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 No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]

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MessageSujet: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Lun 11 Aoû 2014 - 0:17




Dans la bibliothèque du TARDIS, Virginia était plongée dans une recherche assidue et intensive. Elle parcourait les rayonnages en énumérant les titres plus ou moins étranges qui passaient sous son nez, montait sur une pile de livres un peu plus loin pour observer les rangées d’ouvrages un peu trop haut sur les étagères ou soufflait la poussière sur quelques autres dont elle ne distinguait même pas la couverture. Voilà plusieurs heures qu’elle cherchait et la jeune femme commençait à perdre patience. Mendax l’avait envoyé là comme si c’était un véritable jeu d’enfant ! Et rien. Elle ne trouvait pas ce fameux livre de contes dans lequel il jurait qu’elle était mentionnée. Il se moquait d’elle, surement, se disait elle en redescendant de son perchoir avant d’épousseter sa longue robe bleue nuit pleine de poussières. Tant pis ! Elle avait fait son possible et pas de livre pour enfants. La jeune femme savait d’ors et déjà que l’homme-enfant ne manquerait pas de se moquer de son cerveau d’humaine mais elle pourrait survivre à ça. Alors qu’elle reprenait son chemin vers la sortie : un bouquin sortit tout à coup de son rayonnage pour s’écraser lourdement par terre aux pieds de Virginia qui venait de reculer d’un pas par surprise. Qu’est-ce que cela pouvait être encore ? Un livre vivant mangeur d’hommes ? pensa avec ironie la duchesse en s’agenouillant prudemment avant de saisir le bouquin pour l’examiner.

Des cercles, des signes de toutes sortes recouvraient les pages épaisses du livre poussiéreux mais voyant ça et là d’étranges images de monstres ou créatures d’apparence mythologique, la jeune femme se disait que cela pouvait bien être le recueil que Mendax lui avait demandé. Contente finalement de ne pas repartir les mains vides, Virginia se releva avec le bouquin entre les bras et quitta enfin l’immense bibliothèque pour regagner la salle de contrôle. Elle se trompa de couloir, une, deux, trois fois… ? La rousse était pourtant sûre d’être venue par là… La rousse voulut retourner sur ses pas quand elle se crispa sur place. Au détour du couloir, elle faisait face à… elle-même. Cette Virginia ne portait pas les mêmes vêtements mais c’était bien elle. Et celle-ci lui jetait un regard difficile à interpréter. La duchesse essaya d’ouvrir la bouche pour essayer de communiquer avec ce double, savoir si cela était bien réel, mais pas un son ne parvint à sortir de sa bouche. Son double lui lança un sourire presque attendrit et lui indiqua d’un geste gracieux de la main la direction vers un autre couloir à sa gauche. Puis elle disparut. Virginia resserra ses mains autour du vieux livre jusqu’à ce que la douleur lui permette enfin de bouger.

D’un pas nerveux elle avança là où venait de disparaitre son double avant de prendre la direction qu’elle… s’était elle-même indiquée ? Cet endroit allait la rendre folle, pensa-t-elle en soupirant. En un rien de temps elle passa la porte qui ouvrait sur la salle de contrôle. Mendax était toujours affairé à bricoler ici ou là les commandes du TARDIS.

Virginia chassa cette vision étrange d’elle-même de ses pensées et s’avança d’un pas plus léger vers la console centrale. Elle feuilleta distraitement le livre avec un sourire amusé et le referma aussi sec.

« Je ne peux pas lire un traitre mot de vos histoires, dit-elle en posant l’ouvrage devant elle. Mais je ne peux pas vous croire mon ami : je ne suis pas un personnage de conte. Vous me faites encore marcher, Mendax. Avouez-le ! dit-elle en riant.

L’homme-enfant avait beau lui avoir montré des cascades d’étoiles naissant au fin fond de gigantesques nébuleuses quelques jours plus tôt, Virginia ne voulait pas croire tout et n’importe quoi. La jeune femme l’observa triturer les manettes, les boutons et autres leviers qui composaient les commandes avant de lui lancer l’air de rien :

« Alors ? Quel est notre prochain voyage ? »

Il était bien sympathique de badiner entre amis, se promener dans le TARDIS (ou se perdre…) et se rencontrer soi-même mais il fallait revenir aux choses « sérieuses ». Les deux complices avaient une nouvelle destination !

« USA, 1969, lut la rousse sur un des écrans de la console avant de lancer un regard étonné au Time Lord. La Terre ? Vraiment ?... Vous allez essayer de me faire peur en me montrant l’évolution tragique de l’espèce humaine ? demanda-t-elle d’un air mutin avant de retrouver un peu de sérieux, arborant toujours un sourire enthousiaste. Mais je dois reconnaitre que je suis curieuse de voir ce que l’avenir terrestre nous réserve.

La duchesse laissa Mendax a ses soucis de navigation spatio-temporelle quand elle remarqua une pile de vêtements étranges posée sur un siège. Elle s’en approcha avant d’en saisir un puis deux du bout des doigts.

« Oh… Gosh… laissa-t-elle échapper avec des yeux écarquillés. Mendax : ne me dites pas que les terriens portent ça de nos jours, par pitié ajoute-t-elle en désignant un grand t-shirt délavé multicolore avant de continuer sa découverte des tenues hippies. Non… Vraiment… Mon XIXe siècle n’y survivra pas si je dois porter ça, dit-elle en sortant un grand poncho avant de lancer un regard plein de détresse à Mendax. Dear God ! Qu’est ce qui est donc arrivé sur Terre pour qu’on laisse de telles horreurs arriver ? »

Virginia reposa délicatement les vêtements sur la pile et revint auprès de son ami avec un sourire un peu crispé :

« N’y voyez là aucune offense mais… Je me contenterai de ma tenue habituelle pour cette fois. »

Lorsque le TARDIS atterrit enfin, les deux voyageurs posèrent le pied dans un immense champ noir de monde plus ou moins sales, saouls, à moitié nus ou nu (ceci étant une liste non exhaustive bien évidemment il y en avait un peu trop à regarder partout…). Sous un soleil de plomb, Virginia distingua une grande scène de spectacle tout au fond : un bruit d’enfer en provenait tandis que des hordes de gens gesticulaient en rythme.

« Quelle… débauche…, fit Virginia en découvrant la musique rock et son public. Pourquoi cela ne m’étonne même pas de vous ? demanda la jeune femme en haussant un sourcil avant de jeter un regard à Mendax.

Ils n’avaient pas fait deux pas plus loin du TARDIS qu’un jeune homme s’agrippa aux épaules de Virginia en lui lançant un sourire quelque peu absent, un verre d’alcool à la main. Ses pupilles étaient furieusement dilatées !

« Un peu de tenue, jeune homme , fit sèchement la rousse en repoussant l’adolescent. On a pas gardés les vaches ensemble », dit-elle en pointant un doigt menaçant.

Puis elle remarqua tout à coup que le débauché avait les yeux… violets.

« Oh...s'il vous plait, dites-moi que cela est parfaitement normal », soupira la jeune femme comme pour se rassurer elle-même.
     


__________________________



« Nothing to keep me from the storm
And you can't hold me down
'Cause I belong to the hurricane »




Dernière édition par Virginia Otis le Jeu 13 Nov 2014 - 14:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Lun 11 Aoû 2014 - 1:54




Depuis combien de temps tournaient-ils dans l’univers ? Des heures, sûrement des jours. Peut-être même des semaines. Les TARDIS possédaient leurs propres règles, on ne savait jamais vraiment quelle heure il pouvait être ou à quel vitesse le temps s’écoulait, et la seule indication possible demeurait dans un petit cadran bancal accroché à la console qui ne semblait fonctionner que lorsqu’il en avait envie. La gigantesque machine de Mendax était parfois capricieuse, parfois joueuse, elle faisait comme bon lui semblait et quand son pilote qui continuait de tourner en tout sens pour actionner les commandes demanda poliment à sa nouvelle compagne de voyage d’aller lui chercher un épais livre dans la bibliothèque vous vous doutez bien que la machine l’avait entendue et n’allait pas se priver pour faire son baptême à la jeune Otis. La machine resta cependant aimable, puisque Mendax lui marmonna, quand Virginia fut déjà bien loin, de ne pas la torturer. Ainsi, elle ne fit que s’allonger les couloirs et très légèrement tourner en rond la jeune rousse. Mendax gardait inévitablement un œil distrait sur elle, au cas où, tandis qu’il continuait à manipuler sa machine avec précaution, les mains couvertes d’huile de moteur et d’épaisses lunettes plaquées contre les yeux. Un chalumeau trainait derrière lui, sur un siège en cuir rouge. Il se retourna et le récupéra, d’un geste l’actionna et commença à faire flamber des trucs sur la machine. Il était grand temps que celle-ci soit remise à neuf. La console vibrait comme un chat ronronne à mesure que Mendax continuait d’en tripoter des morceaux. Les jours s’écoulaient sans qu’on s’en rende compte depuis qu’ils étaient partis ensembles de Canterville Chase ; tout allait bien et tout était de bonne humeur. Il arrivait parfois que Mendax soit insupportable et un peu arrogant à l’égard de Virginia, mais celle-ci n’était pas femme facile et ne se retenait jamais de le remettre à sa place, un peu comme une nanny, elle semblait s’occuper de Mendax de la même façon que lui s’occupait d’elle. L’un et l’autre partageaient une relation assez amusante à imaginer. Un genre d’animosité amicale.

Le livre que Mendax avait demandé à Virginia d’aller trouver dans sa gigantesque bibliothèque était un livre théorique sur les formations de trous blancs et trous noirs au sein d’étoiles en pleine combustion, quelque chose de compliqué qui n’avait probablement aucun sens pour quelqu’un d’autre qu’un seigneur du temps. Et encore, ce n’était même pas sûr que ce ramassis de théories farfelues ait un sens pour eux. Les timelords étaient des êtres intelligents, mais le plus souvent ils n’avaient pas la moindre idée que ce qu’ils disaient n’avait pas le moindre sens. Ce sont de grands improvisateurs, en fait. Mendax redoutait que l’œil d’harmonie, le cœur de son TARDIS ait été endommagé lors de son dernier crash, quelques heures avant qu’il ne se régénère ; il n’avait pas eu le temps de s’y attarder et ça commençait à devenir extrêmement dangereux de laisser le cœur dans un si mauvais état de toute façon. Il éteignit son chalumeau, et attrapant un chiffon attaché maladroitement à sa ceinture s’essuya les mains puis le front ; et il aurait plutôt dû faire l’inverse puisqu’il se retrouva très rapidement avec de l’huile sur le front, noir et sale. Mais ses travaux n’étaient pas fini, et le silence des vrombissements de la machine devenait quelque peu ennuyeux, il se pencha sur sa console et tournant une manivelle circulaire, mis en marche un poste de radio dissimulé quelque part, allez savoir où, dans la console. Le TARDIS se cala sur les années 60 et se mit à diffuser le concert de Woodstock en live. Mendax hocha un sourcil un court instant puis haussant les épaules retourna à ses affaires. Soulevant une plaque de métal au sol, il se glissa à moitié dans celle-ci, et inspecta l’en-dessous de la console, suspendu par la force de ses mollets et par une main serrant les fins espaces entre le métal au sol. Il resserra quelques boulons à la force de son poignet et remis en place quelques câbles qui commençaient à se débrancher et se redressa et referma la grille du sol d’un coup de pied tout à fait calme.  

Mendax avait cessé de prêter attention à ce que faisait Virginia de son côté et s’était concentré sur sa machine favorite, penché sur la console, il était affalé devant des écrans et des boutons. Sans vraiment faire grand-chose, il se laissait bercer par la musique en provenance de Woodstock. Il avait oublié ce que cela faisait d’écouter de la musique et de se détendre. Il ne se souvenait même plus de quand il en avait écouté pour la dernière fois. Et c’est ainsi qu’il se décida ! D’un bond il se redressa et tourna en cercle en toute hâte avant de se souvenir du chemin vers la penderie ; il revint très rapidement avec une pile énorme de vêtements décolorés aux allures psychédéliques, parfait pour le climat du festival, de toutes tailles et de toutes les formes. Certains semblaient être fait pour des personnes avec plus de deux bras, d’autres avaient l’air de ne pas en avoir, mais dans la majorité du reste on devinait des vêtements humains. Il manqua de trébucher sur le chemin contre un large câble et alla poser la pile contre le siège où était posé son chalumeau, sans prendre le soin de l’y enlever. Une chance qu’il était éteint et possédait une sécurité. À peine s’était-il redirigé vers la console pour programmer le voyage aux USA qu’il entendit la demoiselle arriver en se plaignant.

« Mais évidemment que vous ne comprenez pas ce que ça raconte, c’est de l’ancien Gallifreyen ! Si vous le parliez je serai incroyablement surpris. Et inquiet. Mais surtout surpris ! C’est la langue que parlait mon peuple il y a des millénaires ; ça a évolué depuis, mais je suis un vieillard qui vient de l’époque ou l’ancien gallifreyen était la langue moderne. La majorité des ouvrages de mon monde sont donc dans cette langue-là. » Lui expliqua-t-il en se tournant vers elle et en reprenant son chiffon pour s’essuyer les mains, il avait encore de l’huile de moteur un peu partout. « Je n’ai pas dit que vous étiez un personnage de conte, j’ai dit que j’avais lu l’histoire du Fantôme dans un conte. C’est pas pareil ! » Il se mit à sourire et sembla même rire un instant « Vous n’y croyez vraiment pas ? Remarquez, moi non plus je n’y croirais pas si l’on me disait que j’étais le personnage d’un livre ou de quelque chose de ce genre. »

Il se retourna et abaissa un levier et Virginia se dépêcha de demander où ils allaient, il n’eut cependant pas le temps de répondre qu’elle avait déjà pu lire sur le cadran qui s’était remis à marcher du TARDIS qu’ils se dirigeaient en 1969. « La Terre, oui. » Répondit Mendax quand Virginia fut interloquée par ce choix. « Oh c’est bien mieux que cela ! Je vous emmène à un endroit bien peu ordinaire ! Quelque chose de spécial et de très amusant ! Ils appellent ça Wood— Dans leurs jours, si, 1969 est une année étrange. La liberté, le sexe, la drogue… Les humains sont passés par de très nombreux moments mémorables. Et aussi peu recommandable celui-ci peut avoir l’air, c’était quelque chose qui n’a pas été oublié, même dans les années 2000 ils continueront d’en parler de ce festival de Woodstock. » S’était-il mit à marmonner tandis qu’elle découvrait l’horrible pile de vêtements à la mode en cette année, elle ne l’écoutait plus et se contentait d’être choquée et horrifiée par ces vêtements.

Elle préféra rester dans ses propres vêtements et Mendax n’y vit aucun problème, il ajouta ensuite, « Oh ne vous inquiétez pas, ils vont vous trouver géniale. Peu importe qui vous êtes, ce que vous êtes, ou ce que vous porterez, ces gens aiment tout et tout le monde. Vous verrez. »

Mais Mendax se sentait d’humeur courageuse, et il attrapa ce même poncho qui avait horrifiée Virginia et l’enfila aussitôt. Il fit un tour sur lui-même et semblait plutôt content de porter ce poncho. Il était presque sur le point de faire un petit défilé pour Virginia qu’il fut interrompu par l’atterrissage du TARDIS. Et honnêtement, c’était mieux pour eux deux qu’il n’ait pas eu le temps de défiler. Ç’aurait été trop ridicule. Le TARDIS avait cette fois-ci prit l’allure extérieure d’une tente faîte de tissus en tout genre et à l’allure un peu débraillée. Les deux voyageurs en sortirent et furent précipité dans l’amas répugnant de débauche ; une forte odeur d’alcool mêlée à de la sueur les entourait et ce fut assez brutal en comparaison avec l’atmosphère artificielle du TARDIS. Mendax éternua et s’y adapta ensuite assez rapidement. Ils étaient incroyablement loin de la scène où avait lieu l’évènement du siècle, mais ça ne semblait pas tant gêner Mendax que ça, même s’il se lisait sur son visage un petit air déçu, on aurait presque cru qu’il aurait voulu être sur scène à ce moment-là.

« Oh, vous me connaissez tellement bien. Ça me touche. » Ajouta Mendax d’un air amusé quand Virginia fit remarquer qu’elle n’était même pas étonnée qu’ils se retrouvent là. N’eurent-ils même pas le temps de s’éloigner de quelques pas du TARDIS qu’un jeune homme s’agrippa aux épaules de Virginia, un verre d’alcool dans la main, les pupilles dilatées au possible. Mendax fronça les sourcils en le voyant s’accrocher ainsi à la pauvre rousse qui n’avait pas idée de ce qu’il se passait autour d’elle, et le seigneur du temps se dépêcha d’aller attraper l’homme par ses propres épaules pour le tirer vers lui, quand ils remarquèrent tous les deux qu’il avait les yeux violets. « Non, ce n’est pas normal. » Marmonna Mendax dans la direction de Virginia tandis que le bruit de la musique continuait de battre son plein. Il attrapa le visage du jeune homme entre ses mains et l’immobilisa pour fixer ses pupilles, sourcils froncés et visage frappé d’une expression bien moins heureuse que tout à l’heure.

Le jeune garçon ivre se mit à roter et juste à temps Mendax le lâcha et recula d’un bond en arrière, tandis que le pauvre homme vomissait par terre. Le seigneur du temps laissa s’échapper un soupir quelque peu agacé par la situation, il n’aimait pas les gens capables de vomir, et se rapprocha de Virginia pour lui marmonner plus bas « Quelque chose n’est pas naturel, non. Et ce n’est pas humain. » Mendax renifla l’air et tourna la tête aussitôt vers sa droite, regardant au loin, il cherchait quelque chose du regard. « Quoique ce soit, ça a commencé à affecter les gens. Ces yeux violets n’ont rien de naturel, même au 54ème siècle les humains n’ont pas cette couleur. C’est un empoisonnement…

…Quelque chose essaie de contaminer Woodstock. »



[À quoi ressemble le TARDIS]:
 

__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties
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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Mar 12 Aoû 2014 - 0:19




Lorsque Virginia constata que Mendax enfilait le fameux poncho elle ne put s’empêcher de poser la main sur son cœur tellement elle était horrifiée.

« Looks like a real… gypsy », laissa-t-elle échapper sans s’en rendre compte.

Une fois dehors elle comprit rapidement pourquoi sa tenue était si… décalée… Malgré tout elle ne se laissa pas abattre, levant fièrement le menton en se disant inconsciemment qu’elle était le fragment de civilisation de cet endroit perdu. La remarque de Mendax, lui disant qu’il était touché de voir à quel point elle le connaissait bien la toucha à son tour. La jeune femme ne comprenait vraiment pas ce qui les liaient l’un à l’autre. Elle avait toujours ce pincement au cœur étrange qui la poussait toujours à poursuivre sa route avec lui… Ne pas s’offusquer des bizarreries et autres farces du TARDIS, ne pas avoir peur de cet être millénaire, ne jamais perdre le sourire… Peut-être que tout cela finirait par avoir une explication logique après tout, malgré toute la folie de ce Time Lord.

Alors que Virginia découvrait un aperçu de la débauche légendaire de Woodstock, voilà qu’un adolescent leur tombait dessus dans un état second… et passablement sous l’effet de quelques substances aliens… Evidemment, il ne pouvait pas se passer un voyage sans une situation étrange, pensa Virginia. Et maintenant qui se sentait obligé de régler ça ? Mendax évidemment. Elle aurait pu ronchonner davantage à voix haute mais elle ne put s’empêcher de ressentir ce petit chatouillis au fond du crâne qui voulait absolument en savoir plus.

L’homme-enfant venait d’attirer l’humain vers lui et commençait à l’examiner attentivement, l’air soucieux. Il lui tritura le visage quelques instants en écartant bien ses paupières pour observer les pupilles violacées du jeune homme. Mais cela ne dura même pas une minute puisque celui-ci recula soudainement en arrière, prit de hauts le cœur avant de s’écrouler par terre pour vomir.

« Charmant… C’est pittoresque une vision pareille, fit avec ironie la duchesse en pinçant les lèvres avec dégout.

Comme le disait Mendax, tout cela était bel et bien d’origine alien. Difficile d’en douter pour des voyageurs temporels, même débutant comme Virginia. Le Time Lord se mit soudain à humer l’air comme un animal de chasse en quête d’une piste. Il tourna sa tête sur la droite.

« Vous avez une idée de ce que cela peut bien être ? » demanda la jeune femme en plissant les yeux à regarder la foule compacte du festival. Alors que Mendax affirmait un empoisonnement, Virginia lui jeta un regard inquiet. Vous avez une idée d’antidote, j’espère…

Reportant son attention sur l’adolescent, elle eut un mouvement de recul avant de tirer sur la manche de Mendax :

« Et notre malade court toujours on dirait », dit-elle en constatant que le jeune homme infecté avait disparut.

Elle releva les yeux vers les gens alentours et crû voir la tignasse de l’adolescent s’avancer plus loin vers la scène, les bras en l’air. Pour connaitre la source de ce mal, il valait mieux interroger directement les personnes infectés pensa Virginia. Ni une ni deux, voilà que la duchesse fendait la foule à la poursuite du jeune homme.

« Je vais le chercher ! » lança-t-elle distraitement par-dessus son épaule à l’attention de Mendax.

Tout bon spectateur, lecteur ou scénariste vous dirait que c’était la pire idée du monde de se séparer. Mais que voulez-vous ? Virginia ne connait pas le cinéma et encore moins la télévision…. On fait ce qu’on peut hein ! Voilà donc la jeune femme en train de bousculer ici ou là les hippies qui lui barraient la route. Elle avait beau rester focaliser sur le jeune homme infecté, son bon goût aristocratique ne pouvait s’empêcher de jeter des regards sur toute cette foule qui, elle avait failli l’oublier, était américaine… Tout comme elle… L’Amérique de demain ressemblerait vraiment à cela ? Virginia osait penser que cela n’était qu’un pâle échantillon de la population… Mendax avait l’art de la surprendre, elle ne pourrait plus jamais le nier. Toujours sur les talons du malade aux pupilles violettes, Virginia jouait des épaules tout en soulevant ses jupons pour se frayer un passage dans le champ quelque peu accidenté. Heureusement qu’elle était une vadrouilleuse chevronnée : il y avait de quoi se rompre le cou à plusieurs reprises avec ses bottines. La rousse s’apprêtait à attraper le jeune homme par l’épaule pour le ramener vers elle quand elle sentit à son tour une main l’attirer en arrière.

« WAHOUUUU ! Trop psyché’ le look ! s’exclama un grand épouvantail chevelu avec de grosses lunettes oranges qui interpela ensuite une jolie blonde. T’as vu ça, Kendra ?

La jeune femme en question, vêtue de…de…rien à vrai dire, examina Virginia de la tête au pied en écartant ses longues cheveux d’une main.

- Dément ! C’est tellement… décadent !

-Oh… vous êtes bien aimable
, fit la rousse avec un sourire forcé en essayant de se focaliser sur le visage de la jeune femme…et pas le reste de son anatomie.

Puis elle essaya de repartir mais la blonde la retint par le bras.

-Tu as trouvée ça où ? Dans un vide-grenier ? demanda-t-elle avec un grand sourire béat.

La remarque fit rougir le teint blanc de la duchesse tandis qu’elle serrait les poings d’agacement. Epoque de dégénérés !

-Non, fit-elle sèchement avec un accent plus anglais. C’est mon tailleur. Il s’appelle Lewis. Il est formidable. Je vous enverrai sa carte. Bon vent ! »

Elle repartait dans la foule quand elle constata avec encore plus d’agacement qu’elle avait tout bonnement perdu la trace du jeune empoisonné.  

« Wonderful », soupira la rousse en essayant de garder son calme.

En plus d’avoir perdu le malade, elle n’était plus avec Mendax, au milieu d’une foule débridée et la musique était… INSUPPORTABLE ! Pour sa survie mentale, Virginia se boucha les oreilles au moins quelques instants histoire de réussir à réfléchir calmement. Elle jetait des regards ici ou là, espérant voir le bout du nez ou du poncho de Mendax mais rien. Juste une bande de chevelus. Elle respirait profondément en tournant sur elle-même en examinant les alentours et ses yeux retombèrent sur le couple de hippies qui l’avait retenu quelques instants plus tôt. La duchesse soupira de lassitude mais elle se disait que au vu de la situation actuelle : elle n’avait pas vraiment le choix. Elle revint vers les deux énergumènes avec un grand sourire :

« Excusez-moi, fit-elle d’un ton bien plus chaleureux qu’auparavant et des yeux de biche. Auriez-vous entendu parler de quelque chose qui donne des yeux violets ?

-Han !!! Mais oui !
s’exclama la blonde nue avec de grands yeux et toujours son large sourire. Avec Chris, on voulait essayer ça dès que possible ! Tu veux venir avec nous ? Notre tente n’est pas loin.

-C’est trop cool que tu t’détende Ginger
, fit le Chris chevelu en agitant doucement la tête en rythme avec les sons du concert. Faut pas juste qu’tu regardes Woodstock : faut qu’tu vives Woodstock, genre. »

Alors que Virginia suivait le couple un peu plus loin, elle jeta un regard en arrière sur la foule en se demandant ou pouvait bien être parti Mendax. Elle ne fit pas trop attention où elle avançait, guidée par le couple de hippies quand elle rentra sans faire exprès dans le dos d’un grand homme noir (toujours aussi chevelu que le reste du monde apparemment). Et il lui jeta un petit sourire en coin, sa guitare à la main.

« Hey ! Sympa le look, Foxy Lady », fit Jimi Hendrix avec des airs charmants.


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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Mar 12 Aoû 2014 - 23:33




Le visage de Mendax se contorsionna dans une grimace qu’on aurait pu décrire avec aisance par les très jolis sons d’un « agnagnagna » lorsque Virginia fit remarquer au seigneur du temps qu’il était ridicule dans ce poncho et qu’il avait l’air d’un gitan. Et puis ils sortirent. Et une fois sorti, cet adolescent étrange vint les accoster, enfin, il vint plutôt se jeter aux épaules de la jeune rousse avant d’être récupéré par Mendax qui étudiait la couleur de ses yeux, ensuite, et très rapidement, il vomit par terre. Ce genre d’étrangeté n’avait rien de rare aux yeux d’un homme comme Mendax mais à Woodstock, ce phénomène était bien étrange, pas le vomissement ça c’était ordinaire là-bas, le reste au contraire… On n’avait jamais entendu parler d’une substance capable de modifier la couleur des yeux d’un individu, et pourtant c’était bien ce qu’il se passait autour d’eux, et ce n’était pas humain. Mendax vint rapidement émettre l’hypothèse d’un empoisonnement du festival tout entier, après avoir rapidement, comme un prédateur cherchant sa proie, s’être mis à renifler autour de lui. Une fois qu’il lui ait fait part de sa théorie elle fut inquiète et demanda s’il existait un remède, sans mentir – quel comble tout de même – Mendax répondit aussitôt, l’air ailleurs « Je ne sais pas ce que c’est, il faudrait que j’isole le germe, que je l’étudie et que je fasse beaucoup d’expériences dessus. Et je n’ai vraiment pas envie de m’ennuyer à faire tout ça. » Elle reposa ensuite son regard vers l’adolescent drogué.

Il avait disparu ! Très rapidement il s’en était allé, sûrement pour reprendre une dose, Mendax connaissait cette sensation de manque et de besoin, il était passé par là, il y a bien longtemps, mais ce n’est pas le genre de chose que l’on oublie. Aussitôt sans se faire attendre Virginia décida de partir à sa poursuite, pour le ramener et elle le cria à Mendax qui avait la tête ailleurs, il ne la suivit pas et tourna les talons, allant ailleurs. « Mh… Pourquoi est-ce que ça ne me dit rien ? » Se demanda Mendax en l’air, les yeux fixés vers la foule qui se fendait au passage de la rousse et se refermait aussitôt, comme un gigantesque fleuve. Il se passa une main sur le front, et fit quelques pas en cercle, tandis que Woodstock continuait de battre son plein, et les gens continuaient de danser dans tous les sens au rythme calme et psychédélique de la musique, certains assis, d’autres debout ; certains habillés, d’autre nus. Les drogues se distribuaient comme on distribue de la nourriture et tout semblait graviter autour de cela, même les artistes sur scène n’avaient pas l’air d’être tout à fait sobre. Il faisait chaud, et l’horizon puait la sueur. Mendax, à l’aise dans son poncho commença à se marmonner à lui-même. Et avant qu’il n’ait réellement eut le temps de retourner au TARDIS pour s’éloigner de tous ces gens qui ne l’intéressait pas il se heurta à deux silhouettes de hippies qui n’avaient pas l’air d’être absorbés par l’ambiance du festival. Ils étaient droits et immobiles, leurs regards vides observaient Mendax sans vraiment le regarder et ils avaient plutôt l’air de pantins articulés que de véritables personnes.

« Vous n’irez nulle part, Timelord. » Marmonna l’un d’eux dans une voix presque artificielle qui n’avait pas l’air de sortir d’entre ses lèvres ;

« J’irai où il me plaît d’aller ! » Se scandalisa Mendax dans son poncho en fixant cette silhouette plus grande et plus large que lui. Mais rien n’y faisait, le personnage n’était pas du genre à renoncer. Il dressa lentement son bras, dans un grincement presque métallique et rouillée, ce à quoi le seigneur du temps eut un mouvement de recul vif, pressant sa main contre la poche de son pantalon, dans lequel était rangé son dispositif sonique, prêt à le dégainer. Pour faire quoi au juste ?

L’autre hippie fut bien plus rapide, et il attrapa Mendax à toute vitesse, il n’eut le temps de rien et se retrouva serré contre le corps musclé de l’autre mastodonte tandis que le plus lent s’approchait de lui, Mendax était le ventre serré contre celui qui l’avait attrapé et se retrouva donc de dos à l’autre ; « Vous savez, en temps normal, ça ne m’aurait pas gêné une petite danse à trois ; mais j’ai un de ces mal de crâne ma journée a été si diffiisssssssssssss— » Il n’eut pas le temps de terminer son pic qu’il avait senti le contact glacé et douloureux d’une aiguille plongée dans sa nuque, presque au niveau de sa colonne vertébrale, l’autre personnage venait de lui injecter une substance inconnue, mais ce fut suffisant pour le faire taire et s’évanouir dans les bras de ces gros personnages ridicules. Sans rien dire d’autre, les deux personnages soulevèrent Mendax et l’emportèrent avec eux, loin, à l’opposé complet de là où se dirigeait Virginia, dans une tente d’infirmerie.

Qui au final n’avait rien d’une infirmerie, gardée par des hommes aux allures de policiers en costumes noirs, les deux gros bras jetèrent Mendax sur un brancard et commencèrent à le brancher à de nombreuses intraveineuses aux couleurs étranges. Tout semblait si différent de Woodstock à l’intérieur de cette tente, des tas de bâches en plastique étaient suspendus à des crochets et séparaient de nombreux brancards sur lesquels d’autres personnes étaient branchées à des intraveineuses aux substances de couleur étranges. Mais ça n’avait rien de similaire à ce qu’avait découvert les deux voyageurs en arrivant, non c’était autre chose d’autre, quelque chose qui semblait hors de cette époque. Les deux gros bras quittèrent l’intérieur de la tente, possiblement pour trouver d’autres personnes à enlever et à injecter de ces étranges choses quand Mendax se réveilla dans un sursaut, son métabolisme de Seigneur du Temps avait été capable de consommer bien plus rapidement la drogue qui l’avait fait tomber dans l’inconscience et il se réveilla très rapidement ; les jambes quoiqu’un peu engourdies, il parvint à se redresser sur son brancard avant de finalement sentir la pression des tubes lui injectant des substances qu’ils ne connaissaient pas. Il passa la main sur sa nuque, et sentit la rigidité de sa peau là où on l’avait piqué. « Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? » Grommela-t-il avant de se lever du brancard.

Toujours branchés sur les intraveineuses il s’approcha du pied qui tenait les sachets en l’air et les observa de plus près, ils comportaient divers informations peu utiles et présentaient les composants de ce que contenaient chacun des paquets, ils n’avaient rien en commun à part quelques lettres, « O.M.L.A. » Il fronça les sourcils, ne comprenant pas ce que ça signifiait, alors qu’il savait connaître toutes les abréviations utilisés dans le domaine médical du vingtième au cinquantième siècle, rien ne lui rappelait ses initiales là. « Je n’aime pas ça… » Grommela Mendax en regardant autour de lui. Il baissa la tête et se mit à soupirer, il devait retirer les intraveineuses et ça n’allait certainement pas être une partie de plaisir. Serrant les dents et s’efforçant de penser à autre chose il arracha chacune des injections en grognant à chacune d’entre elle, c’est quelque chose d’affreusement douloureux et ça peu de personnes s’en rendent compte ! Dans les films on ment, et Mendax aurait préféré que ça ne lui fasse pas mal, mais tant pis. Il était libéré de ces saloperies et se mit à enquêter à l’intérieur de la tente, il fit quelque pas et s’approcha d’une des personnes inconsciente qui elle aussi était sous injection de nombreuses drogues. Il examina les paupières de la personne, puis lui ouvrit la bouche et observa l’intérieur avant de la refermer et d’observer les bras et le torse ; il n’y avait rien d’anormal. Attrapant son pointeur sonique il examina plus en détail la personne et comprit donc que tout cela n’avait rien à voir avec ce qu’il se passait à Woodstock. Pas besoin de s’en faire alors.

Oui, son esprit fonctionne un peu bizarrement, si ce n’est pas un danger imminent, ce n’est pas important. Et plutôt que de se fatiguer à chercher des réponses à quelque chose qu’il ignore, il préféra continuer sur cette histoire d’empoisonnement. En quelques efforts il quitta la tente et fut suffisamment discret pour ne pas se faire repérer par qui que ce soit. Bref, il était loin de ça et se retrouvait à nouveau dans la foule gigantesque du festival. Son poncho était pratique, il dissimulait suffisamment ses bras pour qu’on ne voit pas les traces d’injections et qu’on ne puisse pas voir son pointeur maintenant suspendu entre sa ceinture et son pantalon. L’air concentré sur ce qu’il faisait, Mendax traversait la foule avec aisance et discrétion, se faufilant entre les silhouettes, en poussant délicatement d’autres, il cherchait ce qui avait attiré l’attention de ses narines beaucoup plus tôt. Il avait les sourcils froncés, l’odeur s’était évanouie et quand bien même il avait un meilleur nez que les humains, il ne pouvait plus la retrouver. Néanmoins, il se souvenait de l’aspect de cette odeur, de sa texture et de sa description. Il s’approcha d’un couple de hippie visiblement défoncé et osant se mêler à eux leur demanda d’une voix claire et imitant le teint de voix de ces gens « Heyy les gars, z’auriez pas une idée d’où j’peux trouver d’quoi être plus détente ? »

« Ah mais grave mec ! Kendra, la copine d’un te-po, j’sais plus son nom j’suis trop j’té t’vois, nous a parlé d’ce nouveau quetru, y a les gars du groupe là, qu’disent que ça t’fais découvrir le son des couleurs et qu’tu vois les notes d’Hendrix c’un truc tellement ouf faut qu’on l’essai quoi. S’tu veux poncho, j’t’y conduis, j’sais où ça s’donne. »

Mendax hocha la tête et leva un pouce en étouffant un « oh ouaiiis » et le hippie torse nu et pieds nus qui lui avait expliqué se releva, laissant ses bongos par terre. Il attrapa Mendax par le bras et l’emporta avec lui en marmonnant des choses que le Seigneur du Temps n’écoutait pas, trop révulsé par l’odeur horrible du jeune homme qui ne s’était sans doute pas lavé depuis des jours. Les deux hommes étaient maintenant bras-dessus, bras-dessous et continuaient de marcher alors que le festival continuait de battre son plein et que la décadence ne faisait qu’évoluer. Mendax regardait autour de lui, il cherchait Virginia du regard, ils passèrent rapidement à côté d’un groupe de gens nus et quelques pas plus tard, Mendax put apercevoir Hendrix lui-même discuter avec une silhouette qu’il n’eut pas le temps de clairement détailler, il entendit la mention de ‘foxy lady’ mais rien d’autre. Finalement ils arrivèrent en face d’un grand Van qui avait été aménagé de façon à ressembler à une tente, y pendaient de nombreuses babioles de hippies et était assis au centre une jeune femme aux seins nus, les yeux couverts par de large lunettes en forme de cœurs, et les poignets couverts de colliers grelottants, autour de son cou on distinguait des colliers de fleurs et elle marmonnait en se balançant au rythme de la musique. Elle ne semblait pas s’intéresser aux deux hommes et continuait de gigoter en fonction de la musique.

« Hey, c’toi qui file le machin psyché ? » Marmonna le hippie torse-nu, Mendax roula des yeux et soupira, il retira son bras de celui de l’autre et se passa une main sur le front. Il détestait cette époque, les gens étaient si… Si plats !

L’autre hippie ne répondit pas, trop absorbée par le rythme, le hippie torse-nu allait répétait sa question mais Mendax fut trop rapidement agacé et le tourna dans sa direction pour finalement lui éclater un coup de poing en plein visage. « Wouuuuh » Souffla-t-il dans un genre de cri d’exaltation « Qu’est-ce que ça soulage ! » La danseuse s’arrêta aussitôt et se mit à rire en voyant le torse-nu à terre, évanoui, le nez en sang et surement brisé. « BON. Maintenant que les présentations sont faite ; Je, suis Mendax. Vous, je m’en contre-fous, ce que je veux : c’est votre saloperie qui rend les yeux violets. » Grogna Mendax en massant son poing de l’autre main, elle se redressa en toute hâte, affolée.

« Hey, hey hey ! Pas besoin d’être comme ça gars, j’te donne ce que tu veux quand tu veux, suffit de demander ! » Dit-elle en se penchant vers l’intérieur de son véhicule pour récupérer une grosse valise métallique qu’elle ouvrit en tremblotant. Mendax recommençait à perdre patience et il entendit derrière lui une voix qu’il reconnaissait, celle de Jimi Hendrix. Au même moment, la pauvre hippie avait ouvert sa valise, qui révéla de nombreuses fioles d’une substance fluorescente et un micro-ordinateur intégré à la valise, tout était hors de cette époque. Le puzzle commençait à s’assembler. Elle en avait profité pour décamper aussitôt, et Mendax se posa par terre et examina attentivement le contenu des fioles.



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Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Dim 17 Aoû 2014 - 23:11




« Hey ! Sympa le look », fit Jimi Hendrix avec des airs charmants.

Soudain, parfaitement décontenancée, Virginia se mit à lui sourire béatement sans même pouvoir se retenir. Elle eut un léger gloussement avant qu’elle ne réalise ce qu’elle faisait et reprenne un air un peu plus distant et froid… Peine perdu, elle avait surtout l’air gênée avec ses joues roses…

-Et bien… Merci… Gentleman…, fit maladroitement la rousse en mettant ses mains sur ses hanches.

Et bien quoi ? Elle pouvait bien venir de l’ère victorienne, la duchesse n’échappait pas à la flatterie et au charme...

-C’est marrant t’as façon de parler ! Se mit à rire le musicien. Tu dois en briser des cœurs, hein ?

Virginia passa une main dans ses cheveux bien coiffés, l’air de rien, avec un petit sourire en coin. Elle ne savait plus où poser le regard tout en continuant de glousser, gênée.

-Oh vous savez… Vous n’êtes pas mal non plus… dit-elle en soupirant avant de se crisper et de jeter des yeux affolés sur le grand black. Euh non, je veux dire que… Enfin… Oui… Vous êtes… Bien de votre personne… N’est-ce pas ? Rien à dire. C’est… delizioso.... ehem hum...  

Prenant conscience de ses paroles au fur et à mesure qu’elles franchissaient ses lèvres, Virginia était horrifiée de son comportement. Elle porta une main à sa bouche pour s’obliger à se taire et se détourna de ce hippie qui avait le don de la perturber. La jeune femme s’éloigna de quelques pas, le teint pâle et les yeux écarquillés. Qu’était-elle en train de faire ? Elle se comportait comme une vulgaire fille de ferme ! Aucune décence ! Un vrai scandale pour les valeurs toutes aristocratiques de la jeune femme. Alors que son cerveau, son cœur… et le reste étaient tout retournés, une grande main noire d’ébène se posa sur l’épaule de la belle Otis. Elle frissonna… de… plaisir ?

-Hey ! Relax bébé, fit l’homme en retournant la jeune femme vers lui. Laisse toi porter par les vibes ! C’est la fête !

-Et bien, vous avez un drôle de sens de la fête par chez vous
, lâcha ironiquement la rousse, sentant qu’elle avait soudain très chaud à être aussi près de cette grande liane chevelue.

Elle voulut reculer, juste un tout petit peu, mais il ne lâcha pas ses épaules.

-T’es pas la première fan a qui je fais cet effet, fit le jeune homme avec un sourire éclatant. T’inquiètes…

Virginia lui jeta un regard intrigué.

-Excusez-moi mon ami : une… quoi ?

-Bah un fan. Tu connais ma musique ! Ma voix te met dans tout tes états… me voir en vrai encore plus…
, dit le grand black avec un air mutin avant de lui faire un clin d’oeil. ‘Fin tu vois ce que j’veux dire… On va sous ma tente ?

Célébrité ou pas, il reçut une formidable mandale dans la face qui le fit reculer de plusieurs pas, sonné.

-Hey ! Pas cool, sister ! s’exclama un hippie non loin d’eux.

Mais Virginia n’avait que faire de cette bande de dingues complètement stupides. Elle était furieuse !

-COMMENT OSEZ-VOUS ? S’exclama-elle en pointant un doigt menaçant sur le musicien. Pour qui vous vous prenez hein ? JE NE SUIS PAS UNE FILLE DE JOIE MOI, MONSIEUR ! Je ne m’allonge pas quand on claque des doigts ! ET ENCORE MOINS AVEC VOUS !

-Mais… J’suis Jimi Hendrix
, fit le grand black en haussant les épaules avec un air désolé. Tu ne m’reconnais pas ?

-JE ME FOUS DES JIMI MACHIN CHOSE !
lui cria Virginia, le teint rouge, une dernière fois avant de reprendre son souffle et de s’avancer vers lui avec un regard perçant et hautain. Achetez-vous donc une dignité pour commencer. Cela vous fera le plus grand bien ! Sur ce, monsieur, bon vent ! »

Elle remonta ses jupons, furibonde, puis reprit sa route pour retrouver le couple de hippies qu’elle avait perdue en chemin. Les gens qui l’avaient vue frapper le musicien, s’écartèrent sur son passage en lui jetant des regards divers et varier. Cela allait du mépris à une profonde frousse. Une chose était à présent sûre : les spectateurs de Woodstock savaient qu’on ne se frottait pas une Otis sans en ressortir indemne !

Virginia jetait des regards aux alentours à la recherche de ses nouveaux « amis » quand une main vint lui tirer le bras en arrière. Encore ce séducteur à la noix ?

« Hey ! Pars pas comme ça, Foxy Lady ! s’exclama Jimi Hendrix en levant les mains dans une démarche pacifique. J’veux juste t’aider. Tu cherches quelque chose ?

La rousse resta interdite quelques instants en lui jetant un regard noir avant de se décider enfin à répondre :

-Ecoutez, fit la duchesse en soupirant, essayant de rester un tant soit peu diplomate après l’incident. Je sais que nous ne sommes pas partis du bon pied vous et moi. Peut-être qu’en d’autres circonstances vous aurai-je invité à diner chez Maxim à Paris autour d’une bonne bouteille de vin français mais…

Jimi Hendrix semblait boire ses paroles, fasciné.

-T’es tellement bizarre…, dit-il avec un grand sourire.

-Raaah ! Reprenez-vous ! J’ai autre chose à faire que de batifoler ! s’exclama Virginia en claquant des doigts sous le nez du grand black pour le sortir de sa torpeur. J’ai perdu un ami et je dois absolument trouver l’endroit où les gens se fournissent pour…

-Pour quoi ?

-La drogue qui rend les yeux violets
, précisa la jeune femme.

-Ton pote ressemble à quoi ?

-Mon quoi ?
Recommença à faire Virginia avec un regard incrédule.

-Ton ami, ton camarade, ton acolyte ! ’Fin tu vois quoi !

-Oh ! Et bien : il porte un affreux poncho, il est grand, freluquet, blond… et il passe son temps à regarder les gens de haut… Mais il est très sympathique quand il veut. Il cache bien son jeu. Je sais : je pensais comme vous au début. Mais il ne faut pas partir sur des aprioris, vous savez ! Comme disait ma mère…

-Bah, il est derrière toi.

-Quoi ?

-Il est là, j’te dis ! Regarde, Foxy Lady ! »
s’exclama Jimi en regardant loin derrière Virginia.  

La jeune femme se retourna enfin et put constater de la véracité de ce que lui disait ce Jimi. Quelques mètres plus loin d’où ils étaient, Mendax et son poncho approchait d’une tente accompagné par un autre hippie déglingué quelconque avant de disparaitre de nouveau dans la foule. Sans perdre un instant, la jeune femme partit à sa poursuite, Jimi Hendrix sur ses talons.

« Pour l’amour du Ciel ! Pourquoi continuez-vous de me suivre ? lança Virginia par-dessus son épaule à l’attention du musicien, agacée.

-Chais pas ! s’exclama celui-ci. C’est fun ! »

A cette réponse, la jeune femme ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Quelle était donc cette fichue mode d’être complètement inconscient quelque soit les circonstances ? NEVERMIND ! Elle ne devait pas se laisser perturber comme ça par le jeune homme, aussi charmant soit-il... Virginia poursuivait sa route à travers la foule de festivaliers gigotant tout en essayant de ne pas perdre de vue son ami dont elle entre-apercevait les franges du poncho plusieurs mètres devant eux. Avec tout le boucan du « concert » il était inutile de crier pour l’appeler. La jeune femme tachait donc de ne pas le perdre des yeux. Au bout de quelques minutes, malgré tout son entrain, la jeune femme commençait à peiner à force de marcher en bottines à talons sur ce terrain accidenté. Alors qu’elle grimaçait en évitant tant bien que mal de ne pas se tordre la cheville, elle sentit qu’on l’attrapait par derrière avant de la soulever.

-Hey ! Doucement Cow-boy ! S’énerva Virginia alors que Jimi la soulevait pour qu’elle n’ai plus à marcher.

-Détends-toi, lui dit doucement le grand black avec un sourire. On y est presque.

-Bien…
, fit Virginia, les lèvres pincées. Mais n’y voyez pas là une invitation ! Je n’ai pas oubliée vos avances graveleuses ! dit-elle en lui pointant un index menaçant.

Jimi ne répondit rien et se contenta de sourire tandis qu’ils fendaient la foule qui leur jetait des regards médusés. Même à Woodstock on pouvait être surpris apparemment… Le couple improbable (et paradoxale…) avancèrent encore quelques mètre avant d’arriver près d’un van aménagé en une sorte de tente pleine de breloques. Mendax se trouvait devant toujours accompagné du hippie… à qui il envoya un poing dans le nez. L’homme s’écroulait sur le sol, en sang, mais le Time Lord n’y prêtait pas plus attention.

« Sympa ton pote…, fit ironiquement Jimi Hendrix.

-Fermez-là, fit sèchement Virginia. Et puis reposez-moi par terre maintenant...

De nouveau sur pied, elle jeta un petit regard hautain à son « chevalier servant », les lèvres toujours pincées :

-Vous pouvez enlever votre main de mon…

-Oh… Oups…
, fit le jeune homme, faussement innocent en retirant sa main du bas des reins de Virginia. L’habitude, désolé…

Elle l’aurait bien giflé une deuxième fois mais la duchesse n’avait pas que ça à faire. Reportant son attention vers l’homme-enfant, celui-ci était penché sur une valise métallique pleine d’objets suspects. La rousse allait s’avancer vers lui quand une femme débraillée, seins nus, surgit de la tente pour s’enfuir. Sans le moindre ménagement, Virginia fit un croche patte à la fuyarde avant de soulever ses jupons et de dégainer son revolver accroché à une jarretière. Puis, toujours le plus naturellement du monde, elle pointa son arme sur le front de la hippie qui était tremblante de peur.

« Alors comme ça on veut se faire la malle ? demanda Virginia à son otage avec un regard de fauve.

-Hey, Foxy Lady ! s’exclama Jimi en jetant un air plus que tendancieux à la rousse.

-Shut up…, lui répliqua-t-elle sans pouvoir s’empêcher d’avoir un sourire en coin avant de reprendre son sérieux et de reporter l’attention sur l’homme-enfant. Mendax ? Vous avez des indices ?

Puis après quelques instants, toujours en pointant son arme sur la hippie, la duchesse fit les présentations :

-Oh ! J’oubliais : Jimi, voici mon ami Mendax. Mendax, je vous présente Jimi. Il est… musicien ou quelque chose comme ça… Mais j’en doute. Cela manque vraiment de violons par ici, vous ne trouvez pas ?

-Ouch !
s’exclama Jimi Hendrix en jetant des yeux écarquillés à la jeune femme. C’est pas cool ça !

-Désolé mec
, se contenta de dire la jeune femme en haussant les épaules, usant du langage locale.

Puis elle reporta son attention sur la hippie toujours plaquée par terre avec le canon du revolver en joug sur son front.

-Pardonnez moi, mademoiselle, reprenons : où avez-vous trouvée cette drogue ?

Terrifiée, la bouche grande ouverte sans qu’aucun son ne sorte, la hippie leva un bras tremblant pour montrer la gauche, près de la scène.

-Hum… Cette direction vous inspire quelque chose ? demanda Virginia en levant le yeux vers Mendax qui était toujours penché sur la valise.  



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« Nothing to keep me from the storm
And you can't hold me down
'Cause I belong to the hurricane »


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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Lun 18 Aoû 2014 - 19:05




Les yeux plantés sur l’électronique venue d’une autre planète qui contrôlait un mécanisme dont il ignorait le but où l’emplacement, Mendax fixait le micro-ordinateur dans la valise et souleva une des fioles pour l’observer à la lumière du ciel, le contenu n’était pas liquide, ça semblait solide mais étrangement malléable. Un genre de gelée gluante de couleur violette. Le Seigneur du temps y distinguait quelque chose de plus précis, c’était très fin, presque invisible à l’œil, mais les reflets du soleil lui permirent de l’apercevoir pendant un court instant, il reposa la fiole dans son étui et examina le reste en gardant un œil sur le dispositif électronique sur lequel défilait des tas de lignes de codes sans aucun sens. Mendax était si concentré dans ce qu’il faisait qu’il ne remarqua pas que la fuyarde qui donnait la drogue venait d’être appréhendée par Virginia, jusqu’à ce qu’il entende le clic de son pistolet chargé. Il tourna la tête et se redressa en hâte, manquant de faire tomber une des fioles qu’il tenait dans la main droite, son pointeur sonique dans l’autre. « Oh ! Ah ! Vous êtes là ! Il était temps ! Vous savez que je vous cherchais ? Vous étiez où ? C’est quoi ces manières ? » Il posa son regard sur Jimi Hendrix et haussa les sourcils d’un air amusé. « Ooooh. Madame la Duchesse découvre Woodstock. Hein, hein ? » Il fit de grands pas et s’approcha de Jimi, le renifla à plein nez du bas de la nuque jusqu’au bout de son épaule. « Et bien et bien, il est authentique ! » Son pointeur sonique se mit à siffler, Mendax venait d’actionner un des boutons du dispositif et repris radicalement un air sérieux.

« Oui, j’ai des indices. Déjà, ça là. » Dit-il en secouant légèrement la fiole entre ses mains, « et tout ça là-bas, c’est définitivement pas humain, ni de cette époque. Ils ne savent même pas encore comment miniaturiser les choses à cette époque, c’est d’un triste. Des fois je me dis qu’il faudrait qu’on intervienne dans vos avancées technologique, c’est vraiment triste de voir des gens qui nous ressemblent tellement physiquement ne pas être fichus d’utiliser des compresseurs dimensionnels ni même de savoir ce que c’est… Ahlàlà, les petits singes. Je me souviens de quand vous aviez découverts le feu, c’était hilarant. Le reste du Synode et moi tenions des paris sur qui vivrait le plus longtemps dans une tribu de primitifs en Chine. » Il se tut, grimaça de mécontentement et ajouta « Qu’est-ce que je raconte ? » Secoua la tête et alla repositionner la fiole dans son étui. D’un bond, il se redressa, ferma la valise, et l’attacha à sa ceinture, qui visiblement possédait une espèce de dispositif magnétique qui permettait de soutenir des objets métalliques. Les yeux d’Hendrix s’écarquillèrent et regardant au tour à tour Virginia et Mendax il ne put s’empêcher de parler, « Dis donc, Foxy Lady, ton p’tit mec c’est une boule d’énergie. » Mendax plissa les paupières et roula ensuite des yeux, désintéressé. La jeune femme fit les présentations entre les deux personnages très rapidement, toujours son pistolet braqué contre le front de la donneuse de drogues silencieuse et effrayée.

« Les violons, les violons. Pas sûr, j’aime bien le bordel que produit Jimi. C’est assez intéressant, même si c’est fatiguant les instruments physiques. Je ne vais pas trop vous en dire sur ces trucs-là, ce serait vous gâcher le plaisir des années 3000. » Il esquissa un sourire amusé et pianota du bout des doigts sur la valise en métal. « Revenons-en à nos moutons. Donc, cette p’tite madame a été fournie par des personnes venues d’ailleurs – T’as le droit d’être étonné, Hendrix – il fit non de la tête, comme s’il savait que les aliens existaient ; sûrement par des trafiquants anthropomorphe ou qui disposent de filtres psychiques. Grosso modo on est à l’abri de rien, ça pourrait être des Minotaures autant que des Judoons comme ça pourrait être juste des humanoïdes. Allez savoir. » Il se passa une main derrière la tête et se mit à réfléchir silencieusement. « …J’espère que ce ne sont pas des Krynoids. Nasty lil creatures they be. » Marmonna-t-il à lui-même. Il se gratta l’arrière de la tête et se décida à retirer son poncho, il commençait à avoir chaud là-dessous ; il le jeta dans un coin et fit quelques pas, pensif. Il ne se passait plus grand-chose, alors Virginia demanda à son otage où elle avait obtenu ces choses-là, Mendax s’arrêta de tourner en rond et leva le pouce en signe d’approbation à Virginia. Entre-temps, le Timelord avait rouvert la valise et s’était mis à observer les lignes de codes qui défilaient sur l’écran de petit ordinateur, dans l’espoir de les comprendre. Il releva la tête quand elle s’adressa à lui et haussa les épaules. « Non pas vraiment. Mais à quoi bon tâtonner dans le noir, autant y aller ! » S’exclama-t-il en refermant la valise et en la replaçant à sa ceinture.

« Hendrix, tu viens avec nous. On t’a sous la main, on ne va quand même pas te laisser filer aussitôt, ce serait trop bête. » Lui fit comprendre Mendax avec de se retourner d’un sourire taquin vers Virginia, il ne comptait pas la laisser échapper aux avances du musicien, c’était trop drôle. « Hey whatever floats your boat man » Répondit Hendrix en haussant les épaules. « Oh, grand fou ! » Lui lança Mendax en se tournant vers le van-tente de la hippie, sans se faire prier, et sans la moindre douceur ni le moindre tact il attrapa des choses et les jeta dans tous les sens derrière lui. Brisant quelques babioles au passage, il fouillait. « On sait jamais ! » Se justifia-t-il en lançant un gros oreiller derrière lui, « Elle a peut-être d’autres choses en rapport avec cette ‘Purple Haze’, c’est le nom que ça porte, c’est écrit sur une des fioles ! » Mendax ne trouva rien et sortit du van en grimaçant, déçu.

« Tuez-la. » Commença Mendax, en regardant Virginia et son pistolet. « Ou ne le faîte pas, on s’en fout, elle n’ira rien répéter de toute façon. Pas vrai ? » Elle hocha vivement la tête. « Bon, et bien c’est parti les kikis, on peut aller là-bas ; on verra bien ce qu’on y trouvera. » Sans attendre ses deux compagnons, Mendax se dirigea vers l’endroit que la hippie avait pointée du doigt, observant la foule, retenant chaque visage et en détaillant les aspects, presque mécaniquement, il se répétait les visages aperçus dans son esprit, cherchant des erreurs, cherchant des imperfections qui auraient suggérées qu’il s’agissait d’illusions psychiques ou holographiques. Il s’arrêta un instant et observa une personne en particulier. Puis secoua la tête, « non elle est juste laide. » Marmonna-t-il avec son grand sens du tact. Mendax était sur le point de se retourner vers Virginia et Hendrix pour leur dire qu’il ne voyait rien quand très rapidement on lui sauta dessus et il fut plaqué au sol. Il sentit une pression gigantesque contre sa gorge, on cherchait à l’étrangler, sa vision était troublée par une épaisse main gantée et il se débattait comme il pouvait, mais cette incarnation n’était pas vraiment calibrée pour le combat à mains nues. Il grogna et leva le genou avec hâte, écrasant des parties intimes et son assaillant se redressa pour les serrer, à ce moment, le Timelord pu se relever et sans la moindre hésitation se positionna derrière la personne et lui fendit la nuque d’un geste rapide et colérique. Le craquement des os résonna dans les oreilles de Mendax et il tituba un instant, les mains écrasées contre ses tempes, il n’entendait plus rien qu’un sifflement insupportable et lourd. L’assaillant décédé avait fait tomber une seringue en se redressant après le coup de genou, on devinait au bout de celle-ci cette même drogue violette.

Mendax hurla de douleur, le bruit du Festival lui détruisait les tympans et il s’écroula par terre, les jambes repliées contre son ventre, recroquevillé dans une position fœtale nimbée de cris et de grognements, il souffrait. Hendrix s’agenouilla devant Mendax et l’observa sans trop savoir quoi faire, « Foxy Lady, il overdose ! Faut faire quelqu’chose ! » Mais c’était trop tard, d’autres assaillants s’approchaient d’elle, et la tenaient à l’écart de Mendax et du musicien. Elle pourrait se débrouiller avec son pistolet, Mendax n’était plus un danger maintenant qu’il était neutralisé par terre. Quant à Jimi Hendrix, il n’était une menace pour personne. « Hey, Kiddo ! J’suis là, t’inquiètes. J’vais pas te laisser OD. Je-je je vais trouver un moyen d’te sortir de là. » Hendrix regardait autour de lui, il ne savait pas si la situation permettait de crier à l’aide ou non. Mendax s’efforça de ne plus crier de douleur et parvint à desserrer la mâchoire pour marmonner « dé-dé-détox ! … Je. J’ai besoin de… Aaaargh ! » La douleur était atroce. Et pourtant le seigneur du temps se força à se redresser et à se mettre à quatre pattes par terre. Frappant du poing sur le sol il hurla « La valise ! ANTIDOTE. VITE. » Fort heureusement, Jimi Hendrix était loin d’être un imbécile, il comprenait les choses avec aisance et arracha la valise de la ceinture de Mendax et l’ouvrit avec difficulté avant de chercher dans les dizaines de fioles. « Laquelle ?! Laquelle putain ?! »

Avec une extrême difficulté, le Seigneur du Temps leva l’index vers une fiole contenant un liquide verdâtre fluorescent avant de s’écrouler à nouveau par terre, sur le dos, hurlant de douleur. Il avait l’impression que ses cœurs essayaient de sortir de son torse, ils battaient avec une telle force que le moindre mouvement était horriblement douloureux. Le musicien immobilisa Mendax qui gigotait dans une atroce souffrance et lui fit avaler le contenu tout entier de la fiole. L’antidote n’était pas instantané et la douleur se dissipa très lentement, laissant des marques qui retraçaient les veines du seigneur du temps sur son visage, on les voyait se diriger de ses yeux jusqu’à ses tempes ainsi que du bas de sa bouche jusqu’à sa gorge, elles s’étaient teintées d’un noir si vif qu’il ressortait sur son visage pâle. La respiration haletante le Seigneur du Temps cessa finalement de hurler, les yeux fermés, allongé par terre, Hendrix pencha la tête et colla son oreille contre le torse de Mendax, il écarquilla les yeux en entendant le bruit de ses deux cœurs se calmant et manqua de bondir de surprise. Il tourna la tête vers Virginia qui depuis avait facilement eut le temps de se débarrasser des trois assaillants venus l’attaquer et essoufflé, le visage plein de sueur et les sourcils froncés d’inquiétude. « C’est ça c’que vous faîtes dans la vie, toi et ton pote ? Vous êtes cinglés… » Il se redressa rapidement en voyant Mendax redevenir plus stable. Soudainement, dans un bond suffoqué, comme s’il reprenait sa respiration après de très longues minutes d’apnée, le Timelord laissa échapper d’entre ses lèvres un grand nuage de brume pourpre, purple haze, qui se dissipa dans les airs. Ce qu’on lui avait injecté venait d’être finalement éradiqué de son système. Il roula sur son dos et se redressa lentement et difficilement, ne faisant pas face à Virgin et Jimi avant de se relever, une main pressée contre son torse, il tourna les talons et regarda ses deux compagnons, ses iris étaient devenues violettes.




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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Ven 29 Aoû 2014 - 16:13




Pendant que Mendax se moquait d'elle et de son nouvel “ami” Jimi, Virginia préféra se concentrer davantage sur leur affaire. Après quelques instants à s'agiter près du grand black, le Timelord redevint plus sérieux et révéla ses trouvailles en agitant une fiole sous le nez de la jeune femme. La couleur du liquide lui était bien familière, semblable aux pupilles des victimes d'empoisonnement.

«   Je vais finir par détester le violet si ça continue...   », soupira la rousse comme pour se parler à elle-même.

Mendax se mit a partir dans un délire personnel sur le retard technologique humain, évoquant avec allégresse l'époque où il pouvait se moquer des hommes des cavernes. Il rigola avec cela quelques instants avant de se demander lui-même pourquoi il pouvait bien parler de ça maintenant. Virginia lui jeta un regard éloquent en haussant un sourcil.

«   Oui... On se demande bien pourquoi nous aussi... Vous ne voudriez pas revenir à notre affaire plutôt ?   » demanda-t-elle en se demandant sincèrement si elle ne faisait pas plus de gardiennage d'enfant que de voyages dans le temps.

Reprenant un tant soit peu de bon sens, l'homme-enfant reporta son attention sur les fioles et la valise avant de fixer celle ci à sa ceinture. Tandis qu'Hendrix ne semblait pas savoir s'il devait être effrayé ou fasciné par ce qu'il voyait, Virginia fit les présentations entre ses deux amis humain et extraterrestre. Elle ne put s'empêcher de s'enfoncer davantage dans l'incompréhension lorsqu'elle écoutait Mendax évoquer le talent «   intéressant   » de Jimi Hendrix. Elle qui faisait partie de cette génération plus accoutumée à écouter Brahms, Wagner ou autres musiques classiques... quand on lui parlait de rock, le faussée générationnel restait des plus rudes   !

«  Je donnerai n'importe quoi pour un opéra... Là, maintenant , soupira de nouveau Virginia en fermant ses yeux, essayant d'isoler son esprit du vacarme de ce concert de fous furieux. Quitte à être vieux jeu, hein...   »

Le groupe essayant de retrouver son sérieux, Mendax commença à réfléchir aux possibles ennemis auquel ils faisaient face. Il évoqua des êtres anthropomorphes, de filtre psychique, de minotaures et de jou...dou...machin chose  ? Virginia ne maîtrisait absolument pas le bestiaire intergalactique. Elle avait eu beau parcourir quelques ouvrages de l'immense bibliothèque du TARDIS, la duchesse était encore très loin d’en savoir quelque chose sur l’univers. Le Time Lord évoqua finalement une espèce bien précise : les Krynoids.

« Qu’est-ce qui vous fait penser à ces créatures en particulier ? demanda la rousse. Elles sont dangereuses à quel… point ? osa-t-elle rajouter.

Mendax semblait l’écouter à peine et se contenta de souffler tout en jetant au loin son poncho. La jeune femme ne manqua pas de penser que c’était une bonne chose de faite ! Elle interrogea la hippie pour connaitre la provenance des fioles tandis que l’homme-enfant avait reporté son attention sur la mallette métallique. On pouvait y voir un petit… « Aicran » c’est comme cela qu’ils appelaient ça dans le futur. Virginia avait parfois du mal avec ces avancées technologiques insensées… Elle demanda à son ami s’il souhaitait jeter un coup d’œil près de la scène pour vérifier les dire de la femme débraillée. Il approuva en embarquant la valise avec lui et attira Jimi à sa suite, l’air enthousiaste. Otis, elle, ne put s’empêcher d’avoir un petit rictus au coin des lèvres… Mendax se réjouissait de voir sa compagne se faire malmener par un don juan hippie qui lui-même lança un sourire niais à Virginia. Elle ne put s’empêcher de balancer une claque sèche dans la nuque de chacun :

« Keep calm boys ! S’exclama-t-elle d’un ton autoritaire avec un léger accent américain.

-Tigresse… , lâcha le grand black en se frictionnant le cou, toujours souriant.

Cet homme était aussi lourd et inintéressant qu’un sac de sable, pensa Virginia. Mais laissons un instant de côté les aléas de la séduction… Elle avait a peine quitté Mendax des yeux deux secondes que voilà qu’il était de retour près du véhicule-tente en train de balancer tout et n’importe quoi dans tous les sens.

-Yeaaaah man ! Rock’n’roll ! s’exclama Hendrix à l’extraterrestre ce qui lui valut un regard noir de Virginia.

-Ne l’encourage pas, god dammit !...Mendax, que faites-vous ? N’étions-nous pas censé y aller ? » demanda la rousse en essayant de garder patience.

L’extraterrestre lui lança des justifications tout en lui indiquant que la femme pouvait très bien avoir d’autres indices sur la « Purple Haze ». La jeune femme n’était pas plus convaincue que cela, trouvant que la hippie avait davantage l’air d’une victime collatérale d’un grand plan invisible. Mendax se releva les mains vides et la duchesse ne se priva pas de lui jeter un petit sourire pincé comme pour lui dire « je te l’avais bien dit ! ». Le Time Lord enfin convaincu qu’il fallait bouger, agita distraitement la main en direction de leur otage :

« Tuez-la.  

-What ?
s’exclama Virginia, outrée.

-Ou ne le faîte pas, on s’en fout,

-Je rêve…
soupira la rousse en baissant son arme pour se masser les tempes. Respire Virginia, respire…, murmura-t-elle tandis que la hippie prenait ses jambes à son cou.

-Bon, et bien c’est parti les kikis, on peut aller là-bas.

-Je ne suis pas votre « kiki »
, se plaignit Otis, contrariée et sur les talons de l’extraterrestre, Hendrix toujours près d’elle. Vous pensez que nous tomberons sur quoi ? » demanda-t-elle au bout de quelques minutes, plus calme.

Mendax partait du principe qu’ils verraient bien et poursuivit son chemin. Virginia n’était pas bien sûr que se jeter à corps perdu là-dedans était une bonne idée. Pendant qu’elle rongeait son frein tout en essayant de garder son self-control et de repousser la main de Hendrix qui voulait lui palper le… hum bref, pendant ce temps-là disais-je Mendax examinait les alentours, les gens, humait l’air. Il ressemblait à un animal en chasse. Tout à coup il s’arrêta net en fixant un point au loin.

« Que se passe-t-il ? demanda avec entrain Virginia.

-Non, elle est juste laide, se contenta de marmonner son ami avec une grimace.

-Raaaah ! Vous êtes… !

La duchesse n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’on plaqua violemment l’homme-enfant au sol en l’attrapant par la gorge. Elle allait pointer son arme sur l’individu qui avait déboulé de nulle part mais Mendax et celui-ci bougeaient tellement en se tordant sur le sol qu’elle ne savait plus où regarder. Jimi allait se jeter dans le tas mais un craquement sourd se fit entendre tandis que l’inconnu s’écroulait… raide mort. Le Timelord quant à lui se relevait en titubant l’air hagard.

« Oh gosh ! Mendax ! s’exclama horrifiée la duchesse lorsqu’elle vit la trace de piqûre dans le cou de son ami.

Il se mit à hurler de douleur tandis qu’il s’écroulait au sol de nouveau. Le grand black accourut auprès de lui avant de se tourner vers Virginia, paniqué :

« Foxy Lady, il overdose ! Faut faire quelqu’chose !

-Il quoi ? »
Eut le temps de demander la foxy Lady en question, ne sachant quoi faire de plus.

C’est alors que les assaillants apparurent de tous les côtés en fendant la foule qui prêtait à peine attention à eux (Une bande de tarés ! C’est bien ce que disait la rousse.). Elle se rappela soudain qu’elle n’avait clairement pas une tenue adéquate à la situation. Gosh ! pensa-t-elle. Ses caprices de lady me perdront, ajoute-t-elle tout en déchirant un long pan de sa robe pour libérer ses jambes. Un, deux, trois assaillants… C’était très serré pour qu’elle s’en sorte. Elle n’essaya pas de réfléchir plus et se contenta de résoudre une partie du problème : elle tira directement dans la tête du premier gars s’approchant d’elle qui s’écroula comme un pantin désarticuler. Les deux autres eurent un mouvement de recul tout en jetant un regard à Virginia, visiblement étonnés.

« Allons, gentlemen’s…, fit la duchesse avec son plus bel accent anglais. Un peu de cran, que diable !

Les deux hommes semblaient hésiter, avec un air presque ridicule d'écolier. La duchesse leur jeta un air des plus vexés.

-Oh non... Ne me dites pas que vous avez peur de frapper une femme... Si ?

Cette remarque ne les fit pas plus réagir et la jeune femme ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel en soupirant. Puis elle se contenta de leur tirer dessus l'un après l'autre pour les blesser et les clouer par terre. Les faire parler pourrait être utile.

-Et bien je vais de déception en déception aujourd'hui... J'ai déchiré ma robe pour rien en plus..., se dit-elle à elle-même avec une petite moue boudeuse.

C'est alors qu'un cri de douleur déchirant dans son dos la fit sursauter. Lorsqu'elle posa les yeux sur Mendax, Virginia ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul. Son visage était tordu par un rictus effrayant qui lui rappelait le soir de leur rencontre... Hendrix était complètement paniqué, en train de chercher quelque chose par terre que lui indiquait le bras tremblant du seigneur du temps. Tandis que Jimi retrouvait la fiole d'antidote, Virginia serrait les point en fixant Mendax dans les yeux. Il était hors de question qu'il rende l'âme aujourd'hui ! Il n'était pas question qu'elle reste coincée ici dans cette époque immonde avec ces vêtements et cette musique qui font saigner les yeux et les oreilles ! NON !

Le musicien attrapa enfin la bonne fiole et se précipita pour la faire avaler à Mendax. Presque instantanément ses veines se teintèrent d'une couleur foncée, marquant sa peau blanche, parcourant lentement tout son organisme. Peu à peu, cela se dirigeait vers ses yeux et il avait enfin cessé de hurler à la mort au milieu du bruit tonitruant. Hendrix écouta son cœur... enfin non ses deux cœurs ! Virginia avait tendance à l'oublier des fois...

« C’est ça c’que vous faîtes dans la vie, toi et ton pote ? Demanda Jimi, scandalisé. Vous êtes cinglés…

-Tu vois bien qu'on ne pourrai jamais s'entendre
, fit Virginia avec un sourire en coin en rangeant son arme dans l'étui accroché à sa cuisse avant de rabattre les pans de sa robe. C'était bien la bonne fiole ? Demanda-t-elle ensuite en désignant Mendax toujours au sol.

-J'crois oui, dit-il en haussant vaguement les épaules.

Mendax se releva alors soudainement dans un râle profond digne d'un mort vivant. Virginia s'avança vers lui pour voir comment il se portait puis il fit volte face. L'homme-enfant avait les yeux violets !

-Gosh ! S'exclama la duchesse en reculant de quelques pas en arrière avant de se tourner vers Jimi, furieuse. Crétin des Alpes ! Ce n'était pas la bonne fiole !

Puis elle se retourna vers Mendax, inquiète.

-Est-ce que... ça va ?



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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Sam 30 Aoû 2014 - 14:25




Il y a des très nombreuses choses qu’un Timelord peut endurer mieux que ses espèces parentes et cousines lointaines, l’empoisonnement en est une. Et ironiquement, l’aspirine ne l’est pas. Comme le reste de ses congénères, Mendax est capable de résister à d’importantes quantités de poison et d’en survivre, ils appellent ça couramment une détox ; pour détoxification, un phénomène tout aussi naturel que la régénération mais beaucoup plus douloureux, ils ont en général besoin d’une importante quantité de choses, et toutes varient en fonction du poison absorbé. Si Mendax avait été ailleurs qu’à Woodstock, il aurait sans doute pu les trouver, mais l’endroit n’était pas propice à cela. Il était donc obligé de suivre un traitement bien différent de ce qui est recommandé d’ordinaire ; le hasard avait cela dit voulu qu’il y ait un antidote disponible tout près. Mendax avait affreusement souffert, pas simplement parce qu’il avait absorbé le purple haze dans son essence la plus pure, mais surtout, il le ressentait dans ses veines, parce qu’il était composé de choses bien plus toxiques pour son espèce que pour les humains, ce qui était notamment une des raisons de son agonie. Et comme l’avait dit Hendrix, il overdosait. La quantité qu’on lui avait injectée était beaucoup trop importante en comparaison avec les doses qu’on vendait à Woodstock, c’était certain. En toute hâte, Jimi lui avait tendue une des fioles que Mendax avait désignées comme l’antidote à sa souffrance, et il l’avala très rapidement, avant de finalement se mettre à se contorsionner dans tous les sens, ses veines devenues sombres et visibles sous sa peau blanche et enfin il cessa de hurler quand tout disparu en se dirigeant vers ses yeux. Pendant un très court instant, Mendax eut l’impression de flotter dans l’air et d’un coup, comme si son propre corps lui était tombé dessus il revint sur terre, et dans un râle il s’était redressé, Hendrix et Virginia toujours dans l’inconnu. Au début, il n’entendait pas grand-chose, et eut un léger sursaut lorsque la jeune américaine se mit à crier de stupéfaction. Les yeux de Mendax étaient devenus violets.

Tandis qu’elle se retournait pour hurler de colère sur le guitariste, Mendax observait ses mains, puis autour de lui, il entendait Virginia crier qu’Hendrix ne lui avait pas donné la bonne fiole, mais le Seigneur du Temps ne releva rien, concentrant son regard sur lui et sur son environnement, il remarqua une très légère teinte dans sa vision, mais ce n’était pas le plus important, il voyait autre chose à travers ses yeux. Il releva la tête et posa son regard sur ses deux compagnons et tandis que la jeune femme s’approchait de lui inquiète il afficha un sourire réconfortant. « Je ne me suis jamais senti aussi bien, à vrai dire. » Il regarda Virginia dans les yeux pendant un moment, observant son propre reflet pour voir la couleur violette de ses pupilles. Et retira son regard d’elle pour le poser sur Hendrix, « c’était la bonne fiole. Je crois comprendre. La drogue est mélangée avec l’antidote. Ça annule les effets du poison. Je ne sais pas à partir de quoi c’est fait, mais c’est bien plus toxique pour moi que pour vous. – C’était peut-être de l’aspirine… Non l’aspirine n’est pas violette. – Hendrix a fait ce qu’il fallait ! On devrait peut-être l’emporter avec nous et le garder, qu’en pensez-vous Virginia ? » Demanda ensuite Mendax, les sourcils à moitié froncés d’inquiétude en regardant le musicien.

Bien qu’il avait les yeux sur Jimi, Mendax ne semblait pas pourtant le regarder directement, comme s’il observait quelque chose d’autre que le musicien mais qui était lui par la même occasion. Mendax avait l’air de se concentrer sur quelque chose qui semblait se situer ailleurs qu’à Woodstock, mais que Hendrix vivait puisqu’il ne détachait pas ses yeux de lui. « Vraiment, avant septembre 1970. » Le timelord semblait insister sur cette date, il avait l’air inquiet pour Jimi, c’était une expression assez rare sur son visage, l’inquiétude. Et elle débordait par tous les pores tandis qu’il observait le musicien avant de secouer la tête et de se tourner à nouveau vers Virginia. L’inquiétude de Mendax se mit à rapidement disparaître tandis qu’il la regardait avant d’ajouter d’un air moins concerné, « On va avoir besoin du TARDIS. » Il s’apprêta à partir dans l’autre sens, mais se frappa le sommet du crâne se souvenant qu’il pouvait faire venir son vaisseau à lui, et tirant de sa ceinture son pointeur sonique il le dirigea vers un coin où peu de personnes regardaient et après un léger larsen plutôt doux à l’oreille la tente était apparue. Il s’y dirigea et entra, invitant d’un air nonchalant les deux autres « Et bien alors ? Qu’est-ce que vous attendez ? » Il marqua une pause, sortant la tête de la tente « Hendrix, ça risque d’être un peu étonnant. » Et sa tête disparue derrière le tissu de l’extérieur. Mendax couru dans la direction de la console, tira un levier et appuya sur de nombreuses touches. Le TARDIS se mit à vrombir et le Seigneur du Temps tira sur d’autres leviers. Tandis que la machine semblait se déplacer, Mendax n’expliquait pas vraiment ce qu’il se passait, au lieu de cela, il tournait autour de la console, et lançait parfois un coup d’œil à ses deux compagnons. « Rester dans cette année-là ça ne va rien nous apporter en particulier, ça a l’air d’être une sorte de phase d’essai pour ceux qui disséminent la drogue ; je vais nous déplacer un peu plus en avant dans l’avenir qu’on se fasse une idée de l’étendue du machin, si c’est très grave, on retournera en arrière, là où on était, et on démantèlera ce réseau. Et il faudra que je trouve un antidote aussi, mais ça on verra plus tard, je suis toujours en pleine détox, donc ça risque pas de me poser problème avant trois semaines. » Il marqua une pause et fit un tour autour de la console, actionna d’autres commandes et tourna la tête dans la direction d’Hendrix et Virginia, à qui il tournait maintenant le dos, « Mais le point négatif avec la détox, c’est que je peux plus différencier les filtres psychiques de la réalité. Mon cerveau a toujours eut c’problème. » Il releva la tête et se souvint qu’il n’avait pas répondu à la jeune Otis.

Lâchant les commandes de la console, le TARDIS se pilotait tout seul désormais, Mendax se dirigea vers elle et Hendrix – même si celui-ci observait tout autour de lui, toujours impressionné – et se décida de lui expliquer quelques choses. « Tout à l’heure j’ai évoqué les Krynoids. C’est une espèce vorace de plantes intra-galactiques. Des saletés ! Elles se reproduisent et envahissent des mondes à travers des centaines de milliers de petites cosses qui contiennent leurs spores et leurs permettent d’en créer d’autres, une fois qu’un Krynoid est sur une planète en quelques années il peut avoir créés des millions de ses congénères. J’ai pensé à eux parce qu’ils seraient bien capables de ce genre de choses, les attaques bactériologiques ou organique c’est leur façon de faire. Leurs cosses libèrent une saloperie qui s’injecte dans la chose la plus proche et ça commence très lentement à les changer en ces bestioles horribles… » Il observa ses bras et continua « D’abord, ça se répand dans l’organisme. Ça altère l’organisme, ça y donne un air de plante, vert et sale, comme si vous étiez couverte de vignes un peu partout. Au bout d’un moment vous n’êtes plus rien qu’une masse couverte par des plantes et elles vous dévorent lentement, en faisant baisser votre température corporelle et en réduisant votre rythme cardiaque. À ce moment-là, elles libèrent des bactéries dans votre sang, des Schyzophytes et à partir de là, elles prennent contrôle de votre esprit et de votre corps. En quelques heures à peine, vous serez devenu un Krynoid… » Mendax se tut et garda les yeux sur ses bras, tout à fait ordinaire, ils n’avaient rien de tout ce qu’il avait décrit. Et pourtant, il semblait tout de même inquiet d’en devenir un. Il redressa la tête « Mais ce ne sont pas eux, puisque je n’en suis pas devenu un ! » avait-il scandé dans une exclamation optimiste. Il retourna d’un bond vers la console et entama l’atterrissage du TARDIS.

Dans un lourd bruit métallique, le vaisseau se posa à peu près au même endroit que là où ils étaient partis et il se dirigea vers l’extérieur, tirant les portes vers lui, il tendit la tête vers l’extérieur, on devina une gigantesque jungle tropicale. – wait what ? – Et il referma aussitôt les portes en souriant nerveusement. « Errare humanum est, perseverare diabolicum ! » Cria-t-il en se ruant vers la console pour entamer le voyage en sens inverse. Il était inquiet, oh ça oui. Non, il était même terrifié. « Allez, allez, plus vite. » Marmonnait-il en tirant les leviers et en pressant les commandes de son TARDIS. Il frappa du pied sur la base de la machine quand finalement le TARDIS commença à traverser à nouveau le Vortex. « BON. Je me suis trompé. Je déteste avoir tort en public. Oubliez-ça, tous les deux. » Il se gratta nerveusement le bras, et continua de parler. « Des Krynoids, on a affaire à des Krynoids. Sweet. On va crever. Nooooon on va les défoncer. Mais on peut crever très rapidement. Boooon. Comment, pourquoi. Non, non, c’est foutu, on est foutu. Ravi d’t’avoir connu Hendrix, désolé pour l’année prochaine… » Il enchainait les phrases et ne semblait même plus respirer, il paniquait, le Timelord de trois mille ans paniquait à la simple idée de faire face à ce genre de créatures. Il se mit à tourner en rond autour de la console, toujours en se grattant les bras, la nuque, et le visage. « Non, non, non, non. On est foutus, complètement foutus. J’vais crever sur une putain de planète comme la Terre. J’vais devenir un putain de végétal, j’veux pas devenir un végétal, j’aime pas les légumes. Non, non. Bordel bordel bordel bordel. »

Il tournait en rond et n’avait pas la moindre idée de quoi faire, tandis que le TARDIS continuait de voyager à travers le vortex, coïncidence ou non le trajet était incroyablement long, comme si le Vaisseau avait décidé d’être plus lent pour laisser le temps au Timelord et à ses compagnons de se préparer, peut-être voulait-elle que Mendax se calme, après tout elle était télépathiquement liée avec lui, et quoi de plus ordinaire en ce moment que de le rassurer. Non tu n’allais pas mourir Mendax, non tu ne deviendrais pas un Krynoid, ne t’inquiète pas, ton TARDIS ne laissera pas quelque chose de ce genre se produire. Elle est là pour toi et elle te protègera. « On est foutus ! » Hurla Mendax en frappant du pied une caisse qui croisa son passage. – À l’intérieur de la caisse, on entendit un grognement similaire à celui d’un lion, mais la caisse ne faisait qu’à peine une trentaine de centimètres de large, ça ne pouvait pas être un lion, non ? – Dépité, le Seigneur du temps se laissa tomber sur celle-ci et laissa sa tête tomber entre ses mains, il ne savait pas quoi faire. Il n’avait aucune idée et la seule solution qui lui vint, il la formula en ces termes, l’air grave « Il faut bombarder Woodstock, tout détruire. »


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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Mar 2 Sep 2014 - 15:21




Mendax lança un sourire réconfortant à Virginia en posant sur elle ses yeux étrangement violets. Il lui affirmait qu’il ne s’était jamais senti aussi bien. La duchesse lui rendit un visage éloquent en haussant un sourcil :

« Oui bien sûr, Mendax… Vous ressemblez à ma tante Mildred lorsqu’elle boit aux réunions de famille et ce n’est pas du joli. Vous pouvez me croire ! »

L’extraterrestre continua de fixer la rousse dans les yeux sans prononcer un mot, l’esprit complètement ailleurs.

« Vous osez croire que je peux avaler ça », soupira Virginia en pinçant les lèvres.

Puis l’homme-enfant se tourna soudainement vers Jimi, reconnaissant, leur énumérant ses suppositions à propos du fameux poison. Il affirma que c’était bien plus toxique pour lui que pour les humains ce à quoi Hendrix répliqua en jetant un regard affolé à Virginia :

« What’s the hell ? Comment ça il n’est pas humain ?

-Shut up
, siffla rapidement la jeune femme avant de reporter son attention vers son ami. Et c’est bien ce que je dis Mendax : vous n’allez pas bien, dit-elle en joignant les mains d’un air diplomate comme on essaye de convaincre un enfant d’arrêter de faire des bêtises.

C’était peine perdu évidemment. Il poussa même le délire à évoquer la présence d’aspirine avant de se rétracter.

« Non mais il divague ! s’exclama Oti en prenant le grand black à témoin. Vous le voyez bien ? Il délire ! Puis se tourna de nouveau vers Mendax. Bien sûr que non l’aspirine n’est pas violette ! Avant de se tourner encore une fois furibonde vers Jimi. Vous ne voulez pas faire quelque chose au lieu de rester planter là vous ?

Ce à quoi l’extraterrestre s’exclama comme quoi le musicien avait très bien réagi à la situation. Il osa même la pitrerie d’évoquer son départ avec eux. Virginia le fusilla du regard :

- Vous pouvez être empoisonné autant que vous voulez mon ami mais il est hors de question que je supporte cet énergumène à bord !

-Euh… l’énergumène est là en l’occurrence
, fit Hendrix avec un vague coucou de la main, désorienté par la situation de plus en plus abracadabrantesque jusqu’à se crisper lorsque Mendax le fixa avec inquiétude. Quoi ? Je... J’ai un truc sur le nez où… ?

-Chut !
ordonna Virginia d’un doigt réprobateur de maitresse d’école tout en continuant de fixer l’homme-enfant, préoccupée.

Elle savait que seul l’esprit de Mendax pouvait présentement résoudre les problèmes qui se déroulaient ici. Virginia voulait que rien ne lui échappe du raisonnement de son ami, empoisonné ou pas. Celui-ci semblait regarder vers Jimi Hendrix mais ailleurs, au-delà… Il marmonna quelque chose dans sa barbe (qu’il n’a pas) puis retrouva soudainement son air habituel en se tournant vers Virginia.

- On va avoir besoin du TARDIS.

-Enfin une parole censée !
s’exclama la duchesse avec soulagement.

Il s’apprêtait à s’en aller en fendant la foule mais il se ravisa en frappant son front du plat de la main comme prit d’une illumination. Il pouvait le faire venir à lui apparemment… Virginia ne s’étonnait plus de rien avec le TARDIS. Il activa son pointeur sonique avant qu’apparaisse la tente dans un bruit que la rousse n’arrivait toujours pas à définir tellement il lui était encore étrange. Otis eut un sourire en coin en lançant une œillade à son ami venu d’ailleurs.

- Avouez que vous faites tout pour l’impressionner », murmura-t-elle amusée en désignant Hendrix qui avait les yeux écarquillés, complètement halluciné.

L’homme-enfant se dirigea vers la tente en invitant les deux autres à sa suite. La rousse arriva à la hauteur du grand black, qui n’avait pas bougé d’un pouce, bouche-bée. Elle lui tapota l’épaule d’un air compatissant :

« Dites-vous que vous êtes sous hallucinogènes : ça passera tout seul. »

Elle rentra dans la tente en soulevant un pan du tissu aux couleurs chatoyantes et se retrouva aussi sec dans la salle de la console où Mendax était déjà en train d’effectuer des manipulations sur les commandes. Jimi vint à sa suite quelques secondes plus tard. La jeune femme entendait son pas hésitant dans son dos et lui jeta un regard amusé. En le croisant dans la foule, elle venait de complètement chambouler sa vision de l’existence. Cela lui rappelait des souvenirs lointains… Otis porta de nouveau attention à Mendax qui tournait autour de la console, très affairé.

Il leur expliquait qu’ils ne pouvaient pas rester à cette époque et la machine se mit à vrombir doucement. Ils s’étaient retrouvés dans une sorte de phase d’essai pour rependre les toxines de la Purple Haze. L’homme-enfant avait donc dans l’idée de simplement se déplacer dans le temps pour voir ce qu’il se produit s’ils ne font rien.

« On..On va quoi ? s’exclama Hendrix toujours interloqué.

-Vous voyez bien qu’il ne tiendra jamais le coup, lança Virginia au Timelord avec un air de dédain.

Il y avait également un poil d’orgueil et de fierté dans cette remarque. Cela lui faisait profondément plaisir de se savoir mieux constituer qu’un homme pour les voyages spatio-temporels… et soulagée de voir qu’il ne serait pas possible de l’emmener ! Puis Virginia se rappela qu’il n’avait absolument pas répondu à une de ses questions. L’extraterrestre baragouinait des choses sur des filtres psychiques que ni Otis ni Hendrix ne comprenaient :

« A quoi avons-nous affaire, Mendax ? demanda-t-elle d’un air plus grave. Ne me ménagez point, ajoute-t-elle. Je suis prête à tout entendre je crois…

Le Seigneur du Temps s’approcha d’elle, laissant ses commandes se débrouiller sans lui. Il lui rappela qu’il avait parlé des Krynoids et lui expliqua d’un air fermé que c’était une espèce extraterrestre de plantes extrêmement voraces qui se reproduisent à une très grande vitesse pouvant s’implanter dans un monde en quelques années à peine.

« Je… Je ne comprends pas, fit Virginia en fronçant les sourcils. Comment ces plantes ont pu créer cette drogue et la répandre ? Ils n’ont rien… d’intelligent, si ? »

Mendax expliqua alors un système de spores qui s’implantent dans les organismes et les transforment. Cette simple phrase fit frissonner Virginia.

« Et… Que se passe-t-il ? Sommes-nous infectés ? » S’inquiéta la duchesse en portant une main blanche à sa gorge.


L’homme-enfant observa alors ses bras et poursuivit en lui décrivant que les Krynoids se propageaient dans l’organisme pour le transformer peu à peu en un être aux airs de plante sale et pourrissante en quelques heures. Les images qui défilaient dans l’esprit de la jeune femme étaient tout à fait effrayantes lui rappelant des maladies rares qu’elle avait pu croiser en Inde ou en Afrique… Ce que lui racontait son ami la terrifiait. Il fallait impérativement arrêter ça !

« Par pitié, dites moi que vous avez un plan… » Laissa échapper Virginia dans un souffle en fixant le jeune homme qui n’en était pas un.

Celui-ci s’examinait en silence avant qu’il ne relève de nouveau la tête vers elle.

- Mais ce ne sont pas eux, puisque je n’en suis pas devenu un ! s’exclama-t-il tout guilleret avant de sautiller jusqu’à la console pour enclencher un atterrissage.

La duchesse en aurait eu les bras qui tombent ! Elle était verte de rage.

-Mais allez-vous arrêtez de faire des réflexions abominables pour rien ? s’emporta-t-elle en frappant du talon sur le sol métallique. Cela ne nous fait absolument pas avancer !

Mais le Seigneur du temps n’écoutait pas, se contentant d’abaisser quelques leviers et d’appuyer sur des boutons avant de se précipiter vers la porte du vaisseau qu’il ouvrit en grand sur… une jungle tropicale. La duchesse eut une exclamation de surprise en reculant d’un pas.

« Les Krynoids ! » s’exclama-t-elle.

Jimi Hendrix, complètement à côtés de ses pompes (c’était le cas de le dire) jetait successivement un regard éberlué sur l’extraterrestre et la belle victorienne.

« Nan mais faites surtout pas comme si j’étais là, dit-il d’un air vexé en haussant les épaules. M’expliquez rien… tout ça tout ça…Quelqu’un aurait pas un joint ?

Virginia lui jeta un regard sans la moindre compassion.

-Raaah ! Ressaisissez-vous mon vieux ! On est dans un vaisseau. Il voyage dans le temps. On essaye d’empêcher la fin du monde. C’est tout ce qu’il y a à savoir : alors rendez-vous utile !

-Euuuh…. Okay. Bah je peux faire un p’tit solo d’guitare… mais j’ai pas d’guitare…


La rousse lui jeta un regard teinté d’écœurement et de mépris avec un petit rictus sur les ailes du nez. Elle voyageait dans la nef des fous ! Mendax était bien moins dispersé lorsqu’il était seul avec elle et la jeune femme n’était pas prête de l‘oublier de sitôt !

Mendax referma bien vite les portes en affirmant d’un air gêné qu’il se fût trompé. La rousse ne manqua pas de sourire face à cet aveu tandis qu’il était en train de pester contre l’univers en frappant sa console pour la faire repartir. Il leur demanda ensuite d’oublier cet épisode peu flatteur de sa personne.

« Oh.. On va essayer, fit Virginia avant de retrouver son sérieux. Bon… Que faisons-nous contre les krynoids ?  


Alors qu’il venait de se gratter nerveusement le crâne, le Timelord se mit à paniquer… non… Il perdait presque la raison ! Il tremblait de nervosité, se mettait à dire tout et son contraire. On allait les vaincre. Et puis ensuite non. Il excusa Hendrix pour l’an prochain ce qui n’avait rien à voir avec leur situation. Virginia et Jimi s’échangèrent un regard, tout les deux nerveux.

« Il te fait souvent ça ton p’tit frère ? demanda le grand black.

-Ce n’est pas mon… » soupira distraitement la rousse en portant un regard inquiet à Mendax avant de s’approcher de celui-ci et de prendre son visage entre ses mains pour le calmer.

Il respirait avec rapidité comme un animal traqué, son regard allait dans tous les sens. La duchesse se força un air posé et serein en essayant de croiser le regard violet de l’homme-enfant. Il divaguait, s’exclamait qu’ils étaient tous foutus.

-Il faut absolument que tu te calmes, Mendax, fit lentement Virginia.

C’était la première fois qu’elle se permettait de le tutoyer sans plus de cérémonie et la seconde fois qu’elle osait le toucher depuis qu’il avait emmené avec lui. L’heure était grave…

-Il y a forcément une solution, n’est-ce pas ? continua la jeune femme. Ce n’est pas la première fois que tu croises ces choses apparemment. Et regardes : Tu es encore en vie ! s’exclama-t-elle en essayant de sourire tout en l’empêchant de se gratter les avant-bras couvert de traces de piqures.

Mais il continuait de paniquer, hurlant qu’il allait mourir, devenir une affreuse plante… et qu’il détestait les légumes. La rousse eut un sourire attendrit, les yeux brillant, tandis qu’elle essayait tant bien que mal de contenir sa propre panique.

-Promis, je ne te ferais jamais manger de légumes, essaya de plaisanter la duchesse. Mais je t’en prie Mendax, réfléchis ! insista-t-elle.

Le Timelord s’éloigna brusquement d’elle et donna un coup de pied dans une petite caisse qui grogna comme un énorme félin. Il s’asseyait dessus sans y faire plus attention, les épaules tombantes, comme portant des tonnes de désespoir. Il prit sa tête entre ses mains et resta silencieux quelques minutes. Virginia essaya de reprendre son souffle en s’appuyant sur la console, se sentant à l’étroit dans sa robe. Jimi vint alors auprès d’elle :

« Hum… J’veux pas passer pour le gars qui s’mêle de c’qui le regarde pas mais… Tu vis vraiment avec ce type ? murmura-t-il pour que seule la duchesse l’entende.

-Et bien, fit Virginia avec un rire jaune. Voilà le hippie qui va venir me donner des leçons de vie maintenant… Charmant.

-Hey ! Come on, Foxy… s’exclama le musicien. J’suis pour l’abolition des mœurs mais là… C’est pas une vie que t’as là… Tu ne voudrais pas rester avec moi ? J’te faciliterai la vie tu verras…

Virginia se contenta de lui jeter un regard glacial et s’éloigna de la console pour aller se changer derrière un paravent à l’autre bout de la salle. Mendax lui avait dit que le TARDIS lui avait fait une chambre tout récemment mais elle avait remarquée le dédale que pouvait être le vaisseau et préféra repousser son exploration à plus tard. Elle retira sa robe et enfila rapidement une tenue d’homme bien plus confortable. Une fois qu’elle ferme son veston, elle revint auprès de la console sous un sifflet de Hendrix.

-Hello you… fit celui-ci avec un sourire pervers.

-Même pas en rêve, répliqua Virginia avant de retourner auprès de Mendax, toujours silencieux. Alors ?... Une idée ?    

L’extraterrestre releva lentement la tête, le regard dans le vague :


« Il faut bombarder Woodstock, tout détruire.

-Je…Euh…Pardon ?
s’exclama Virginia, décontenancée tandis que Jimi Hendrix paniquait à cette idée.

-Whoa ! Slow down men ! Tu… Tu parles du meilleur concert de tout les temps ! C’est criminel, mec ! Fuck…On est pas au Vietnam !

-Sans même parler de musique
, fit Virginia avec des yeux ronds. Il y a des milliers de personnes ! Ce… Ce serait un meurtre ! A grande échelle !...

Elle vint s’agenouiller auprès de Mendax.

-Ce.. Ces choses ont forcément un point faible non ?... Enfin je veux dire, en dehors de quelque chose qui puisse être fatal aux humains !

La rousse essayait de réfléchir à toute allure.

-Les plantes n’aiment pas le sel par exemple, le manque ou les trop grosses quantités d’eau… Ma grand-mère m’a parlée une fois qu’elle faisait écouter du Mozart à ses parterres de fleurs…et… Tu me disais qu’elles peuvent faire des choses… psycho télé quelque chose au niveau de l’esprit ? »

Son cœur battait à toute allure tandis qu’elle continuait de fixer Mendax avec inquiétude. Il fallait empêcher de tuer tout ces humains ! Elle ne pouvait pas laisser une chose pareille se faire… malgré leurs goûts vestimentaires et musicaux douteux !



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« Nothing to keep me from the storm
And you can't hold me down
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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Ven 5 Sep 2014 - 10:31




À la vision des Krynoids, quand Mendax ouvrit les portes de son TARDIS, le seigneur du temps fut stupéfait mais surtout décontenancé. Il ne les avait jamais vraiment vus ou affrontés lui-même ; tout ce qu’il savait d’eux venait des récits du Cordonnier, son frère ainé. En son for intérieur, le garçon était dévasté. Bien plus qu’il ne l’aurait laissé paraître. En ses trois millénaires, Mendax avait appris à ne plus rien montrer de sa personne et de ses pensées ; et pourtant, voilà qu’en présence de Virginia, le Timelord n’avait plus cette allure silencieuse et indifférente, il parlait à voix haute, exprimant ses peurs et ses craintes au sujet de ces plantes voraces. Il tournait en rond dans sa propre peur, incapable de penser proprement, toujours en se confondant dans des milliers de plaintes effrayées ; s’il n’avait pas aussi ancien, on aurait cru qu’il était un pauvre enfant effrayé par les monstres de sous son lit. Tout autour de lui était assombri par sa peur, et il n’entendait rien de ce qui l’entourait plus que son effroi verbalisé, Mendax en oublia la présence de la jeune femme et du musicien, il était seul, dans une bulle de terreur et il allait crever comme les autres. Il était sûrement déjà contaminé par les Krynoids à l’heure qu’il était, il n’en savait rien, mais ses frayeurs le rendirent presque hypocondriaque, se grattant nerveusement les bras il sentait son sang couler entre ses veines, il se mit rapidement à imaginer les spores végétaux s’infiltrer dans chacun de ses organes, il se voyait déjà se dessécher sur place et mourir lentement. Et avec un Seigneur du Temps l’agonie ne serait que plus longue et plus douloureuse, ses organes étaient plus résistants et plus importants que ceux d’un être humain, il allait être le festin de la créature qui naitrait ensuite de ses restes pourrissants. Mendax était seul dans ses pensées, il allait mourir ici, et son TARDIS viendrait à disparaître lui aussi, après une éternité à ne plus être en activité, la machine se mettrait à dépérir, et tout à l’intérieur fuirait dans l’extérieur, ce n’était plus lui et Elle, sa mère le TARDIS, qui étaient en danger ; ce serait l’Univers tout entier. L’étoile en combustion dans les moteurs exploserait, et la Terre disparaîtrait, puis les autres planètes à proximité, et un jour à la fin de cette chaîne de dévastation, tout disparaîtrait.

-Il faut absolument que tu te calmes, Mendax- entendit-il dans son esprit. Ou bien était-ce ailleurs ? Il n’était pas certain, mais cette voix si familière, si ancienne et pourtant si jeune venait de l’arracher à sa psychose ; il dressa son regard devant lui, observant la console du TARDIS avant de distinguer lentement, comme si ce visage apparaissait lentement, Virginia. -Il y a forcément une solution, n’est-ce pas ?-  -Ce n’est pas la première fois que tu croises ces choses apparemment. Et regardes : Tu es encore en vie !- Oui, il était en vie, il devait y avoir une solution. Mais il n’avait jamais vu ces choses de lui-même, du moins pas physiquement, son frère le Cordonnier avait un talent d’ingénierie holographique, il avait pu recréer les méfaits de ces créatures dans leur Grande Maison, mais ce n’était pas similaire aux monstruosités qu’elles étaient en réalité. - Écoutes-la.- Disait une autre voix de la même tonalité. Le Seigneur du Temps continuait à se gratter les bras nerveusement, quand bien même la jeune Virginia s’efforçait de l’en empêcher, il trouvait toujours un moyen de se frotter la peau avec peur. Elle commença à insister et Mendax posa ses yeux devenus violet dans son regard. Mais rapidement il la quitta des yeux, toujours attaqué par ses pensées les plus sombres. Comment combattre un ennemi dont on ne connaît que les méfaits ? Comment pouvait-il avoir la moindre chance s’il ne savait même pas par où ils devaient commencer ? Non, c’était trop compliqué. Il s’éloigna de fureur et alla s’écraser contre une caisse dans laquelle était sûrement un fauve, tandis que Virginia reprenait son souffle et c’était éloignée de lui, se changeant au passage, pour plus de confort.

Tandis que le musicien entiché d’elle et Virginia discutaient, le seigneur du temps revivait tout son passé sous ses yeux, avec tant de réalité qu’il s’y perdit un moment, explorant de grands couloirs dans son esprit, comme s’il tournait en rond dans son propre TARDIS, il s’était enfoncé dans un palais mental, un gigantesque labyrinthe sans fin et sans limites ; passant parfois à côté d’écho de ses souvenirs, il reconnaissait des visages, n’en reconnaissait pas, parfois il tombait nez à nez avec sa propre image et d’autres fois avec des incarnations précédentes. Il s’arrêta plusieurs fois devant de très larges portes nimbées de lumière aveuglante, chacune était marquée d’une inscription différente en gallifreyen ancien. Et chacune restait fermée quand il les observait d’un peu plus près ; il cherchait un souvenir en particulier dans sa très grande mémoire. Il tournait souvent autour de lui-même, provoquant une situation qui aurait bien plus amusante dans une autre situation, le Seigneur du Temps n’avait pas l’esprit à plaisanter cependant. Il arpenta les couloirs de sa mémoire et après une longue marche dans les couloirs sombres de son TARDIS spirituel, il posa le pied sur de l’herbe rouge. Le ciel était orange et on entendait le bruit d’un fleuve calme et paisible, Mendax continua sur quelques pas ; se retrouvant finalement au bord d’une source d’eau qui semblait immobile, de couleur argentée, elle brillait à la lumière des deux soleils et semblait ne pas être faite d’eau, au contraire on avait l’impression de regarder un bassin d’argent pur fondu. Et Mendax s’y pencha quelques instants, observant son reflet. Il ne reconnut pas dans ses souvenirs son visage actuel, mais celui de sa première incarnation, toute jeune, il se souvint immédiatement de ce moment dans sa vie. C’était quelque chose qui avait changé toute sa vie à jamais, le jour de sa Promesse. Le jour où Fersing était devenu Mendax. Le jour où l’innocence avait disparue. Le jour de son premier meurtre.

Son souvenir avait les yeux plantés dans son reflet, et Mendax, le quatrième, celui qui se souvenait regardait autour de lui, il trouva rapidement les Grandes Cascades de la Rédemption à proximité ; sa sœur observait le souvenir. Elle était penchée au-dessus du très Jeune Mendax et l’aida à se relever avant de le prendre dans ses bras. Ils échangèrent une très longue étreinte qui apparue déformée dans l’esprit du Timelord. Tout se mit à onduler lentement avant de disparaître dans un tourbillon violacé, les souvenirs du Seigneur du Temps étaient trop nombreux, il avait besoin de penser plus clairement ; son palais mental était un gigantesque brouillon de souvenirs et de mémoires. Il fallait penser plus clairement… Et aussitôt dit, aussitôt fait. Les souvenirs de Mendax se bousculèrent dans son esprit, tout semblait avoir duré des heures, mais en réalité les choses étaient très courtes, Virginia venait tout juste de terminer de se changer ; l’environnement des pensées de Mendax s’écroula et fut ensuite remplacé par une gigantesque pièce dans laquelle étaient projetées des images holographiques de Krynoids dans les derniers stades de leur croissance, de gigantesque plantes de plusieurs centaines de mètres de large et de haut. Mendax se souvint de ces séances avec son frère, il le projetait dans un environnement dangereux et lui expliquait tous les dangers. Mendax avait pour mission de trouver le plus rapidement une solution à ces évènements. Et il se souvint. Sortant de ses pensées, le Seigneur du Temps prononça à voix haute ; « Il faut bombarder Woodstock, tout détruire. »

Ce qu’il restait de ses souvenirs s’effacèrent autour de lui quand Virginia s’exclama de frayeur à l’idée de tout détruire et que Jimi Hendrix eu l’air fou de rage. Mendax regarda rapidement autour de lui, il avait cru ne pas le dire à voix haute et sembla un peu surpris, comme s’il avait cru qu’ils lisaient dans ses pensées ; mais rapidement ils commencèrent à expliquer leur peur de cette solution dévastatrice. Virginia vint s’agenouiller devant Mendax et se mit à formuler des hypothèses sur les éventuelles faiblesses des Krynoids. Mendax se passa une main sur le front, levant l’autre comme pour lui dire de ralentir dans ses propos, avant qu’elle ne termine. –psycho télé quelque chose…-

« Des filtres psychiques tu veux dire ? » Mendax venait à son tour de la tutoyer pour la première fois. « Oui, il y a quelque chose à tirer de là. Mais – et il se leva d’un bout – avant, on doit tout de même considérer la nécessité de les bombarder tous. Peut-être, peut-être ! Que l’on peut ne pas détruire les personnes non contaminées ; mais ce sera compliqué. Il faut que je trouve la bonne fréquence, une attaque sonique, quelque chose. Peut-être à travers l’air ! Ce sont des plantes ! Oui ! AH. Virginia, si tu étais un homme je pourrais t’embrasser ! » Se mit il à crier en tournant autour de sa console en toute hâte, ses yeux violets plus lumineux d’espoir que jamais. « Hendrix, on ne vas pas détruire Woodstock. Et sur toutes mes vies, je promets de te sortir de ‘ça’ avant l’année prochaine. » Le Seigneur du Temps tournait autour de la console, actionnant des choses et mettant en place des systèmes à toute vitesse ; pendant un très court instant on sentit le TARDIS accélérer dans le vortex temporel avant de s’y habituer très rapidement ; « Le sel ? Non, je ne pense pas. Non… La Terre gravite principalement autour d’aliments salés et vos océans sont salés. Les Krynoid n’auraient jamais envahi votre planète plusieurs fois s’ils étaient vulnérables au sel. Mais bonne initiative ! »


Mendax baissa un dernier levier et disparu en faisant signe aux deux de l’attendre. Lui aussi était allé se changer, mais loin de la console, peut-être dans sa propre chambre, quittant des vêtements ordinaires pour revenir vêtu différemment, toujours confortablement, mais dans des airs un peu plus guerriers. Il portait cette fois un attirail un peu dépareillé ; par-dessus lequel on distinguait des lanières de cuir portant chacune des choses spécifiques, l’un des deux qui partait de son épaule gauche, pour se terminer sous son bras droit, au niveau de ses côtes, servait à tenir une machette aiguisée et une autre, qui partait de son épaule droite pour se terminer devant sa taille, portant une petite sacoche elle aussi en assez mauvais état comme le reste de sa tenue. C’était des vêtements sûrement très vieux, on devinait qu’ils avaient servis lors d’une ou plusieurs Guerres. Et en vérité c’était bien le cas, il s’agissait des vêtements qu’il avait porté pendant la dernière Guerre du Temps ; Mendax était de nouveau vêtu comme un guerrier.

« How do I look ? » demanda-t-il d’un air nonchalant en tournant sur lui-même avant de faire un bond dans la direction de la console, sans s’attendre à des compliments.

« Donc ! Des Krynoids, la Terre menacée, Woodstock au bord de la destruction ! L’avenir tout entier de la race humaine repose entre les mains d’un hippie, d’une duchesse et d’un malade mental ! HA ! » Mendax fit un grand geste et levant les bras vers le plafond, très exagérément, le TARDIS fit de grands bruits et se posa à nouveau en 1969. « Let’s go. » Dit-il en souriant à ces deux compagnons.

Il se tourna vers les portes du vaisseau, détacha la longue machette de son étui en cuir à son dos et la fit tourner un instant dans sa main ; l’air sûr de lui. De l’autre main, il tira son pointeur sonique, et l’utilisa sur le côté du mur où étaient les portes, une longue étagère se détacha de celui-ci et s’étendit devant eux ; pleines d’armes en tout genre. « Prenez ce qui vous convient. » Dit-il ensuite aux deux humains. « Woooooh, j’suis non-violent moi man. » S’offusqua ensuite Jimi, levant les deux mains vers le haut. Mendax roula des yeux et attrapa un long morceau de bois, un bâton sculpté. « Alors prenez ça. » ajoutait-il en lançant le bâton dans les mains d’Hendrix.

Avant d’ouvrir les portes, Mendax ajouta « J’ai lancé un protocole automatique, et je nous ai fait atterrir un peu plus dans les forces ennemies, le TARDIS surcharge en ce moment-même de toutes les façons possibles et imaginables le moindre dispositif psychique présent au Festival, tout ce qui est caché est révélé aux yeux de tout le monde. Pour éviter la panique, Elle produit un champ psychique de secours, personne ne verra quoique ce soit à part nous trois, on les verra sous leurs vraies formes, et le TARDIS n’a plus besoin de gaspiller son énergie dans un camouflage, donc Hendrix ne t’étonnes pas qu’on sorte d’un gigantesque mastodonte de métal  plutôt que d’une tente. Virginia, je compte sur toi pour lui donner une gifle s’il s’évanouit. Faîtes attention à vous, ça ne sera pas une partie de plaisir, les Krynoids sont voraces, mais ils sont encore plus coriaces quand ils savent qu’ils sont en danger ; on évite une guerre potentielle, on sauve une planète, on sauvera des vies. Hendrix, Otis, Mendax. Haut les cœurs, l’aventure commence maintenant ! » Et d’un coup de pied il ouvrit les portes du Vaisseau ; au début, il y eut une sorte de vague d’énergie invisible qui fit onduler l’environnement à l’extérieur et lentement ils la virent disparaître, ce devait sans doute être le champ psychique dont Mendax avait parlé. Il prit une grande inspiration, serra sa machette et son pointeur sonique et fit un pas à l’extérieur du vaisseau, suivi ensuite par Hendrix qui bien que non-violent semblait être prêt à en découdre.




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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Sam 6 Sep 2014 - 1:08




« Des filtres psychiques tu veux dire ? fit Mendax en relevant soudainement les yeux vers sa compagne.

-Oui c’est le mot que tu as employé ! s’exclama la duchesse en retrouvant à son tour de l’entrain.

Une étincelle s’était allumée dans le regard du Timelord, et Virginia n’avait pas manquée de le remarquer.

-Oui, il y a quelque chose à tirer de là. Mais – insista-t-il en se levant d’un bond – avant, on doit tout de même considérer la nécessité de les bombarder tous.

La rousse et le musicien allaient protester mais il les coupa dans leur élan :

-Peut-être, peut-être ! Que l’on peut ne pas détruire les personnes non contaminées ; mais ce sera compliqué. Il faut que je trouve la bonne fréquence, une attaque sonique, quelque chose.

-Bon, il a des idées : c’est déjà une grande nouvelle !
fit Otis en prenant à témoin Jimi qui observait l’extraterrestre, l’air dubitatif.

-Si tu l’dis, Foxy…

-Peut-être à travers l’air !
poursuivit Mendax toujours plus enthousiaste. Ce sont des plantes !

-Oui ! Ce sont des plantes !
s’exclama Virginia en riant.

-Oui ! AH. Virginia, si tu étais un homme je pourrais t’embrasser ! Se mit à crier le Timelord qui commençait à virevolter autour de sa console, les yeux lumineux.

-Oh… je pourrai m’en passer, murmura la jeune femme, amusée, comme se parlant à elle-même.

-Moi j’veux bien t’embrasser si tu veux, murmura le musicien en se penchant vers la duchesse qui lui lança une œillade avec un sourire en coin.

-Peut-être plus tard si vous êtes sage, dit-elle ce à quoi le grand black répondit par un large sourire.

Ce même sourire commença à se crisper, gêner, quand Mendax jura auprès de Jimi qu’il lui jurait de le sortir de «ça » avant l’an prochain. La duchesse et le hippie se jetèrent un regard, sans comprendre et Virginia se permit d’avancer aux côtés de Mendax toujours agité par sa joie retrouvée. La rousse essaya d’être discrète et baissa d’un ton pour que le musicien n’entende rien :

« Mendax… Que se passe-t-il avec notre compagnon de voyage ? demanda-t-elle avant lancer un sourire forcé au grand black qui examinait les lieux. Je ne voudrai pas paraitre agaçante mais ce n’est pas la première allusion que vous lui faites sur ce « je-ne-sais-quoi »… Il va lui arriver quelque chose prochainement ? demanda-t-elle, inquiète. Parce que je ne pense pas que cela le mette très à l’aise si il apprenait qu’il va lui arriver… disons… quelque chose de fâcheux, n’est-ce pas ?

Elle observa son ami venu d’ailleurs quelques instants, silencieuse, pendant que celui-ci continuait d’actionner ses boutons et ses leviers avec fougue. Mendax ne semblait pas l’avoir écouté du tout et se contenta de ramener sa réflexion sur ce qu’elle avait dit a propos du sel au moins dix bonnes minutes auparavant. La rousse soupira en levant les yeux au ciel mais chassa ses réflexions de l’instant pour revenir au problème des Krynoids. Le timelord spécifia que ces créatures ne craignaient certainement pas le sel, puisque ce n’était pas la première fois qu’elles faisaient un passage sur Terre.

-Hum… Je vois… fit Virginia avec un froncement de sourcils. Je préfère ne pas savoir ce qu’ils ont pu faire chez nous par le passé… On a déjà suffisamment de choses à gérer pour aujourd’hui, dit-elle en s’éloignant de la console en ajustant machinalement sa chemise sous son veston d’homme.  

L’homme-enfant actionna un dernier levier puis il disparut dans un couloir après leur avoir indiqué d’attendre qu’il revienne. Virginia se demanda alors si le Seigneur du Temps avait une chambre… A dire vrai, elle ne l’avait jamais vu dormir.

-J’crois comprendre pourquoi tu ne pars pas loin de ce cinglé, fit Hendrix avec un sourire en coin en examinant un appareil.

-Je n’aime pas tellement ce sourire moqueur, fit Virginia, un peu pincée, en croisant les bras sur sa poitrine. Mais dites-moi…

- Ce gars-là…il ne peut pas se gérer tout seul…non ?

-Non…
fit la jeune femme, pensive. Je ne dirai pas exactement ça… Il a sa propre logique à vrai dire. C’est pour nous que cela n’a pas le moindre sens. La preuve : il a survécu jusqu’à présent, dit-elle en gloussant avant de s’asseoir sur une banquette près de la console.

-Mouais, fit le musicien peu convaincu. C’t’un gosse ton Mendax, là… C’est toi qui te sentirais coupable de le laisser… Non ?

Virginia eut les yeux plongés dans le vide durant quelques instants avant de les relever vers Jimi qui la scruter avec attention. Elle fit un sourire avant de se mettre à rire aux éclats.

-Qu’est-ce qu’il y a Foxy ? Tu trouves ma question idiote ?

-Oh non…
fit la rousse en chassant une larme au coin d’un œil. Pour tout vous dire : il y a des jours où je n’ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle je suis là… Je suis une exploratrice dans l’âme. Ca oui ! Bien avant de le rencontrer même. Mais… lorsque c’est arrivé… Il fallait que je le suive. Mon instinct me le disait. Alors…, dit-elle en levant les mains pour désigner la salle de contrôle. Me voilà ! »

Alors qu’elle prononçait ces paroles, Virginia sentit son cœur battre un peu plus vite, sans savoir si cela pouvait être de l’angoisse ou de l’excitation. Il lui sembla aussi entendre le TARDIS grincer à cet instant ce qui arrivait que très rarement… Elle sentait qu’il y avait quelque chose. Mais quoi ? Son instinct, si infaillible, lui hurlait quelque chose en son for intérieur qu’elle était incapable de décrire ou d’exprimer. Son cœur se serra davantage à cette pensée. C’est alors que des lèvres douces comme le miel se posèrent sur les siennes… Sans crier gare, Hendrix s’était approché de la jeune femme perdue dans ses pensées et ne s’était pas du tout privé pour abuser de son inattention. Virginia était tellement surprise qu’elle se laissa faire. Et puis… ce n’était pas bien désagréable non plus ! Elle en aurait presque redemandée que Jimi se détacha d’elle avec un petit sourire et le regard mutin.

« T’es bizarre, Foxy Lady », dit-il en riant.

Alors que les pommettes de la duchesse se teintaient de rose par la gêne, le plaisir ou… Bon bref elle ne savait plus trop sur quelle planète ou vaisseau elle se trouvait et c’est à ce moment-là que Mendax revint dans la salle de contrôle. Reprenant bien vite ses esprits, Virginia se racla la gorge et se releva de la banquette droite comme un « i » en rajustant machinalement sa tenue et ses cheveux de feu.

Mendax avait une toute autre tenue sur le dos. Comme Virginia, il trouva bon de revêtir une tenue plus adaptée à un combat féroce. On voyait à l’allure des lanières de cuir et à l’aspect du tissu que ces vêtements avaient déjà connu bien des batailles. L’extraterrestre avait des airs d’enfant soldat.


« How do I look ? demanda-t-il nonchalamment en tournant sur lui-même avant de faire un bond vers la console.

-This is much better than the poncho, my friend, répliqua Virginia avec un sourire amusé en haussant un sourcil. You almost be like a hero, osa-t-elle même plaisanter.


Mendax était déjà tout excité et au travail sur le tableau de bord. Ils avaient du pain sur la planche !

-Donc ! Des Krynoids, la Terre menacée, Woodstock au bord de la destruction ! L’avenir tout entier de la race humaine repose entre les mains d’un hippie, d’une duchesse et d’un malade mental ! HA ! s’exclama-t-il en levant les bras exagérément.

-Tout un programme, laissa échapper Virginia à ses côtés avec un sourire étonnamment joyeux au vu de leur situation délicate.

Mendax leur lança alors un regard pétillant.

« Let’s go. » Dit-il en souriant avant de se tourner vers les portes du vaisseau qui revenait tout juste se poser 1969 et de tirer son pointeur sonique et de l’utiliser face à un mur du vaisseau.

Une étagère se détacha de l’ensemble laissant apparaitre une réserve d’armes divers et variées. L’extraterrestre les invita à se servir mais Virginia eut une idée et alla plutôt auprès de ses affaires posées dans un coin et en tira une longue cane noire ornée d’un pommeau en argent. Elle fit cliqueter un mécanisme dans le haut de la cane et en sortit une longue lame aiguisée et fine. Cela sera parfait ! Elle la rangea dans la cane qu’elle garda à la main comme toutes les grandes dames de son temps et se dirigea vers la réserve de Mendax. Ayant utilisée tout à l’heure plusieurs balles de son revolver, la duchesse trouva préférable de se munir d’une arme à feux avec toutes ses munitions. Curieuse, son choix se porta sur un autre revolver aux allures bien plus massives que le sien avec plusieurs canons imposants ainsi qu’un viseur perfectionné. L’américaine qu’elle était se disait que plus c’était gros : plus cela ferait de dégâts !

Alors qu’elle était à présent armée et fin prête, la rousse constata la réticence de Jimi à saisir une arme. Ce à quoi Mendax répliqua en lui tendant un simple bâton sculpté. Virginia se permit de demander à Jimi si il était bien sûr de son choix mais il n’eut pas le temps de lui répondre : Mendax leur indiquait des instructions.


« J’ai lancé un protocole automatique, et je nous ai fait atterrir un peu plus dans les forces ennemies, le TARDIS surcharge en ce moment-même de toutes les façons possibles et imaginables le moindre dispositif psychique présent au Festival, tout ce qui est caché est révélé aux yeux de tout le monde. Pour éviter la panique, Elle produit un champ psychique de secours, personne ne verra quoique ce soit à part nous trois, on les verra sous leurs vraies formes, et le TARDIS n’a plus besoin de gaspiller son énergie dans un camouflage, donc Hendrix ne t’étonnes pas qu’on sorte d’un gigantesque mastodonte de métal  plutôt que d’une tente. Virginia, je compte sur toi pour lui donner une gifle s’il s’évanouit, ajouta l’homme-enfant en se tournant vers la jeune femme.

-Compte sur moi
, fit la duchesse avec un sourire en coin en jetant un œil à Hendrix qui ne semblait pas en mener bien large avec son bâton.  

-Faîtes attention à vous, ça ne sera pas une partie de plaisir, précisa Mendax. Les Krynoids sont voraces, mais ils sont encore plus coriaces quand ils savent qu’ils sont en danger ; on évite une guerre potentielle, on sauve une planète, on sauvera des vies.

-A vos ordres,
firent simultanément Otis et Hendrix, l’une avec un enthousiasme inquiétant, l’autre plus réservé.

-Hendrix, Otis, Mendax. Haut les cœurs, l’aventure commence maintenant ! » s’exclama le timelord en donnant un grand coup de pied dans les portes du vaisseau.

Une ondulation fit vaciller l’environnement autour d’eux lorsqu’ils posèrent de nouveau le pied sur terre et Woodstock leur apparut sous un tout autre jour. Ce qui en temps normal était réel, visible et palpable était à présent flou, comme un univers fantôme. Ebahis par cette vision, Virginia sentit son pouls battre un peu plus vite tendit qu’elle resserrait sa poigne autour de sa cane-épée et de son revolver du futur. Les trois acolytes s’étaient placés en ligne en s’avançant prudemment dans cet environnement qui leur était parfaitement hostile : Otis, Mendax, Hendrix.

Après quelques mètres à scruter en tout sens, ils entendirent des grognements de bête indescriptibles. Tournant les yeux sur la droite, Virginia vit un énorme être vert, couvert de boursouflures pourrissantes s’avançant vers eux en hurlant par ce qui semblait être une énorme gueule. Sortant son épée, la duchesse en remarqua un autre plus loin, puis un troisième, un quatrième sur la gauche… ! Ils cherchaient à les encercler. Sans perdre un instant, Virginia visa et tira dans la tête du Krynoids le plus proche avant de s’attaquer à un second à l’épée. L’être végétal essayait de l’atteindre en tendant ses bras difforme en hurlant tandis que la jeune femme virevoltait d’un pas léger autour de lui pour l’évitant en taillant dans la chaire verte. Deux trois esquives plus tard, elle parvenait à lui tailler l’un des pieds en lui faisait perdre l’équilibre avant de s’avancer plus loin à travers la foule fantomatique à la suite de Mendax et de Jimi.

Elle s’apprêtait à repousser un krynoid qui allait attaquer Hendrix sur sa droite quand elle sentit qu’on la saisissait par les chevilles avant de la tirer violement en arrière. Virginia essayait tant bien que mal de ne surtout pas lâcher ses armes tandis que son corps encaissait les chocs sur le sol en hurlant à l’aide. Sentant le sang couler sur son visage, elle se contorsionna pour jeter un œil dans son dos : elle ne voyait que la gueule béante et pourrissante du krynoid qui l’avait attrapé...

-MENDAAAAAX !!!!!!!!!



__________________________



« Nothing to keep me from the storm
And you can't hold me down
'Cause I belong to the hurricane »


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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Dim 7 Sep 2014 - 16:40




Plus il y pensait alors qu’il venait de disparaître entre les couloirs de son vaisseau, plus Mendax s’étonnait de la nature des hommes. Une espèce avec des possibilités si grandes, mais pourtant si naïve, ordinaire et sans intérêt. Il ne comprenait pas ce que la majorité de son peuple y trouvait, et ne comprenait pas non plus ce que lui-même y trouvait. Ce n’était un secret pour personne, Mendax avait lui aussi une place dans ses cœurs pour la planète bleue et ses habitants, pas pour tous contrairement à d’autres membres de son peuple, mais pour un certain nombre d’entre eux ; ils avaient quelque chose qu’il appréciait sans trop savoir quoi. Mais quelque chose d’autre l’avait poussé à vouloir emporter Virginia avec lui, et il semblait comprimé dans ce questionnement, qui était-elle ? Il savait qui elle était, évidemment, il avait lu tout ce qu’il fallait savoir sur elle, le Fantôme de Canterville, sa biographie, les lettres de son Duc à son intention, Mendax savait tout. Il s’était consacré à tout cela en l’espace de quelques nuits, lorsque Virginia explorait le TARDIS ou qu’elle dormait simplement. Lui, en profitait pour s’enfermer dans sa propre chambre, dans son bureau ou dans une partie qu’il tenait secrète de la bibliothèque et lisait absolument tout ce que l’univers et ses bases de données avait pu rapporter au sujet de la jeune femme. Chaque fois, Mendax se heurtait à la conclusion qu’elle n’avait rien de si extraordinaire que ça, peut-être avait-il passé trop de temps en solitaire qu’il s’efforçait de voir en elle quelque chose d’étonnant, peut-être s’imaginait-il qu’aucun humain ne tombait par hasard sur un Seigneur du Temps. Mendax était perplexe.

Atteignant sa propre chambre il continuait de s’interroger sur la nature de Virginia. Pourtant, il savait qu’elle était normale, qu’elle n’était qu’une simple humaine que le destin avait décidé de mettre sur la route de deux seigneurs du temps, peut-être qu’elle était une simple humaine, peut-être n’était-elle que Virginia… Peut-être. Non ! Ça non, Mendax ne pouvait pas se fier à cette conclusion, il y avait quelque chose de différent avec elle par rapport aux autres personnes qu’il avait rencontré dans ses vies, elle était différente, il le savait. Et il voulait à tout prix le deviner. Changeant de tenu, il avait revêtit d’anciens habits, ceux qu’il avait porté pendant la Grande Guerre du Temps, mais une fois ceci fait ; il ne s’en alla pas pour autant. Observant son reflet dans un miroir, il se regardait dans les yeux. Silencieux et pensif. Ses yeux illuminés de violet n’avaient pas le moins l’air de le déranger, et plus étonnant encore, il se pencha en face de son reflet et les observa de plus près, passant le bout de ses doigts sur sa tempe droite, là où des traces de ses veines noircies étaient encore perceptible de très près, il semblait savoir ce qu’il faisait, et d’un coup d’un seul, ses yeux retrouvèrent leur couleur habituelle. Ce brun orangé à qui la lumière donnait parfois un air de feu. Mendax esquissa un sourire fier, et se redressant, sans toucher sa tempe cette fois-ci, ses yeux redevinrent violets. Il arborait un sourire fier et prétentieux en fixant son reflet. Pas le moins étonné de la couleur changeante de ses yeux.

Et observant son reflet, Mendax se mit à penser à la race humaine, à sa naïveté, sa fragilité et à sa crédulité. Il apparaissait clair qu’il savait parfaitement ce qu’il faisait, et attrapant des lanières en cuir, l’une accrochée à un sac, l’autre à un étui de machette, Mendax les plaça sur lui. Il fit quelque pas et s’approcha de son bureau, lequel était fait de métal sombre, dans la même teinte que le reste du TARDIS, un écran holographique en suspension dans l’air, il le fixa un instant, on voyait apparaître une ancienne photographie d’elle et de nombreuses informations défilaient au sujet de la jeune femme. « Qui es-tu, Virginia… » Marmonna Mendax en posant les mains sur ce-même bureau. Il observa l’écran un moment, avant de retourner en toute hâte auprès de la console et des deux personnages, laissant sa chambre disparaître à nouveau dans le dédale impossible du TARDIS.

Revenant l’air de rien, Mendax observa de ses yeux violacés les deux personnages qui semblaient s’être rapprochés en son absence, mais il ne leur fit aucune remarque, se contentant ensuite de leur expliquer la situation à la manière d’un synopsis, et détacha une étagère pleine d’armes du mur de son Vaisseau, Hendrix fut assigné d’un bâton parce qu’il se disait non-violent et Virginia décida d’emporter un pistolet plutôt large mais qui semblait efficace dans tous les cas. Si la jeune femme avait été un homme, Mendax n’aurait pu s’empêcher de plaisanter sur la taille compensatrice de l’arme, mais il ne releva rien puisque c’était impossible. Les mettant en garde sur le danger des Krynoids, le Timelord eut ensuite un léger moment de recul en entendant les deux compagnons répondre presque à l’unisson, mais sur un ton différent pour l’un et l’autre, un « À vos ordres ».

« Oh, non, faîtes pas ça. J’suis pas un commandant. » Fit-il remarquer l’air un peu déçu. Avant de continuer par un « Hendrix, Otis, Mendax. Haut les cœurs, l’aventure commence maintenant ! » Il ouvrit les portes d’un coup de pied et celui-ci fut suivi par l’onde du champ psychique que son TARDIS maintenait pour leur permettre de voir et de différencier les Krynoids des êtres humains ordinaires.

Autour d’eux, tout semblait presque immobile, ou du moins plus lent, ils semblaient être plongés dans une bulle, le festival était à l’extérieur et n’apparaissait plus comme lorsqu’ils étaient arrivés. Tout semblait différent, éloigné, mais pourtant si proche, Hendrix tendit une main pour toucher une silhouette floue de l’extérieur, mais sa main passa au travers, le champ psychique était intrigant autant qu’efficace, tout ce qui était ordinaire et humain était devenu impalpable, comme situé à des centaines de mètres en arrière, derrière un mur de verre qui rendait tout indescriptible, au loin on ne voyait plus que des tâches uniformes, sombres et enfermée dans un rythme d’ondulations presque imperceptible. Comme s’ils étaient plongés dans un tunnel insonore, on n’entendait plus la musique battre son plein à l’extérieur, on n’entendait plus le bruit des gens ; les seuls sont présents étaient ceux de la respiration des trois personnages et le vrombissement du TARDIS. Ils marchèrent pendant de nombreuses minutes, sans rien entendre, jusqu’à ce qu’autour d’eux se fasse entendre un large et caverneux grognement, Virginia se tourna vers sa droite et fit face elle-même à ses propres ennemis tandis que Mendax regardait ailleurs, occupé par une autre arrivée de Krynoid, utilisant sa machette sans la moindre hésitation, il trancha les têtes pleines de pustules et d’autres choses végétales de pauvres humains contaminés, sans la moindre compassion, de l’autre main, il utilisait son pointeur sonique pour leur envoyer des salves sonores les mettant à genoux, ce qui lui laissait le temps d’en décapiter d’autres.

Hendrix de son côté était désemparé, il se tenait entre Mendax et Virginia, son bâton serré entre les mains, n’osant pas se jeter sur d’autres bêtes, que Virginia semblait maîtriser avec talent, elle en avait tué un d’une balle dans le crâne et s’occupait d’autres à l’épée avec discipline et un certain talent pour l’escrime. Hendrix avait les yeux écarquillés en la voyant faire, et alors qu’elle venait de faire perdre son équilibre à l’un d’eux, le musicien était planté sur place, la créature tombait dans son direction, fermant les yeux et tremblant de peur il tendit son bâton en avant, et la bête aux pieds tailladés par Virginia s’embrocha sur la pointe de l’arme du musicien. Son visage fut éclaboussé d’un peu de sang humain et du pus qui suintait du corps contaminé ; il crispa le visage et souffla avec effroi, voulant faire partir ce qui était sur ses lèvres. « PFfft ! Pffft ! Je… J’suis pas-pas contre une arme ‘fin d’compte ! » S’était-il écrié la voix effrayée et le souffle haletant. Mendax tourna la tête dans sa direction après avoir tranché la tête d’un autre humain contaminé et sourit à Hendrix « Good ! » Lui cria-t-il, en tirant de sa ceinture une seconde machette, bien plus petite, mais suffisamment efficace. « Ce sont des plantes, Jimi, des plantes ! » S’exclama ensuite le seigneur du temps, en poussant un Krynoid qui se jetait sur lui à ce même moment.

Les créatures continuaient d’arriver en masse, toujours plus déterminée que les précédentes, les trois personnages continuaient de se battre, Hendrix agitait sa machette dans tous les sens, tranchant du mieux qu’il pouvait les créatures immondes qui se dirigeaient vers lui ; mais il n’était pas un soldat, il n’était pas suffisamment concentré, et son manque d’attention faillit lui coûter la vie. Un Krynoid s’approchait du musicien par sa droite qu’il ne surveillait pas assez, Virginia le remarqua et tenta d’aller l’aider, mais quelque chose l’en empêcha, une autre de ces créatures monstrueuse l’avait attrapée par la cheville et la traina au sol. Mendax de son côté se battait déjà avec plusieurs bêtes comme les autres et n’eut le temps que d’un rapide mouvement de la tête pour apercevoir la situation, il n’était pas en mesure de faire grand-chose et se débrouillant maladroitement, il utilisa son pointeur sonique pour envoyer une décharge sonore sur la bête qui se dirigeait vers Hendrix, usant de sa machette et de quelques coups de pieds pour rester en vie.

Puis Virginia hurla son nom. Et le Timelord cessa tout mouvement. Il eut ce sentiment important de danger, quelque chose venait d’enflammer ses cœurs, elle hurlait son nom et risquait de mourir. Il devait la sauver, il devait aider Virginia. Voilà ce qu’elle était, Virginia Otis. Rien de plus, rien de moins. Elle n’était pas un piège, pas quoique ce soit d’autre, elle était humaine. Simplement humaine. Mendax était-il vraiment capable de la laisser mourir pour la simple raison qu’il ne comprenait pas la raison de leur rencontre ? Il devait absolument faire quelque chose, il devait l’aider, mais il ne pouvait pas quitter sa position, trop de Krynoid autour de lui l’empêchait de courir au secours de la jeune femme. Continuant de lutter contre les bêtes il en repoussa une d’un coup de pied et trancha avec hâte la gorge d’une autre, mais une troisième à sa gauche se jeta sur lui et le fit tomber au sol. Hendrix usa de sa machette et de son bâton avec force et détermination, frappant en plein visage les bêtes autour de lui, il serra les dents et pria pour que ce qu’il s’apprête à faire ne fonctionne pas que dans les films, il leva le bras et jeta sa machette comme une fléchette sur la bête qui trainait Virginia pour la dévorer. La créature venait d’ouvrir sa gigantesque gueule pour la tuer quand tout d’un coup, au centre même de son visage vint se planter l’arme du musicien. « HA ! EAT THAT ! » Hurla-t-il, heureux d’avoir réussi son coup. Il accouru dans la direction de Virginia et tendit sa main pour l’aider à se relever.

Mendax se redressa en pressant ses mains enfoncées dans la poitrine du Krynoid qui l’avait fait tomber au sol. Le Seigneur du Temps s’était battu avec une rage impressionnante, si bien que sa machette s’était enfoncée toute entière dans la créature et son hôte humain, de telle façon qu’on ne distinguait plus le manche de l’arme, mais seulement les mains de Mendax enfoncée dans le corps ensanglanté de la créature. Avec difficulté il lâcha la machette et tituba sur le côté pour ensuite se pencher et ramasser son pointeur sonique. Il était couvert de sang et pris une grande inspiration, reprenant son souffle. Ils semblaient être hors de danger pour le moment.

« Je ne m’étais pas battu comme ça depuis le jour où je suis mort… » Soupira-t-il avant de poser une main sur son ventre, essoufflé.

Mendax leva la tête et posa son regard sur son TARDIS, qui continuait de projeter l’onde psychique, avant de tourner la tête vers les deux compagnons. « Au moins, on sait qu’ils savent que… il reprit son souffle, qu’on est là. » Les mains contre ses hanches, le Timelord se redressa et s’étira le dos, se penchant en arrière ; il y eut un large craquement osseux et il poussa un grognement presque de soulagement. « Pffffouuuh ! On y est presque ! » Il se rapprocha des deux compagnons et leur montra la direction de la scène ; « ils sont là-bas, là-dessous, quelque part. On est plus très loin. » Mendax parlait vite et directement, il était trop essoufflé pour pouvoir s’étaler dans de grandes explications et de grandes phrases. « On a buté les gosses. La maman doit pas être loin. » Suggérait-il ensuite, « sûrement là-dessous. » Disait-il en pointant du doigt une nouvelle fois la scène où le festival continuait de battre son plein, comme si de rien n’était. Tout semblait si hors du temps autour d’eux, la foule devenu floue et impalpable et eux, baignant dans le sang et les cadavres de monstres extra-terrestres.

Ils continuèrent de marcher sans être interrompus par d’autres Krynoids vers la scène, Hendrix était un peu plus en avant qu’eux, Mendax attrapa Virginia par le bras et se mit à marcher à côté d’elle, lui marmonnant quelque chose. « Tout à l’heure. Je parlais de sauver Hendrix, plusieurs fois même. » Il hésita à continuer, mais puisqu’il était lancé, il devait continuer. Il sentait le besoin d’être sincère avec la jeune femme, au moins sur ce sujet-là. « Nous sommes en 1969. Hendrix n’a plus beaucoup de temps à vivre. Sa mort est devenu un fait historique, c’est un homme que beaucoup ont adulés et que beaucoup respectent encore dans le futur ; il a peut-être l’air d’aller parfaitement bien aujourd’hui. Mais en Septembre 1970 Jimi Hendrix perdra la vie de causes inconnues. Personne ne sait de quoi il est mort, personne ne semble s’y intéresser ; ils attribueront ça à son style de vie, prétendant l’overdose de drogues. Certains supposeront l’assassinat… » Mendax marqua une pause et regarda Hendrix qui ne semblait pas les écouter, toujours marchant quelques pas plus en avant qu’eux, « Mais maintenant ça semble évident, pas vrai ? On est là, on vient de changer à tout jamais sa vie. C’est sûrement de notre faute s’il va mourir. C’est sûrement de notre faute à tous les deux, Si nous n’étions jamais venus ici, peut-être qu’il aurait vécu plus longtemps, peut-être qu’il ne serait pas mort aussi tôt… À 27 ans. »

Ils arrivèrent finalement devant la scène, et devant eux, on pouvait distinguer une porte métallique qui interpella le musicien, « Ça c’était pas là du tout avant. » Dit-il en se retournant vers eux. « Alors nous y sommes ! » S’exclama Mendax en s’approchant de la porte en hâte. Il l’observa un temps et puis se décida finalement à l’ouvrir, pointeur dans sa main droite, prêt à l’utiliser pour envoyer une quelconque vague sonore dans la moindre chose qui lui sauterait dessus. S’ils s’attendaient à tomber nez à nez avec une pièce étroite ils furent rapidement déçus, à la place ils se retrouvèrent dans un gigantesque endroit, où un sol de pierre formait un cercle autour d’un gigantesque trou duquel on ne distinguait rien, à part une masse verdâtre presque vaporeuse, qui ne ressemblait en rien aux créatures qui les avaient attaqués. Mendax fit un pas en avant, puis un autre, et il s’approcha du bord, observa la profondeur du puits et recula de quelques pas pour s’exprimer à ses compagnons.

« Ça c’est intéressant. C’est menaçant par la même occasion, mais c’est définitivement intéressant. » Le Gallifreyen semblait émerveillé, étrangement trop fasciné par la bête, presque comme s’il l’admirait. Ravalant sa salive, il prit une seconde inspiration et expliqua la nature de la créature devant eux.

« Ce-Cette chose. C’est tout sauf un Krynoid. Oh non. J’ai lu beaucoup de choses à son sujet, mais ce n’est pas un Krynoid, c’est bien plus que ça…
– Qu’est-ce que c’est ? L’interrompit Hendrix.
– Prenez votre courage à deux mains, voici devant vous la Dévoreuse, l’Insatiable, la Grande Affamée, Dieu Ancien et Seigneur de la famine ; Kresphallon. »

Mendax observa la créature au fin fond de son puits, et alors qu’il venait de terminer de la présenter aux deux autres, il y eut un grand tremblement autour d’eux, et on entendit quelque chose pousser un large grognement. Puis, il y eut une série de bruits peu ragoûtants et on entendit comme un gigantesque fluide se déverser en profondeur, comme une cascade. Il y eut un second tremblement et le sol sous leurs pieds commença à se couvrir d’eau qui coulait depuis les murs derrière eux, l’eau se déversait dans le puits. Et lorsqu’il termina de se remplir, la masse vaporeuse verte semblait servir de couvercle de brume au puits, on voyait au travers, et on distinguait la silhouette d’une bête aux allures de pieuvre couvertes de mousse et de plantes en tout genre. La bête était endormie, le souffle de son ronflement faisant trembler la surface de son puits.



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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Ven 19 Sep 2014 - 22:13




Le temps semblait s’être ralentit tandis que les tentacules du krynoid trainaient Virginia dans la poussière. La jeune femme hurlait, se débattait et se cramponnait tant bien que mal à ses armes ou au sol. Mais le temps était bel et bien ralenti. La jeune femme le voyait tout autour d’elle : l’environnement était toujours aussi flou du fait de leur emplacement dans une dimension particulière mais les krynoids étaient tout à coup tout aussi lents. Virginia n’était pas plus avantagée qu’eux, se trouvant toujours prisonnière et le corps paralysé. Cependant ses yeux pouvaient tout voir. Nerveuse, elle jetait des regards en tout sens. Mendax était-il la cause de ce changement ? C’est alors qu’elle vit une femme en robe de satin. Gosh ! C’était la femme de son rêve ! Oui ! Virginia s’en souvenait parfaitement tout à coup. La rousse voulait l’appeler mais sa mâchoire était crispée dans le cri qu’elle poussait dans sa chute. La Sorcière s’approcha doucement d’elle, pas plus alarmée par la situation avant de l’examiner, son sourire mystérieux plaqué sur le visage. La duchesse aurait voulue la gifler devant un comportement aussi désinvolte face à sa détresse. De plus lorsqu’elle l’avait rencontrée pour la dernière fois, cette femme ne lui avait rien expliquée du tout, mit à part une sorte de pacte incompréhensible… Puis la Sorcière vêtue de satin rouge fit une petite moue, avant de poser un regard déçu sur Virginia :

« Hum… Non… Ce n’est pas encore prêt, Sucre d’Orge. Patience ! »

Elle se releva et reprit sa route entre les silhouettes floues. La jeune femme voulait se débattre, la retenir mais un étourdissement traversa son esprit et le court du temps reprit. Le Krynoid émettait un beuglement indescriptible et insupportable aux oreilles. Virginia hurlait à plein poumons, se débattant en écartant avec son épée les tentacules de végétaux qui voulaient l’étreindre davantage. Des larmes de rage coulaient aux coins de ses yeux… Et c’est alors qu’un éclair argenté traversa le regard de la jeune femme pour se planter en plein dans la bête. Une machette venait de se ficher en plein dans la gueule du monstre qui strangula dans un bruit dégoutant accompagné de soubresauts nerveux avant de s’écrouler lourdement sur le sol. Virginia sentit d’un coup les excroissances vertes peser de tout leur poids sur son corps. Elle s’extirpa tant bien que mal avant de voir une main d’ébène tendue vers elle. C’était Jimi qui avait abattu la bête pour elle. La jeune femme ne put s’empêcher de lui sourire bêtement comme à l’instant de leur rencontre.

« Gentleman, dit-elle en remerciement avec une petite révérence avant d’attraper le grand black par le cou pour l’embrasser avec passion.

Lorsqu’elle le libéra enfin, le musicien resta avec un regard quelque peu… hagard !

-My lady, répliqua-t-il avec un sourire rêveur.  

Ils reportèrent leur attention sur Mendax qui venait d’enfoncer son arme dans une dernière créature qui s’écrasa lourdement sur le sol. Le timelord était couvert de sang. Virginia et Jimi vinrent à ses côtés alors qu’il ramassait son pointeur sonique en reprenant son souffle. Ils avaient survécu !

« Je ne m’étais pas battu comme ça depuis le jour où je suis mort… fit Mendax, le souffle court.

La duchesse et le musicien s’échangèrent un regard de totale incompréhension mais ils commençaient à s’habituer aux étranges remarque de l’extraterrestre. Comme le disait l’homme-enfant : l’ennemi savait qu’ils étaient là et prêts à se battre. Alors qu’il fit craquer son squelette en s’étirant comme un chat, Virginia s’inquiéta :

-Tout va bien ? Sommes-nous proches d’eux ?

- Pffffouuuh ! On y est presque !
fit son ami dans un souffle en ayant fini de se contorsionner avant d’indiquer la scène du festival. Ils sont là-bas, là-dessous, quelque part. On est plus très loin…On a buté les gosses. La maman ne doit pas être loin.

-Yeah man, let’s go to see mummy
, plaisanta Hendrix avec un air fanfaron qui dénotait follement avec sa dégaine, couvert de sang.

Otis voyait bien que le timelord était fatigué. C’était la première fois qu’elle le voyait épuisé de la sorte. Par réflexe, elle voulut rester à ses côtés tandis que Jimi s’avançait plus au devant en brandissant vaillamment sa machette. A sa vue, la jeune femme ne put s’empêcher de sourire d’amusement.

-Dès qu’ils ont une arme, les hommes veulent être de vrais petits soldats… Etrange non ?

Ne semblant pas plus l’écouter que d’habitude, Mendax la saisit par le bras en l’attirant vers lui doucement avant de lui marmonner près de l’oreille tout en marchant.


-Tout à l’heure. Je parlais de sauver Hendrix, plusieurs fois même, commença-t-il avant d’hésiter à continuer.

-Mendax, craches le morceau ! Tu viens de commencer, suggéra la rousse, bien trop curieuse pour ne pas vouloir connaitre la suite.

-Nous sommes en 1969, poursuivit le blond. Hendrix n’a plus beaucoup de temps à vivre.

En entendant ces mots, Virginia se raidit, sentant un frisson lui remonter dans le dos. Mais elle resta silencieuse, serrant les dents, pour écouter la suite tandis qu’elle posait ses yeux bleus sur le dos de Jimi qui marchait devant eux.

-Sa mort est devenue un fait historique, c’est un homme que beaucoup ont adulé et que beaucoup respectent encore dans le futur

-Qui l’eut cru ?
fit la duchesse en haussant un sourcil.

-Il a peut-être l’air d’aller parfaitement bien aujourd’hui. Mais en Septembre 1970 Jimi Hendrix perdra la vie de causes inconnues.

-Please, dis moi que tu sais pourquoi il meurt
, supplia la rousse.

-Personne ne sait de quoi il est mort, personne ne semble s’y intéresser ; ils attribueront ça à son style de vie, prétendant l’overdose de drogues.

-Je ne veux pas passer pour une femme sans cœur, mais cela ne m’étonnerai guère…

-Certains supposeront l’assassinat…
, révéla alors Mendax avant de poser à son tour ses yeux sur le musicien qui ne les entendait pas. Mais maintenant ça semble évident, pas vrai ? On est là, on vient de changer à tout jamais sa vie…

-Je n’aime vraiment pas ce que tu sous-entends là, Mendax…

-C’est sûrement de notre faute s’il va mourir.

-La tienne ?

-C’est sûrement de notre faute à tous les deux

-Stop it
, siffla sèchement la rousse en serrant les poings avant de dégager son bras des mains de Mendax mais il continua de rester près d’elle en chuchotant.

-Si nous n’étions jamais venus ici, peut-être qu’il aurait vécu plus longtemps, peut-être qu’il ne serait pas mort aussi tôt… À 27 ans. »

Virginia lui fit volte face avant de l’arrêter dans sa marche, une main violemment plaqué sur son torse. La jeune femme sentait son pouls battre de rage à ses oreilles.

-Pourquoi me dis-tu ça ? demanda Virginia, les yeux brillants. C’est toi qui a décidé de venir ici. Que veux-tu que je fasse ?...

Il y eut un silence au milieu des ondulations dimensionnelles. La jeune femme fixait Mendax dans les yeux en tremblant légèrement tandis que Jimi se retournait vers eux.

« Tout va bien ? demanda-t-il quelques mètres non loin d’eux.

-Yes ! On arrive, s’exclama la rousse avec un sourire forcé dans sa direction avant de reposer ses yeux sur Mendax, plus froide. You are the timelord : fix it ! » lui siffla-t-elle avant de reprendre son chemin à la suite de Jimi qui les attendait.

Elle aurait préférée ne rien savoir… Rien du tout. Maintenant l’idée que la vie de Jimi était désormais scellée lui tournait sans cesse dans l’esprit. Ils n’auraient jamais du l’entrainer là-dedans… La duchesse était tellement perdue dans ses pensées qu’elle eut l’impression d’arriver à une vitesse folle près de la scène. Une porte métallique s’y trouvait. Les choses allaient devenir plus sérieuses encore, se dit la jeune femme en serrant les poings autour de son épée et de son gun.  

Comme s’il était pressé d’y aller, Mendax s’approcha de la porte avant de l’ouvrir en brandissant son pointeur sonique. Une fois tout les trois à l’intérieur, ils purent rapidement constater qu’il n’était pas vraiment sous une scène de spectacle… Virginia aurait davantage pensée à une grotte sombre et humide. Le sol était en pierre sombre, recouvert ça et là de mousses et au centre ce trouvait un énorme trou abyssal. Un étrange brouillard verdâtre semblait flotter au dessus…

« Cela ne ressemble pas vraiment à une plante… Si ? » osa demander Virginia en scrutant les alentours d’un œil vif.

Ne trouvant pas de réponse à sa question, elle vit Mendax s’approcher prudemment du bord du trou. Son estomac se noua avec le stress. Jimi, lui, semblait avoir perdu sa langue.


« Ça c’est intéressant. C’est menaçant par la même occasion, mais c’est définitivement intéressant. Fit l’homme-enfant avec émerveillement.

-Intéressant comment ? demanda Virginia en ayant des sueurs froides.

-Ce-Cette chose. C’est tout sauf un Krynoid. Oh non. J’ai lu beaucoup de choses à son sujet, mais ce n’est pas un Krynoid, c’est bien plus que ça…

Cette courte explication eut le don de ne surtout pas rassurer la duchesse qui serra les dents

– Qu’est-ce que c’est ? fit Hendrix.

– Prenez votre courage à deux mains, voici devant vous la Dévoreuse, l’Insatiable, la Grande Affamée, Dieu Ancien et Seigneur de la famine ; Kresphallon.

Incapable de prononcer quoi que ce soit, Virginia s’avança à son tour prudemment près du puits pour jeter un œil à ce que voyait Mendax. A travers la brume verdâtre, elle parvint à distinguer une silhouette sombre et énorme. Elle trembla de plus en plus avant d’entendre de l’eau ruisseler en grandes quantités autour d’eux. Les murs étaient tapissés d’eau, remplissant peu à peu la pièce… et le puits. La duchesse respirait de plus en plus bruyamment, nerveuse, tandis que la vapeur verte était de moins en moins épaisse. Une pieuvre monstrueuse et pourrissante était dans le puits. Les lieux tremblaient sous son souffle… C’est alors qu’elle se mit à bouger doucement, comme si elle se réveillait. Virginia serra instinctivement une main et la serra très fort dans la sienne. Alors qu’elle voyait des tentacules immenses remonter doucement jusqu’à la surface, la jeune femme se sentait affreusement minuscule…  

« Bloody hell… What do we do ? » murmura Virginia, le souffle court, plus pâle que la mort.



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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Sam 20 Sep 2014 - 11:51



Virginia était intriguée par le destin du musicien dès lors que Mendax lui avoua que celui-ci allait mourir l’année prochaine ; elle était inquiète et espérait de Mendax qu’il soit en mesure d’aider Jimi, mais le seigneur du temps ne semblait pas être allé dans cette faveur dans ses explications, il avait tout raconté à la jeune femme et lui avait tout expliqué au sujet de la mort d’Hendrix. L’année prochaine, en septembre 1970, il perdrait la vie. Et nul ne saurait jamais de quoi, ni pourquoi. Elle n’avait pas vraiment apprécié Hendrix lorsqu’ils s’étaient tous les deux rencontrés et le musicien faisait une fixation sur elle depuis qu’il l’avait vu, il se réjouissait secrètement d’avoir sauvée la vie de la jeune femme et espérait même qu’elle le récompenserait comme une Princesse récompense un preux chevalier, mais ça, il ne le dirait pas. Le musicien agitait fièrement sa machette en marchant à quelques pas d’avances des deux voyageurs, tandis que Mendax annonçait la sombre nouvelle, si Jimi mourrait c’était peut-être de leur faute, peut-être qu’au final, c’était leur voyage ici à Woodstock qui aurait plus tard scellé le destin du pauvre musicien, Virginia n’aimait pas du tout cette supposition et se détachant du bras de Mendax, elle se mit à parler plus sèchement, plaquant sa main contre le torse du seigneur du temps pour le faire s’arrêter. Elle lui fit remarquer que c’était lui qui avait décidé de venir ici, sous-entendu que c’était la seule faute de Mendax si tout cela avait lieu. Elle voulait savoir, savoir pourquoi il lui révélait tout cela, pourquoi il lui disait tout ceci. Et peut-être, elle espérait qu’il lui dise ce qu’il espérait qu’elle fasse en étant désormais au courant de tout cela. Le garçon qui avait les yeux plantés dans ceux de Virginia les détacha un instant pour observer Hendrix, et répondit finalement dans un murmure « Tu voulais le savoir. Je te l’explique. Je n’attends pas de toi que tu te mettes à le traiter comme un roi sous prétexte qu’il n’a pas plus d’une année à vivre, j’espère juste que tu pourras anticiper l’inévitable nouvelle. Il suffit de vous regarder tous les deux, il y a quelque chose entre vous. Surtout venant de lui… » Il ne put en dire plus puisqu’Hendrix s’était retourné pour les appeler.

Virginia força un sourire et rassura Jimi en lui disant qu’ils suivaient, avant de se retourner vers Mendax pour lui répondre bien plus sévèrement. You are the timelord : fix it ! Pour ensuite reprendre sa marche, suivant le musicien de près. Mendax était resté sur place un instant, assassiné par la demande de Virginia. Ce n’était pas la première fois que ce genre de situation se présentait devant lui, et ce ne serait sûrement pas la dernière. Lorsqu’on voyage à travers le temps il y a de nombreuses choses auxquelles on fait face qui changent absolument toute une perception de la vie et de l’Univers. Lorsque Mendax était tout jeune, à ses huit ans, il observa le Vortex Originel, et à travers celui-ci, il avait observé la colère des autres, il avait vu le tourment parmi lequel les voyageurs comme lui étaient jetés, tant d’espoir et si peu de possibilités. Car le Temps avait ses propres règles, et s’Il décidait qu’une chose devait arriver, alors elle arriverait. Peu importe les altérations qu’on pourrait essayer d’y apporter. Mendax se sentit tout d’un coup très faible, comme si tout autour de lui s’était mis à tourbillonner dans un maelstrom enragé. Il sentait ses pieds se détacher du sol et autour de lui tout était si lumineux, si bien qu’il n’apercevait plus les silhouettes de Virginia et de Jimi au loin. Il s’était retrouvé dans un espace tout à fait blanc et immuable. Parfait et imparfait à la fois. Il entendit des pas autour de lui, mais ne parvenait pas à en localiser la source, tout était si aveuglant… Puis il y eut quelque chose ; un genre de coup de tonnerre effacé par un quelconque silencieux. Et autour de lui tout s’était écrasé, l’aveuglante lumière était devenue une ombre noircissante et terrifiante. Un grand spectre planait autour du seigneur du temps et il fut arraché à ses pensées très rapidement. Reprenant conscience de l’environnement autour de lui. Oui, Woodstock, c’était là qu’il était et pas ailleurs. En vérité, il ne s’était déroulé qu’à peine quelques secondes entre son absence et le pic de Virginia. Il secoua la tête et repris sa marche un peu plus rapidement, les rattrapant à toute vitesse.

Ils arrivèrent finalement devant la grande porte où se terrait leur ennemi final, et à toute vitesse Mendax l’ouvrit. Les pierres sombres du sol étaient humides, et un peu partout autour d’eux il y avait des traces de mousses et d’autres plantes qu’on trouvait uniquement dans des grottes très anciennes. Tout cela avait déjà mis la puce à l’oreille du Timelord qui s’était empressé de tourner un peu plus autour du gigantesque trou béant devant lequel ils s’étaient retrouvés, ramassant un caillou pour l’analyser d’un coup de ses yeux lumineux de violets, observant la mousse de son pointeur sonique, il s’approcha finalement avec grande prudence du puits sans fond, à la suite de l’interrogation sur la nature végétale de leur ennemi, le Timelord était émerveillé mais à la fois terrifié de s’être retrouvé devant pareille créature. Il expliqua contre quoi ils avaient à faire, et Mendax désigna la créature comme un « Dieu Ancien ». Un titre à ne pas prendre à la légère, sans nul doute. Et presque aussitôt après qu’il l’ait présentée, les murs autour d’eux se mirent à transpirer des trombes d’eaux qui allèrent s’écouler dans les fins fonds du puits jusqu’à ce qu’il ne soit rempli et laisse remonter, presque jusqu’au bord de ce-même puits, un gigantesque montre couvert de vase, de moisissure et d’autres couvertures d’algues et de morceaux en tout genre de bave et d’eau. Une pieuvre gigantesque aux allures humanoïdes. Elle dormait. Mais elle remuait une fois à la surface, s’éveillant d’un très long sommeil. Les tentacules de la créature étaient piégés entre sa large stature et les limites du puits, mais un mouvement inconscient de la bête et l’humidité du lieu laissa glisser certains d’entre eux hors de leur étreinte de pierre, pour s’écraser bruyamment aux rebords ; il ne s’agissait pas des plus immenses tentacules de la créature, mais ils étaient tout de même très grands, d’à peu près un mètre soixante, ils frétillaient par terre et leurs ventouses s’agrippaient au sol.

« On reste immobiles et silencieux. » Chuchota Mendax en réponse au murmure effrayé de Virginia. Et se taire n’était certainement pas un problème pour les trois, Hendrix était bouche-bée depuis l’entrée dans la pièce étrange et resta silencieux ensuite, Mendax observait la silhouette gigantesque de la bête toujours enfoncée dans son puits. Un autre lourd ronflement traversa la pièce et une orbite gigantesque s’ouvrit tout droit sur eux ; de couleur rouge comme le sang, l’œil observait devant lui et sur ses côtés, même s’il ne pouvait pas bien se déplacer. Mendax avala sa salive avec effroi et un troisième gros ronflement fut entendu, bien plus fort et bien plus bruyant. Si fort que la pierre qui fermait le puits commença à se fendiller à ses bords. Et alors que tout semblait déjà terrible, la Bête se redressa sur elle-même, s’éveillant de son puits. Elle était immense, si haute qu’on devinait un plafond bien plus haut qu’on ne le croyait, et dans un grognement étouffé elle se laissa couler au fond du puits. Disparaissant dans des profondeurs insondables, éclaboussant au passage les trois personnages, l’eau était glacée. Il y eut un moment de silence et d’incompréhension, Mendax osa s’approcher du puits pour observer le fond plein d’eau et recula ensuite à nouveau auprès d’Hendrix et Virginia. « Okayyyyy. Mummy’s taking a bath. » Marmonna-t-il avec un plus fort accent britannique qu’à l’habitude, sans s’en rendre compte évidemment. Le seigneur du temps était perplexe, était-ce tout ? Il tourna en rond pendant un instant et fit le tour du puits fissuré sans rien dire,  en laissant parfois des regards inquiets à Virginia et Jimi. « Si on veut en savoir plus, je crois bien qu’on va devoir plonger. » Avait-il dit en les regardant. Il avait perdu la raison, plonger dans des centaines de mètres d’eau, sans la moindre possibilité de savoir ce qu’il s’y trouvait, c’était de la folie pure et simple.

Il avait rebroussé chemin dans leur direction et avait croisé les bras en fixant à nouveau le puits. Et alors qu’il allait dire autre chose, les pierres au-dessous d’eux commencèrent à trembler une nouvelle fois. De l’eau commençait à déborder par le sol et remontait à la surface rapidement. Il n’y eut pas de grognement propre à la bête, mais dans un grand fracas, le puits se fissura si fort qu’il commença à s’effondrer devant eux. Mendax essaya de courir dans la direction de la porte, mais il n’eut pas le temps et tout s’écroula sous leurs pieds ; tout s’effondrait et eux tombèrent en même temps dans les profondeurs de l’endroit. D’abord ensevelis sous les eaux, ils coulaient sans la moindre possibilité de nager à la surface, il n’y avait plus de surface… Et rapidement l’eau commença à tourbillonner plus rapidement, si bien qu’on aurait dit un vortex sous-marin prêt à les dévorer, ils étaient happés par celui-ci, et tout au bout, dans sa source, on ne devinait que très difficilement l’horrible gigantesque créature, Kresphallon aspirait tout dans la direction de sa gueule béante. Plus large que la plus terrible de toutes les mâchoires, les dents de la bête étaient acérées comme des pointes voraces. Des dizaines de rangées de cercles couverts de dents les attendaient au bout. Et ils manquaient d’air, ils allaient mourir dans l’estomac d’un monstre gargantuesque. Mendax se sentait déjà perdre connaissance, tout disparaissait autour de lui. Mais alors que tout espoir semblait perdu, le seigneur du temps se mit à scintiller d’une lueur dorée ; très forte et presque semblable à des flammes, le timelord dans une poussée d’adrénaline trouva la force de nager contre le tourbillon enragé et atteignit Virginia du bout des bras, il l’attrapa aux poignets et la fit virevolter sous l’eau contre lui, la serrant d’un bras il attrapa ensuite Hendrix qui flottait à proximité, luttant pour garder conscience, il l’attrapa à son tour et de la même façon qu’il tenait Virginia il garda Hendrix contre lui ; toujours scintillant d’une énergie enflammée d’or.

La hâte de tout ceci avait fait perdre leur lueur violette à ses yeux et Mendax ne le remarqua pas, son corps brillait d’énergie temporelle et comme par enchantement, celle-ci se mit à former une bulle de lumière autour d’eux, leur permettant de retrouver leur souffle sans pour autant les tirer hors d’atteinte du monstre qui les avala finalement. L’énergie autour d’eux les protégea tout de même et ils s’enfoncèrent sans danger dans les profondeurs des entrailles de Kresphallon. Ils furent finalement jeté dans l’estomac de la créature, s’écrasant contre des parois rougeâtre et humide d’une substance gluante et puante, ils eurent la chance de ne pas tomber dans des sucs gastriques corrosifs puisqu’au même moment la sphère d’énergie disparue et Mendax se retrouva tout aussi médusé que l’était Hendrix. « We survived ! Brilliant ! » Mendax fit un tour sur lui-même et observa le nouvel environnement et soupira presque de soulagement. « Point positif, Kresphallon n’a pas d’acides gastriques on dirait bien. Donc, on n’a presque aucun risque d’être lentement décomposé là-dedans. Aaaah. Feels like Pinocchio doesn’t it ? » Le timelord avait très rapidement retrouvé son sang-froid, plaisantant sur leur situation comme si de rien n’était. Ses yeux avaient toujours leur couleur d’origine, il ne se doutait pas le moins du monde que ses petites manigances allaient être chamboulées. Mais mine de rien, il était essoufflé, et cette étrange prouesse d’énergie l’avait épuisé encore plus, il ne tint plus rapidement debout et se laissa tomber contre les parois gluantes de l’estomac de Kresphallon. Toujours conscient mais assis d’épuisement.


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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Mar 11 Nov 2014 - 15:57




Après que son esprit traversa un brouillard épais et sombre Virginia rouvrit les yeux et se rappela douloureusement dans quelle situation ils se trouvaient désormais. Une folie de plus de son ami Mendax et voilà qu’ils se retrouvaient tout les trois dans le ventre de la bête. Les seules images qui restaient imprimés sur les rétines de la jeune femme étaient le sol se dérobant sous leurs pieds puis la succession de dents acérées auxquelles ils avaient miraculeusement échappés. Trempée jusqu’aux os, une odeur putride lui arrachant la gorge, Virginia se releva en essayant d’ignorer les diverses douleurs de son squelette. Ecartant d’un geste sec les mèches rousses qu’elle avait devant les yeux, la jeune femme jeta un regard circulaire sur ce qui était apparemment le ventre d’un soi-disant « dieu ». Elle aperçut alors Hendrix et Mendax, parfaitement médusés.


« We survived ! Brilliant ! fit Mendax tout heureux.

-Une chance de débutant si vous voulez mon avis, fit ironiquement la duchesse en se massant les côtes tout en continuant d’examiner l’endroit.

- Point positif, Kresphallon n’a pas d’acides gastriques on dirait bien. Donc, on n’a presque aucun risque d’être lentement décomposé là-dedans.

-Espérons alors que rien qui ne soit encore vivant ne traine dans le coin
, se dit la rousse en continuant de jeter des regards en tout sens avant de s’avancer plus loin en soulevant les longs pans de son manteau gluant.

Elle jeta alors un œil sur Jimi qui ne disait pas un mot, les yeux toujours plus écarquillés que les minutes précédentes. Le teint livide, le musicien semblait clairement être dépassé par ce qu’il vivait. Virginia imaginait bien ce qui pouvait se passer dans sa tête. Elle avait dû y faire face des années auparavant. Doit-on se croire fou ? Se pincer ? Pleurer ? Rire ? La jeune femme admirait sincèrement le courage dont il avait fait preuve jusque là pour de la bleusaille. Instinctivement elle passa sa main sur sa joue comme pour essayer de le réconforter mais il n’y prêta pas la moindre attention, l’esprit ailleurs.

-Aaaah. Feels like Pinocchio doesn’t it ? Continua de s’enthousiasmer Mendax qui ne prêtait pas plus attention à eux, toujours plein de sang froid et d’envie de fanfaronner.

La duchesse s’approcha de lui, loin des oreilles de Hendrix mais remarqua aussitôt :

-Mendax… Tes yeux ! S’exclama-t-elle. Ils n’ont plus rien, dit-elle intriguée.

Elle resta interdite quelques instants à scruter le visage de l’homme-enfant d’un regard dur avant de secouer légèrement la tête pour chasser ses réflexions :

-Raaah Gosh ! Non on n’a pas de temps pour les explications ! S’énerva-t-elle en essuyant en vain son visage plein de bile de monstre. Il faut que nous sortions d’ici et vite. Mais je commence à m’inquiéter pour Jimi : cette escapade est en train de le dépasser… Je ne veux pas qu’il meurt… Et surement pas ici, insista-t-elle lourdement en levant de nouveau les yeux vers son ami extraterrestre.

Elle respira profondément quelques instants, essayant de clarifier ses pensées puis commença à scruter les environs d’un œil plus vif et plus précis.

-Il faut que nous sortions d’ici, se répéta-t-elle avec l’attitude d’un lion en cage. Vous venez ? » demanda-t-elle aux deux autres en poursuivant son chemin dans le ventre, le bruit suintant de ses bottes rythmant ses pas sur ce sol organique.

Prudemment, elle plissait des yeux dans la pénombre de cet estomac géant, entendant au loin, comme un bruit sourd à travers la chair, un cœur qui bat. Avançant sur plusieurs mètres encore elle crut distinguer quelque chose… plusieurs choses mêmes ! C’était à plusieurs centaines de mètres et cela semblait particulièrement imposant. Mais à travers une espèce de brume à l’odeur pestilentielle, Virginia ne voyait pas grand-chose. Ne prêtant pas particulièrement attention à ses deux compagnons qu’elle entendait toujours suivre dans son dos, elle poursuivit son chemin avec une prudence féline. Peu à peu les immenses silhouettes se faisaient plus précises, plus solides… La jeune femme ne put s’empêcher d’accélérer le pas tandis que son esprit fonctionnait à tout berzingue. Lorsqu’elle s’arrêta enfin, un large sourire mutin se dessina sur ses lèvres.

« Brilliant ! »  

Le trio se trouvait devant un immense cimetière à bateaux et vaisseaux de toutes sortes. Il en avait de toutes les époques, plus ou moins bien conservés (et beaucoup qu’elle ne connaissait absolument pas) mais la duchesse ne doutait pas qu’ils puissent trouver quelque chose de viable dans cette décharge stomacale. Se tournant alors vers les deux hommes près d’elle :

-What do you think about it ? Il nous faut le plus récent et le moins abimer pour réussir à sortir de là.

Les deux hommes restèrent silencieux, continuant de fixer successivement Virginia et les carcasses dans son dos.

-Quoi ? J’ai une tache sur le nez ? demanda-t-elle ironiquement en pinçant les lèvres. Aucunes suggestions ?

Jimi se racla alors la gorge timidement :

-C’est que… tu es sûre de ton coup, Foxy ?

La rousse releva un sourcil, un regard perçant posé le musicien :

-Now I know why you and me it will never be possible ..., soupira-t-elle avant de se tourner vers Mendax avec un petit sourire implorant. Dis-moi qu’on a la même idée toi et moi…

Celui-ci resta longuement silencieux en énumérant les carcasses du regard puis sans attendre le Timelord bondit pour s’avancer à travers le cimetière, les deux autres à sa suite. Ils se dirigèrent droit sur un immense bâtiment métallique qui était ce qu’il restait dans grand contre torpilleur de la Seconde Guerre Mondiale. Malgré la peinture écaillée, on pouvait distinguer le nom « Le Chacal » sur la coque. Mais Virginia étant du siècle précédent, elle n’en avait pas la moindre idée. Le long de la coque rouillée, ils trouvèrent des barres métalliques plus ou moins en bon état qui devait faire office d’échelle pour grimper à bord en pleine mer. Mendax monta en premier suivit par la jeune Otis et Hendrix fermant la marche. Après quelques minutes à essayer de ne pas se rompre le cou sous une barre métallique cédant sous leurs poids, ils arrivèrent enfin à bord du torpilleur qui était dangereusement penché à cause de l’absence d’eau. Le trio se cramponna tant bien que mal à tout ce qui passait sous leurs mains et se décidèrent à trouver la salle des commandes. Alors qu’ils se cramponnaient en file indienne sur une rambarde rouillée, Jimi interpela discrètement Virginia alors qu’ils avançaient vers un escalier menant aux coursives supérieures.

« Hey foxy… Si on sort de là : ça te dirait de faire un tour en Californie ?

-What ?
Essaya de s’exclamer discrètement la jeune femme. Nous sommes dans le ventre d’une pieuvre géante sous des tonnes d’eau dans un puits immense au fin fond de l’état de New-York, risquant notre vie pour un résultat parfaitement incertain et toi tu me parles de… Californie ? Stay focused, please !  

Tant bien que mal, le Timelord, la duchesse et le musicien parvinrent à atteindre les coursives supérieures et réussirent à défoncer la porte qui menait à la salle des commandes qui dominait tout le bateau. Virginia ne comprenant pas grand-chose à la technologie que se trouvait sous ses yeux elle préféra laisser Mendax s’en charger, celui-ci déjà à l’œuvre en ouvrant plusieurs panneaux de métaux rouillés cachant de nombreux fils électriques. Hendrix l’assista tandis que la jeune femme les observait faire, intriguée, tout en jetant des regards vers l’extérieur à travers les vitres qui donnaient sur l’immense cimetière à bateaux. Des étincelles jaillirent à plusieurs reprises des tableaux de bords ponctués de jurons plus ou moins compréhensibles de Mendax au fil des tentatives de redémarrage du bateau. Les minutes filaient lentement et l’esprit de Virginia était agité, retournant leur situation dans tout les sens. Le trio sursautant à l’énième explosion d’étincelles à travers les circuits, la rousse eut alors une idée.

« Mendax ?

Celui-ci, étonnamment, l’entendit immédiatement et émergea de son fatras de fils et de poussière. Virginia se tâtait de cracher le morceau quelques secondes encore mais elle ne put se retenir davantage.

-Que dirais-tu si… le Tardis venait à se téléporter ici ? Je veux dire… Sous sa forme initiale…

Le silence retomba dans la salle de contrôle puis Virginia clarfia son idée alors que Hendrix lui jetait un regard interogateur.

-Que dirais-tu qu’on fasse un ragout de Kresphallon ? Il est plus gros que lui, non ? demanda-t-elle au Timelord, inquiète de poser des questions complètements idiotes à son ami.

-Yuck ! s’exclama Hendrix en entendant la réflexion de sa « Foxy Lady ».

-Alors ? » insista Virginia ne sachant trop si elle devait sourire ou non.

C’est alors qu’un bruit sourd brisa le silence et le bateau se mit à trembler dangereusement, comme tout le reste de l’estomac... Virginia s'agrippa aussi vite qu'elle put à une barre de sécurité contre une paroi et la serra de toutes ses forces. Kresphallon n’avait peut être pas dit son dernier mot…
 


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MessageSujet: Re: No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]   Mer 12 Nov 2014 - 17:56




Mendax fit mine d’être tout aussi surpris qu’elle lorsqu’elle s’étonna du retour à la couleur ordinaire de ses yeux, à dire vrai, il se pestait à l’esprit, mécontent d’avoir oublié ce détail. Mais de toute façon, ça n’avait plus de valeur. Il faisait confiance à la jeune femme dorénavant. Elle qui s’inquiétait de plus à plus à propos du destin de ce musicien qui au début ne l’intéressait pas tellement, du moins, l’image qu’elle renvoyait donnait l’impression qu’il ne lui plaisait pas tant que cela. Il y avait cependant beaucoup de sincérité dans ses mots, et Mendax partageait cette inquiétude. Se contentant d’hocher la tête ; Mendax n’avait pas besoin de grandes phrases pour dire de même à Virginia, il était lui aussi inquiet pour la survie de Hendrix. « Oui. Mais au moins, il est en sécurité avec nous. Plus que s’il était sur scène, avec ce monstre en dessous. C’est déjà ça. » Mendax redressa son regard vers le musicien, toujours sans-mots, sûrement incroyablement époustouflé par cette histoire qui sortait de l’ordinaire ; ils étaient dans les entrailles d’un monstre gigantesque, c’était trop étrange pour être vrai. Et pourtant, il se tenait là, droit dans un estomac sans sucs gastriques.

Reposant ses yeux sur Virginia, Mendax esquissa un sourire plein de compassion et lui posant la main sur l’épaule d’un geste réconfortant. « Je ne le laisserai pas mourir. » Il s’éloigna ensuite et s’approcha du musicien, qui manquait toujours de mots, tandis que Virginia s’était mise à observer autour d’eux, revêtant le statut de Mendax, elle s’était décidée à prendre la position de celle qui cherche une sortie. Tandis que Dax murmura quelques mots au musicien. Il ne fallut pas bien longtemps à Virginia pour apercevoir une issue et les héler de la rejoindre. Jimi semblait plus rassuré lorsqu’il s’empressa de reprendre la marche aux côtés du Timelord, les mots de celui-ci avaient dû être importants. Ils déambulèrent ainsi à quelques pas d’elle, leurs pas produisant chaque fois un bruit plus bruyant et gluant que le précédent à mesure qu’ils avançaient dans les entrailles de la créature, jusqu’à ce qu’à force du silence terrible de l’estomac on n’entende le bruit caverneux d’un mouvement répété en rythme ; unique à l’oreille, l’organe qui le produisait était seul. Le cœur de Kresphallon, quelque part, résonnait dans les profondeurs de son estomac. Comme situé juste en dessus, faisant encore quelques mètres, ils approchèrent d’une partie moins agréable de son estomac, laquelle était baignée dans une sorte de brouillard bas, épais, et puant la décomposition et la rouille métallique. Les repas de Kresphallon n’avaient rien d’équilibrer à n’en point douter.

On ne voyait que très difficilement dans cette pénombre embrumée, jusqu’à ce qu’ils n’arrivent au bout d’un genre de tunnel orgasmique, où ils purent constater avec Virginia de gigantesques étendues effrayantes, des ruines gigantesques, toujours indescriptibles, ils eurent du mal à bien les distinguer, avant quelques pas. Mais une fois visibles et définissables, ils purent remarquer qu’il s’agissait d’épaves maritimes. Plus ou moins anciennes, certaines d’il y a si longtemps que Mendax eut du mal à les reconnaître. Un sourire se dessinait sur les lèvres de Mendax quand il repensa à son commentaire plus tôt, à propos de la situation qui lui rappelait Pinocchio ; retrouvant son sérieux quelques secondes avant que Virginia ne se retourne, Mendax et Jimi Hendrix haussèrent chacun un sourcil lorsqu’elle fit remarquer qu’il fallait prendre l’un de ces vieux navires pour quitter l’estomac. L’air de dire qu’ils n’étaient pas certains de la possibilité de réussite derrière cette idée. Mais Mendax avait fait des choses bien plus foireuses qui s’étaient montrées réalisables, alors ça, ce n’était pas le plus grand de tous les excès après tout. Timide, Hendrix témoigna son doute à Virginia, laquelle répondit par un soupir avant de se tourner vers Mendax et d’espérer qu’il ait la même idée.

Il resta silencieux quelques instants, observant les épaves une à une, les examinant de loin. Un court instant plus tard il hocha la tête et fit un bond en avant, traversant le cimetière d’épaves. Ils approchèrent de nombreux navires, jusqu’à ce que Mendax n’en indique un du doigt ; une épave plus récente que le reste. Elle était de ferraille et non de bois, rouillée à quelques endroits elle semblait avoir servie dans plusieurs guerres. Y grimper ne fut pas chose facile, ils durent s’agripper à des morceaux de métal brisés et fragiles. Mendax fut le premier à grimper, suivi de près par Virginia et Jimi en dernier. Une fois enfin monté à bord, le navire penché par le manque d’eau dans l’estomac offrait une pleine vue sur l’étendue gargantuesque des entrailles du dieu. Mais le tourisme n’était pas la raison de leur venue, l’épave était si bien penchée qu’ils durent se cramponner à tout ce qui leur passait à proximité pour ne pas glisser et risquer de tomber. Le sol était humide et glissait parfois. Leur destination fut décidée silencieusement, sans qu’ils n’aient besoin de se mettre d’accord, ils se dépêchèrent, accrochés à une rambarde rouillée, de rejoindre la cabine dans laquelle on pilotait ce mastodonte de métal.

À grands coups d’épaule, Mendax parvint à faire se déplacer la porte qui menait aux commandes, celle-ci était déjà entrouverte, mais la rouille et une pression sans doute causée par Kresphallon lorsqu’il avait dévoré le navire avait tordue celle-ci dans une position tout à fait étrange, à moitié penchée en arrière. Il avait dû s’y reprendre à plusieurs reprises avant de réussir à la déplacer complètement, pour les faire passer. Une fois à l’intérieur, ils purent se réjouir que la pièce était bien moins humide et glissante et n’eurent pas besoin de se cramponner à quoi que ce soit, d’autant plus qu’en dévorant le navire, Kresphallon avait en partie désaxée la pièce par rapport au reste, le sol de la cabine était droit tandis que le navire penchait. Sans se faire attendre, le Timelord s’empressa d’approcher des nombreuses commandes et comme presque tout était hors service, il n’allait pas être bien compliqué pour un Timelord de tout remettre en état. Ouvrant un des nombreux panneaux métalliques regorgeants de fils et de poussière, Mendax s’était allongé par terre et tripotait tant bien que mal les circuits. Assisté par Hendrix, c’était un peu plus compliqué qu’il le pensait.

La technologie humaine était beaucoup moins avancé que celle des Timelords et bien qu’il pensait qu’il y parviendrait sans difficulté, Mendax était dépassé par une chose aussi arriérée. Faisant jaillir des étincelles à plusieurs reprises, il ne pouvait pas s’empêcher de grogner, ou de lâcher de rapides insultes chaque fois qu’il ratait ce qu’il essayait de faire. Grommelant à tout va, il continua sa réparation avec bien du mal pendant de nombreuses minutes, brisant parfois le silence par des jaillissements d’étincelles et d’autres insultes. Il y eut au bout de quelques minutes une détonation électrique bien plus forte, si forte même que les trois sursautèrent et qu’on entendit un lourd et bruyant ‘‘BOMP’’, le bruit du crâne de Mendax se cognant contre le métal. Puis une insulte plus forte. Brisant la chaîne d’insulte et d’électrocution, Virginia eut une idée. Elle interpella le Timelord qui s’empressa de glisser de sous le panneau pour se redresser en hâte, le regard dirigé vers elle. Lorsqu’elle annonça son idée, Mendax eut l’air un peu décontenancé, pas certain d’avoir compris, ou peut-être que c’était dû aux diverses électrocutions qu’il était plus lent en cet instant. Elle expliqua rapidement son idée, à la fois pour Hendrix et pour Dax. Et il eut l’air de sourire d’un air malsain et mauvais.

« Sans les compresseurs dimensionnels, ouais, elle est largement plus grande que lui. C’est faisable. Mais c’est risqué. Puisque jusqu’à preuve du contraire, on est toujours sous la scène. Donc si c’est bien ce qu’il se passe et que Mummy rapplique, c’est pas juste Kresphallon qui va exploser. Mais la scène avec, et ça pourrait risquer la vie de tous les gens présents. » Il ne s’était même pas rendu compte qu’il avait appelé son TARDIS ‘‘maman’’, mais il haussa un sourcil en se rendant compte qu’il avait peur pour la sécurité du reste des humains présents. Il se gratta le menton avec la main droite, qui tenait encore des fils électriques et se fit sursauter par une décharge, sans le vouloir. Et se redressa d’un bond en lâchant les fils. Quelques secondes ensuite, l’épave se mit à trembler et Mendax manqua de tomber, s’accrochant de justesse à l’un des panneaux de commande en métal. Hendrix, comme Virginia attrapèrent eux de justesse une barre de sécurité sur le côté, et Mendax en plein milieu de la pièce, toujours agrippé, observa l’extérieur depuis les fenêtres de la cabine. Mendax se mit à rire et s’exclama avec amusement en tournant la tête vers Virginia. « Looks like she heard you ! »

Le TARDIS approchait d’eux en toute hâte, moins grande que dans sa taille d’origine, mais certainement très large, peut-être autant que l’épave du Chacal. Elle ne s’était pas matérialisée et avait sûrement été avalée par Kresphallon, provoquant le tremblement sûrement en changeant d’apparence dans les entrailles de la créature. Approchant à toute vitesse de l’épave, Mendax haussa un sourcil et comprenant rapidement ce qui allait se passer s’écria « Préparez-vous à prendre une grande inspiration, elle va nous transmater à bord ! » rapidement. Aussitôt, il y eut de nombreuses étincelles bleutées autour d’eux, et ils eurent l’impression de tomber dans le vide pendant un court instant, comme lorsque l’on rêve et qu’on se réveille dans un sursaut, ils furent de nouveau à bord du TARDIS, et chacun prit sa grande inspiration pour digérer la téléportation rapide. En même temps qu’elle les avait téléportés, le TARDIS semblait aussi s’être chargé de les nettoyer des substances secrétées par Kresphallon, ils étaient de nouveau propres et parfaitement secs. Mendax complimenta la machine d’un baiser sur sa console et se dirigea à toute vitesse autour de celle-ci, et pressa ses mains sur plusieurs commandes. Il y eut l’habituel bruit de déplacement et Dax se précipita vers les portes. Sans rien dire à Virginia ni Hendrix, il revint sur ses pas et les croisa entre le couloir de l’entrée et celui de la console, puisqu’ils avaient sans doute supposés qu’il fallait le suivre. « Et on est dehors ! » S’était-il réjoui en les regardant. Ils sortirent du TARDIS et reposèrent les pieds sur terre, cependant plus loin du concert qu’avant, toujours animé par cette ambiance musicale et festive au loin. Mendax croisa les bras tandis qu’Hendrix fit quelques pas en avant, observant au loin le festival dans toute son entièreté.

Mendax avait reculé de quelques pas pour laisser le Musicien faire ses adieux à Virginia ; la situation avait ça dans son atmosphère, des airs d’au-revoir. Hendrix détourna la tête du festival et posa son regard sur Virginia, l’air bien moins blagueur qu’avant, il se mit à sourire. Un sourire franc et rassuré, l’air apaisé et détendu. Rassuré peut-être. Il resta silencieux un instant, avant d’oser lui dire quelques mots. « Virginia right ? Désolé pour l’attitude. C’est dans mon style d’être comme ça… Et je ne suis jamais insensible aux belles femmes. Mais si je t’ai offensée ou quoi que ce soit, je m’en excuse. J’avais pas encore compris la gravité de la situation, ni même à quel point vous étiez différents. Pour tout dire, j’ai encore l’impression de rêver complètement, i mean, tout ça, tout ce qu’on vient de faire. Comment tu fais ? Comment il fait ? J’ai bien compris que c’est ordinaire pour lui, mais toi. Toi t’es humaine, ça se voit dans tes yeux, y a pas besoin d’être un médium pour s’en douter ; t’es qu’une femme. Une personne comme moi, lui il est différent. Quand je dis différent, c’est pas à la légère. Woodstock, c’est notre échappatoire à la morosité. To us… Music is a religion, tu vois c’que je veux dire ? On s’en sert pour rêver, pour explorer… Pour aimer, même… » Il marqua une pause, contemplant le regard de la jeune femme, perdu dans ses yeux. Et baissa la tête l’espace d’un instant, cessant de sourire il adopta une mine inquiète. Lançant un regard discret vers Mendax qui regardait ailleurs ;




« J’ignore ce qu’il a pu te dire pour te convaincre de le suivre. Mais j’ai un mauvais pressentiment, je dis pas qu’il est plein de mauvaises intentions, attention… Mais ces voyages que toi et lui faîtes, j’espère vraiment pour toi que tu sais dans quoi tu t’es embarquée… There’s something dark and evil about this kid. Fais attention, c’est tout ce que je te demande. Peut-être qu’un jour on se recroisera, et j’aimerai que ce soit dans des circonstances agréables, cette fois. » Terminait-il dans un clin d’œil avant de lui sourire à nouveau. Puis il se retourna vers Mendax et avant que le Timelord n’ait le temps de dire quoique ce soit, Hendrix lui dit, « C’était plutôt cool de vous rencontrer tous les deux, mais ce train de vie qu’vous avez, c’est pas du tout ma cam. Donc pas la peine de me proposer de venir avec vous. J’aime bien ma vie calme et ordinaire. Merci pour tout en tout cas… » Hendrix lui tendit la main, Mendax la serra. Le Musicien leva l’index et le majeur ensuite, formant le fameux signe de paix, et s’en alla ensuite. Marchant vers le festival en marmonnant une chanson, foxy lady.

Mendax semblait sourire, l’air ravi de cette aventure. Il s’approcha de Virginia et regarda Hendrix au loin quelques instants, le musicien semblait danser plus que marcher, et tandis que le soleil se couchait, le ciel était teinté d’un orange vif. « Tu sais quoi ? Je crois qu’on va se la jouer discret pendant quelques jours, histoire de se remettre un peu de tout ça. On va éviter d’aller dans des endroits à problèmes et se faire une petite semaine silencieuse. » Sans se faire attendre il tourna les talons et retourna à l’intérieur du vaisseau qui avait repris sa forme de tente pour se camoufler dans l’environnement du festival. À l’intérieur, Mendax ne fit pas de tour autour de la console, et se contenta d’aller s’asseoir dans un siège rembourré en cuir. Il prit une inspiration et regarda autour de lui quelques instants. Laissant échapper un soupir de soulagement, ils étaient en vie, et personne n’avait été blessé, un record personnel pour le Seigneur du Temps. Se relevant au bout de quelques minutes, Mendax se mit à tourner autour de la console, actionnant les commandes et faisant décoller le vaisseau, Virginia l’avait rejoint depuis. Ils quittèrent la Terre et son système solaire.

As the story went on, none of them were blind anymore.
For this was not a fairytale. But a lie once more.
The good girl, gone forever;
With a man whose hearts were no more.


TOPIC TERMINÉ


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Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties
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No one is ever going faster than the music - [Woodstock, 1969 - PV Mendax]

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