discret, puisque les pièces qu’il dépouillait étaient bien éloignées du reste. Quelques longues minutes plus tard, il s’en alla, retournant auprès de l’arrière-cour par laquelle il était entré et de son veston, il tira un long cylindre métallique qu’il pointa vers le ciel, et dans un gigantesque fracas qui troubla le ciel noir de la nuit enneigé, les nuages au-dessus de Canterville Chase se désassemblèrent comme s’il s’agissait d’une toile et on eut l’impression qu’ils coulaient vers le sol animé par des vents très forts et très violents, une véritable tornade miniature s’était mise en marche devant le jeune homme qui visiblement en était l’auteur. Mais cette tornade n’en était pas une. Dans des bruits d’éclairs et de vrombissement métallique, le tourbillon disparu et laissa apparaître un grand bâtiment métallique sombre dont on ne distinguait pas l’apparence réelle, puisqu’elle semblait être en mouvement. La structure avait de grands phares lumineux qui aveuglaient quiconque regardait dans leur direction, et le jeune homme était droit, devant la machine qui s’était finalement immobilisée et stabilisée dans une forme rectangulaire de deux mètres de haut et de large, un obélisque. Le garçon tourna la tête et observa la propriété, d’un air agacé et marmonna

« Foutus singes. »

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Dernière édition par Mendax le Mer 6 Aoû 2014 - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Jeu 10 Juil 2014 - 20:35



Alors que Virginia était à contempler son reflet d’un regard froid, mille questions se bousculaient dans sa tête. Les temps passés étaient revenus frapper à la porte de sa mémoire… Satané diseuse de bonne aventure ! pensait-elle. La duchesse ne remettrait pas un pied de sitôt à une de ces séances de spiritisme idiotes. Son orgueil n’avait put s’empêcher de lui rappeler qu’elle avait côtoyée l’étrange et le surnaturel de bien plus près que tout ce gratin londonien ennuyeux. A cette pensée, elle caressa le collier de rubis que le Canterville lui avait donné avant de disparaitre. A la lueur de la bougie, ses cheveux de cuivre lâchés sur les épaules et son teint de lait se détachaient de la pénombre et la jeune femme se trouva des faux airs de fantôme. A l’aube de ses trente ans, mariée depuis dix ans, sans enfants et fraichement rentrée d’un voyage en Amérique du Sud, Virginia regardait soudainement les années passées avec un profond ennui. Il lui semblait avoir fait mille fois le tour de la Terre, son époux Cecil l’insupportait davantage à chaque minute passée en sa compagnie… En bref, elle ne voyait là pas le moindre défi ou même une once de sensation forte… Son cœur se mit à battre comme un tambour de guerre à la penser du mystérieux fantôme Canterville. Ce vieillard étrange, devenu jeune homme dans un geyser de feu, qui l’avait transporté au-delà de tout ce qu’elle pouvait imaginer. Virginia sentait encore le parfum du jardin bleu : ce paysage enfermé entre quatre murs immenses… Une aventure si courte… Canterville n’était plus là désormais. Le coffret en bois était toujours là, lui, et son collier de rubis aussi. Où était-il à présent ? pensa-t-elle. Son mystérieux ami…

Qu’est-ce que l’humanité pouvait savoir de l’univers ? se demandait la duchesse. Le peu qu’elle avait pu entrapercevoir semblait plus immense et bien plus terrible que tout ce que pouvaient imaginer les hommes. Le « Canterville » avait un « vaisseau » : où allait-il ? La gouvernante de son adolescence n’était pas humaine mais une « gargouille » : il y a d’autres monstres ? Combien ? Où ? Pourquoi ?... Virginia secoua sa tête pour chasser les questions intempestives. Cela finira par la rendre folle si elle continue de se tourmenter de la sorte. La jeune femme respira profondément et ferma les yeux pour se concentrer et remplacer les images du jardin bleu par ses souvenirs de voyage. Elle se massait doucement les tempes et…

C’est alors que le vent sembla souffler davantage au dehors, faisant trembler les vitres avec force. Virginia entendu des bruits étranges venant du parc. Un frisson lui parcourut le dos. Les bruits du vaisseau ? Non. Impossible. Sa tête lui jouait des tours ! Sa respiration devint plus soutenue tandis qu’elle jeta un regard d’animal à son reflet. Elle se précipita à sa fenêtre et jeta un œil entre les rideaux. Une lumière aveuglante perçait à travers les branches des arbres. Sans attendre elle passa sa robe de chambre et attrapa une lampe à l’huile avant de quitter la pièce. Elle courut à travers les couloirs sombres du manoir endormi et dévala à toute vitesse les escaliers comme si sa vie en dépendait. Le jeune femme, arrivée au rez-de-chaussée, se précipita dans la salle à manger et ouvrit en grand la porte fenêtre, laissant le vent glacé s’engouffrer à l’intérieur en faisant claquer les rideaux comme des étendards. Sans se retourner elle courut sur la terrasse, dévala de petits escaliers gelés et couru dans la neige vers la grande lumière. Un sourire étrange se dessina sur son visage. Son cœur battait si fort qu’il était prêt à rompre. Rien ne pouvait arrêter la jeune femme. Elle continua sa course sans faiblir pour arriver enfin là d’où la lumière étrange provenait. Ses yeux étaient aveuglés mais elle distinguait une silhouette, très nette. Le vent faisait couler de petites larmes aux coins de ses yeux.

« C’est vous ? s’écria-t-elle. C’est bien vous ? »

Cela ne pouvait être que lui, elle en était sûre.

« Ô mon vieil ami, dit-elle en commençant à sangloter avec un sourire hagard. Vous êtes revenu… C’était il y a si longtemps !... soupira-t-elle en touchant instinctivement le collier de rubis qui était encore à son cou.

« J’ai tant voyagée pour ne plus penser à vous… J’ai vu tant de mers et de contrées lointaines… Mais cela ne me suffit jamais… Et… Je suis si seule… Je vous en prie : emmenez-moi ! s’exclama-t-elle en tendant une main blanche dans sa direction.

Tandis que les larmes commençaient à brouiller sa vue, Virginia ne savait plus si elle tremblait de froid ou de joie. Elle essuya maladroitement ses yeux avec sa manche puis porta de nouveau son regard sur…

« Qui êtes-vous ? S’exclama-t-elle, surprise, avec un mouvement de recul. Vous… vous n’êtes pas… Canterville ?… Que faites-vous ici ?

Son émotion d’alors venait de faire place à une extrême froideur… Devant elle, baigné d’une grande lumière blanche, se trouvait un très jeune adolescent, maigrelet aux cheveux blonds balayés par le vent, qui lui lançait un étrange regard sombre.


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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Sam 12 Juil 2014 - 17:19

“Mendax & Virginia

Un moment il était seul, l’autre il ne l’était plus, une jeune femme avait accouru vers lui, vers son TARDIS. Elle scandait des choses étranges, des regrets, des envies et des désirs de voyage, d’aventure. Mais le plus surprenant était qu’elle en parlait sans la moindre once d’ignorance, cette jeune dame avait vécu quelque chose qui l’avait changée, elle avait découvert l’univers selon la vision étendue d’un homme qui n’était pas son congénère, Mendax le sentait dans ce qu’elle disait, et l’oreille tendue à chaque mot, il l’écouta. Il avait les sourcils froncés par la surprise de cette dame venue se jeter vers lui, le prenant pour un autre, il l’observa et baissa les yeux vers sa main tendue, ne la prit pas et resta immobile, la regardant de bas en haut, l’expression méprisante qu’il avait pris avant qu’elle n’arrive se changea en un visage marqué de stupéfaction et d’étonnement, faux bien entendu. Il ne dit rien mais après qu’elle eut finie de s’essuyer ses yeux couverts de larmes, elle eut un mouvement bref et précis, Mendax n’était pas celui qu’elle avait autrefois côtoyé, mais en était-elle elle-même convaincue ? Le Seigneur du temps leva les yeux et l’observa de nouveau, cherchant à croiser son regard. Et tandis qu’il fit s’éclairer son visage d’un sourire plein de fausse nostalgie et de bonheur extatique mensonger,

« C’est bien moi… J’ai tant cherché à vous retrouver, vous et cette joie que nous avions pu partager, que rien ne m’a suffi dans ce grand univers que j’ai si longtemps parcouru seul. J’ai écumé nombreux endroits et nombreuses autres terres que la vôtre, que celle-ci m’a tout de même hanté jusqu’à cette nuit. »

Il fit quelque pas dans la direction de la jeune dame qu’il ne connaissait pas et tendit une main.

« Allons, ne me reconnaissez-vous pas ? » Il mima la déception, « Non vous ne me reconnaissez pas… C’est évident. Moi-même je ne fus pas capable de me reconnaître lorsque cela se produisit à nouveau, lorsqu’une fois encore, je me mis à changer. » Mendax ignorait si la jeune fille avait en effet pu vivre ce qu’était la régénération d’un Seigneur du Temps mais il supposa que ce fut bien le cas.

Tournant les talons et se dirigeant vers l’obélisque qu’avait pris pour forme son TARDIS, Mendax esquissa un sourire mauvais tandis qu’elle ne pouvait voir son visage et alla poser une main contre la surface froide et métallique de son vaisseau. Il n’était pas venu sur cette planète et dans cette époque pour s’amuser du désespoir d’une pauvre humaine, mais puisqu’elle s’était trouvée sur son chemin, il y ferait prendre part. Le Seigneur du Temps avait des raisons précises pour chacune de ses venues, et cette nuit, il était arrivé à Canterville dans le très simple but de retrouver un objet si précieux qu’il aurait pu déclencher des guerres dans l’avenir lointain. Une pierre si rare qu’on disait d’elle qu’elle renfermait le cœur d’un ouragan. Il ignorait si cette légende était réelle ou non, mais elle l’intéressait, et si c’était bel et bien réel, il se devait de la récupérer et d’en profiter. C’était à lui et personne d’autre. Et les plus récentes rumeurs qu’il avait pu récupérer aux quatre coins de l’univers suggéraient qu’on la trouverait là, à Canterville. On ne lui avait pas dit, cependant, qu’il y aurait ce genre d’individus. Alors il allait devoir improviser, se tournant à nouveau vers elle, il la regarda et se donna un air inquiet, apeuré.

« Vous ne me reconnaissez vraiment pas ? J’ai tant attendu de pouvoir vous retrouver, mon amie, tellement de temps a passé depuis… Je n’arrivai pas à vous retrouver, je n’arrivai pas… J’étais perdu dans d’autres lieux, dans d’autres temps… » Et continuant son manège manipulateur, il se mit à pleurer, quelques larmes coulèrent et on lisait sur son visage une peine si grande qu’elle ne pouvait pas être fictive. « Vous n’avez pas changée… Vous que rien n’effraie et que tout émerveille, je suis désolé de n’être pas revenu plus tôt, tellement désolé. »

Mendax avança et osa lui prendre la main pour la serrer entre les siennes, il se mit à lui sourire et ajouta ensuite « Ce ne peut être que moi, écoutez. » Et en approchant la main de la jeune dame, il la posa contre son torse et lui fit sentir le battement de ses deux cœurs. Cette mystérieuse étrangeté que nul autre qu’un Seigneur du Temps aurait pu posséder, que personne d’autre n’aurait pu comprendre, vivre ou même simplement apprécier. Il était différent, et il cherchait à lui prouver qu’il était bien celui qu’elle avait perdue, même s’il ne l’était pas. Relâchant la main de la demoiselle et la retirant de son torse, il plongea son regard dans le sien et attendit quelques instants avant de reprendre tout en la regardant fixement et sans jamais trembler dans sa voix. « Vous m’avez tant manqué. Si vous saviez. Que je suis heureux de vous retrouver après tant d’années… »

Il recula d’un pas, et baissa la tête. « Mais je comprends que vous ne me fassiez plus confiance, j’ai changé, je ne suis plus celui que vous aviez connu. Et si c’est motif suffisant pour vous de ne plus me croire car je suis ainsi un autre homme, je ne vous importunerai pas plus longtemps, et je m’en irai. J’errerai sans doute très longtemps, et j’attendrai de retrouver joie de voyager dans quelqu’un qui me rappellera éternellement votre figure. Car nul autre que vous ne m’a jamais tant fait apprécier cette vie que j’ai, car vous êtes celle qui me vint en aide lorsque j’en eus le plus besoin, cela même si vous n’en aviez pas connaissance… » Son stratagème allait-il fonctionner ?

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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Dim 13 Juil 2014 - 17:19



La jeune femme ne pouvait s’empêcher d’être méfiante. Elle savait qu’il pouvait changer de forme et d’apparence mais… Elle sentait comme un problème chez ce… garçon. Son regard n’avait aucun point commun avec celui qu’elle surnommait « Canterville ». Il n’y avait rien d’humain, malgré les apparences, chez ce visiteur : l’instinct de Virginia ne pouvait se tromper. Le jeune garçon lui sourit avec un étrange bonheur, semblant la connaitre. Etait-ce possible ? Il se mit à lui parler doucement, lui assurant qui il était, évoquant des voyages lointains, qu’elle lui manquait depuis l’époque où ils s’étaient rencontrés… La duchesse avait beau écouter, elle n’entendait là rien de bien familier. Son regard se fit plus perçant vers le mystérieux individu quand il s’approcha à quelques pas d’elle. Elle ne bougea pas d’un cil, essayant de rester la plus imperturbable possible. Il lui tendit alors la main, presque innocemment. Bon sang ! Quelque chose clochait chez lui, Virginia en était convaincue ! Le garçon parut alors déçu de l’attitude froide de la jeune femme, s’excusant presque de ses changements physiques… Alors que la tristesse semblait remplir ses yeux, la rousse ne put s’empêcher de retenir plus longtemps ses paroles pour lui tirer les vers du nez :

« Pardonnez ma froideur, jeune homme… Je ne suis pas bien sûre de vous connaitre… »

Le jeune homme baissa davantage les yeux puis tourna les talons en allant vers un grand obélisque de pierre qui se trouvait juste derrière lui et s’appuya contre celui-ci, le dos courbé. La réaction de Virginia semblait l’affecter profondément. Cet instant rappela à la mémoire de la duchesse ce moment où elle trouva son fantôme prostré et désespéré dans la chambre de bonne. Son cœur se serra, la forçant à fermer les poings pour ne pas flancher devant l’inconnu. Celui-ci se tourna de nouveau vers elle, la suppliant de le reconnaitre. Il semblait soudain terrorisé et dans son flot de paroles, des larmes se mirent à couler sur ses joues d’enfant. Virginia, quant à elle, se força à mordre sa langue pour ne pas céder. Tout ce temps à l’imaginer revenir la voir. Tout ce temps à se convaincre que c’était un rêve. Et le voilà qui débarquait de manière fracassante dans le jardin quinze ans après leur rencontre. Ne tenant plus, elle balbutia :

« C’est impossible… C’est une mauvaise farce que vous me faites là… N’est-ce pas ? demanda-t-elle en lui jetant un regard suspicieux.

Mais le garçon continuait de l’implorer, sans répondre, à s’excuser encore et encore. Tremblante d’émotion, elle commença à perdre son sang-froid :

« Répondez-moi ! s’écria-t-elle. QUI ÊTES-VOUS ? » Martela-t-elle avec force.

Le jeune garçon s’avança alors vers elle avant de prendre sa main et de lui sourire avec apaisement. Il lui demanda doucement d’écouter avant de poser sa main sur son torse. TOUM TOUM TOUM TOUM. TOUM TOUM TOUM TOUM. Quatre battements de cœur ? Comme si elle venait de se brûler, Virginia retira brusquement sa main et recula de plusieurs pas. Pourquoi venait-il de faire cela ?

« Comment ?... Comment est-ce possible ? Je ne comprends pas… »

Mais il semblait à peine l’écouter et continuait de lui dire à quel point il était heureux de la revoir après tout ce temps écoulé. Toujours méfiante, Virginia lui lança sèchement :

« Si je vous manquais tant : il fallait revenir plut tôt… Désolé mais je ne vous reconnais pas.»

Il ne semblait pas plus affecté et poursuivait de parler de voyages, du souvenir qu’elle lui était venue en aide et que sans cela il n’aurait pu apprécier davantage de vivre… La duchesse eut comme la sensation d’un seau d’eau glacé se vider sur sa tête. Elle n’avait jamais raconté cette histoire à qui que ce soit. Pas même Cecil… Etait-ce possible ? Elle jeta alors un regard nouveau sur le garçon. Les larmes emplirent de nouveau les grands yeux bleus de Virginia.

« Je… Pardonnez-moi Canterville… Vous étiez… un vrai fantôme lorsque je vous ai connue. Puis… de vieillard, vous êtes devenu un jeune homme… avant de me laisser…, soupira-t-elle de tristesse. Rajeunissez-vous en vieillissant ? demanda-t-elle avant de secouer la tête en souriant. Oubliez cela, ma question est idiote... Votre regard est si différent…

Un silence s’installa quelques instants avant que Virginia ne sorte de sa torpeur. Elle regarda le nouveau visage de Canterville et lui sourit avec un bonheur qu’elle n’avait plus ressenti depuis longtemps. Puis sans crier gare, la duchesse s’avança vers lui et le serra dans ses bras. Réalisant ce qu’elle était en train de faire, elle le relâcha presque aussitôt.

« Excusez-moi, mon ami… Je… Je me suis laissée emportée par...

Un peu gênée, elle essaya de retrouver un peu de contenance et lança vers Canterville un regard plein d’excitation :

« Alors… Vous m’emmenez ? Vraiment ? »

Réalisant que ce dont elle avait toujours rêvée depuis ses quinze était en train de se produire, Virginia eut un flot incroyable de pensées et autres questions qui assaillirent son esprit. Elle devint soudainement très organisée :

« Attendez ici quelques minutes mon ami, je… Je reviens. »

Elle commençait à faire demi-tour, le pas léger avant de se tourner de nouveau vers le fantôme de son enfance :

« Je ne peux décemment pas partir en voyage en chemise de nuit, qu’en dites-vous ? »

Riant de tant de bonheur et d’adrénaline, la jeune femme traversa en sens inverse le parc de Canterville Chase enveloppé par la neige. La duchesse se sentait pousser des ailes alors qu’elle gravissait quatre à quatre les escaliers du manoir. Atteignant enfin sa chambre elle ouvrit grand ses placards puis sortit un petit sac de voyage qu’elle ouvrit également avant d’y jeter tout ce qui pouvait lui être utile en voyage. Qu’il neige, qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il fasse canicule : elle serait parée ! Virginia se mordait la lèvre inférieure quand elle emballa des carnets vierges et son collier de rubis dans ses affaires, rêvant de tout ce qu’elle allait voir et découvrir enfin.

Lorsque la duchesse revint dans le jardin après quelques minutes, son sac à la main, elle avait revêtue une tenue d’homme qu’elle portait souvent en déplacement. Pantalon noir, chemise blanche, veston à motif, montre à gousset, bottes de cavalier et enveloppée dans un long manteau militaire appartenant à son père : Virginia avait des airs de corsaire avec ses cheveux de cuivre lâchés au vent. Elle jeta un dernier regard sur le manoir avant de se tourner vers son ami qui l’attendait devant l’obélisque :

« Promettez-moi une chose, Canterville, fit la jeune femme avec un sourire. Je ne veux plus jamais revenir ici. »

Virginia savait très bien ce qu’elle faisait. Seulement, elle ne savait pas encore en face de qui elle se trouvait vraiment…


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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Mar 15 Juil 2014 - 18:58

“Mendax & Virginia

Oui. Ses maléfiques manigances avaient fonctionnées, et il se retrouvait en position de puissance. Il était intérieurement ravi et continuait de démontrer à l’extérieur l’apparence d’un ami nostalgique que le temps avait séparé d’une très fidèle compagne. Nul doute que ce soi-disant Canterville qu’elle avait connue fut quelqu’un de remarquablement attachant, et de très sensé dans ses choix et ses décisions, mais il n’était plus là pour la retrouver et Mendax s’amuserait de le voir tomber un jour seul, sur ce grand endroit vide de la présence de sa pauvre amie désespérée. Douce joie qu’était celle qu’un enlèvement pouvait procurer. Mendax n’en était pas à son premier d’ailleurs, et bien des choses s’étaient passées depuis si longtemps qu’il en avait oublié de nombreux détails, mais toujours, il avait conservé ce goût du risque et de l’expérience. Car il ne percevait ce genre de choses horribles que comme des expériences, comme des jeux dangereux, prendre la vie de quelqu’un, usurper une identité, se faire passer pour ce qu’il n’était pas, c’était maintenant devenu l’essence de sa vie depuis plus de trois millénaires, et il n’était plus en mesure de changer. Son titre n’avait pas été obtenu pour ces raisons, mais au fil du temps, ce fut là le prétexte invoqué. Mentir, pour expérimenter les limites d’un être vivant, mentir pour son plaisir et pour la souffrance des autres. La jeune dame était toute retournée de voir que son Canterville était devenu ce jeune garçon aux cheveux blonds et en bataille. Elle ne le croyait pas, et n’avait aucune confiance en ce visage si inconnu. Mais à force des mensonges enchainés du Seigneur du Temps, elle finit par le croire ; et reprenant un semblant de bon sens elle se plaignit qu’il lui avait fallu bien du temps, à son Canterville, pour revenir.

Et dans de grands gestes d’excuses, Mendax lui répondit humblement, « Croyez-moi mon amie, que si j’avais pu, je l’aurai fait. Mais les horreurs qui grouillent au-delà de ce monde m’ont trop souvent barrée la route. Que nos retrouvailles sont quelque chose que j’ai difficilement entrepris, et que je sais que je suis inexcusable pour un tel retard. » Il baissa la tête comme s’il s’inclinait gracieusement devant une majesté, rendant ses mensonges d’excuses encore plus sincère et implorant la pitié du pauvre cœur de la jeune femme.

Lorsqu’elle fit remarquer à Mendax, à son Canterville, qu’il était un fantôme et qu’elle n’avait point pu le reconnaître car il arborait un tel visage d’enfant, et qu’elle lui demanda si à l’inverse des hommes il vieillissait en sens inverse, le seigneur du temps ne put s’empêcher de sourire à la remarque, d’un sourire réel et sincère cette fois-ci, Mendax et pas ce faux Canterville était amusé.

« Voyez cela comme un jeu de hasard. Je ne choisis rien de ce que je deviens, car c’est ainsi que l'a décidé le Destin. » Elle fit ensuite remarquer à l’extraterrestre que son regard était différent, tellement différent que celui de Canterville, « Car j’ai vieilli, amie. Entre ces jours où je vous ai quitté et ceux que nous vivons actuellement s’est écoulé si longtemps que toute votre vie n’aurait pas pu y être comptée. Je fus longtemps perdu entre les couloirs d’un temps lointain, mais je suis revenu. Pour vous. »

Puis le silence. Et un choc, nul doute que Mendax fut surpris de cette accolade, puisqu’il ne s’y attendait en aucun cas. Il n’était pas habitué à ce genre de gestes d’affection, du moins plus depuis deux millénaires et voilà que la jeune femme l’enlaçait avec bonheur et joie. Ses bras vacillèrent dans les airs, derrière le dos de la dame, hésitant à les poser contre celui-ci, puis elle se retira très vite, se rendant compte de son geste soudain et impromptu. Le seigneur du temps retint un sourire, faux, et hocha la tête très brièvement. Retrouvant ses esprits et son sérieux, elle était tout de même ravie de savoir son Canterville de retour et cherchant confirmation elle lui demanda s’il l’emmenait vraiment avec lui.

« Aussi loin que l’univers s’étend. Oui. » Répondit-il sans grande exagération. Puisqu’après tout, les infinies possibilités du cosmos se dressaient devant lui et la jeune femme, aussi loin qu’il voudrait l’emmener pour éprouver sa petite cervelle de singe, il l’emmènerait. Aussi loin dans le Temps et l’Espace que possible, il n’hésiterait pas un instant.

Puis elle fut un instant très sérieuse et s’en alla en pressant le pas dans la direction du manoir, sans vraiment s’expliquer, jusqu’à ce que dans un presque bond d’excitation elle ne se retourne pour lui dire qu’elle s’en allait changer de vêtements, que cette chemise de nuit ne serait certainement pas décente pour les voyages qu’ils allaient entreprendre. Mendax hocha la tête en signe d’approbation et d’un geste de la main dirigée vers le manoir, en toute politesse, ajouta

« Certainement pas ! Je ne veux pas que vous attrapiez vilaine fluxion. Prenez votre temps, je vous attends. » Mendax la regarda s’éloigner un instant et se retourna ensuite vers son TARDIS devenu obélisque, et roula des yeux en caressant la surface métallique du vaisseau qui s’était mis à grincer de l’intérieur. « Je sais, je sais… » Disait-il en donnant une tape très légère sur le métal noir, sans s’expliquer plus en détails. Il n’en avait pas besoin, son TARDIS et lui se comprenaient aussi simplement que cela. « Qu’en dis-tu ? » Demanda-t-il à sa machine, l’air ennuyé. Elle ne répondit que par un étrange grincement caverneux et il hocha la tête, considérant le bruit qu’elle venait de produire comme une réponse très élaborée.

Et enfin, la dame de Canterville fut enfin de retour, radicalement différente d’avant, elle avait revêtu des vêtements beaucoup plus propices à l’aventure, et portait un sac chargé d’affaires à son bras. Elle était heureuse, elle était pleine d’excitation à cette idée de voyager et regardant son manoir, comme un dernier adieu, elle tourna les talons dans la direction du Seigneur du temps et lui demanda tout sourire de ne plus jamais revenir ici. Ah quelle joie ! Mendax était tombé sur une cinglée prête à abandonner son foyer au premier inconnu venu sachant parler. Il fit mine d’être quelque peu surpris par sa demande et ajouta ensuite, l’air fier et un tout petit peu prétentieux.

« Oh croyez-moi, vous n’aurez plus jamais envie de retrouver une vie monotone. »

Il ne se fit pas attendre pour frapper quelques coups sur la surface de l’obélisque, qui dans un sifflement métallique s’ouvrit en deux en son centre, révélant un passage vers l’intérieur du TARDIS, bien plus grand à l’intérieur qu’il ne l’était à l’extérieur. Révélant meubles et choses bien plus éloignées de ce temps que tout ce qu’elle avait sans doute pu voir dans sa vie. Rapidement, le seigneur du temps pressa le pas vers la console, au centre de laquelle flottait un hologramme de la planète Terre puisqu’ils y étaient, et autour de laquelle se répétait un apaisant vrombissement mécanique, comme s’il s’agissait d’un cœur ou d’un quelconque organe vivant pleinement conscient de son entourage. Il faisait beaucoup plus chaud à l’intérieur du vaisseau qu’à l’extérieur dans la neige, contrairement à la température de Canterville Chase, on aurait presque eu l’impression d’un printemps proche de l’été dans le TARDIS.

« N’importe où, n’importe quand. Partout et nulle part. Aucune limite et rien pour entraver notre route. Alors ? »

Mais ce qu'elle ignorait c'est que peu importe sa décision, Mendax déciderait du trajet. Parce qu'il était aux commandes et que c'était lui et lui seul qui aurait son mot à dire. Car une fois qu'on se retrouve piégé dans son filet, on n'échappe jamais à ses griffes.

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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Mer 16 Juil 2014 - 0:01




Aux paroles de son ami, le cœur de Virginia battait à un rythme fou et ses yeux brillaient d’impatience. Elle n’avait jamais autant voulue partir. Loin. Si loin de cette vie vide et ennuyeuse. La jeune femme savait pertinemment que ce choix était égoïste. Mais « Canterville » la comprenait parfaitement. Son instinct voulait ressentir davantage et son esprit, voir plus encore. La bonne société anglaise n’avait jamais rien eut à lui offrir en dehors des messes basses sur son mariage désastreux et son passé trouble. Sans une once de regret ou de tristesse elle suivit son ami vers l’obélisque sombre. Elle écrirait, elle dessinerait tout ce qu’elle pourra découvrir. Cela serait son seul testament, se dit-elle avec un sourire songeur. Virginia avait beau être duchesse, elle ne l’était (presque) que par le titre. Sa nature profonde, la vraie, celle qu’avait révélé son fantôme bien des années auparavant, était celle de l’aventure et de l’amour du risque. Si elle avait été Pandora dans quelques mythes antiques, elle n’aurait pas rechignée une seule seconde à ouvrir la boîte… C’est cela qui faisait tout les avantages et les défauts de sa nature. La rousse fonce toujours pour la simple curiosité de savoir si elle va se faire mal ou non. Alors qu’elle avait déjà la tête bien au dessus de la stratosphère terrestre, Virginia Otis observa son ami frapper quelques coups sur la surface de pierre avant qu’un sifflement ne laisse apparaitre un passage. Qu’est ce qu’il lui réservait encore ? Toujours plus impatiente, la jeune femme s’empressa de le suivre pour franchir le… seuil de l’obélisque ? Comme tout cela pouvait être absurde… Comme tout cela plaisait formidablement à la duchesse !

Elle fût quelques instants aveuglée par la lumière, plissant un moment les yeux avant de s’y habituer pour pouvoir enfin distinguer ce que cachait…

« OH MY… GOSH ! »

Virginia ne put retenir cette expression typiquement américaine à travers son accent anglais plus maniéré de lady. L’intérieur était… grand… dix fois plus grand ! Que dis-je ? Cent fois plus grand que l’obélisque ! Bouche-bée elle jeta des yeux aux alentours, fascinée par le moindre détail. Elle ne pensait pas que le vaisseau de son ami était capable d’un tel prodige. Tant de choses à apprendre ! Elle caressa du bout des doigts la rambarde métallique d’une coursive menant vers un grand bloc central. Cela devait être un poste de commande ou quelque chose comme ça. C’est là que l’observait « Canterville » avec un sourire mystérieux. Plus étrange encore : elle le voyait en transparence d’une image en couleur de la terre qui semblait flotter devant lui. Il lui demanda alors d’un ton des plus théâtrales où elle souhaitait partir.

« Vous savez mon ami : mon esprit est tellement embrumé à l’instant que vous pouvez me conduire partout où il vous plaira, dit-elle en avançant vers la console comme une enfant qui découvre des merveilles. Je ne doute pas le moins du monde de vos capacités à m’impressionner. Etonnez-moi ! » dit-elle à son tour d’un geste gracieux de la main.

L’aventurière lui jeta un regard fasciné pendant qu’il actionnait quelques commandes inconnues avant de poser son sac à ses pieds et de parcourir des yeux l’immense pièce dans laquelle ils se trouvaient. Il y avait des cadrans, des tuyaux, des boutons, des manivelles et autres rouages quand la duchesse songea à voix haute :

« Vous avez également changé la décoration ? »

Le souvenir de son adolescence était bien différent de ce face à quoi elle se trouvait maintenant. Il y avait comme quelque chose de plus… sombre. « Canterville » disait avoir vieilli, certes, mais Virginia avait le sentiment très persistant que quelque chose devait avoir profondément changé en lui depuis leur dernière et unique rencontre. Ne donnant pas le moindre signe de son embarras, la jeune femme poursuivit la conversation avec un flegme typiquement anglais :

« Maintenant que nous n’en sommes plus aux présentations : peut-être aurai-je enfin l’honneur de connaitre votre nom ? demanda-t-elle avec un sourire toujours chaleureux. Il y a quinze ans vous ne vouliez rien me dire à votre propos : imaginez ma frustration ! dit-elle en faisant quelques pas autour de la console en laissant son regard glisser sur les parois métalliques du vaisseau. Et puis Canterville est un nom bon pour les rêves d’enfants, n’est-ce pas ?

Elle s’arrêta alors quelques instants, comme touchée par quelques étincelles, avant de reprendre sa découverte de la salle. Vu le nombre d’objets et autres affaires qu’elle voyait ça et là, Virginia sentait presque une âme vivre dans cet endroit. Etait-ce sa seule maison ? Vivait-il toujours seul ? La rousse avait beau se poser ces questions elle ne parvint pas à chasser ce qui venait soudain de la frapper de plein fouet. Sa respiration était plus profonde, ses yeux plus alertes. La jeune femme continuait de déambuler en examinant, curieuse, instruments et autres babioles mais son esprit était clairement en train de s’interroger sur tout autre chose… Elle s’en mordait presque la langue avant de se retourner vers son vieil ami avec un large sourire nostalgique.

« Vous vous souvenez de la première couleur que vous m’aviez volé ? Aaah ! Quelle histoire…, dit-elle en retournant auprès de la console, pensive.

Non. Elle avait beau avoir croisée « Canterville » dans son passé, Virginia n’oubliait pas qu’il changeait. L’apparence en premier lieu, c’était une évidence, mais aussi (peut-être) son âme. Peut-être même que « Canterville » ne se trouvait absolument pas en sa compagnie… La jeune femme continuait de sourire à son « ami », ne laissant rien paraitre. Du sang froid, Virginia… Du sang froid !

« Alors ? Quelle est notre destination ? » demanda-t-elle sur un ton plus posé.



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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Mer 16 Juil 2014 - 16:00

“Mendax & Virginia

Elle était subjuguée par l’apparence et la dimension de l’intérieur du  vaisseau, ce n’était pas étonnant, en l’entendant s’exclamer d’une expression typique, Mendax se mit à sourire du coin des lèvres tandis qu’il observait l’hologramme de la planète, tournant autour des commandes et appuyant sur quelques touches d’un clavier configuré dans une langue étrange dont les lettres étaient des signes sans aucun sens aux yeux d’un humain, il écoutait la jeune femme lui dire qu’il pouvait choisir à sa place, qu’elle n’avait pas d’idée d’endroits. C’était encore mieux que de devoir mentir sur leur destination lorsqu’il déciderait finalement alors ! Il avait carte blanche, et ça lui faciliterait la tâche. « Alors je vais nous emmener bien loin ! » Mais Mendax mentait. Il actionna quelques mystérieux mécanismes du Vaisseau et les portes se refermèrent toutes seules, silencieusement et sans faire de bruit. Pour ne pas affoler la jeune femme. Elle fit remarquer au Seigneur du temps l’habillage du TARDIS, c’était évident que c’était différent de Canterville ! Mendax n’y avait pas pensé, il avait tout bonnement oublié cet infini détail… Redressant la tête de ses commandes, il se tourna dans la direction de la jeune fille et gardant son sang-froid lui répondit ;

« Oui. Je n’avais plus espoir de vous retrouver, et par un grand accès de colère, j’ai tout changé. »

Ouaiiis, ça devrait sans doute suffire comme excuse. Il l’espérait en tout cas, trois millénaires et il n’était toujours pas fichu de garder une certaine continuité dans ses actes, toutes ces fichues erreurs lui coûtait souvent beaucoup, mais peut-être qu’elle ne s’en intéresserait pas plus et qu’il pourrait s’en soulager. Mendax était intrigué, silencieux et manipulateur quand il reposa ses yeux sur la console, il dissimula l’hologramme de la planète en éteignant son projecteur et continua de pianoter sur les touches de la console, le TARDIS venait de décoller dans un léger grincement puis un souffle caractéristique à ces machines à demi-vivantes, le vaisseau s’en alla de Canterville Chase mais ne quitta pas cette époque, ni ce monde, à la place, il resta en orbite dans les cieux, à des centaines de kilomètres de haut dans les nuages, caché par sa silhouette et sa structure noire, il n’était pas visible à moins d’être muni d’un télescope très puissant. Il serait tranquille là, pour le moment. Le TARDIS continuait de vibrer, siffler et grincer, comme s’il était en plein vol à travers l’espace, même s’il ne l’était pas, Mendax avait simplement mis en marche un enregistrement en boucle des bruits de sa machine lorsqu’elle volait. Il se mit à tourner autour de la console, abaissant quelques leviers pour donner impression qu’il savait ce qu’il faisait puis s’arrêta quand elle continua la conversation avec ces manières typiquement anglaises.

« Mon nom ? Canterville ne suffit dont pas ? » Répondit-il à la première question, « je ne vous connaissais pas suffisamment, je ne pouvais pas risquer de tout dévoiler allons. » Continua-t-il tandis qu’elle tournait autour de sa console métallique. « Car vous ne vous considérez plus comme une enfant maintenant ? C’est bien dommage, il ne faut jamais grandir, du moins pas volontairement ! Il n’y a rien de malsain à rêver chère amie. Moi-même je rêve toujours comme un enfant ! Preuve en est que même mon visage est celui d’un enfant désormais. » Mendax passa une main sur la surface circulaire de sa console et pressa très discrètement l’un des boutons triangulaires qui était disposés en ligne sur le côté des touches d’un clavier, une très fine décharge électrique fut envoyée par le sol dans les pieds de la jeune femme. Ce geste bien étrange avait pour but de faire une sorte de recherche encyclopédique sur la jeune femme, que le TARDIS transfèrerait dans l’esprit du Seigneur du Temps à travers le lien télépathique qui le liait à sa machine, il connaitrait son nom et n’aurait plus à jouer de la chance pour éviter d’être dévoilé comme le menteur qu’il était. Rapidement, il passa l’index contre sa tempe, mimant de se gratter le visage, alors qu’en fait il venait de recevoir les informations suffisantes sur la jeune dame.

Il croisa les bras et l’observa découvrir le vaisseau, elle détaillait chaque chose maladroitement rangés un peu partout dans la très grande pièce qui faisait cette salle de la console, et lui était appuyé contre celle-ci, sans rien dire. En même temps qu’il observait la jeune femme, il écoutait les informations qu’il recevait à l’esprit en temps réel, rien de très important, juste des choses ordinaires sur la vie de cette Virginia Otis, ses rencontres, les gens qu’elle avait connu, les gens qu’elle aurait connue si Mendax ne venait pas de l’enlever, la vie de son mari, et toutes ces choses-là qui n’avait d’intérêt pour personne à part pour lui. C’était une jeune femme bien intrigante, toujours intéressée par l’aventure, sûrement à cause de son Canterville, elle était devenue quelqu’un toujours au fait des dernières nouvelles sur le monde, elle avait ce genre de passion que peu de personne de son siècle et de son sexe pouvait avoir pour les endroits inhabituels, pour les choses dangereuses et pour le monde en général, c’était intéressant à étudier se fit remarquer Mendax dans ses pensées. S’il s’en servait convenablement peut-être pourrait en faire un véritable petit soldat à sa botte… Rien ne l’empêchait d’essayer cela, ce pourrait être intéressant autant qu’amusant à entreprendre. Mais c’était trop tôt pour ce genre d’idée et pour ce genre de manigances. Il devait d’abord s’assurer qu’elle était suffisamment stable pour lui être utile, et si elle ne l’était pas, et bien il s’en débarrasserait comme d’un déchet inconvenant. Il fut arraché de ses pensées et de ses informations au sujet de Virginia quand elle se retourna vers la console et lui demanda quelque chose que seuls elle et Canterville pouvait connaitre, quelque chose qui n’était certainement pas sur les relevés d’informations qu’il recevait dans sa cervelle hyperactive. Haussant légèrement un sourcil il balbutia quelques instants avant de finalement répondre, l’air très convaincu même s’il n’en avait aucune idée ;

« Ah bien sûr ! Pourquoi ne m’en souviendrais-je pas ? » Et il se retourna en toute hâte vers les commandes de la console, tirant des leviers et abaissant des choses, tapant frénétiquement sur les claviers et tournant en cercle dans tous les sens pour esquiver la question. « Ah ! On est bientôt arrivés ! » S’était-il mis à crier alors qu’il s’était jeté par terre, sous la console, tirant quelque chose de sous le panneau de commande avec difficulté, un gigantesque câble d’au moins la taille de deux bras joints ensembles sifflait et vomissait des nuages de vapeur au visage de Mendax tandis qu’il le tirait vers lui et que Virginia demanda où ils se rendaient. Il alla jeter l’énorme tuyau métallique dans un coin, vers une sorte de bouche d’égout ouverte au sol, et se redressa en s’essuyant le visage d’un chiffon blanc, il termina.

« Nous allons quelque part ! Un endroit magnifique. Ça s’appelle les Sphères de Cassiopée ; c’est une formation naturelle d’étoiles qui encerclent un nuage de gaz. Comme dans la mythologie ! On dit des formations gazeuses qu’il s’agit de la Reine Cassiopée et que les étoiles qui l’encerclent sont les chaînes qui l’emprisonnèrent à son trône. Sous une tempête galactique c’est quelque chose de magnifique. »

Mendax avait donné beaucoup d’allure à son mensonge, de façon à la fasciner pour l’occuper tandis qu’il continuait de comploter mentalement et que le TARDIS était immobile dans le ciel d'Angleterre.

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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Lun 28 Juil 2014 - 22:33




Alors que Virginia écoutait la voix de cet être sans âge qui l’emportait avec lui, quelque chose se brisait en elle. Tout doucement, comme un miroir qui se fendrait longuement, très lentement. La jeune femme avait beau sourire, elle ne croyait pas un mot de cette voix dure qui sortait d’une bouche d’enfant. Ce sentiment tenait à si peu de choses. Son instinct ne la trompait jamais, elle tenait cela de sa mère. Continuant d’écouter sagement, appuyée sur la console, elle jetait des regards sur les manipulations diverses de son « compagnon ». La réponse qu’il donna à propos de son nom refroidit davantage la jeune femme à son égard. Fuir une telle question quand on a l’intention de voyager ensemble tenait à du non-sens. « Canterville » poursuivait malgré tout son numéro, répliquant sur sa réflexion sur les rêves d’enfant.

« Je n’ai jamais dit que rêver comme un enfant était un problème, dit-elle en riant. Mes expéditions sont des impulsions purement enfantines… Je dis simplement que maintenant que vous êtes bien là, avec moi, je peux enfin vous connaitre davantage. Ne vous ai-je pas sauvée la vie ? demanda-t-elle, l’air de rien. C’est une bien petite demande que je fais là. Je connais certaines gens à Londres qui seraient capables de demander des millions... Il y en a qui ne manquent pas de toupet, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle en le prenant à témoin    

L’art délicat de mener une conversation d’un ton badin était une chose que la duchesse ne manquait pas de maitriser en toute occasion, même les plus bancales. Elle jeta encore quelques coups d’œil sur quelques objets étranges posés un peu partout, en saisit un ou deux pour les examiner, mais la rousse continuait sa réflexion intérieure. Que devait-elle faire ? Qui était-il ? Que lui voulait-il ? Où allait-elle vraiment ?... Et God dammit ! Pourquoi devait-elle être si curieuse pour toujours se fourrer dans des histoires pareilles ? Elle nota orgueilleusement (pour se rassurer) qu’elle s’en était toujours sortie. Alors une mésaventure de plus ou de moins…

Lorsque l’inconnu jeta vaguement quelques mots à propos de la question de Virginia sur la peinture : l’affaire était conclue, très claire. L’air soudain très gêné, l’inconnu se jeta à corps perdu dans son travail sur la console. Ne se démontant pas pour autant la jeune femme continua de déambuler gracieusement autour de la console, faussement fascinée. Alors qu’il lui indiqua qu’ils étaient bientôt à destination, l’étranger se jeta au sol pour se saisir d’un gros tuyau plein de fumée qu’il balança plus loin. Virginia tira un mouchoir en dentelles de la manche de son manteau et masqua sa bouche et son nez le temps que la vapeur se dissipe. Une fois qu’il ait fini essuyer son visage sale, l’adolescent lui conta le paysage splendide qu’il voulait lui faire découvrir : les Sphères de Cassiopée.

-Fascinant ! s’exclama-t-elle avec un grand sourire, ravie.

Ce simple nom avait de quoi la faire frémir de plaisir… Elle en imaginait déjà les couleurs, les formes… Oui c’était merveilleusement bien raconté. Mais elle ne pouvait plus se laisser berner par cet étrange imposteur. Lui ne s’était rendu compte de rien pour l’instant. Virginia se félicita de bien jouer les naïves… Qu’est-ce qui pouvait bien se cacher dans la tête de cet individu ?... Elle se demanda soudain si elle était armée. Une main glissée nonchalamment dans une des grandes poches de son manteau lui confirma la présence d’un colt à son père. Cela pourrait toujours servir. Cependant elle n’oubliait pas qu’elle avait malgré tout besoin de son kidnappeur…

Il n’était plus l’heure de ses valeurs anglaises…Virginia n’avait plus envie de jouer.

« Je ne vous cache pas que tout cela m’amuse follement mais… Qui êtes-vous, bordel ? demanda la rousse d’un ton ferme en lui jetant un regard froid.  

« Vous débarquez chez moi en pleine nuit… Vous vous faites passez pour un autre… Vous m’emmenez avec vous… Vous faites des erreurs grossières sur votre propre mensonge…, énuméra sèchement la jeune femme. Il n’y a pas un centième de votre personne qui soit Canterville. Ne vous connaissant pas : je dirais vraiment de l’amateurisme.

Elle ne le quittait pas des yeux, fixant ses pupilles noirs.

« Peut-être me suis-je jetée moi-même dans la gueule du loup, dit-elle, très franche et réaliste sur sa situation. Mais il est hors de question que je me fasse dévorer sans savoir pourquoi. »  

Immobile, la respiration longue et profonde, Virginia examinait plus en détail l’imposteur. Elle était comme un loup aux aguets de n’importe quel geste, du moindre petit signe néfaste. Peut-être allait-elle mourir ce soir… Quoi qu’il fasse d’elle, la duchesse ne se laisserait pas faire. Un long silence s’installa dans la grande salle avant qu’elle ne reprenne :

« Alors ? Qui êtes-vous ? … elle laissa échapper un rire jaune. Vous qui ne connaissez même pas Canterville… Pourquoi m’emmenez ?


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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Jeu 31 Juil 2014 - 15:15

“Mendax & Virginia

Elle l’avait percé à jour, était-ce volontaire de la part du Seigneur du Temps, maintenant qu’il savait tout ce dont il avait besoin de connaître à son propos elle n’était plus d’une grande utilité pour le Gallifreyen, lui qui n’était venu que pour dérober des choses et se faire de l’argent au marché noir. Elle était déterminée, c’était une dame à l’esprit vif et aux connaissances solides, c’était intéressant à côtoyer se marmonna Mendax dans ses pensées, il l’observait s’intriguer, se déplacer, parler, le regard immobile et l’expression vide de culpabilité, un très fin sourire tiré sur ses lèvres, un sourire arrogant. Le Seigneur du Temps ne semblait pas le moins gêné du monde d’avoir été démasqué comme l’immonde menteur et manipulateur qu’il était. Il semblait même plutôt flatté qu’elle ait découverte la vérité. Elle avait perdu ce flegme anglais qui la faisait parler si bien, et avait haussé le ton plus gravement, sérieuse et énervée de la supercherie. Mendax continuait ses routines autour de la console, tripotant touches et manivelles sans se déplacer, il avait retiré son regard d’elle mais continuait de maintenir ce sourire prétentieux.

« Mendax. » Dit-il sans rien ajouter, se retournant pour se diriger vers un très large ordinateur ancien, lequel semblait être relié au mur et à la grande vitre contre lesquels il était posé. Derrière cette-même vitre, on devinait la silhouette d’objets rares et précieux, puisqu’ils étaient sous celle-ci, comme des pièces de musées dans leurs vitrines. « Je suis Mendax. »

Il retourna auprès de la console qui s’était mise à émettre de très fin « bip » sonores, et frappa un interrupteur, pendant un très court instant le TARDIS se mit à grincer, comme s’il était frappé par la foudre, et le Seigneur du temps releva la tête vers la jeune femme. « Je débarque chez vous pour récupérer quelque chose qui n’appartient certainement pas à des singes comme les vôtres. J’aurai plutôt du vous tuer dès que je vous ai vu, cela m’aurait évité de prétendre être un abruti dont j’ignore le passé car il n’est pas important. » Mendax l’observa un instant et continua, « Et je n’ai que faire de vos états d’esprits. Je ne suis pas venu pour m’amuser, je suis à la recherche d’un objet précieux, et dangereux. Que vos fichus congénères de Canterville sont les derniers à avoir possédés. »

Son sourire arrogant s’était effacé pour laisser paraître une attitude horriblement effrayante, il était en colère. En vérité, Mendax ne supportait pas qu’on critique ses choses, quand bien même il s’était là agit d’un simple mensonge, le seigneur du temps ne tolérait jamais qu’on donne un avis qui pouvait lui être en défaveur, il était puéril, prétentieux et arrogant. Il le savait, mais c’était ainsi que l’univers l’avait décidé. Puis elle commença à arguer qu’elle s’était jetée dans « la gueule du loup » mais qu’elle refusait de ne pas savoir pourquoi il l’avait ainsi enlevée. Mendax arrêta un instant ses gesticulations autour de sa console, et frappa avec haine sur le tableau de commande, en fixant ses pupilles sombres sur elle, le visage rempli d’une colère qui semblait si profonde et si soudaine. « Toujours fragiles, toujours peureux ! Grandissez foutus macaques ! Je n’en ai strictement rien à faire de votre petite espèce pathétique. Vous, la petite jeune femme de noblesse, n’êtes rien d’intéressant, vous savez ce que vous êtes devant moi ? De la poussière. Rien. J’ai vécu plus de trois millénaires et vous ne tiendrez même pas le cap des quatre-vingt ans. Vous êtes morte depuis des années, personne ne vous a retenu. Tout le monde a oublié la petite duchesse Otis. C’est un honneur que je vous fais en vous emportant dans mon TARDIS. Vous qui vouliez voyager, vous trouvez encore à vous plaindre ? Votre espèce m’agace… » Termina-t-il plus bas, en baissant la tête de nouveau tourné vers sa console. Il s’était approché dangereusement d’elle, en hurlant, et d’un coup, il cessa et retourna contre sa console.

C’était la première fois depuis sa régénération qu’il était énervé, ça n’avait plus la même fraicheur et la même texture que dans sa vie précédente, il ne sentait pas bien. Il posa une main contre son ventre et s’appuya de l’autre sur le métal de la console. Les yeux fermés il se mit à ressentir une étrange pression à l’intérieur de ses entrailles, ses cœurs battaient si fort qu’il les entendait résonner autour de lui. Il redressa la tête vers le plafond et inspira profondément, une grande bouffée d’air, puis une autre, puis une autre. Cette incarnation ne semblait pas supporter les colères soudaines du Seigneur du Temps, et l’air inquiet, il se calma en marmonnant de vieux mantras religieux d’un temps très lointain et une fois que ce fut fait, il reposa ses yeux sur elle. Beaucoup moins colérique. « Je m’emporte trop… Nouveau corps, pas habitué… »



HRP:
 

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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Jeu 31 Juil 2014 - 22:50




Mendax. Entendant ce nom, la jeune femme ne put s’empêcher d’avoir un sourire amusé.

« On peut difficilement mieux porter son propre nom », dit-elle en lui jetant un regard amusé.

Cela signifiait tout bonnement « menteur » en latin. Quel drôle de prénom ! Virginia se demandait bien quelle autre sorte de prénom pouvait-on donner parmi les congénères de cet étrange individu… Elle continua de l’observer tout en restant sur ses talons alors qu’il s’éloignait vers une étrange machine sur laquelle apparaissait des images d’objets divers, vraisemblablement très précieux. Puis l’être venu d’ailleurs retourna auprès de la console. La duchesse continuait de jeter un regard intrigué sur les images.

« Seriez-vous collectionneur ? » demanda la rousse dans un murmure avant de reporter son attention sur Mendax.

Dans un XIXième siècle où la passion de l'histoire, des cabinets de curiosités, des sciences, des arts et j'en passe était de rigueur, Virginia ne pouvait que trouver cet individu intéressant. Affairez sur la console qui émettait divers bruits variés et autres grincements, il se tourna vivement vers elle en lui jetant un regard noir. Il voulait absolument récupérer quelque chose, traitait l’humanité comme une bande de « singes », trouvait préférable de la tuer… Son visage d’enfant commençait à être tordu, comme bouillant de l’intérieur. Virginia resta le menton fièrement levé, la respiration profonde et la main tenant fermement le colt qui était au fond de sa poche… Il était hors de question de se laisser impressionner, ou en tout cas de le montrer. Virginia trouverai réponse à ses questions : elle n’en démordrait pas ! Restant toujours silencieuse, elle continuait d’écouter patiemment la haine de Mendax se déverser dans toute la pièce. Il parla d’un objet mystérieux présent à Canterville Chase puis frappa violemment du poing sur son tableau de bord. Une haine viscérale avait prit le pas sur tout le reste. Il était méconnaissable, affreux… Il continua d’insulter l’humanité, se targuant d’être bien plus encore, plus puissant. Puis l’être enragé pointa son doigt vers Virginia en évoquant sa mort, qu’elle n’était que poussière et rien d’autre. Serrant les dents, la jeune femme s’empêchait de se jeter sur lui pour lui mettre une raclée. Il désigna alors son geste comme un honneur immense dont elle ne devrait rien avoir à dire. Alors qu’il s’approchait dangereusement d’elle, la rousse ne put s’empêcher de se taire plus longtemps :

« Je n’ai critiqué personne, cher Mendax. Vous le faites très bien sans mon aide », jeta-t-elle sèchement en lui rendant son regard noir.

Sa main s’était resserrée autour de son arme alors qu’il était à un mètre à peine… Mais elle ne tira pas. Elle ne le voulait pas, quelque chose l’en empêchait. Qu’importe qui pouvait être cet homme-enfant et à quel point il pouvait être potentiellement dangereux. Il semblait que quelque chose de brulant hurlait en son for intérieur : il fallait qu’elle le suive, quoi qu’il en coûte. Mendax sembla chanceler quelques secondes avant de reculer de plusieurs pas puis s’appuyer sur la console, essoufflé. Virginia desserra sa prise sur son colt qui laissa un souvenir douloureux dans sa main tremblante. Il se mit à marmonner des paroles incompréhensibles semblables à des prières en fixant le plafond tandis que Virginia revenait prudemment auprès de lui. Il semblait quelque peu malade tout à coup. La jeune femme se revoyait au chevet de son « Canterville », quinze ans plus tôt. Qu’est-ce qui pouvait donc la pousser à agir de la sorte ?

« Quel souffle, dit-elle posément. Les meilleurs acteurs de Londres en pâliraient de jalousie », voulut-elle plaisanter.

Il releva vers elle un regard différent, qu’elle ne sut comment interpréter. Mendax semblait…s’excuser ?… Il ne maitrisait pas encore ce nouveau corps. Cela devait-être récent se dit la jeune femme. Elle était si près de lui qu’elle aurait pût poser une main bienveillante sur son épaule, mais la duchesse n’osa pas et se contenta de dire doucement :

« Cela fait longtemps que vous êtes seul, n’est-ce pas ? »

La rousse n’était plus sur la défensive, pas même méfiante. Toujours très calme, elle laissa le silence retomber entre eux, puis s’appuya nonchalamment sur une rambarde en écoutant les cliquetis et les grincements qui se faisaient entendre ça et là dans le vaisseau de Mendax. Qu’était-elle en train de faire ? Se livrer sans défense à un inconnu… Cette soirée était toujours plus absurde. Dire qu’elle n’avait pas voulut croire la médium italienne et sa vision quelques heures plus tôt d’un homme descendant du ciel. Tout semblait maintenant terriblement clair. Son destin devait être ailleurs… Sa curiosité maladive ne faisait que la poussée davantage en avant, toujours. Peut-être finirait-elle par le regretter ? Pour l’heure, Virginia n’y pensait pas le moins du monde. Etrangement détendue, elle reporta son attention sur Mendax qui n’avait pas bougé.

« Vous savez, tout à l’heure, lorsque vous étiez en train de crier vous m’avez rappelé un vieil anthropologue que j’ai croisé il y a quelques années en Afrique noire… C’était un universitaire brillant qui se donnait corps et âme à son œuvre… Mais il s’est peu à peu isolé du reste du monde, lui a presque tourné le dos, à vivre en pleine savane. Le pauvre homme était devenu fou lorsque je l’ai rencontré… Quelques mois plus tard j’ai appris qu’il avait été emporté par une fièvre foudroyante, dit-elle avant de soupirer songeuse. Comme quoi… Même les plus grands génies ont besoin des autres… »  

Elle resta de nouveau silencieuse quelques instants avant que ses airs rêveurs ne se dissipent et qu’elle redevienne plus enthousiaste en portant un regard pétillant à son « kidnappeur ».

« Vous disiez que vous recherchiez quelque chose de précieux à Canterville ? demanda la duchesse. Peut-être pourrai-je vous aider à le trouver, qu’en dites-vous ?

Virginia continua d’observer l’homme-enfant, retrouvant tout son entrain d’alors et recommença à déambuler gracieusement autour de la console faisant voler les longs pans de son manteau militaire.

« Je suppose que nous restons à Canterville pour le moment, donc. Qu’en dites-vous, Mendax ? demanda-t-elle de nouveau en se dirigeant vers la porte du vaisseau par laquelle ils étaient rentrés.

Elle sautillait presque d’excitation jusqu’à ce qu’elle ouvre en grand la double porte sur…. Le vide. Surprise par le contraste d’environnement, la jeune femme chancela quelques minutes sur ses pieds en se cramponnant à la porte avant de parvenir à reculer, les yeux toujours rivés sur ce cadre qu’aucun humain de son temps n’avait encore eu l’occasion de voir : l’espace. La jeune femme essaya de respirer de grandes bouffés d’air, le souffle coupé par ce qu’elle voyait.

« Gosh ! » s’exclama-t-elle, estomaquée. C’est… la Terre…

La duchesse de Cheschire resta encore quelques minutes, absorbée par cette vision à la fois enchanteresse et terrifiante avant de se retourner de nouveau vers Mendax. Elle lui souriait avec malice, relevant un sourcil avec dédain.

« Alors mon ami ? Nous y allons ? Promis : je suis peut être un singe mais je ne vous mordrais pas...»  



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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Ven 1 Aoû 2014 - 17:03

“Mendax & Virginia

Mendax était troublé par cette jeune femme, c’était quelqu’un qu’il venait à peine de rencontrer et pourtant il avait l’impression de déjà bien la connaître, et inversement. Il avait cette étrange impression qu’elle le comprenait déjà, en si peu de temps, si rapidement. Cela lui plaisait, c’était rassurant et assez agréable à ressentir. « Non, je ne suis pas collectionneur. J’ai besoin d’argent, c’est tout. Cette galaxie et les autres sont voraces. » Fit il remarquer lorsqu’elle s’interrogea sur son statut. Et après, il s’était énervé contre elle, et contre les humains. Le seigneur du temps était une tempête d’émotions peu bien contrôlée, quelque chose qu’il n’avait jamais été capable de faire de toute façon. Mendax n’était pas quelqu’un de très stable, peu importe l’incarnation, il était toujours quelqu’un de renfermé mais de si virulent lorsque trop titillé. Un rien le rendait insupportablement mauvais. Quelque chose qu’il avait conscience mais qu’il ne cherchait pas, de toute façon, à réparer. C’était une bête sauvage et il le resterait sans doute éternellement. Ses yeux sombres virevoltaient autour de la pièce, il observait tantôt la jeune femme, tantôt d’autres choses, parfois ses yeux fixaient le sol froid et métallique du TARDIS et il ne disait plus rien ; la colère de Mendax avait tout aussi bien ricoché contre la jeune femme qui elle-même s’était mise à lui rendre ce regard mauvais qu’il lui avait adressé, il ne l’avait pas regardée dans les yeux à ce moment et se contenta de fixer le sol.

Et puis, il eut ce sursaut interne, cette souffrance soudaine causée par de trop vives émotions, et voilà que la jeune femme s’était adoucie, comme si elle voyait en lui quelque chose de fragile. Un être tout à fait opposé à la boule de rage qui venait de lui hurler dessus, avec prudence elle s’était approchée de lui, qui terminait ses mantras gallifreyen et ravala sa douleur dans une inspiration profonde et apaisée. Il posa les mains sur sa console et caressa la surface métallique, comme pour rassurer la machine si elle s’était elle aussi inquiétée. Et en la fixant un instant, il avait l’air si bon, si gentil. Il n’y eut pas de bruit venant de la console, ni le moindre craquement de celle-ci à ce moment-là, le silence fut brisé par Virginia qui chercha à plaisanter ; Mendax ne se mit pas à rire mais il se mit à sourire un instant, amusé par la remarque. Et puis, alors qu’il l’a regardait l’air désolé, elle comprit. Oui, Mendax avait été abandonné par beaucoup, et sa solitude était un fardeau qu’il portait depuis bien des siècles, quand bien même on n’avait aucunement raison de se sentir désolé pour lui, Mendax était un monstre après tout. Il la regarda un instant, les yeux marqué d’étonnement, surpris qu’elle ait pu le comprendre aussi facilement.

« Je… Oui. » Se contenta-t-il de répondre en baissant la tête ensuite.

Il reposa les yeux sur ses machines et resta immobile et silencieux un instant, tandis qu’elle s’était appuyée contre une rambarde, il se mit à réfléchir. Peut-être encore une fois son TARDIS avait décidé de le mener sur cette route, pour qu’il rencontre la jeune femme, peut-être devait-il la rencontrer pour s’assagir, il savait que son vaisseau chercher à faire de lui un homme meilleur, il savait que le TARDIS cherchait toujours à faire le plus grand bien au Seigneur du Temps, c’était important pour l’un comme pour l’autre de devenir meilleur. Mais c’était bien différent de ces histoires qu’on connait de vaisseau qui emmène leur propriétaire là où ils doivent être quand ils doivent l’être, non c’était autre chose, le TARDIS de Mendax était une entité parfois bien plus manipulatrice que lui l’était, et elle ne faisait pas ce genre de chose simplement pour qu’il arrive et sauve les autres. L’un comme l’autre cherchaient à faire le meilleur, dans leurs intérêts. Et si Mendax se retrouvait ce soir auprès de Virginia ça ne pouvait dire qu’une chose, mais quoi ? Seul son TARDIS le savait, et Mendax ne décida pas de se torturer l’esprit pour si peu de choses. Se disant que c’était peut-être son imagination qui lui jouait des tours.

Pour s’aérer l’esprit, il se mit à écrire sur sa console, silencieux et pensif. Le cliquetis répété d’un clavier résonnait autour de lui, droit et aphone. Il était ailleurs, dans sa bulle, et à aucun moment et sur aucun écran on aurait pu lire ce qu’il écrivait, ça n’apparaissait nul part. Il fut arraché à ses pensées quand elle brisa à nouveau ce silence inconfortable. « Si vous le dîtes. » Fut sa seule réponse. Aussi évident que cela semblait, même s’il avait besoin de compagnie, Mendax était toujours déterminé à le nier, il n’avait que trop de fois était la cause des séparations. C’était lui qui tuait et qui abandonnait, il avait choisi de vivre ainsi et avoir des compagnons ne lui plaisait pas. Du moins, pas s’il s’agissait d’être constamment auprès d’eux, non il avait besoin d’indépendance. Et pour un vieillard de plusieurs millénaires il restait très adolescent dans ses démarches et dans son comportement avec les autres. Comme quoi, tous les timelords sont des gamins.

Rapidement, l’enthousiasme de la jeune femme refit surface, se souvenant qu’il avait mentionné sa recherche de cette Gemme précieuse qu’il convoitait tant. Il n’en avait que très brièvement entendu parler, d’ailleurs, il savait surtout qu’elle était très précieuse et qu’il pourrait se faire un très gros paquet de crédit galactique en la revendant au marché noir. « Ah, oui ! Une Gemme rare et ancienne. On dit qu’elle renferme le cœur d’une tempête. Je n’ai pas grand-chose à faire de l’histoire derrière tout cela, tout ce que je sais c’est qu’elle vaut très cher, et que la revendre me serait bien utile. » Il se tut et marqua une pause considérant la demande de Virginia, et répondit finalement, d’un air confiant. « Pourquoi pas, mais évitez de me menacer avec cette arme. » Il écarquilla ensuite les yeux et afficha une grimace dans un sourire, l’air de dire qu’il savait qu’elle était armée et qu’il se moquait d’elle. Il retourna à ses affaires que lui seul comprenait et souleva une grille au sol de sa console, celle-ci donnait sur l’étage en dessous, où se terminait le reste de la console, y pendaient de nombreux câbles plus ou moins larges, tous reliés à la machine puis jusqu’au sol, et on entendait de l’électricité se déplacer à l’intérieur de ceux-là. Rapide et vif, Mendax descendit les quelques petites marches et s’en alla débrancher certaines choses pour en brancher d’autres, parfois des gerbes d’étincelles pulsaient autour de lui et donnaient cette impression qu’il ne savait pas du tout ce qu’il faisait.

Pourquoi venait-il de faire tout cela ? Allez savoir, bricoler son vieux vaisseau de guerre devait sûrement avoir un effet apaisant chez lui, mais ça n’avait aucune importance, il était content de s’être trouvé une compagne de voyage temporaire ; il referma la grille qui menait en dessous et s’essuyant le visage il reposa son regard sur Virginia, « Mais vous comprendrez bien que je ne suis pas quelqu’un de bien. Mais ça n’a pas l’air de vous déranger tant que cela, les mauvais personnages, n’est-ce pas ? » Remarqua-t-il. Il la chercha du regard un instant avant de voir qu’elle s’était dirigée vers les portes, et avant qu’il n’ait pu avoir le temps de lui dire de ne pas ouvrir elle l’avait déjà fait. Devant elle, le gigantesque vide spatial et la Terre. Elle était époustouflée, et pendant un court instant, Mendax éprouva un étrange sentiment de fierté, comme quand il était enfin parvenu à libérer son ami humain de la prison dans laquelle il l’avait lui-même fait tomber. « Allons-y. Planète Terre, Canterville Chase. À la recherche de la Gemme Perdue ! » Il grimaça un instant et marmonna un « non rien, faîtes pas attention » en se souvenant qu’elle ne pouvait pas avoir vu ce film. Et tirant un levier vers lui, le TARDIS redescendit jusqu’au jardin du manoir, se posant finalement, mais avec plus de difficulté puisqu’il avait récupéré sa forme initiale de grand vaisseau spatial.

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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Sam 2 Aoû 2014 - 0:54




« Quel truand vous faites », dit-elle avec un sourire en coin lorsqu’elle sût pourquoi il voulait tant cette gemme.

En plus de cela, Mendax la savait armer depuis le début. Pfff ! Évidemment, se dit Virginia, déçue. Tout cela avait été bien trop facile ! Pour toute réponse, elle se contenta d’hausser les épaules en répondant au sourire de l’homme-enfant comme pour lui dire qu’elle n’en avait que faire. Mais elle était un peu vexée… Tout de même…  

Alors qu’elle venait de découvrir pour la première fois de sa vie l’espace, le vide et la Terre vue de tout en haut, la duchesse essayait de garder un esprit le plus clair possible. Mendax était parti s’affairer au milieu des câbles et autres choses compliqués de ce qui semblait être le moteur de sa machine quand il lui lança qu’elle ne devait pas oublier qu’il n’était pas quelqu’un de fréquentable. Allant même jusqu’à dire qu’elle devait certainement aimer les gens mauvais pour se comporter ainsi avec lui. C’est avec beaucoup d’aplomb et un sourire très doux qu’elle répliqua :

« On se voit soi-même toujours plus mauvais que ce que l’on est vraiment, mon ami. Ne vous en faites pas pour ce que j’en pense. Je ne serai point là sinon…

Mendax tira un levier et Virginia put constater à travers la porte ouverte de la formidable descente du vaisseau du ciel vers le manoir endormi.  

Il continuait de neiger abondamment sur Canterville Chase lorsque le vaisseau se posa de nouveau dans le jardin. Ils n’étaient partis que depuis quelques minutes qu’on ne trouvait déjà plus la moindre trace de leur passage. Virginia s’emmitoufla dans son long manteau, un sourire d’enfant sur les lèvres avant de sauter à pieds joints dans la neige. Elle contemplait l’ombre de son manoir se détacher dans la nuit. La jeune femme le voyait avec des yeux neufs, y voyant là le témoin d’un passé qu’elle voulait tout bonnement mettre de côté. Ses heures ici ne seraient plus. Cette conviction était profonde, d’une extrême force. Plus convaincue que jamais par cette idée, l’humaine n’avait pas peur le moins du monde. Quelque chose de parfaitement inexplicable l’empêchait de penser à ses proches, sa famille, sa vie… Elle n’avait que la volonté de s’engager tête baissée sur ce chemin parfaitement inconnu. Virginia était liée à Mendax pour une raison qui lui échappait. La rousse l’avait ressentie inconsciemment en franchissant le seuil de son vaisseau. Son destin semblait tout tracé pour une issue qui lui échappait et il n’était pas question de reculer tant qu’elle n’aura pas de réponse aux interrogations de son subconscient. Beaucoup d’humains qui constateraient de son comportement actuel diraient tout simplement qu’elle perd la raison… Virginia, elle, n’écoutait que son cœur qui ne faisait que la tirer en avant comme une simple poupée de chiffons. Dissipant ses pensées parasites, elle jeta un regard de chat à son nouvel ami qui venait de la rejoindre à l’entrée du vaisseau.

« Reprenons depuis le début, dit-elle d’un ton théâtrale avant de désigner d’une main gracieuse le manoir. Voici Canterville Chase, cher Mendax, et je crois savoir exactement où se trouve votre précieuse gemme. Venez vite ! » dit-elle en s’élançant à travers le jardin, laissant des fines traces de pas dans la neige.

Portée par l’exaltation et l’excitation de l’aventure, Virginia traversa le parc avec la légèreté d’une biche. Arrivés à la porte qu’elle avait elle-même refermée plus tôt, la jeune femme fit signe à son ami de rester silencieux une fois à l’intérieur.

« Mes parents sont en voyage mais les domestiques sont encore en train de dormir », indiqua-t-elle avant de tourner la clé dans la serrure et d’ouvrir tout doucement le montant de la porte-fenêtre qui ouvrait sur la grande salle à manger.

Elle entra prudemment suivit de près par son ami extraterrestre et prêta une oreille attentive aux bruits alentours. Pas un chat à l’horizon. La rousse se redressa et avança plus rapidement à travers la pièce jusqu’à une seconde porte restée ouverte. La duchesse jeta un œil dans le couloir et poursuivit sa route menant jusqu’au hall d’entrée, leva le nez vers la grande cage d’escalier en pierres millénaires et ne vit pas la moindre lumière. C’était parfait. Cambrioler son propre chez elle : il y avait de quoi devenir chèvre ! Mais il faut dire que la situation amusait follement la belle Otis. Elle jeta un regard à son ami pour voir s’il était toujours là puis poursuivit sa route en s’enfonçant dans un grand corridor qui menait à une grande porte ouvragée en bois sombre. C’était la porte de la bibliothèque. Se faufilant à l’intérieur, elle jugea l’endroit suffisamment éloigné des quartiers des domestiques pour pouvoir enfin se permettre d’ouvrir une lampe à pétrole pour éclairer la pièce. A peine la lumière allumée, elle vit du coin de l’œil scintiller les lettres dorées de la prophétie de son enfance gravées sur le mur.

« Quand la fille aux cheveux de feu aura arrachée
Les rubis aux mains de la gargouille enragée
Quand l’if stérile aura repris ses charmes
Et qu’un petit enfant aura donné ses larmes
Alors, cette maison redeviendra tranquille
Et la paix reviendra sur les Canterville. »

Un sourire à la fois triste et moqueur se dessina sur les lèvres de la pâle jeune femme lorsqu’elle relut machinalement ces lignes. Plus Virginia y pensait et plus elle se demandait si elle ne devait pas plutôt détester son fantôme disparu…

« Il parait que cela parle de moi, dit-elle d’un air peu convaincu avant de secouer légèrement la tête pour échapper à ces souvenirs qu’elle trouvait bien trop récurrents ces temps-ci. Bon, au travail mon ami », dit-elle d’un ton plus dur en s’avançant un peu plus loin en longeant le mur, sa lampe à la main. A peine trois mètres plus loin, elle posa sa lampe sur un guéridon et désigna à Mendax ce qui se trouvait sur le mur. « C’est tout de même une chance que vous m’ayez parlé de cette gemme, nous ne faisons plus attention à cette fresque depuis belle lurette… Regardez », dit-elle en pointant son doigt sur le centre du dessin.

Le mur était recouvert d’une très ancienne peinture médiévale étonnamment bien conservée. On pouvait y voir des dragons, des chevaliers au combat, des princesses inconnues et autres licornes et décorations florales typiques du style décoratif de l’époque. Et au centre de tout cela, enfoncé dans le mur et décoré tout autour de rayons comme pour illustrer un soleil ou peut être une étoile : il y avait une pierre taillée, de la taille d’un poing d’homme, sombre et poussiéreuse. Sans plus de fioritures, Virginia s’avança vers le mur avant de saisir un coupe-papier posé sur le guéridon et l’enfonça dans le mur pour décoller la pierre de son logis. Celle-ci se dégagea sans la moindre difficulté et Virginia la saisit avant de la tendre sans plus de cérémonie à Mendax comme si tout cela était parfaitement normal. Il eut un silence de quelques secondes avant que Virginia ne hausse les épaules avec un sourire en coin :

« Ne me regardez pas comme ça voyons ! Vous pouvez y aller : mon père l’a fait expertiser cinq fois au moins… Apparemment cela ne vaut rien pour des singes… Allez-y vous pouvez vous moquer !... Personne ne verra son absence… et puis autant que cela serve à quelqu’un, non ? »  

Ce geste parfaitement désintéressé était une façon symbolique pour Virginia de marquer ce lien étrange et inexplicable qui la liait à cet être perdu. Et elle savait qu’il pensait exactement la même chose… Comment était-ce possible ?

C'est alors qu'un grincement de porte se fit entendre au loin dans le manoir. Shit ! Un domestique !
   


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MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Dim 3 Aoû 2014 - 13:05

“Mendax & Virginia

Comme une gigantesque nef silencieuse, le TARDIS était redescendu sur terre, dans une trajectoire quasiment longiligne, sans tourner, sans se pencher. La descente était splendide, on avait vu les différentes couches de l’atmosphère de la Terre, puis les nuages, puis le ciel jusqu’à ce que dans un tourbillon de neige, le TARDIS ne vienne finalement se poser dans le jardin, il continuait de neiger depuis qu’ils étaient partis, et les traces du TARDIS précédemment posé n’étaient déjà plus que de l’histoire ancienne, pendant la descente Virginia avait fait remarquer à Mendax quelque chose d’intelligent et d’intéressant. Que l’on se voyait toujours plus mauvais qu’on ne l’était. Bien sûr Mendax ne répondit pas en faisant liste de ses méfaits et de tous ses crimes, ç’aurait été idiot. Il se contenta d’acquiescer en silence, d’un hochement de tête, tandis qu’il regardait la neige tomber en même temps qu’eux descendaient à une allure lente et reposante. Le vaisseau ne faisait aucun bruit, et l’on se serait cru dans un songe, finalement, il y eut un très léger bruit mécanique, les trains d’atterrissage du TARDIS s’étaient déployés et dans un très léger rebond, le vaisseau se posa finalement dans Canterville Chase. Alors qu’il possédait sa propre température intérieure, maintenant qu’il était posé on commençait à ressentir l’air froid et hivernal de l’extérieur se faufiler à l’intérieur du Vaisseau, pendant sa descente il s’était enfermé dans une espèce de bulle artificielle d’oxygène pour ne pas qu’ils soient expulsés par la porte ouverte, mais maintenant qu’il était à terre, ça n’avait plus d’utilité et ils pouvaient profiter du froid.

Mendax garda les mains dans son dos, tout proche de Virginia, il regardait l’extérieur, et elle fut prise d’un élan d’actrice de théâtre, présentant son manoir et sa personne. Avant même qu’il eut le temps de répondre quoi que ce soit, elle s’était déjà mise à courir à travers le jardin, dans la direction du manoir. Quant à lui, avant de descendre du TARDIS, il pressa un large interrupteur dans l’encadrement de l’entrée et les portes se refermèrent quand il posa le pied dans la neige. Il pressa le pas pour ne pas trop faire attendre la jeune femme et se retrouva à ses côtés à l’intérieur, où elle lui fit comprendre d’être plus silencieux. Il hocha la tête.

Virginia était maîtresse de la situation, elle savait où aller ; Mendax ne disait rien et se contentait de la suivre et de hocher la tête quand c’était nécessaire. Ils traversèrent une grande salle à manger puis continuèrent un peu plus, se dirigeant vers une autre porte, ils continuèrent encore à traverser le manoir, en silence et en toute discrétion. Ils traversèrent plusieurs couloirs, un escalier, et arrivèrent finalement dans une très grande bibliothèque que Mendax découvrait avec admiration, fasciné par toutes ces étagères, il ne remarqua pas qu’elles étaient dans le noir jusqu’à ce que Virginia allume une lampe à proximité pour les éclairer, c’était magnifiquement rangé, même pour des choses humaines, Mendax reconnaissait le talent. Et puis, lorsqu’il détacha ses yeux des étagères, il découvrit une gigantesque fresque médiévale, celle-là même dont parlait le conte du Fantôme de Canterville.

« La voir en vrai, c’est quelque chose, c’est bien différent de ce que j’imaginais lorsque j’ai lu le conte. » N’avait-il pas pu s’empêcher de faire remarquer, par la même occasion, il venait donc d’apprendre à Virginia qu’elle était le personnage d’une histoire. Du moins que sa vie avait été adaptée dans un livre. Sa vie, sa rencontre avec Canterville. Il fit mine de rien et observa la prophétie gravée contre le mur. C’était une fascinante foutaise, il plissa les paupières et décela un très fin filtre psychique. Il étouffa un sourire amusé et comprit qu’il ne s’agissait que d’une prophétie qui alternait son sujet, en fonction des siècles, jusqu’à ce que Canterville soit sauvé. C’était donc finalement immobilisé sur une « fille aux cheveux de feu ».

La fresque était immense et tout à fait ridicule, c’était clairement médiéval. C’en était presque amusant ; et au centre on trouvait une représentation stylisée d’un soleil enflammé, dans le mur était incrusté une pierre rougeâtre, que Virginia se dépêcha d’aller décoller du mur à l’aide d’un coupe-papier, elle la tendit à Mendax et celui-ci l’observa entre ses mains un instant. Il l’approcha de son visage et la renifla, puis du pouce se mit à toucher sa surface, intrigué. Il observa un instant Virginia tandis qu’elle disait que son père avait déjà cherché à y trouver une valeur mais que les terriens avaient jugés qu’elle n’en avait pas. « Splendide. Des mois de recherches et vous la trouvez en quelques minutes. Fascinant, vraiment. Si j’avais su, je serai venu ici beaucoup plus tôt, ça m’aurait évité d’avoir à faire à des pirates… » Marmonna-t-il tandis qu’il enfonçait la pierre dans sa poche, sans la moindre cérémonie. Il souriait, heureux. « Une bonne chose de faite ! »

Et alors qu’il se réjouissait de sa future fortune, et que Virginia venait solennellement de faire preuve de son allégeance, si on peut dire, à Mendax et sa cause, on entendit une porte grincer. Le seigneur du temps tourna rapidement la tête dans la direction du bruit puis d’un geste de l’index fit signe à Virginia de rester silencieuse. « Je m’en charge. » Chuchota-t-il à sa future compagne de voyage. Il éteignit les lampes autour d’eux, et rapidement la bibliothèque fut plongée dans le noir. Il attrapa la lampe à pétrole qu’avait utilisé Virginia et se faufila sur le côté de la porte. Finalement lorsque celle-ci s’ouvrit, le domestique, lui-même une lampe à la main distingua la silhouette de Virginia et murmura « Mrs Otis ? Que faîtes-vous dont à une heu— » et paf ! Le pauvre bonhomme fut assommé par un très violent coup derrière la tête, Mendax lui avait fracassé l’arrière du crâne avec sa lampe. Si fort qu’il y eut quelques traces de sang sur celle-ci, qu’il tenait toujours fermement. « Bon ok, j’ai peut-être exagéré. » Fit-il remarquer en tirant le pauvre homme inconscient vers l’intérieur pour ensuite refermer la porte, au cas où un autre domestique passerait par là.

Sans difficulté, cela dit, Mendax souleva le domestique qui semblait bien plus lourd que lui, et le hissa par terre, assit contre une étagère. « Il ne risque pas de se réveiller avant un moment, et si j’ai bien frappé, il aura oublié vous avoir aperçu. Fantastique petite chose, le cerveau humain, pas vrai ? » S’était-il mit à sourire, en reposant la lampe sur une table. « Bien, on devrait peut-être partir, cela dit. Si on doit assommer tous vos domestiques ça risque de prendre du temps. » Ajoutait-il d’un air plaisantin mais étrangement sérieux. C’était clair, Mendax avait l’habitude de frapper et d’attaquer des gens. Et la vue du sang ne lui posait visiblement pas le moindre problème, après tout il en avait vu des litres depuis sa jeunesse. Théâtralement, à son tour, il tendit la main à Virginia.

« Alors, qu’en dîtes-vous ? Partons vite, et ne revenons pas. »



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Localisation : sur la station marchande Mercoeur-Alpha 36 à l'aube de l'an 7000

MessageSujet: Re: TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]   Lun 4 Aoû 2014 - 17:14




« Vous l’avez lu dans un conte ? s’étonna Virginia en regardant d’un œil intrigué son compagnon. Ne me dites-pas que je suis mentionnée au chapitre ?... Elle eut un petit rire nerveux puis elle resta interdite quelques instants avant de reporter son regard sur Mendax. Mais… Cela veut dire que… Cette histoire est… très ancienne… »

La jeune femme savait encore si peu de choses ! Que âge pouvait avoir Mendax ? Si ce conte existait vraiment : celui qui a du l’écrire devait être mort depuis longtemps maintenant. « Canterville » était-il mort ? Un frisson parcourut le dos de la jeune femme tandis qu’elle arrachait la pierre du mur et la tendait à son ami. Sa tête allait finir par exploser. Surement. Toutes ces informations contradictoires… Quel était donc le sens logique de tout ça ?... Virginia s’est sentie soudain bien ridicule. Elle cherchait quelque chose de logique ? Après avoir voyagé avec un être venu d’ailleurs, échappée à une gargouille, fait confiance à un autre être parfaitement inconnu… LOGIQUE ? Come on, Otis ! C’était stupide de remettre tout cela en question maintenant. Elle aurait des réponses. Il fallait juste un peu de patience. Lorsque le grincement d’une porte se fit entendre au loin, la jeune femme se crispa avant que Mendax ne lui chuchote de le laisser faire avant d’éteindre toutes les lumières. Elle ne répondit pas mais n’était pas bien sûr que c’était la meilleure idée du siècle... Et ses craintes furent rapidement confirmées quelques minutes plus tard lorsque ce pauvre vieux Linus entra dans la bibliothèque et jeta à la duchesse un air endormi et intrigué avant de s’écrouler lourdement sur le sol. L’homme-enfant l’avait frappé violemment à la tête avec la lampe à l’huile.

« Mais vous êtes dingue ! s’exclama Virginia en se retenant de hurler, en jeta un regard effaré à Mendax qui tirait déjà le corps à l’intérieur. Ce pauvre homme à 75 ans ! C’est notre plus fidèle majordome ! le gronda-t-elle en s’agenouillant près du vieux domestique inconscient pour l’examiner. Une chance que vous ne lui ayez pas fracassé le crâne : nous serions perdus sinon… Le pauvre homme. Espérons qu’il n’est pas de séquelles…»  
 
Mendax osa dire qu’il avait “peut-être” exagéré ce qui provoqua un regard lourd de sous-entendus à son encontre. Puis il poursuivit en évoquant la fantastique habilité du cerveau humain à oublier certaines choses et que le vieux Linus ne serait point épargné sur cette question. Virginia essaya d’installer plus confortablement l’homme inconscient tandis que l’homme-enfant continuait de dire des âneries sur le fait de frapper ses domestiques et lui proposa de partir avec un large sourire goguenard.

« Toujours le mot pour rire, n’est-ce pas ? soupira de lassitude la jeune femme en se relevant. J’aurai pu très bien lui mentir, ça serai passé comme une lettre à la poste ! Au lieu de l’agresser comme un malpropre… Je lui aurai dit que vous étiez le fils d’un ami à moi et que… En voyant le regard de son nouvel ami, elle leva les yeux au ciel. Raaah Gosh ! Laissez tomber et allons-nous en !

Elle attrapa vivement Mendax par la main et l’attira à sa suite hors de la bibliothèque. Ils prirent le chemin inverse à travers le manoir silencieux puis ils arrivèrent enfin vers la porte-fenêtre de la salle à manger qui était restée ouverte. Les rideaux s’agitaient lentement comme deux fantômes face au froid hivernal. Son ami passa devant elle et Virginia jeta un dernier regard sur ce foyer qu’elle laissait derrière elle, se sentant coupable de partir sans dire un mot… Le cœur serré, la jeune femme se tourna de nouveau vers Mendax :

« Juste... laissez-moi quelques minutes… Il faut que je leur laisse une lettre… C’est la moindre des choses… Attendez un petit instant, je fais vite ! »

Sans attendre elle tira un tiroir d’une commode près d’elle et en sorti de quoi écrire avant de se poser sur la longue table de la salle à manger. Eclairée par les rayons de la lune se répercutant sur la blancheur de la neige : la pièce avait quelque chose d’étrange. Pendant que Mendax patientait sur la terrasse, la plume de Virginia courrait sur le papier…

Dear mother, dear papa,

A l’heure où vous lirez ses lignes, je serai déjà partie très loin d’ici. Je sais comme vous pouvez être inquiet parfois et je sais que cette fois-ci n’échappera point à la règle. Mais soyez tranquilles : Je pars vivre la plus extraordinaire des aventures voir des contrées que personne d’autre n’a encore vu ! Je vous promets de vous donner de mes nouvelles aussi souvent que possible. Peut-être aurai-je même le temps de revenir pour fêter Noël avec vous. Dites à Washington de ne pas lancer de recherches folles après moi : il ne me trouvera point. Cecil non plus d’ailleurs… Gardez toujours un œil sur nos petits « Stars and Stripes ». Car même si ils sont désormais au collège, ils feront tout leur possible pour rendre leurs professeurs fous.

Prenez soin de vous et sachez que je vous aime.

Virginia.

P.S. Si par le plus grand des hasards, Cecil souhaite demander le divorce : faites lui savoir que j’accepterai volontiers.


Satisfaite, la jeune femme souffla sur l’encre encore fraiche avant de replier le papier et de l’enfermer dans une enveloppe au nom de ses parents. Elle la posa en évidence sur la table puis alla rejoindre Mendax sur la terrasse en refermant discrètement la porte.

« Pardonnez mon sentimentalisme, fit-elle avec un petit sourire réservé. Nous pouvons y aller ! »

Les deux têtes brûlées s’élancèrent à travers le parc, revenant sur leurs pas, jusqu’à atteindre le grand vaisseau de Mendax… qui… n’était plus un obélisque. Elle ne l’avait pas remarquée avant. La vue de cet immense bâtiment au milieu du jardin laissa la jeune femme sans voix tandis qu’elle suivait l’homme-enfant jusqu’à l’entrée. Il ouvrit la porte en un claquement de doigt et s’avançait déjà vers la console pour préparer le départ. Virginia était toujours sur ses talons mais elle s’arrêta sur le seuil du vaisseau, jetant un dernier regard en arrière… Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, son regard azuré brillant dans la pénombre.

« Good bye », dit-elle dans un murmure avant de refermer doucement la porte sur le jardin enneigé.

Et dans la nuit noire, s’éleva doucement un immense vaisseau qui monta jusqu’aux cieux, laissant Canterville Chase et ses habitants plongés dans leurs songes.  
   
This is the tale of Virginia & Mendax. The good girl and the lost Time Lord. The Duchess and the liar. Remember : this is not a fairy tale. And it has only just begun ...

TOPIC TERMINÉ



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And you can't hold me down
'Cause I belong to the hurricane »


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TERMINÉ - Like a dog chasing cars - [Canterville Chase - 1883, PV Virginia Otis]

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