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 Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.

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MessageSujet: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Lun 8 Sep 2014 - 0:17

“Mendax

« Thomas Brodie-Sangster »

• Prénoms, Noms; Fersingradamenotorelevomegatharon of the Great House of Devorantem
• Date et lieu de naissance; Il y a plus de 6 000 ans, Cité d'Aegis sur Gallifrey, au 18ème jour du Festin d'Oméga.
• Âge; 3 462 ans
• Groupe; Timelords
• Race; Gallifreyen
• Autre; Son prénom s'abrège en  « Fersing », mais très peu de personnes l'utilisent de toute façon, même s'il ne le garde secret pour personne. Même s'il ne l'explique jamais en tant que tel, il pratique la magie et possède certaines qualités hors du commun pour d'autres Timelords. (+histoire)

♦️♦️ TELL ME WHO YOU ARE

• Who Am I; Le quatrième Mendax est essentiellement un marasme des caractéristiques qui ont autrefois caractérisée la totalité de ses incarnations. Il est intelligent, trop intelligent. Sa cervelle n'a de cesse d'émettre d'innombrables hypothèses à la seconde, engendrant des millions de scénarios possibles quant à ce qu'il se passerait s'il faisait telle ou telle chose. Il n'a de cesse d'élaborer de très complexes situations mentales pour toujours faire au mieux et faire dans son sens. Car c'est important que tout aille dans son sens, Mendax est un manipulateur, il a besoin d'être au sommet de la chaîne alimentaire, il a besoin d'être le meilleur d'être celui qu'on vénère. C'est peut-être pathologique, ou bien c'est purement narcissique, mais s'il n'est pas en position de force il se sentira trop vulnérable et commettra sans nul doute un acte regrettable à la fois pour lui mais pour ceux qui sont sur sa route. Il a le sang-froid, et n'éprouverait pas le moindre regret s'il devait vous tuer simplement parce que vous lui avez manqué de respect. Fort heureusement, il n'est pas qu'un monstre... En fait si.

Le reste n'a pas grande importance, parce que tout coïncide avec sa nature de monstre sans la moindre affection pour les espèces qu'il considère comme inférieures si elles ne ressemblent pas à la sienne. Comprenez par là que si vous n'êtes pas un humanoïde semblable aux Gallifreyens vous ne valez pas mieux qu'un insecte à ses yeux. Vous n'aurez ni la moindre valeur, ni le moindre intérêt pour lui. Mendax se plaît à mentir, ça fait partie de sa promesse après tout, il manipule les mots avec une aisance trop naturelle. Rien ne le traverse lorsqu'il parle, souvent inexpressif. Cette allure inexpressive, il l'a souvent cultivée sous sa troisième apparence, celle qui a vécue le plus longtemps. Plus longtemps que sa première apparence, c'est horrible rien que d'y penser. Quand bien même vivre plus longtemps que sa première et réelle incarnation avec une autre l'a fortement troublé et a dû intensément affecter sa santé mentale, il ne le confirmera jamais. Et de toute façon on ne peut rien espérer de sincère venant de ses propres lèvres. Mendax ment mieux qu'il ne respire et ne fait rien qui ne soit pas méticuleusement calculé et tourné en sa faveur. Il sait de nombreuses choses de par sa culture et son ancienneté, mais aussi parce qu'il est doué d'un intellect relativement vif, qui lui permet de mettre à l'épreuve ses pensées et ses comportements chaque jour. Rares sont ceux qu'il n'aura pas fait aller dans sa faveur, et si rares sont-ils que très peu sont encore en vie à ce jour. Non pas qu'il les aurait tués, même si c'est le cas pour certains. Mais il s'agissait principalement des membres de sa familles, lesquels périrent lors de la Grande Guerre du Temps pour des raisons obscures.

Quand bien même exécrable et insultant, Mendax place l'honneur et la confiance au sommet de ses besoins. Cela ne veut pas pour autant dire qu'il en fait preuve, mais qu'il espère en voir à travers ses proches, dans son esprit dérangé il pourrait paraître normal que lui vous trahisse, mais n'osez pas penser que vous en auriez le droit, ce serait vous tromper et vous assurer un ennemi infatigable et plus rancunier que la mort elle-même. Les relations de Mendax avec les autres sont souvent très schématisées, très vives et construites. Il n'y a pas de place pour la complexité ou pour les moindres complications. Vous êtes avec lui ou vous êtes contre lui. Mais si vous devenez un jour contre lui, faîtes en sorte de ne jamais plus croiser sa route. Pour votre propre bien. Mendax est aussi vif dans ses relations que celles-ci sont temporaires. Il renouvelle plus fréquemment que quiconque son cercle proche, abandonnant certains, en forçant d'autres à l'oublier, et parfois en en tuant. Les seuls qui, toujours, garderont la même place auprès de lui sont les membres de sa famille. Son frère et sa mère sont les personnes avec lesquelles il s'est le plus confié. Mais c'est pourtant auprès de sa sœur qu'il a su trouver l'équilibre et devenir l'homme qu'il est aujourd'hui.

Enfin, bien que froid et calculateur, Mendax n'en reste pas moins fermement ancré dans ses connaissances de l'Ancien Temps, puisque né à une époque que peu se souviennent, il est un rare cas de ceux capables de parler et comprendre l'ancien Gallifreyen. Langue dans laquelle il s'exprime d'ailleurs le plus souvent. Au grand dam de beaucoup et à la méconnaissance de nombreux. De même, parce qu'il est un ancien seigneur du temps, il reste fermement attaché à ses croyances religieuses devenues presque obsolètes au temps de la Gallifrey Moderne. Là où la science a pris le pas sur la piété, il est un étrange paradoxe à lui-seul.

• I'm not human; Le TARDIS du Mendax, bien que très ancien et sûrement élevé lorsque le Triumvirat ‘R.O.O’ était au pouvoir est loin d’être obsolète, pas plus qu’il n’est démodé. Certes il s’élève aujourd’hui des modèles de TARDIS bien plus élaboré et bien moins imposants voire quasiment minuscule, mais le vaisseau de guerre de Type-13 que Mendax possède est avant tout celui de sa famille entière. Il s’agissait d’un vaisseau de guerre destiné à être piloté par cinq personnes, Mendax, ses parents et son frère et sa sœur donc. Le vaisseau est souvent perçu sous l’apparence d’un grand bâtiment guerrier digne des meilleurs films de science-fiction. Et on suppose que sa forme originelle doit être quelque chose de cet acabit. Mais Mendax lui-même ne sait pas à quoi ressemble véritablement le vaisseau puisque depuis qu’il est le seul à le piloter, le TARDIS a adopté une apparence qui n’est faite que pour plaire à son pilote unique, un vaisseau certes imposant, mais tout aussi lourdement armé en torpilles temporelles et autres gadgets dignes de faire trembler les ennemis des seigneurs du temps. Depuis la troisième régénération de Mendax, le TARDIS a décidé de perdre cette habitude de simplement mettre à jour son apparence intérieure, pour aussi changer complètement sa forme extérieure. En effet, lorsque les trois premiers Mendax pilotaient le TARDIS, celui-ci ne changeait qu’en de très rares occasions son apparences, et quand il n’était pas question d’utiliser son circuit caméléon, le vaisseau avait toujours cette apparence précise de vaisseau lourd, mais aux allures inoffensives. Depuis que le Quatrième Mendax est né, le TARDIS a changé de l’intérieur et de l’extérieur, revêtant une coque plus sombre et une apparence plus large et plus longue. Précédemment, le TARDIS était imposant, mais compact. Désormais, il ressemble à un navire spatial de guerre suffisamment large qu’il pourrait accueillir sans problème des centaines d’hommes et femmes. Mesurant presque 600 mètres de long pour 80 de hauteur, le vaisseau est un véritable mastodonte, antinomie des TARDIS connus pour être plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur, il semblerait qu’il ait perdu la faculté d’être dimensionnellement transcendantal. Mendax ne semble pas pour autant s’en inquiéter, il apprécie son TARDIS peu importe la forme qu’il prendra, les possibilités qu’il offre. Tant que le vaisseau peu voler à travers le temps et l’espace, il en est heureux.

Le TARDIS ne fut pas à proprement parlé obtenu par Mendax, puisqu’il s’agissait de l’unique vaisseau utilisé par la famille pendant un très long moment. À l’époque où ses parents le reçurent, les Seigneurs du Temps étaient encore bien loin de cette politique de non-intervention qui fut plus tard adopté par les Seigneurs Présidents et par le peuple tout entier. La guerre contre les Grands Vampires avait encore lieu pendant quelques siècles et les Seigneurs du Temps n’avait pas complètement fait assumer leur suprématie technologique et intellectuelle à travers l’univers. C’est donc un TARDIS de guerre qui fut offert à la maison Devorantem, celle de Mendax. Participant à de nombreuses conquêtes et de nombreuses destructions, le vaisseau fut très souvent une seconde maison pour les parents de Mendax et ses grands frères et sœurs, lui n’était pas encore conçus que la famille participait à des escapades meurtrières au nom de Rassilon, Oméga et The Other. Finalement, lorsque les Seigneurs du Temps devinrent enfin la race la plus avancée, le TARDIS de Guerre fut presque laissé à l’abandon, stationnant éternellement derrière la grande maison dans laquelle ils vivaient. Comme s’il s’agissait d’un monument immobile. Ses moteurs n’allaient plus être allumés pendant de très longues années. À la place, le bâtiment servirait de lieu de réunion pour un ordre sectaire dédié à Oméga, que Rassilon avait tué quelques années plus tôt. C’est là, dans ce TARDIS, qu’on décida finalement à travers les visions de la Sorcière, sa mère, de concevoir un nouveau seigneur du temps, un enfant qui servirait à faire revenir Oméga, pour qu’il prenne sa revanche sur Rassilon et redore le blason tâché de Gallifrey. Mendax fut alors artificiellement conçus à l’aide d’un loom dans le TARDIS. Engendrant par la même occasion un lien télépathique incroyablement puissant avec son vaisseau, qui était virtuellement devenue la mère ‘biologique’ de Mendax. Puisque les vaisseaux de guerre de cette époque étaient souvent équipés de loom pour permettre de recréer des membres arrachés ou perdu lors d’un combat violent et destructeur. C’était bien la première fois que ces looms médicaux étaient utilisés pour engendrer un être tout entier… Pour se faire, avait été sacrifié trois abrutis qui pensaient bien faire, désignés par les visions de cette folle de Sorcière. Leurs cycles de régénérations avaient été donnés au loom. Et Mendax vint au monde. Et parce que le loom était directement connecté au cœur du TARDIS, le nouveau-né obtint des aptitudes étonnantes.  Et lorsque les ravages de la Dernière des Guerres du Temps firent de nombreuses victimes, dont les parents de Mendax ; celui-ci récupéra le TARDIS comme s’il était un héritage et le garda depuis.




♦️♦️ AND YOU, WHO ARE YOU

• Prénom/âge/sexe; Antoine, 19 ans, Mâââle
• Région; Picardie
• Fréquence de connexion; 8/7
• Double compte;  The Master & K. Alan Coltridge
• Autre chose ? :tutur:

__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties


Dernière édition par Mendax le Dim 5 Juil 2015 - 19:18, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Jeu 11 Sep 2014 - 23:10

Les joies d'écrire trop font qu'une fiche devient trop grande


♦♦ THE FIRST ONE DID WRONG





Il y ait des choses que le temps refuse d’altérer et nombre sont celles que le Destin n’ose même pas regarder de plus près de peur d’être lui-même trop troublé. Le masque du mensonge et de la trahison s’affaire à le dissimuler sous les grands airs d’une adulation trop bruyante et moins égale envers d’autres, mais très rapidement ces autres-là l’oublient et se consacrent à leurs propres sujets. L’âge d’une révolte grandit cependant constamment, rares sont ceux qui ne sont jamais dévorés par les crocs acérés d’une bête à la faim insatiable et aux désirs brûlants de conquérir et d’écraser. Les choses sont toujours arrangées des siècles avant leur mise en marche. Et cela, Peylix le savait bien. Enfermé dans sa forteresse de solitude et son antre métallique qui servait de vêtements de Roi, il régnait silencieusement sur Aegis, une grande Citadelle qu’Arcadie et le Capitole ne pouvaient qu’admirer si non envier. Aegis était quelque chose qu’on a rapidement oublié plus tard, mais lorsqu’elle se tenait encore du haut de sa colline, le peuple en réclamait les offrandes. Peylix était un homme de plusieurs millénaires, et comme ses deux frères, on ignorait combien de temps il avait vécu auparavant, mais ce que l’on savait ; c’était que l’un comme l’autre, ils étaient tous les trois de grands et puissants génies. Qu’un rien devenait objet de grande valeur entre leurs mains. Les splendides inventions du premier des trois, Rassilon, avaient révolutionnées bien des choses dans la vie militaire de Gallifrey, les inventions d’un Autre avaient améliorée à tout jamais la vie civile et les créations impressionnantes de Peylix, que l’on nommait Oméga dans ces moment-ci, avaient à tout jamais fait grandir l’histoire et l’avancée technologique de leur monde tout entier.

L’un comme l’autre, les trois seigneurs régnaient avec égalité et passion sur ce monde que Le Temps (ergo, la déesse) avait bercée comme son propre enfant, avec une passion débordante. Alors qu’eux trois avaient jetés les femmes qui l’avaient commandé auparavant ; ces mêmes-femmes qui avaient appliqué avec justice et ferveur les commandements de leurs divers dieux. Mais ces trois hommes n’étaient pas pieux, la présence d’anciennes divinités métaphorique ne leurs plaisaient pas. Ils avaient décrétés que ce temps, qu’ils avaient même osé appeler L’Ancien Temps, l’Époque Sombre, et bien d’autres titres réducteurs, était révolu. Et qu’aussitôt, toutes ces personnes adoratrices d’anciennes divinités et ennemies de la Science devraient être exilées. C’est bien plus tard que les descendantes des Pythies, car c’est ainsi que ces femmes s’appelaient, éliraient domicile sur le monde de Karn, où elles enseigneraient les connaissances de leurs mères aux autochtones sauvages, offrant ainsi à ce peuple une destinée particulièrement importante dans l’avenir d’un habitant de Gallifrey en particulier.

De ces trois hommes, s’étendaient un désir inaltérable d’évolution et de maitrise de toutes les choses qui faisaient l’univers. Chacun régnait sur sa cité et chacun des trois y appliquait des lois propres à sa façon de penser les choses. - Et car cela n’a de rapport qu’à Peylix, Rassilon et l’Autre seront oubliés. – Dans la grande cité d’Aegis, en tout point similaire à Arcadie et au Capitole, les habitants étaient heureux, les choses très ordonnées et la vie aisée. Dans son dôme de verre, Aegis se différenciait du Capitole et d’Arcadie par ses défenses, Peylix n’avait pas choisi de la protéger à l’aide de ces splendides tranchées célestes que l’Autre avait mis au point ; le Grand Ingénieur préféra plutôt mettre en place lui-même un système de défense qu’il avait construit et imaginé de ses propres mains, il y avait donné un nom. Le Voile. Au sommet du dôme qui scellait Aegis, on trouvait une grande pointe, une tour dorée, laquelle émettait en permanence de nombreux signaux, qui permettaient notamment de relier les communications avec le reste de la planète et bien d’autres choses. Cependant, elle était unique du fait que Peylix y avait incorporé un tout autre système que ses deux confrères dirigeants n’avaient pas, ce Voile, produisait un champ de force malléable tout autour de la ville et la rendait presque aussi imprenable qu’Arcadie, même si celle-ci n’était pas égalable. Le Voile d’Oméga, tel l’appelait le peuple, était une prouesse à la fois technique et débordante d’originalité, car les champs de force n’étaient que des choses théoriques et peu maitrisée à l’époque. Ainsi Oméga fut donc le premier à manipuler avec perfection les champs de forces sur très grande échelle.

Quand bien même chacun d’entre eux était considéré comme un Roi dans sa ville, ils n’en étaient pas vraiment, il s’agissait plutôt d’un conseil de trois hommes donnant des ordres aux reste des chefs d’autres plus petites villes et ainsi de suite. Dès lors, il s’agissait des balbutiements du premier Haut-Conseil de Gallifrey. Bien plus tard, il n’existerait plus que deux chefs, un chef militaire, et un chef politique, ce-dernier serait le plus puissant des deux et le plus représentatif du peuple. Mais à cette toute jeune époque, ce n’était pas encore le cas. Chacun des trois seigneurs avait sa propre armée, et chacun des trois seigneurs était en parfaite harmonie avec les autres. Il existait bien entendu des tensions, mais elles n’étaient pas de la plus grande importance, la plupart du temps causées par des désaccords scientifiques ; l’un prétendait qu’on pouvait utiliser l’énergie d’un trou noir naissant pour voyager dans le temps et un autre arguait qu’on ne pouvait décemment pas risquer une telle chose pour le peu de données qu’on disposait à l’époque sur ces phénomènes cosmiques. Le troisième n’avait pas vraiment d’avis et se contentait toujours de prendre une partie de ce que disait l’un, pour l’accorder avec ce que disait l’autre, bien sûr dans le but de sa propre théorie, afin de n’aider que lui-même. L’expérience aura prouvé plus tard que ni l’un ni l’autre n’avait tort, mais qu’ils n’avaient pas tous raison. L’Autre s’était tenu à l’écart de toutes ces histoires,  n’ayant perçu aucun intérêt à son peuple d’arpenter les couloirs tumultueux du Temps ; mais l’insistance de Rassilon et Peylix fut suffisante pour que leur tentative soit tout de même fructueuse. Autant que ce fut possible de garder cela secret, les deux seigneurs firent exploser l’astre Qqaba. Située à quelques années lumières de Gallifrey, dans une constellation à proximité. La détonation de l’Astre fut causée grâce à une création incroyablement dévastatrice inventée par Peylix, la Main d’Oméga, un manipulateur stellaire. Ainsi, Qqaba devint une supernova et se dévora d'elle-même. Devenant aussitôt un trou noir, les deux seigneurs purent en récupérer la puissance et l'énergie pour proclamer le voyage temporel une réalité.

Aussi gallifreyenne qu’elle avait pu l’être, Aegis, comme toutes les autres cités était plus large et plus grande à l’intérieur qu’elle ne le laissait paraître à l’extérieur. Hors de son dôme de verre impénétrable elle semblait immobile et presque abandonnée tandis qu’une fois à l’intérieur on remarquait qu’elle grouillait de vie, jamais elle ne semblait endormie. Il y avait toujours, dans ces immenses rues et ses gigantesques bâtiments, de l’activité ; maigre ou non. Cependant, aujourd’hui était un jour bien différent des autres, et ce jour-là l’activité en ville était beaucoup plus importante. Un peu partout, on apercevait de grandes banderoles dorées et pourpres suspendues, des carillons semblaient sonner un peu partout et on entendait le bruit d’une foule animée vers ce qui semblait être une place publique. Le peuple se réjouissait et un peu partout on entendait de la musique et du boucan agréable. Au centre de la place publique on voyait s’élever une statue dorée représentant Peylix, et devant celle-ci, lui-même était présent. Dans ses robes et son armure. La journée était exceptionnelle, il s’agissait d’une fête dédiée à sa propre personne. Le Festin d’Oméga. Sa statue surélevée, lui assit dans un trône devant elle, il observait ses citoyens et ne semblait rien penser de mauvais à leur sujet.

Le Festin d’Oméga était cependant bien plus que vingt-trois jours destinés à l’adoration aveugle et sans-limite d’un simple ingénieur, bien au contraire, il s’agissait de quelque chose d’autre. Comme une sorte de fête religieuse et politique à la fois, l’on y respectait les prouesses de Peylix, mais l’on y adorait par la même occasion ses nouvelles inventions, chaque fois les Festins se concluaient par des prouesses d’ingénierie, et chaque fois il émerveillait son peuple. On se bousculait à travers Gallifrey pour y participer, c’était difficile pour les non-natifs d’Aegis de s’y rendre, mais y être une fois restait à tout jamais gravé dans un esprit. L’on se bousculait presque religieusement pour recevoir la ‘bénédiction’ de l’ingénieur, pour recevoir ses faveurs, on lui jetait des offrandes de tous côtés et on cherchait à le satisfaire de toutes les façons possibles et imaginables. Les choses sur Gallifrey étaient bien étranges à cette époque ancienne.

Ce jour-là, le dix-huitième jour d’un des nombreux Festin se tenait bien loin de toutes ses festivités, au cœur d’un bosquet secret, un sommet. Ce sommet avait réuni une dizaine de personnages, dans un groupe peu important de personnes, chacun portait des robes similaires à celle de Peylix, et chacun portait son sceau sur leurs épaulières ou leurs collerettes. Les soleils commençaient à se coucher, et chacun des personnages formaient un cercle, autour d’un grand brasier de métal dans lequel brillait une lueur argentée, semblable à des flammes. Ils semblaient tous attendre quelque chose, peut-être quelqu’un, mais ils étaient silencieux dans tous les cas, le regard posé sur les flammes argentées, sans rien dire et sans rien faire d’autre. Et alors que le premier soleil se couchait finalement et que le second était bientôt endormi à son tour, le ciel brillait d’une splendide lueur d’un violet extrêmement pâle, le feu argenté dans son brasier se mit à grandir. La chose vivait et remuait dans son brasier, changeant de forme, les flammes grandissaient, puis devenaient plus vives, plus lumineuses, plus éclatantes. Elles continuaient de grandir et rapidement on eut l’impression qu’elles se comprimaient sur elles-mêmes. Dans une grande détonation sifflée elles changèrent de couleur et devinrent pourpre. D’une couleur éclatante, les flammes ne semblaient plus être source d’une quelconque chaleur ou de la moindre combustion, au lieu de ceci, elles semblaient plutôt être liquides, peut-être même être composées de rubans de tissu, quoiqu’il en soit, elles étaient splendides à regarder dans une autre occasion que celle-ci. Lorsque les flammes changèrent de couleur, en effet, les personnages vêtus cérémoniellement se tournèrent vers une femme en rouge, au visage taillé avec précision, si bien qu’on aurait pu croire que ses os étaient comme des couteaux, ses longs cheveux noirs descendaient dans son dos et par-dessus sa poitrine. Elle ne portait pas les mêmes robes que ces compères, mais semblait portait quelque chose de similaire tout de même. Les mêmes dorures et les mêmes couleurs ; au sommet de son front, on distinguait un symbole en forme de diamant, un peu à la manière des troisièmes yeux hindous. Elle leva une main par-dessus les flammes silencieuses et eut l’air d’entrer en transe. Ses pupilles se teintèrent d’une la même lueur argentée qu’avaient portés ces flammes auparavant, et dans un souffle profond les flammes s’élevèrent autour d’elle, avant de disparaître dans ses narines et ses lèvres, comme si elle venait d’en absorber l’essence.

Son regard lumineux se posa sur les silhouettes silencieuses et adoratrices des acolytes à ses côtés, et d’une voix claire mais directe, dans laquelle on relevait une force qu’elle ne cachait jamais, elle dit, « Nous devrions commencer. Peylix ne veut pas attendre. » Car en effet, elle appelait Oméga par son prénom, une chose bien rare depuis son accession au pouvoir et sa décision d’être désormais appelé ainsi.

Aussitôt dit, aussitôt fait, les acolytes de la dame détachèrent leur regard d’elle et se tournèrent vers le gigantesque arbre devant lequel ils s’étaient rassemblés, c’était un très haut saule, au bois lisse et propre, bien trop propre. Ses longues branches s’abaissaient dans un rythme nonchalant jusqu’au sol, où ses feuilles enflammées de rouge baignaient par terre, tant elles étaient anciennes et que l’arbre n’avait jamais été coupé. La dame en rouge, aux yeux toujours illuminés d’une lueur d’argent fantomatique, fit quelques pas en avant, devançant d’un ou deux pas les autres acolytes et tendant sa main devant l’arbre, elle en toucha l’écorce du bout des doigts. Il y eut des craquements tout autour de la plante et dans un grognement ancien et millénaire, on vit les feuilles et le bois s’écarter devant elle, formant une grande arche de bois. Révélant un intérieur tout à fait caractéristique d’un TARDIS, trônait au centre une grande console qu’aucun autre de ces vaisseaux n’avait cependant arboré sur Gallifrey, il n’y avait pas de rotor au centre, à la place, un grand plateau vide, duquel on devinait de très légères particules bleutées. Un genre de reste holographique, le vaisseau était ancien, sûrement aussi ancien que Peylix lui-même ; la dame vêtue de rouge fut la première à passer sous l’arche de bois et par conséquent à entrer dans le TARDIS. Elle fut rapidement suivie d’un homme d’à peu près la même taille qu’elle, qui ne semblait pas la considérer comme sa chef ou comme quoi que ce soit de plus haut que lui. Elle tourna la tête dans sa direction et le regarda tendrement, laissant supposer qu’ils étaient mariés. D’autant que l’un comme l’autre portaient les mêmes anneaux aux doigts. Vinrent ensuite les autres acolytes, qui contrairement à l’époux de la dame en rouge baissèrent la tête une fois qu’ils posèrent le pied dans la salle de la console du grand vaisseau. Comme par respect pour la créature mécanique.

Chaque geste semblait réglé au millimètre près et tous se déplaçaient dans une chorégraphie de mouvements très limités presque ordonnés comme des horloges. La dame en rouge s’approcha calmement, presque avec un amour désinvolte, du centre de la console et y posa ses deux mains avec silence, tandis que le reste restait en retrait, les yeux toujours fixés sur le sol métallique froid et blanc, leurs reflets rouges et dorés reflétés dans des silhouettes floues et difformes. Son époux, lui, l’observait silencieusement, les mains reliées dans le dos, se tenant le poignet du bras gauche par la main droite. Tandis que le reste des acolytes redressèrent des capuches pour couvrir leurs visages, il ne le fit pas et semblait servir d’intermédiaire entre la dame et le reste des acolytes. Son visage, contrairement à son épouse, semblait plus inexpressif que le sien, elle qui débordait d’émotion, lui n’en laissait paraître qu’une, la sévérité. Regardant de haut les acolytes par moment, il reposait son regard sur son épouse et l’observait faire. Ce qu’elle faisait était très calculé, elle tournait autour du centre de la console, ses mains passaient le long de chaque commandes ; elle en observait les mécanismes mais ne faisait rien de plus. « Nous devrions commencer, chère. » marmonna son époux en la faisant cesser dans sa ronde.

« Apportez le Loom, mon ami, Peylix sera fier. » Répondit alors la dame en rouge, et son désir fut un ordre. Son époux s’inclina avec grand respect et d’un geste de la main fit signe à deux acolytes qui tout en gardant la tête baissée sous leurs capuches suivirent le Gallifreyen. La dame en rouge pendant ce temps retourna auprès de la console qu’elle avait l’air de considérer comme quelque chose de très précieux et s’y pencha, à moitié à genoux contre elle, elle en caressait la surface et y colla sa joue. Fermant les yeux au rythme des vibrations de la machine vivante, elle semblait en écouter le cœur. Quelques minutes plus tard, les trois personnages revinrent, l’époux de la dame en rouge ne portait rien tandis que les deux servants penchés apportaient un très lourd objet aux allures de métier à tisser incroyablement sophistiqué mais à la fois très ancien. L’objet était couvert de dorures et d’ornementations qui grelottaient comme des perles.

Il n’y avait pas de filaments de tissus, mais on devinait qu’il était utilisé pour coudre autre chose que des vêtements. En deux extrémités on apercevait des cercles en demi-lunes qui semblaient se relier bien qu’ils soient éloignés. La dame en rouge se redressa en toute hâte, voyant le Loom arriver devant elle, couverte de joie elle souriait à pleines dents et semblait même sur le point de se mettre à sautiller de bonheur, son époux fit un pas sur le côté et les deux acolytes déposèrent la machine par terre, mais leurs muscles peu glorieux firent claquer l’outil contre le sol, au grand déplaisir de la dame qui perdit toute joie de son splendide visage. Son époux gardait toujours cette allure sévère et inexpressive tandis qu’elle accourue dans leur direction pour les frapper au bas du dos en répétant des insultes, colérique. Ils ne bronchèrent pas et se laissèrent frapper, toujours la tête baissée comme chacun des autres acolytes qui n’avaient toujours pas bougés. Elle se pencha ensuite de la même façon que précédemment contre l’outil à tisser et posa silencieusement ses mains sur les extrémités en demi-lunes. Serrant l’une et l’autre entre ses mains, elle semblait reprendre son calme, sous le regard calme et tranquille de son époux. Sans se faire aider, la dame fit tourner l’outil dans la direction de la console et se redressa l’air ravie. Son époux fit signe à un autre acolyte qui se dépêcha d’aller devant la console, de s’y agenouiller et de tirer de larges câbles qu’il porta jusqu’à l’époux de la dame en rouge. Celui-ci les attrapa et sous le regard enjoué de son épouse les brancha à l’interface du Loom. Il y eut un genre de décharge entre la console et l’outil à tisser et dans un éclair doré les deux choses se relièrent temporairement avant qu’il n’y ait plus rien de visible. À ceci près que les pointes en demi-lunes s’étaient mises à devenir oranges comme du métal chauffé.

« Chère. Si vous voulez bien vous en écarter. Je n’aimerai pas que vous perdiez votre cycle. » Expliqua l’époux en tendant sa main à sa belle épouse que l’outil fascinait, elle hocha la tête et se redressa grâce à son aide, fit quelques pas à nouveau vers lui et attrapa le bras de son époux ; accrochée à celui-ci elle leva la tête et observa de ses yeux illuminés d’argent chacun des acolytes au tour à tour. « Choisissez judicieusement, ma chère. » Continuait-il dès lors.

D’un doigt, elle indiqua l’un des acolytes. Son époux frappa deux fois dans ses mains et le concerné redressa la tête avec l’effroi teinté sur son visage devenu blanc comme linge. Il se mit à trembler mais fit tout de même quelques pas en avant, levant la main en signe de demande, l’époux de la dame en rouge inclina légèrement le visage, lui indiquant qu’il pouvait parler. « Il-il il ne risque pas-pas d’y avoir d’incident ? » Demandait l’acolyte dans sa frayeur. Pour seule réponse il reçut un haussement des épaules de l’époux de la dame en rouge. Son épouse, en revanche semblait plus loquace, en s’approchant de lui, elle posa ses mains sur les épaules de l’acolyte effrayée et lui déposa un baiser tout à fait tendre sur la joue. Ce qui en temps normal aurait réconforté beaucoup terrorisa le pauvre homme encore plus, c’était toujours un mauvais signe lorsque la Sorcière offrait son baiser. « Au moins, vous n’en mourrez pas. »

Le pauvre acolyte serait devenu plus blanc s’il n’était pas déjà au bord de l’évanouissement, mais étrangement, il semblait accepter ce destin, comme s’il se devait d’accomplir ce pour quoi on l’avait réquisitionné. La Sorcière se retourna et attrapa une nouvelle fois le bras de son époux et ils se mirent à tourner autour de la console, elle observait les autres, son époux gardait un œil sur le premier choisi et sur le Loom. La Sorcière semblait s’amuser à observer les pauvres acolytes qu’un destin effrayant attendait ; son époux ne semblait pas trouver de joie là-dedans, on lisait dans son visage sans expression qu’il voyait cela comme une nécessité plutôt que comme un jeu ou une possibilité. Elle cessa de tourner et fixa son regard sur un acolyte assez large d’épaules. À nouveau, l’époux de la Sorcière frappa deux fois dans ses mains, et l’acolyte se redressa apeuré à son tour. Il n’y eut pas de mots échangés, il semblait moins effrayé que le premier. La Sorcière retira son étreinte du bras de son époux et se déplaça, presque comme si elle dansait, dans la direction d’un troisième acolyte. Son époux haussa un sourcil et s’approcha d’elle d’un pas vif et précis « Ma chère ? Pensez-vous qu’un troisième serait nécessaire ? Il était convenu que deux suffiraient… » Son épouse leva la tête dans sa direction et sembla froncer les sourcils. « Je les entends, les voix, les sphères. Et les étoiles, elles coïncident toutes. C’est important et nécessaire. Elle en veut trois ! » S’exclama son épouse, la Sorcière. L’époux se tut et eut un bref mouvement de recul, comme s’il avait peur qu’elle ne lui fasse du mal. « Alors vous en choisirez trois ma toute belle. » Marmonna-t-il avec compassion dans sa direction. Et le troisième acolyte se redressa, leva le visage et observa la Sorcière avec respect. Elle lui offrit un sourire réconfortant et lui embrassa le front, et eut l’air triste pour lui. Rien de bon augure dans tous les cas.

La dame lui sourit et serra ses mains sur ses épaules, « Je suis désolée. » Elle eut un mouvement de recul et enlaça son propre corps, comme par dégoût ou comme par peur ; son époux la regarda un instant, inquiet. « Quelque chose ne correspond pas, ma chère ? » Demanda-t-il en s’approchant d’elle, elle fit un bref mouvement de la tête et répondit « Celui-ci n’est pas d’origine ! »

Son époux leva les yeux de sa femme, et son regard perdit toute la moindre once de compassion, il s’approcha de l’acolyte qui se mit à trembler de plus belle, la haute silhouette de l’époux de la Sorcière était inquiétante, il leva une main très haut, et gifla le pauvre homme avec une telle force qu’il perdit l’équilibre et se cogna contre la console. Le métal solide et froid de la console fit saigner le pauvre homme qui se redressa avec difficulté, sonné par le choc de la gifle et de sa chute. Et pourtant, il n’avait pas l’air colérique, il semblait comprendre la gifle, et on distinguait dans ses yeux l’espoir de quelque chose, peut-être qu’il ne soit plus désigné, mais ses espoirs furent écrasés rapidement quand la Sorcière s’approcha de son époux et lui murmura à l’oreille. « Il faut l’utiliser tout de même. On ne pourra plus un autre jour. » L’époux hocha la tête et se dirigea jusqu’au Loom désormais à pleine puissance grâce au TARDIS. L’outil de création brillait à chacune de ses deux extrémités en demi-lunes, et on entendait un scintillement métallique s’en dégager, l’époux de la Sorcière tendit les mains devant celles-ci, et on eut l’impression que quelque chose était absorbé de son être, une lueur dorée et enflammée. De l’énergie régénératrice. Il recula rapidement ses mains, et l’énergie cessa d’être absorbée. D’un hochement de la tête, le Seigneur du Temps fit signe à son épouse. Et la Sorcière tira de sous sa robe une lame cérémonielle, elle attrapa l’un des trois acolytes désignés par les cheveux et le traina jusqu’au Loom. Rapidement et sans la moindre tendresse cette fois-ci, elle lui trancha la gorge. Le sang de l’homme coula rapidement contre le Loom qui se mit à produire un son plus imposant, et presque aussitôt, l’acolyte venait de commencer à se régénérer, mais au lieu de changer, toute son énergie semblait dirigée vers la machine, le Loom siphonnait la pauvre victime. Avec de plus en plus d’intensité, l’acolyte perdait toute son énergie, comme une cascade de lumière enflammée, il perdait tout. Si bien qu’à force, le pauvre acolyte n’eut plus l’air de rien d’autre qu’une vieille dépouille desséchée. Le processus fut de même avec les deux autres acolytes. Et ainsi, le Loom venait de dévorer trois cycles de régénération.

La Sorcière sautillait de joie en voyant l’énergie régénératrice des trois acolytes se déverser dans le Loom et semblait même être amusée de la mort de ces trois pauvres hommes, elle tendit ensuite sa main, comme attendant qu’on la lui embrasse, à son époux et susurra « Précurseur, mon amour, faîtes ce qu’il faut, je le veux parfait ! » Et il inclina la tête, avant de s’asseoir en tailleur devant le Loom et ses extrémités en demi-lunes qui brillaient de chaleur. Il leva les mains devant lui, et passa d’un côté à l’autre du Loom en frôlant du bout des doigts les extrémités, il y eut quelques scintillement énergétiques autour de lui, et silencieusement on eut l’impression qu’il passait ses mains dans de l’eau, tant l’énergie ondulait autour. Puis, le Précurseur eut l’air de tirer quelque chose du Loom, et l’énergie régénératrice que l’outil avait absorbée commença à s’allonger pour prendre la forme de long et magnifiques filaments qui se relièrent d’une extrémité du Loom à une autre. Comme s’il s’agissait de tissu, le Précurseur commença à mimer des gestes de tissage et autour d’eux se dévoila un tourbillon d’énergie d’or et de feu. Les Acolytes silencieux avaient tous relevés la tête et regardaient l’homme coudre, tandis que la Sorcière s’était presque allongée sur la console, observant avec passion, admiration et un grand intérêt son époux faire. Elle le regardait de ses grands yeux bleus, fascinée. Ayant l’air presque plus amoureuse de lui qu’elle n’était d’ordinaire.

Son époux, le Précurseur, semblait taillader l’énergie du bout de ses doigts comme s’il s’était agi de quelque chose de physique, de concret ou de solide. L’énergie ondulait entre ses mains et sans se déconcentrer, il semblait être entré dans une transe en utilisant l’outil de création. Mais que créait-il au juste ? De ce qu’il était déjà possible d’observer, il semblait rediriger l’énergie en la forme d’un nourrisson, quel genre de terrible choix avait bien pu les pousser à tuer trois hommes pour donner vie à un seul enfant ? La Sorcière était heureuse, les acolytes présents semblaient moins réjouis, peut-être même dégoûtés à l’idée de ce qu’il avait fallu donner pour engendrer cet enfant ; le Précurseur semblait parfaitement concentré dans son artisanat macabre. L’un des acolytes eut un mouvement de dégoût plus prononcé en posant ses yeux sur les trois hommes morts, leur sang encore frais baignait par terre et les trois cadavres commençaient déjà à empester la pièce. Ce-même acolyte dégoûté tourna la tête sur le côté pour ne plus avoir à regarder tout ceci, mais l’homme à sa droite lui fit un signe discret pour lui dire de concentrer son regard sur le Précurseur. Il ne pouvait pas, c’était trop horrible à regarder. La frayeur du pauvre homme attira l’attention de la Sorcière qui se rua dans sa direction, comme une furie. Elle lui attrapa le visage du bout des doigts, ses longs ongles se pressant contre sa peau lisse et livide, elle le dévorait des yeux, débordante d’une colère incroyable et relâcha son visage ensuite, silencieuse et toujours furibonde.

Elle agita un index sévère devant lui et se retourna dans la direction du Loom où son époux s’était redressé, tenant un petit corps entièrement composé d’énergie dans ses bras. La Sorcière s’y pressa et passa ses mains au-dessus du corps de lumière et eut presque l’impression qu’elle était sur le point de pleurer. « Offrez-y votre magie, chère. Et comme vous, la réalité lui obéira. » Et la sorcière souffla entre ses mains, une gerbe d’étincelles dorées se détachèrent de ses lèvres, à nouveau il s’agissait d’énergie régénératrice. La Sorcière étant une femme elle avait un parfait contrôle de son cycle et pouvait se régénérer quand bon lui semblait, à la différence des hommes qui ne pouvaient que lorsqu’ils mourraient. Un reste de l’héritage de la Pythie accordé aux femmes. L’énergie régénératrice de la Sorcière resta entre ses mains, comme de l’eau et elle l’approcha du corps lumineux encore incomplet de son prochain enfant. Comme un baptême, elle laissa son énergie s’écouler sur lui, et dans un flash éclaircissant et aveuglant de lumière qui traversa toute la salle de la console, l’enfant était né. « Fersingradamenotorelevomegatharon sera ton nom. » Lui murmura à l’oreille le Précurseur en tendant le nouveau-né dans les bras de sa mère, la Sorcière.

L’enfant fut élevé dans une famille de quatre autres, un grand frère et une grande sœur, tous deux conçus naturellement, il fut cependant élevé dans le grand secret de cette nature. Jamais on ne lui révéla qu’il avait été conçu artificiellement, était-il pour autant autre chose qu’un Gallifreyen ? Non, absolument pas. Le jeune « Fersing », diminutif que son grand frère fut le premier à utiliser, avait grandi dans l’ignorance de sa nature d’enfant fabriqué, le jeune Fersing avait grandi tout de même d’une très bonne façon. Heureux et bienveillant, il était bon élève à l’Académie et ne semblait tout de même pas se démarquer de qui que ce soit en quelconques hauts-faits de violence ou de folie, rien de particulier ne le définissait, il était un enfant ordinaire dans une ville ordinaire, Oméga veillait sur eux et leurs Dieux aussi, lorsqu’on arrivait à l’Académie d’Aegis, on était accueilli par une grande statue de femme en grandes robes de cérémonie, son visage couvert par un masque d’ivoire, à sa main droite elle tenait une branche d’arbre fruitier, dans l’autre elle tenait un lustre de sabliers en tout genre. Il s’agissait de la Déesse Temps. L’Entité même qui régissait les couloirs du présent, du passé et de l’avenir. Certains disaient d’elle qu’elle était le Vortex Temporel, certains disaient qu’elle n’était qu’un conte de fées réservés aux enfants, certains la respectaient mais ne croyaient pas en elle. Fersing n’était pas sûr de son avis au sujet des Dieux, mais il se figura très rapidement qu’un brin de croyance ne faisait jamais de mal à personne. L’Académie était située hors du dôme d’Aegis, et s’étendait sur les grandes plaines adjacentes à la ville, dissimulée dans un cœur de forêt aux feuilles d’argents splendides, l’herbe rouge berçait le grand bâtiment et celui-ci semblait former une spirale de quatre cercles réunis. Au centre de chacun des cercles, on distinguait de grandes statues, de grandes décorations, tout était splendide, et on devinait qu’Oméga avait alloué une somme astronomique au développement de son académie. Elle était faite pour accueillir un tas de personnes en particulier, peu importe leur ascendance, leur nom, ou s’il venait d’une Grande Maison, nobles pauvres ou riches, chacun était en mesure de rejoindre l’Académie d’Aegis ; et Oméga s’assurait que cela reste une note constante dans les lois de celle-ci.

L’Académie d’Aegis ne se distinguait pas particulièrement des autres, comme celle du Capitole ou d’Arcadie, celle d’Aegis recevait ses élèves dans des classes peu peuplées et Fersing faisait partie d’un chapitre composé d’une vingtaine de jeunes seigneurs du temps, leur tutrice une Dame qui avait choisie de ne jamais révéler son titre, s’appelait Dame Hecatri, elle portait de longs cheveux oranges, qui se joignaient dans un chignon au sommet de son crâne à la manière des Grecs Anciens, ses robes étaient toujours d’une couleur verte lumineuse, et on devinait de nombreux colliers à son cou, certains d’entre eux fait de pierres précieuses d’un peu partout dans la Galaxie fascinaient Fersing, elle avait une peau très claire, presque aussi pâle que le lait, mais portait d’éclatantes touches de maquillage qui décorait son visage et la rendait bien plus belle que les autres femmes de l’académie. À la différence de beaucoup, elle ne portait pas de coiffe circulaire derrière sa nuque, mais portait simplement une longue écharpe de cuir qui descendait jusqu’à ses genoux, sur celle-ci était inscrites des choses dans la langue ancienne, elle disait qu’il s’agissait de talisman pour la protéger du mauvais œil. Dame Hecatri était superstitieuse. Sa vingtaine d’élèves s’était très rapidement rapprochée d’elle et elle s’était rapprochée d’eux, le groupe de jeunes gens forma un groupe qu’ils décidèrent de nommer le Synode, comme d’autres auraient nommé un groupe de discussion tout à fait ordinaire, le Synode n’avait rien de bien étonnant. Dame Hecatri servait de préceptrice et d’institutrice au groupe, elle leur apprenait les rudiments des sciences, de l’art, et de toutes ces choses que l’on doit connaître pour briller en société. L’Histoire de Gallifrey était quelque chose de très important, si bien qu’elle ne l’enseignait pas mais qu’un Haut-Placé dans l’Académie s’en chargeait lors de cours dans des amphithéâtres si grands qu’ils pouvaient accueillir un millier d’élèves.

C’était la seule chose que Dame Hecatri n’enseignait pas au Synode, du reste ils passaient leurs journées et parfois leurs nuits avec elle, dans l’Académie et parfois hors de l’académie. Certaines fois, ils sortaient de l’Académie et vagabondaient dans les grandes plaines rouges, parfois pendant des heures ; toujours pour admirer la beauté de leur monde, toujours pour discuter, toujours pour apprendre en se reposant. Telle était la philosophie d’enseignement de Dame Hecatri, on n’apprenait avec elle en découvrant et en étant apaisé et tranquille, elle n’était pas du genre à faire s’asseoir ses étudiants pendant des heures pour leur bourrer le crâne d’informations peu intéressantes, avec elle on découvrait la vie et l’on apprenait en même temps. Fersing aimait beaucoup cette tutrice.

Au fil du temps, tout continuait de suivre son cours, et tout avait sa routine ordinaire, les élèves allaient et venaient, Hecatri les instruisaient, ils étaient heureux d’apprendre. Et puis vint le jour où ils terminèrent tous leur apprentissage à l’académie. Tous étaient heureux, chacun avait obtenu la note qu’ils espéraient obtenir et Hecatri ne pouvait pas être plus fière d’eux. Elle les avait réuni une dernière fois dans son ancienne salle de classe et les félicita pendant de longues minutes avant d’émettre le souhait qu’ils ne se séparent jamais, que le Synode soit et reste toujours un groupe. Elle espérait qu’ils pourraient apprendre maintes choses ensembles et que peut-être ils pourraient eux-mêmes être à l’origine de la création d’un Chapitre Gallifreyen, qui sait. Elle avait placé énormément d’espoir en eux et ne souhaitait que de grandes choses pour eux ; mais elle ignorait ce que l’avenir réservait au Synode.

Quelques années après, nombreux furent les membres du Synode qui continuèrent à garder contact les uns avec les autres, Fersing était l’un d’eux. Les gens du Synode étaient ses amis et il n’avait pas véritablement envie de les perdre. La plupart avait déjà choisi un titre et prêté serment à une promesse, mais Fersing, lui, non. Il ignorait comment s’intituler et n’avait aucune idée de la promesse qu’il choisirait. Il savait bien entendu que tout ceci devait lui être propre, que la promesse devait être unique, qu’elle devait venir de lui et de lui uniquement, tout comme son titre ; mais rien n’y faisait. Il avait donc été voir son frère ainé, Le Cordonnier, et lui demanda « J’ai besoin d’aide. Je devrais déjà avoir un titre, et avoir promis… Mais je n’ai toujours pas trouvé comment je voulais être appelé. Comment est-ce que vous avez fait vous ? » L’emploi du vouvoiement n’était bien entendu pas une forme de politesse, Fersing parlait aussi de sa sœur, La Demoiselle. Le Cordonnier qui à ce moment-là était en plein travail sur un des ordinateurs de la Grande Maison ne détacha pas ses yeux de ce qu’il manipulait et répondit, « C’est différent en fonction de chacun p’tit frère. Ushran est devenue la Demoiselle pour une raison qui lui est propre, et moi je suis devenu le Cordonnier parce que ça me paraissait être la façon la plus appropriée d’être appelé. » Son frère redressa la tête, et regarda son frère, le visage couvert d’huile de moteur il lança à Fersing un outil sonique dans les mains. « Cordonnier, Celui qui répare et qui fabrique. Le faiseur et le défaiseur de machines. Je m’appelle pas comme ça parce que j’aime les chaussures ! » Fersing se mit à sourire et observa l’outil sonique quelques instants avant que son frère ne lui lance un chiffon en plein visage. « J’te l’ai pas passé pour que l’admire, viens m’aider idiot. » Fersing accouru à côté de son frère et celui-ci lui fit signe quand utiliser l’outil sonique. Ensembles, ils passèrent à peu près deux longues heures à remettre en marche cette vieille machine vrombissante et à discuter de choses en tout genre.

« Mais la promesse, comment je dois faire pour en trouver une ? » Demanda Fersing en s’étirant le dos, faisant craquer quelques os, il avait passé les deux dernières heures accroupi dans une position inconfortable, et son visage était sale d’huile noire, son frère lui tendit un chiffon propre pour s’essuyer le visage et répondit en même temps. « La Promesse doit te venir avec le titre. Quelque chose qui définit ton titre en une ou plusieurs phrases. Il n’y a pas de limites. La promesse d’Ushran se compose de plus de cent vingt-cinq phrases. La mienne n’en contient que deux. » Fersing haussa un sourcil. « Et non, je ne te la dirai pas. Pas dans ces conditions, ma promesse est un secret. » Son petit-frère grimaça et soupira un râle, et son frère se mit à sourire. « Ushran ne la cache pas, si tu veux passer le temps, elle pourra te raconter sa promesse. C’est une aventure !
— On va éviter… »
Marmonna Fersing en souriant et en s’essuyant les mains.

Déambulant dans les gigantesques halls et couloirs du bâtiment qui leur servait de Foyer, Fersing cherchait désespérément quelque chose pour l’aider à s’inspirer, sans la moindre muse le pauvre garçon tournait en rond dans le labyrinthe presque infini que faisait leur Foyer. Se réfugiant d’abord dans sa chambre, le jeune Seigneur du Temps cherchait continuellement l’inspiration, si bien qu’il se demanda s’il ne se ferait pas appeler la Muse, mais l’idée disparue rapidement. Observant ses affaires en désordre sur ses bureaux, il resta un long moment à observer une petite statuette en bois sculptée qui représentait une silhouette androgyne au visage couvert, par une grande capuche, entre ses mains flottait un orbe doré en éternel mouvement. Au socle de la statuette on lisait du vieux Gallifreyen, « L’espoir est éternel. » Fersing souleva sa statuette et en observa l’orbe avec ennui, avant de la reposer pour tourner en rond entre ses affaires. Cherchant quelque chose pour l’occuper et l’aider à trouver sa promesse. Il n’était pas rare pour un jeune seigneur du temps de ne pas savoir comment il voulait se nommer, ce genre de choses n’arrivait pas aussitôt qu’on terminait sa vie à l’académie, non, il fallait souvent que la vie du personnage soit chamboulée du tout au tout pour que quelque chose le pousse à adopter un titre qui lui convenait. Mais dans la vie de Fersing, c’était bien difficile de trouver quelque chose de surprenant, rien n’était extraordinaire. Ils n’étaient pas de grands politiciens, ni de grands soldats, ou même de grands commerçants. La Grande Maison Devorantem était celle de citoyens tout à fait ordinaires, et parfois Fersing le regrettait. Il aurait parfois été volontaire d’offrir bien des choses pour qu’on lui offre la chance d’être né dans les bras d’une famille remarquablement reconnue sur toute la planète, mais il n’avait pas cette chance, il devait se contenter d’une routine ordinaire.

Si sa sœur avait été présente, Fersing aurait couru pour lui demander de l’aide, mais encore une fois elle était ailleurs. Quelque part dans l’Univers et le Temps, quelque part en train de faire bien des choses. Ushran était la seule de la famille qui sortait de Gallifrey. Elle était la seule qui quittait la période espace-temps de leur vie, la seule qui possédait son propre TARDIS de voyage. Le Cordonnier possédait lui aussi un TARDIS mais son vaisseau n’était pas techniquement destiné au voyage, il s’agissait d’un TARDIS laboratoire, où le Seigneur du Temps passait souvent du temps à mettre au point des machines impressionnantes. Mais il ne quittait que très rarement Gallifrey, et lorsqu’il partait c’était pour ne pas quitter la période temporelle dans laquelle ils étaient, il allait souvent dans des mondes-alliés ou colonisés par Gallifrey, parfois sur des lunes. Il ne voyageait que dans un but scientifique.

Ne trouvant pas d’aide conséquente auprès des siens, Fersing se tourna vers le Synode, ses amis de l’académie, il les questionna tous et bien que certains voulurent l’aider, d’autres s’offusquèrent et hurlèrent qu’un titre et une promesse étaient des choses personnelles, qu’ils ne devaient pas aider Fersing et que s’il ne trouvait pas, et bien il ne serait jamais porteur d’un titre. Il y eut de longues disputes et au final le Synode se sépara. Cette séparation brisa les cœurs du pauvre garçon, encore très jeune à l’époque. À peine âgé de 200 ans, il était perdu et désemparé. Ne sachant plus quoi faire à ce moment précis de sa vie encore bien courte, il vola un TARDIS en fin de vie dans les vieux ateliers d’Aegis et s’enferma dans un exil de solitude et de tristesse. Dérivant dans la Galaxie, Fersing s’échoua finalement sur la planète Terre dans la fin des années 80, aux Etats-Unis. Il adopta le nom de Michael Alig, sans la moindre idée de ce que cela deviendrait plus tard, et retrouva le bonheur dans un groupe de jeunes gens et d’adolescents qui furent rapidement nommés les Club Kids



« You and me only, under the sunshine. » Murmurait-il en lui passant la main dans ses cheveux coupés en désordre. Parlait-il ou était-ce la dose pharamineuse de drogues qu’il avait ingurgitées quelques heures plus tôt ? Personne ne le savait. Et certainement pas lui, il était complètement défoncé, et ça, il s’en rendait compte, les silhouettes de l’appartement ondulaient autour de lui, et silencieusement il entendait gronder le cœur solitaire de son ami. Le jeune James était celui qui avait recueilli Fersing en premier, il s’était présenté comme un Michael Alig et le jeune James St James, de son nom de ‘scène’, l’avait emporté avec lui. Tous les deux devinrent très rapidement des dieux du clubbing, des petites starlettes VIP dans bien des boîtes différentes. Ils étaient connus pour leurs extravagances, leur goût vestimentaire bien douteux et leur sexualité débridée. Mais avant tout et surtout, pour leur consommation astronomique de drogues en tout genre. Fersing, désormais Michael, était encore complètement ivre de kétamine et tout était si paisible, il en avait oublié depuis un moment toutes ces histoires sur Gallifrey, il en aurait presque oublié qu’il n’était pas humain si ses deux cœurs ne le lui rappelaient pas chaque fois qu’il était à jeun, les tonnes de substances qu’il absorbait par jour lui détruisait lentement le métabolisme, si bien que ses cœurs et son métabolisme pourtant plus rapide  que celui des terriens avaient du mal à suivre ; c’était dire à quel point ils en prenaient énormément ces pauvres Club Kids. Son ami était tout aussi ivre de drogues que Fersing, mais il était plus calme, simplement parce qu’il en avait pris beaucoup moins, simple mortel. « On dansera sur l’eau. Tu m’emporteras par les bras et on fera tomber les étoiles. » Se mit à marmonner Fersing, toujours à moitié passionné par les cheveux de James, sans vraiment trop savoir ce qu’il faisait, tout était si flou et si paisible…

Fersing se réveilla dans un sursaut amené par un vomissement. Et il avait souillé son lit par la même occasion. (Oui, comme vous vous l’imaginez.) Il devait être à peu près dix-sept heures, et pour ses habitudes avec James c’était un lever très tôt. Le seigneur du temps qui n’avait plus grand-chose d’un seigneur traîna les pieds dans une salle de bain mal rangée, un peu sale, et se lava les dents pour perdre ce goût infecte d’entre ses dents ; il remarqua qu’il saignait plus que d’habitude en les frottant mais haussa les épaules et alla changer le drap de son vieux matelas pourri qui servait de lit. À moitié nu, le garçon trainait dans l’appartement dans son vieux caleçon. Il n’était pas encore parfaitement réveillé et se rua avec lenteur devant un frigo ouvert sûrement depuis des heures, puisque le sol était trempé. Fersing soupira mais ne fit rien contre tout cela, il se pencha devant le réfrigérateur, observa son contenu et en sortit un sac en plastique, il était plein d’une poudre blanche dont on se doutait bien de ce qu’il s’agissait. Voilà ce qu’était son petit-déjeuner aujourd’hui ; ça et un morceau de pain. Vous n’y croyez pas ? Et pourtant… Un peu de cocaïne étalée sur un morceau de pain et voilà, Fersing est réveillé. Le jeune homme ne fit pas un mouvement pendant une bonne dizaine de minutes, à observer des mouches voler au-dessus de leur évier avant de sursauter au bruit de la porte d’entrée s’ouvrant, il se pencha sur le côté de sa chaise et observa l’entrée un moment avant de finalement apercevoir James dans son gigantesque manteau de fourrure. Il se leva et se mit à l’applaudir un sourire aux lèvres. James fit quelques tours sur lui-même, comme un mannequin, et salua Fersing d’une bise extravagante, sans se toucher les joues ou les lèvres, comme deux bonnes vieilles copines. « Ce soir c’est champagne Michael ! » Lui lança-t-il tout en retirant son manteau de fourrure, révélant qu’il ne portait rien d’autre que des sous-vêtements féminins, soutien-gorge compris, sous celui-ci. Et ce n’était pas une culotte, oh non.

« Qu’est-ce qu’on fête ? » Demanda Fersing en s’approchant de James pour l’attraper par le cou et enrouler ses bras autour de lui, la tête appuyée contre la sienne. « Tu vas porter ça ou autre chose ? » Continua le gallifreyen James, qui s’était dirigé vers l’évier pour uriner fit son office tandis que Fersing l’écoutait répondre, « Pour qui tu me prends ? Je suis James St. James ! Jamais les mêmes vêtements plus d’une fois ! On ira faire une gigantesque fête dans un McDonald’s ! » Fersing s’arracha de la  nuque de James et sautilla en tapant des mains, tout heureux. « J’adooooore ! » S’écriait-il en applaudissant James qui venait de terminer de pisser dans l’évier.



Et ce soir-là, c’était bien champagne en effet. Mais une soirée avec les Club Kids, qu’est-ce que c’est ? Premièrement, c’est un bordel insondable et une violation de propriété qui ferait enrager n’importe qui. Ce soir, c’était tout simple ; ils envahissaient un McDonald’s, combien étaient-ils ? Oh une bonne centaine. De quoi faire perdre la tête aux pauvres employés qui travaillaient tard dans la soirée. Une centaine de drogués débarquent et saccagent absolument tout, répandant des saloperies dans tous les sens, faisant rugir de la musique un peu partout, ils hurlent, crient, font du bruit, et certains se battent. C’est un carnage comme à chaque fois, et même s’il faut du temps avant que la police n’arrive pour tous les faire déguerpir aussitôt, la fête bat son plein dans ce pauvre petit fast-food pendant au moins une bonne quarantaine de minutes. Dès que la police arrive, James et Michael fuient à toutes jambes, laissant les autres se démerder comme ils peuvent. Bras-dessus, bras-dessous, les deux excentriques déguerpissent et s’en vont finir leur petite fête dans un club ordinaire, où leur entrée se fait remarquer, on les attendait depuis bien une heure maintenant, mais ce sont des divas, et le retard est très vite pardonné. James dans une grande robe aux allures victorienne porte une perruque d’une bonne trentaine de centimètres de haut sur la tête, tandis que Fersing n’est habillé que de très peu de choses, des masques d’infirmier lui servent de sous-vêtements et il en porte par-dessus son torse pour masquer l’extrémité de chacun de ses tétons. Les deux garçons sont déjà ivres caisses avant même d’arriver au centre de la boîte de nuit. Mais ça ne change rien, la vie est une fête, ils comptent bien en profiter.

Et profiter, c’est ce qu’ils feront pendant des années encore, à peu près seize ans à se droguer dans des proportions inhumaines, si bien qu’ils n’arrivaient plus à faire la différence entre la réalité et leurs trips illicites. Tout était devenu un idéal sombre et dégueulasse, dans lequel ils aimaient s’enfermer, ils ne faisaient plus rien de leur journées à part avaler de la kétamine, de l’ecstasy et bien d’autres substances et toutes les nuits, ils sortaient, ils faisaient la fête. Ils dansaient jusqu’à l’épuisement, peut-être bien jusqu’à ce qu’ils en vomissent leurs tripes. Quelques rares fois, ils se redressaient et dansaient dans leur propre restes puants et acides, et parfois ils s’écroulaient par terre à tel point qu’on devait appeler une ambulance. Ils avaient atteint le point où l’overdose était devenue le seul moyen qu’ils avaient pour finalement manger un vrai repas. On les emmenait à l’hôpital, ils mangeaient un vrai repas et quelques jours plus tard à peine ils étaient déjà dehors, parce qu’ils avaient fui l’hôpital, et recommençaient le même cycle vicieux. Seize ans dans le même rythme, vous imaginez vous l’horrible danse interminable dans laquelle ils se sont retrouvés ? S’ils avaient voulus trouver une vie normale, c’était bien trop tard maintenant, l’enfer vicieux de la drogue et de l’alcool les avait dévorés, tout était perdu pour ces pauvres Club Kids. James, comme Michael étaient devenus des rois de la nuit, mais à quel prix ? Le prix d’un manque constant, de douleurs interminables et éternelles, ils ne pouvaient plus respirer sans leurs drogues, ils en avaient besoin, rien d’autre qu’elles leur suffisaient.

Ils ne voulaient rien d’autre. James fantasma pendant un trip sur l’idée de mourir en pleine party. Fersing avait ri, mais avait véritablement considéré l’idée. Le temps où le jeune homme se souvenait de son identité était révolu, il ne savait plus qu’il était seigneur du temps, trop de drogues et d’alcool avait ravagé sa mémoire, il ne se souvenait plus que des Club Kids, sa vie était devenu cet enfer. Et aussi étrange que cela pouvait paraitre, il aimait ça. La tourmente infatigable de drogués qui avaient toujours besoin de plus continuait de tournoyer autour d’eux, bientôt, les quantités énormes ne suffisaient plus. Il fallait quelque chose de plus fort. Plus fort que la kétamine, plus fort que l’ecstasy, plus ravageur que l’héroïne et la cocaïne. Ils voulaient quelque chose d’extraordinaire, James n’avait pas la moindre idée de ce qui leur conviendrait à ce moment-là, mais Fersing s’imaginait quelque chose, une idée sombre et bien macabre, animée par les profondeurs d’un bad trip à la LSD. La conscience de Fersing s’était envolée depuis bien des mois maintenant, et plus il prenait d’LSD plus il se disait que la seule chose qui pourrait augmenter son plaisir serait l’adrénaline, il avait besoin de sensations si fortes qu’il ne les oublierait jamais. L’adrénaline…

« James ? Avait demandé Fersing d’une voix toute mielleuse à son compagnon de fortune qui s’était allongé contre son bassin. Fersing lui caressait les cheveux mécaniquement. — Michael ? Répondit-il nonchalamment, fasciné par son vernis à ongles effrité, n’ayant plus la moindre idée de quand il en avait mis – il y a deux semaines –
— Je crois que j’ai trouvé quelque chose de plus fort… Avait continué le jeune seigneur du temps en se grattant les traces d’injections sur ses bras, elles saignaient chaque fois qu’il les grattait, puisqu’il n’avait plus de sensations dans le bout de ses doigts, il ne savait pas quand arrêter.
— Qu’est-ce que c’est Michael ? Interrogea James en levant la tête vers son ami tout aussi défoncé que lui.
—La mort… » S’était mis à glousser Fersing en repensant à son idée.

James ne répondit pas, le regard livide et immobile, il n’avait plus l’air de regarder quoi que ce soit, concentré dans le vide, le drogué avait l’air d’une statue immobile. Fersing lui donna une gifle pour vérifier, puis une autre, pour s’amuser et d’une voix fluette chuchota « Encore une overdose ? » Puis il se mit à rire et se glissa hors de leur étreinte illicite. Toujours complètement ivre de drogues et d’alcool, il se dirigea vers le téléphone qui par miracle fonctionnait encore et appela les urgences, les prévint d’une voix toute à fait indifférente et s’en alla, se couvrant du gros manteau de fourrure de son ami.




« James ? Je sais pas si tu t’es réveillé maintenant, mais bon tant pis. Peut-être que cette overdose là c’était ta dernière. Va savoir, j’ai rien consommé depuis cinq heures, et j’ai l’impression que ma tête va exploser, j’ai tellement mal au cœur si tu savais. En tout cas, si tu te réveilles de celle-là, il faut que je te dise que je suis désolé. Je te laisse. Je pars, je m’en vais. Fais-en ce que tu veux, de mon côté c’est terminé. J’ai fait une connerie… J’ai fait quelque chose de très grave, je sais pas pourquoi je l’ai fait, mais c’est trop tard. On peut pas revenir en arrière… Je suis désolé James, je suis tellement désolé. J’aurais pas dû… J’aurai jamais dû… » Et rapidement, le garçon raccrocha le téléphone à sa cabine publique et s’en alla, emmitouflé dans un large manteau de fourrure, on voyait ses jambes nues dépasser parce qu’il était plus grand que James, mais on ne devinait pas pour autant qu’il ne portait pas grand-chose là-dessous. Fersing  était parti en toute hâte pendant son trip, il n’avait rien mis de plus que ce qu’il portait et le manteau de James, il tournait en rond pieds nus dans New York, sale et fatigué. Il puait l’alcool et ne s’était sûrement pas lavé depuis des semaines, du vieux maquillage de plusieurs jours sur les ongles et sur le visage, Fersing était dans un état lamentable. Mais pas seulement physiquement. Émotionnellement, c’était le chaos complet. Le garçon tournait en rond depuis une heure, il essayait de se souvenir de ce qu’il avait fait pendant les quatre heures précédentes mais rien d’autre que des flashs incertains lui venaient à l’esprit. Il apercevait un visage, puis ses mains, puis rien. Et pendant un très court instant il distinguait un marteau, frappé contre un crâne vulnérable. Et du sang, énormément de sang. Il se souvenait de plusieurs couteaux de cuisines en tout genre, de boîtes en carton… Et rien. Tout se bousculait dans sa tête et rien n’avait de sens ; Fersing se laissa tomber par terre, dans une ruelle sombre et se mit à pleurer. Il était persuadé d’avoir fait quelque chose d’horrible mais ne savait pas quoi. Il voulait savoir quoi, il voulait absolument se souvenir, mais rien ne lui revenait. Que des bribes. Ses consommations excessives lui avaient ruiné l’esprit et voilà qu’il était devenu un monstre. Le pauvre garçon continuait d’hurler des larmes silencieuses recroquevillé contre lui-même, dans un manteau sale et dépareillé de fourrure qui ne lui appartenait pas. Sa tête lui faisait si mal. Il avait cette perpétuelle impression qu’on lui frappait dessus, comme des battements de tambours si forts et si puissants qu’ils lui écrasaient les oreilles. Il avait beau serrer les dents et les poings, ça ne s’arrêtait pas. Il voulait que ça cesse, que tout cesse. Fersing voulait mourir.

Mourir…

Oui. Fersing voulait mourir et rien de plus. Ses souvenirs embrumés et partiels ne lui offraient qu’une conclusion possible, il avait tué quelqu’un. Et ça, il ne voulait pas le supporter, c’était un fardeau trop lourd pour lui. Il ne voulait pas garder ça sur sa conscience, jamais. Il voulait partir le plus loin possible d’ici, quitter New York, fuir le pays. Partir loin, il ne savait pas où exactement, mais il devait quitter ce foutu endroit. C’était hors de question qu’il soit arrêté pour un meurtre dont il ne se souvenait même pas, et même s’il s’en était souvenu, son égo ne l’aurait jamais pardonné. Il devait quitter la ville, l’état, peut-être même le pays ! Il avait besoin de trouver la force de se relever et de partir le plus loin possible. Quitte à risquer la mort n’importe quand, il ne pouvait pas rester là, New York était devenu trop horrible à supporter. Le manque était toujours aussi intense, Fersing sentait ses mains trembler et son corps n’avait plus la force de marcher, il mourrait de faim et de soif, mais surtout, il avait besoin de sa dose quotidienne, cinq heures c’était trop, trop de silence, il voulait voir et entendre à nouveau ; il avait besoin de sa dose. Vite… Très vite… Dans son besoin, il avait perdu connaissance, la fatigue était trop lourde elle aussi à porter, il s’était écroulé et s’était endormi dans la saleté de cette ruelle puante, couvert par son large manteau sale et décousu. Il dormait. Peut-être bien pour la première fois depuis des semaines, Fersing dormait.

__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties


Dernière édition par Mendax le Ven 12 Sep 2014 - 1:45, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Jeu 11 Sep 2014 - 23:10

♦♦ A PROMISE WAS FOUND





Fersing ne se souvenait pas d’être arrivé là, il ne savait pas comment il avait mis les pieds ici, mais pourtant, il ne semblait pas s’y intéresser. Quelque chose l’intriguait, il fixait son reflet dans un vieux miroir depuis des heures maintenant, le manque était toujours là, dans le fond de sa gorge, mais il se sentait libre de l’emprise horrible des drogues qu’il avait accumulé au fil du temps ; quelque chose était différent. Et il se sentait beaucoup mieux, même s’il était toujours dévasté par ses souvenirs partiels d’un meurtre. Son reflet lui semblait si différent de ce qu’il se souvenait de lui-même. En à peine seize ans, un battement de cil pour les seigneurs du temps, il avait tant maigri… Il avait des allures cadavériques et on l’aurait presque confondu avec un mort-vivant si sa peau n’était pas aussi rose. Ses cheveux blonds l’aveuglaient presque tant il n’était plus habitué à la lueur du soleil sur eux. Fersing avait vécu la nuit et dormi le jour pendant si longtemps qu’il en avait oublié cette agréable sensation chaude qu’était le soleil à son zénith. Il entendait autour de lui toute une faune et une flore s’agiter, le piaillement de quelques oiseaux résonnait au-delà d’une fenêtre ouverte, et il sentait le parfum piquant d’une saison différente venir se faufiler dans ses narines. Et pourtant, seul son reflet l’intéressait. Il fixait son reflet, il ne voyait rien. Juste une silhouette vide de tout. Fersing n’était plus rien. À peine âgé de 216 ans et sa vie était déjà ruinée. Il regrettait d’avoir quitté Gallifrey, il regrettait d’avoir fait se séparer le Synode. Il avait honte de ne pas avoir réussi quoi que ce soit qu’Hecatri, son frère, sa sœur ou ses parents avaient espéré le voir faire. Fersing était anéanti.

Il entendit des bruits de pas, et une porte en bois s’ouvrit, levant les yeux de son reflet, il observa à travers le miroir une personne qu’il n’aurait certainement pas espéré apercevoir, sa sœur était présente. Aussi rare que cela fut possible, elle était là, bien réelle et bien présente. Le visage de Fersing s’illumina aussitôt et d’un bond il se leva de son siège et accouru dans sa direction, tout sourire, sans oser dire quoique ce soit cela dit. Sa sœur le regardait avec silence, sans dégoût, sans haine, sans compassion. Et rapidement elle le gifla. Son visage devenu si sévère que Fersing recula de quelques pas. « SEIZE ANS. En à peine seize ans ! Tu as ruiné ta vie, celle d’une dizaine de personnes et tu as tué un homme ! Tu es fier de toi ?! » Lui cria-t-elle dessus. Fersing ne savait pas quoi répondre et se contenta de baisser les yeux, machinalement il se gratta le bras, où ses marques d’injections étaient toujours présentes. Sa sœur l’observa un instant et toute la colère qu’elle avait venait de disparaître, elle s’approcha de lui et lui attrapa les mains. Le forçant à cesser de gratter les marques, elle posa un regard débordant de compassion sur lui, et il osa croiser son regard. La Demoiselle n’eut pas grande difficulté à lire en lui, il s’agissait de son petit frère après tout. « Je suis désolée, Fersing… » Murmura-t-elle en appuyant son front contre celui du jeune homme. « On sait que tu ne le voulais pas, ce n’est pas de ta faute… » Avait-elle continuée en posant une main sur la joue de son frère, et que du pouce elle caressait.

« Est-ce que… » Eut du mal à formuler Fersing, ses yeux fatigués couverts de larmes prêtes à déborder. Sa sœur hocha la tête. Fersing eut l’air encore plus honteux de ces actes. « Père et mère sont au courant, Cordonnier le leur a dit après que je lui ai dit. Mais ne t’inquiètes pas, tout va bien se passer… » Dit-elle en le prenant dans ses bras. Le jeune seigneur du temps se mit à sangloter tandis que sa sœur le serrait contre elle. Marmonnant qu’il n’avait pas voulu, qu’il ne savait pas, qu’il avait honte et qu’il était un monstre. Elle se contentait de le réconforter silencieusement avant de desserrer l’étreinte et de le faire asseoir sur son lit. Les mains posées par-dessus celles de son frère, elle lui laissa un petit moment de répit avant d’ajouter d’une voix apaisante « Nous te pardonnons. »

Fersing débordait de joie, il était rassuré et se sentait bien mieux d’entendre Ushran, sa sœur, lui dire qu’il était pardonné pour ces horreurs qu’il avait commises. Un poids astronomique venait d’être retiré des épaules du pauvre jeune homme, il était toujours perdu mais se sentait désormais bien plus en sécurité. Elle se releva et lui tendit la main, d’une voix agréable et apaisée, et dit « Viens. J’ai quelque chose à te monter. » Fersing ne comprenait pas ce qu’elle avait en tête, mais de toute façon ça ne changeait pas grand-chose, il attrapa sa main et se redressa.



Ushran l’avait emmené bien loin de l’intérieur de leur domaine, ils avaient traversé une longue route naturelle, serpentée entre des herbes hautes et de sauvages plantes, avant de s’enfoncer le long d’une forêt. La faune Gallifreyenne observait les deux personnages avec intérêt, dissimulée derrière des buissons, Ushran ne parlait pas et Fersing restait silencieux, il suivait sa sœur peu importe là où elle l’emmenait. Ils continuèrent de marcher pendant de longues minutes, s’écartant parfois d’un sentier pour descendre par une côte pentue, quelque fois, Ushran s’arrêtait pour observer autour d’elle, tendant l’oreille pour écouter quelque chose que Fersing n’entendait pas ; elle l’attrapa par le poignet et se mit à courir. Fersing fut décontenancé un instant avant de reprendre ses esprits et de la suivre aussitôt à la même vitesse. Ils dévalèrent de nombreux passages et traversèrent un long val éclairé par la lumière des deux soleils avant de finalement arriver au cœur d’un bosquet, ou un gigantesque chêne semblait s’étendre éternellement, son bois était épais et ancien, il avait presque l’air d’être couvert de très minces feuilles d’or, et à son côté droit, on le voyait se pencher dans un grand bassin d’eau argentée aux teintes violettes. Elle s’y approcha et observa le courant, tandis que Fersing se sentait attiré par le grand arbre. « C’est ici que tu vas faire ta Promesse. » Lui fit comprendre sa sœur en se relevant et en tournant les talons vers son petit frère qui fixait le centre de l’arbre, ou une spirale de bois semblait taillée dans l’écorce de l’arbre.

Fersing plissa les yeux pour mieux distinguer les formes gravées dans la spirale et il eut l'impression d'apercevoir quelque chose de vivant au travers, quelque chose de grand, de gigantesque, quelque chose si puissant et si ancien que l'univers ne pouvait qu'envier. Il fut arraché à ses pensées quand sa sœur lui parla de faire sa promesse. « Mais... Je n'en ai pas, je... J'ai même pas trouvé de titre encore ! » S'expliqua-t-il en observant Ushran qui semblait amusée par la situation.



Elle s’approcha de lui et prit ses mains dans les siennes, souriante, elle le regard d’un air amusée, son petit frère était adorable dans son ignorance et son incompréhension. « Vraiment ? Moi je crois que tu en as déjà trouvé un, mais que tu n’en as pas encore conscience… » Elle déposa un baiser réconfortant sur le front de son frère et s’approcha du grand arbre marqué par une spirale. Déposant sa main avec attention au centre de celle-ci, elle l’observa un instant avant d’en faire vibrer l’écorce comme par magie. Le bois se mit à onduler, dans une danse perpétuelle, il tournoyait sur lui-même, se transformait en spirale, ses branches ondulaient comme des morceaux de tissus et ses feuilles tombaient presque infiniment. La Demoiselle retira lentement sa main de l’arbre et il cessa de se mouvoir, figé dans un entortillement fascinant et brillant de beauté. « Ta Promesse est en toi, tu la connais. Tu l’as rêvée, mais tu ne t’en souviens pas. Comme le reste de ton avenir. Toutes ces choses, tu les a vues dans le Schisme métamorphique, tout t’es venu à ce moment-là, tout ce qui t’as définit depuis. Le Destin n’est pas une force du hasard, Fersing. C’est un Tout qu’un rien peut altérer ; lorsque tu as regardé dans le Vortex, te souviens-tu de ce que tu as vu ? » Le jeune garçon fit non de la tête, ne comprenant pas où elle voulait en venir, il avait les yeux levés vers les branches de l’arbre qui pointaient vers le ciel. « Je suis certaine que tu t’en souviens… Écoutes-moi, tu as le droit de ne pas vouloir en parler. Tu as le droit de vouloir ne rien dire, de vouloir oublier, et d’espérer que ce ne soit qu’un mensonge. Mais ce que le schisme t’a montré, c’est ton avenir, celui de l’univers. Absolument tout et absolument rien à la fois. Crois-moi, Fersing, tu n’es pas le seul qui a vu ces choses-là, nous y sommes tous passés. Tout le monde a regardé au travers du schisme et tout le monde a été fasciné à sa propre façon. Ce que j’ai vu dans le Vortex, c’était la faim. Une énorme et insatiable envie dévorante qui allait avaler l’univers tout entier. Tu n’es pas un monstre, tu n’es pas plus différent de n’importe lequel d’entre nous. » Elle tendit la main à son jeune frère et tandis qu’il approchait d’elle, le bois de l’arbre se tordait à nouveau, avant de finalement s’ouvrir de façon à former une gigantesque arche depuis laquelle on pouvait apercevoir l’intérieur gigantesque et sans fin d’un vaisseau.

Même s’il était habitué aux TARDIS, Fersing était fasciné par l’intérieur de celui-ci, il ressentait quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti auprès d’un vaisseau. La console semblait si vivante, si précieuse, si fragile et si dévastatrice à la fois, le seigneur du temps s’en approcha et posa ses mains sur elle. Elle se mit à vibrer, le garçon eut un mouvement de recul aussitôt, surpris par la machine, et sa sœur se mit à rire. « Il ne faut pas que tu en aies peur, toi et elle êtes liés. Fersing tourna la tête les sourcils froncés d’incompréhension, — Comment ça liés ? Ce TARDIS n’est pas à moi ! Sa sœur s’approcha et fit se reposer les mains de Fersing sur la console. — Alors qu’est-ce que c’est ce que tu sens ? Elle ne réagit comme cela qu’avec les gens à qui elle est psychiquement liée. Tu es son pilote destiné Fersing, toi et toi seul. » Le jeune garçon était intrigué, il reposa son regard sur la console, les vibrations étaient puissantes, mais pas physiques, il ne sentait rien au niveau de ses mains ou de son toucher, c’était dans sa tête qu’il entendait les choses vibrer, il entendait son âme et son esprit grincer, vibrer et onduler. Il sentait les mouvements éternels de l’univers autour de lui, il sentait le temps s’écouler à chaque souffle et tout était si vivant… Si différent.

Ushran observait son frère avec patience, elle comprenait ce qu’il se passait et savait bien qu’il découvrait pour la première fois le lien qui le liait à son futur TARDIS, elle ne l’avait pas conduit ici pour le simple plaisir de l’environnement, les actes de la Demoiselle étaient toujours parfaitement calculés, elle savait toujours ce qu’elle faisait et rien ne pouvait la déstabiliser. Elle s’approcha des commandes du TARDIS et retourna ensuite devant l’arche qui servait de porte, au moment présent. Et lentement elle s’en alla du vaisseau, laissant à son petit frère le temps de le remarquer. En la voyant partir il resta cependant contre la console quelques instants avant de se sentir en mesure de la laisser seule sans lui et il sortit du TARDIS à son tour, où il put apercevoir que sa sœur n’était plus toute seule. À ses côtés, se tenait un jeune garçon qui physiquement semblait aussi jeune que Fersing, même si ni l’un ni l’autre ne faisaient leur âge, et ce nouveau venu observait le jeune homme avec un œil intéressé. Sa sœur discutait avec lui, et ils semblaient se connaître presque aussi bien que Fersing connaissait Ushran. Le nouveau venu s’approcha du jeune homme et d’un air paternel, lui dit, « Elle est magnifique, n’est-ce pas ? » Fersing resta silencieux, intrigué par ce nouveau venu aux cheveux tout aussi blond que lui, bien que plus maigre, avec un accent particulier lorsqu’il parlait. Il faisait quelques têtes de plus que Fersing mais semblait étrangement familier, ils avaient un air de ressemblance, tous les trois, Ushran observait son petit frère avec un sourire mystérieux gravé sur les lèvres.

Elle s’approcha et passa son bras sous celui de l’étrange arrivant, Fersing eut un haussement de sourcils et demanda naïvement « Vous deux ? Vous… ? » Ushran et l’autre garçon se regardèrent avant de pouffer de rire, « Oh non ! —Pas du tout ! —Absolument pas, —Ce serait horrible. —Totalement horrible. » Répondirent-ils l’un après l’autre, amusé par la question cela dit. Le jeune homme ne comprenait pas, et tous les deux s’approchèrent un peu plus, avant d’être assez près et continuèrent. « Regarde-le de plus près, Fersing. » Il fallut du temps, longtemps même, mais le jeune seigneur du temps fut frappé de stupeur lorsqu’il comprit finalement. Ses yeux s’écarquillèrent si large qu’ils eurent l’air de doubler de volume, aucun son ne s’échappa des lèvres de Fersing, mais on lisait un gigantesque « noooooon » d’étonnement. L’inconnu regarda la sœur de Fersing et se mit à sourire, un sourcil haussé. Elle hocha la tête et lui indiqua le grand arbre de la main.

« Attends. Attends, attends. Ne me dis pas que. Fersing s’était approché du nouvel arrivant et l’observait de tous les côtés, de haut en bas, de droite à gauche et ainsi de suite, intrigué et surpris. Celui-ci regardait le jeune homme faire et répondit simplement. — Et si. Fersing cessa de tourner autour du personnage et l’observa dans les yeux, constatant la couleur brune orangée de ceux-ci, il ajouta — Combien ? Ushran s’efforça de ne pas rire et fit quelques pas sur le côté, pour se diriger vers le fleuve, laissant son petit frère faire connaissance avec ce personnage intrigant. — Quatre. Sans entrer dans les détails, je ne veux pas te gâcher la surprise. Continua l’évident seigneur du temps en regardant la sœur de Fersing jeter des cailloux dans l’eau. Fersing l’observait avec un étonnement certain, et l’autre jeune homme croisa les bras, « Fersing, on sait que tu en crèves d’envie, pose-lui la question ! » S’exclama sa sœur en lançant un dernier caillou avant de se retourner vers les deux jeunes garçons.  

« Ouais. Oui, ouais. Tu as un titre ? » Demanda le jeune Fersing à l'autre dont l’identité était devenue sans doute maintenant tout à fait claire. Il hocha la tête et répondit d’une voix tout à fait paisible. « Mendax. »



Le jeune Fersing se tenait devant son propre avenir, une incarnation venue de très loin dans son futur. Mendax était le titre qu’il portait et le titre que Fersing allait donc choisir, maintenant qu’il l’avait entendu c’était ancré dans sa timeline, il serait Mendax. Ushran s’était approchée et regardait Fersing, le plus jeune des deux, et il posa son regard contre elle à son tour. « Pourquoi est-ce qu’il est là ? Demanda-t-il sans la moindre colère, plutôt surpris et presque heureux de se voir avec un avenir. C’est pas interdit par le Haut-Conseil de rencontrer ses alter-egos ? » Sa sœur haussa les épaules et répondit calmement, presque comme si elle n’en avait pas grand-chose à faire « Oh… Si, j’enfreins à peu près vingt-cinq décrets en vous faisant vous rencontrer tous les deux. » Elle avait parfaitement conscience du danger que cette rencontre surprenante pouvait engendrer, mais elle ne semblait pas pour autant être véritablement concernée, ni même dérangée par celle-là.

Fersing observa son double lointain, si différent de lui mais pourtant si identique à la fois et lui demanda, toujours avec cette même note d’incompréhension et de surprise, « Mais pourquoi est-ce que j’ai, enfin, tu as accepté de venir ? Je peux comprendre qu’Ushran enfreigne les Lois du Temps, mais moi, nous ?
—Oh, tu comprendras bien assez tôt, quand ce sera ton tour de vivre ce que j’ai vécu, ne t’inquiètes pas. »
Répondit Mendax à son ancien lui-même, d’un air presque paternel et protecteur, tout en gardant secret le futur à son antérieure incarnation. Fersing l’écoutait avec passion et intérêt, Mendax s’observait avec amusement, il ne se souvenait pas de s’être regardé de cette façon dans son propre passé. La situation était sûrement très drôle à observer de l’extérieur, puisque la Demoiselle ne pouvait plus s’empêcher de sourire bêtement en regardant son petit frère face à lui-même.



« Votre rencontre à tous les deux n’est pas un point fixe, donc c’est tout à fait possible que les choses soient un peu différentes pour chacun de vous deux quand la chose se produira pour toi Fersing et quand elle s’est produite pour toi Mendax, mais dans l’ensemble, le reste est identique. » Venait d’éclaircir la Demoiselle en observant les deux incarnations de son petit frère. Elle se tourna ensuite vers le TARDIS toujours sous sa forme d’arbre gigantesque, qui attendait sans rien faire d’autre, et invita les deux incarnations à s’y diriger avec elle. Ils y entrèrent et pendant de longues heures, ils discutèrent de nombreuses choses, Mendax ne révélant rien de l’avenir de son incarnation originelle malgré les incessantes questions à ce sujet du plus jeune. La nuit tomba finalement sur Gallifrey, et le plus ancien des deux Fersing s’en alla, accompagné par la Demoiselle avant que celle-ci ne revienne, un lourd vêtement de cérémonie dans les bras auprès de son petit frère sans titre. « Tu es prêt ? » Demanda-t-elle en lui remettant la lourde tenue composée de plusieurs épaisseurs de tissus brunes et blanches, de certaines parties en cuir et d’une longue écharpe de cordes et de tissus marqués de symboles peints en bleu.

Fersing hocha la tête et disparu derrière un paravent métallique pour enfiler la tenue, sa sœur se tournant vers l’arche. Il revint vêtu en conséquence et elle tendit sa main, la prenant il fut emporté avec elle devant le fleuve argenté, où elle l’invita à s’asseoir. Il s’agenouilla devant le cours d’eau et sa sœur y plongea les pieds, sa grande robe longue eut l’air de flotter au-dessus et de ne pas être humide tandis qu’il restait parfaitement droit, à genoux, sur la terre ferme. Elle se pencha pour accueillir de l’eau entre ses mains et posa son regard sur Fersing, « Fersingradamenotorelevomegatharon de la Grande Maison Devorantem, enfant de Seigneur Précurseur et de Dame Sorcière, frère de Seigneur Cordonnier et de Dame Demoiselle, enfant de la cité d’Aegis et porteur de l’Héritage de Dame Sorcière, descendante de l’Ordre des Pythies, fille de Seigneur Xantilax et de Dame Parnulax, es-tu en mesure de prêter serment à une Promesse, d’y obéir et de la respecter en tout temps dans ta vie présente et dans tes vies futures ? De porter un Titre, éternel rappel de ta Promesse, et de n’être connu que sous ce nom jusqu’à la fin de tes vies, pour le reste de l’Eternité ? » Disait-elle de manière très cérémonielle à la façon des anciens temps, elle suivait un rituel que peu de Seigneurs du Temps employaient, peut-être même aucun, puisque nul autre que ceux de leur maison suivait cette façon de faire Promesse.

« Oui. Répondit ensuite Fersing.
— Quelle est ta Promesse ? Demanda ensuite sa sœur en s’approchant de lui, d’un pas.
— Moi, Fersing, je promets : De ne rien révéler, de nier les évidences, de rire au nez du Destin et de jurer que tout n’est que Mensonge face à moi. Que mon passé soit une histoire aux multiples versions, et que rien de ma vie ne soit retenu, que je sois oublié dans le Temps, et que la Vérité ne soit qu’une illusion pour ceux me côtoyant. S’était-il mit à réciter les yeux baissés.
— Et par quel titre devras-tu être connu désormais ? Interrogea sa sœur.
— Pour toujours et à jamais, je serais désormais Mendax. Répondit le Seigneur du Temps en relevant la tête, observant sa sœur. Elle s’approcha d’un autre pas, et laissa couler l’eau entre ses mains sur le visage de son frère.
— Relève-toi, Seigneur Mendax. Que plus jamais tu ne t’agenouilles, car te voici maintenant Seigneur du Temps. » Et il se redressa. Sa sœur sortit de l’eau et l’enlaça beaucoup moins solennellement. Heureuse que son petit frère ait enfin un titre.

Lorsqu’ils se relâchèrent et que Mendax se retourna pour rejoindre le TARDIS il remarqua au loin une silhouette, celle de son incarnation lointaine, mais ne révéla rien à sa sœur.




Et dès lors, Fersing n’exista plus. Des années s’étaient écoulées, des guerres prirent places et de nombreuses conquêtes furent ordonnées ensuite, Mendax, Le Cordonnier et la Demoiselle traversèrent l’univers à de nombreuses reprises, voyageant entre les époques, pillant et détruisant de nombreuses choses au nom de Gallifrey, comme beaucoup d’autres soldats, les Seigneurs du Temps étaient en guerre contre des créatures anciennes qu’il était important de vaincre. Bien longtemps avant, pendant quelque années, Mendax s’était consacré à explorer l’univers, mais cela ne lui avait pas plu, il retourna sur Gallifrey et son frère et sa sœur l’emportèrent avec eux pour faire ce genre de choses dévastatrices dans lesquelles le Seigneur du Temps trouvait bien plus de plaisir et d’intérêt à faire plutôt que de vadrouiller dans le temps et l’espace, sans but. Mendax était quelqu’un dans la nécessité de sensations fortes, s’il n’avait pas trouvé de but grâce à Ushran et son frère, il serait vite devenu fou.

Il y eut une guerre en particulier qui demanda énormément d’effort de la part de Mendax et de ses frère et sœur, celle-ci avait été commencée par la famille de Mendax, la Grande Maison Gallifreyenne Devorantem ; ceux-ci s’étaient déclarés eux-mêmes en guerre contre une portion de l’empire humain des années 7 000. Pendant  presque 250ans, les trois seigneurs du temps et quelques mercenaires de fortune combattirent si longtemps qu’à la fin il ne restait plus grand monde debout sur les mondes de leur ennemi. Finalement, à la toute fin d’une guerre trop longue, le trio de seigneurs du temps atteindront un temple, où siégeait le dernier empereur de cette couronne en ruines par leur faute, l’un comme l’autre Cordonnier et Demoiselle laissèrent Mendax s’approcher de l’empereur, et ce fut Mendax qui lui trancha la gorge. Ainsi, fut commis le premier des génocides de l’histoire de la longue vie de Mendax.

Et au fur et à mesure que le temps passait, Mendax trouvait de plus en plus de goût dans la mort. Tuer quelqu’un était devenu quelque chose de si facile, si agréable. La mort était devenue compagne du seigneur du temps, et il éprouvait un tel plaisir, une telle joie, dans la mort des autres qu’à travers l’espace et le temps il s’était mis à voyager dans le simple but de trouver quelqu’un à tuer. Il y avait une étrange sensation chez le seigneur du temps à arracher à quelqu’un son unique et si fragile petite vie. Il se sentait puissant, bien plus puissant que le reste de l’univers, chaque fois qu’il tordait un cou, qu’il tranchait une gorge ou qu’il embrochait un cœur. Mendax était devenu un meurtrier. Et il aimait ça. La fragilité des âmes mortelles l’amusait, lui et les siens vivaient l’éternité tandis que les autres devaient se contenter d’un rien, d’à peine une centaine d’année pour la plupart ; mais eux, eux vivaient des siècles, parfois des millénaires, la vie d’un seigneur du temps était tellement plus importante, tellement plus précieuse. Il n’y avait aucun mal à éteindre les plus faibles au final, se disait-il parfois, les Seigneurs du Temps étaient un peuple supérieur, à quoi bon s’entêter à côtoyer des peuples faibles et éphémères ? Non, la suprématie du peuple parfait, voilà ce qu’il accomplissait chaque fois qu’il ôtait une vie. Mendax voyageait seul depuis la fin de la guerre avec une portion impériale des humains, il traversait temps et espace à bord du TARDIS de sa famille, traversant les longs et silencieux couloirs de l’univers, à accomplir ce que bon lui semblait, tuer, voyager, voler, découvrir. Sa vie était une aventure interminable de chaos et de destruction.


Et un jour, tout cessa. Dans un grand fracas bruyant, Mendax disparu. Son TARDIS se heurtant contre autre chose, quelque chose de similaire, quelque chose d’aussi ancien et d’aussi étrange. Il y eut un tourbillon autour du vaisseau du jeune seigneur, et il se sentit être aspiré à travers l’univers. Comprimé dans un trou noir, son vaisseau fut jeté hors de cette réalité. Projeté dans un univers parallèle où rien n’avait de sens et où tout était difforme, flou, et incompréhensible, Mendax s’était retrouvé dans un désert sans ciel, un maelström de rien, il apercevait de grandes colonnes au loin, parfois, mais elles reculaient chaque fois que lui avançait. L’endroit où il avait atterri n’avait aucun nom, ni aucun sens. Pas de temps, ni d’origine. Il ne sut jamais vraiment pendant combien de temps il fut emprisonné là-dedans, sans la moindre raison, il en fut éjecté un jour. Sans la moindre explication de son arrivée ni de sa sortie, il ne chercha pas à comprendre et retrouva la même vie qu’avant cet évènement étrange.

De nombreuses choses s’enchainèrent ensuite ; tout d’abord Ushran décida de quitter à tout jamais les siens pour errer à travers le temps en sens inverse, altérant l’histoire des siens pour toujours et à jamais, Mendax s’était interposé avant qu’elle ne parte finalement, désespéré à l’idée de la voir s’en aller il lui proposa même de l’aider dans sa tâche insurmontable mais rien n’y faisait, elle ne voulait pas qu’on l’accompagne et désirait partir seule, ainsi, la Demoiselle disparue à tout jamais du Temps, jamais localisable et toujours impossible à suivre, ses voyages n’avaient aucune logique, et elle traversait les époques d’une manière telle que ses incarnations elles-mêmes furent toutes inversées dans la timeline de celle-ci, provoquant ainsi un grand paradoxe artificiel, rendant l’ordre de ses incarnations si inversé que nul ne pouvait deviner laquelle était laquelle. La Première Demoiselle de la timeline de celle-ci devint la dernière que sa famille rencontra et ainsi de suite avec toutes les autres.

Ensuite, il y eut une sorte de révolte sur Gallifrey et des extrémistes s’en prirent à d’autres extrémistes religieux, en pleine nuit la Grande Maison Devorantem fut attaquée par un groupe particulièrement enragé et furieux et détruisant tout sur leur passage, ils s’en prirent à la Sorcière et l’assassinèrent avec une telle violence qu’elle fut incapable de se régénérer pour se sauver de ce destin horrible, et ainsi, sa neuvième vie fut la dernière. Mendax arriva trop tard, tout était en flammes et le corps sans vie de sa mère gisait par terre, se jetant à elle, il essaya aussi bien que possible d’y injecter de sa propre énergie régénératrice, mais quelque chose l’en empêchait, quelque chose qui bloquait la correspondance entre leurs énergies, il ne put pas la ramener, mais jura tout de même de la venger.

Dix-neuf ans ensuite, ce fut au père de Mendax d’être condamné à la mort, le Haut-Conseil le jugea coupable de haute trahison et il fut condamné à la pire de toutes les peines de mort, la vaporisation. Son corps serait réduit en poussière et sa conscience envoyée dans la Matrice pour ne plus jamais en ressortir. Tandis que ce qu’il restait de son corps serait jeté dans l’univers, pour y disparaître. Il n’eut le droit à aucune cérémonie funéraire, mais ses deux fils savaient qu’il était innocent, ils savaient que leur père n’était ni un traître ni quelqu’un de mauvais, ils savaient que leur père n’aurait de toute façon eu aucune influence suffisante pour trahir Gallifrey, et l’un comme l’autre, ils décidèrent de prouver l’innocence du Précurseur. Ils bravèrent les lois et réussirent finalement à pénétrer les grandes archives du conseil, quelque part au capitole, et fouillant dans toutes les données collectées depuis la nuit des temps ils arrivèrent après de longs mois à trouver une minuscule preuve qui innocentait leur père. Prouvant au final que la trahison était le fruit des manigances politiques secrètes d’un membre corrompu du conseil.




La Guerre du Temps, une énième catastrophe que l’univers pourrait un jour mettre sur le dos de Gallifrey, ce n’était pas la première fois que les Timelords étaient en guerre, et peut-être que ce ne serait pas la dernière fois non plus. Cette Guerre du Temps était un ravage à travers l’univers, bien plus destructrice que les précédentes et si terrible qu’on ne savait pas quand elle prendrait fin. Partout à travers l’univers les Daleks et les Gallifreyens s’entre-tuaient, détruisant des mondes sur leurs passages aussi bien que d’autres espèces, nombreux étaient ceux atteints par des dommages collatéraux et personne n’était là pour les aider. Comme à chaque fois, certains peuples prenaient part à la guerre et s’alliaient à l’un des deux principaux belligérants, même s’il était très rare de s’allier volontairement aux forces de Skaro. Ceux-ci se consacraient à dégrader les autres espèces, les faire muter en des monstres de guerre, à moitié machine et à moitié organiques, chaque victime adoptait les caractéristiques Daleks dans un corps aux allures de zombies, ces bêtes immondes étaient appelées les « Skaro Degradations. » Et sur de nombreuses colonies, elles continuaient d’être engendrées, ces bêtes horribles et affamées de victimes, chaque fois que les Daleks en créaient le nombre de survivants d’un monde diminuait en masse.

Beaucoup pensaient que l’Univers et la Création étaient perdus, beaucoup pensaient que la seule fin envisageable à cette guerre était la destruction de tout ce qui était, et en quelques ils n’avaient pas tort. La Guerre était un monstre dévoreur d’espoir, et ceux qui en avaient encore s’étaient déjà suicidés de tristesse. Kätt, une jeune chasseresse, était persuadée que la Guerre ne s’achèverait que dans la destruction complète de l’univers. Mais pour autant, elle ne risquait pas de déposer les armes et de laisser les Daleks mettre son monde à feux et à sang. La jeune femme aux cheveux d’or portait une tenue de combat très rudimentaire, bien qu’assez confortable, elle était l’une des rares personnes à s’être levée et à avoir pris ouvertement part à la Guerre. Déterminée à survivre, elle refusait de voir ces horribles bêtes de Skaro détruire le monde colonial où elle avait vu le jour, et si elle devait mourir en sauvant les siens, alors elle mourrait. Elle n’avait pas peur de la mort, mais plutôt peur de vivre dans une réalité dominée par les Daleks. Dissimulée contre un rocher elle attendant patiemment le retour de son compagnon, un homme qu’elle avait rencontré quelques semaines auparavant, grâce à qui elle avait pu continuer à se battre et ne pas devenir une de ces horreurs. Les routes étaient désertes et le ciel brûlait plus que d’habitude, son ami lui avait dit que les Daleks avaient mis au point une méthode pour lentement augmenter la température au cœur de la planète. Et que c’était ainsi qu’ils comptaient vaincre sur ce monde, dès lors la jeune femme s’était consacrée à traverser le monde pour détruire les balises qui émettaient ce signal au-delà de l’orbite de la planète, aux satellites qui permettaient de faire chauffer le cœur du monde-désert.

Gardant fermement son fusil entre les mains, elle observait l’horizon grâce à des jumelles modifiées par son compagnon, elle disposait désormais d’une vision thermique suffisamment efficace pour apercevoir les Daleks au loin s’ils arrivaient, de même que leurs monstres mutants. S’ils arrivent, tire dans l’œil, tire dans l’œil. Se répétait-elle à l’esprit, prête à faire feu à n’importe quel moment. Son cœur battait la chamade comme à chaque fois qu’elle était seule, à tout moment elle risquait de mourir à nouveau, à tout moment elle risquait d’être emmenée dans ces horribles camps où les Daleks modifiaient l’ADN humain. Elle ne voulait pas y retourner et elle ne voulait certainement pas que le travail de son compagnon ait été en vain. Finalement elle entendit quelque chose gronder au loin, des roues métalliques et rouillées glissaient contre l’asphalte brûlant. Elle observa au loin avec plus d’attention et constata qu’il s’agissait d’un camion transportant des prisonniers humains, grâce à ses jumelles elle put rapidement apercevoir des silhouettes qui ne dégageaient pas de chaleur, ces foutus mutants, murmura-t-elle en armant son fusil. Elle ajusta rapidement sa visée et très rapidement se mit à tirer. Brisant le parechoc du camion, puis faisant exploser la tête du mutant qui conduisait. Le véhicule chavira sur le côté et elle en profita pour se mettre à courir vers un autre point où se cacher. Armer, viser, tirer. Encore et encore, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun mutant visible.

Kätt se redressa de sa position à genoux, et observa l’horizon un instant avant de glisser de son point d’observation, faisant crisser la terre rouge sous ses pieds avant de finalement atteindre le sol d’un petit bond, elle se mit à courir dans la direction du camion et s’approcha de son conteneur verrouillé par un système incroyablement développé de verrous électronique. Elle se gratta l’arrière de la tête avant de finalement souffler et de tirer à bout portant sur la machine qui maintenait tous les verrous en place. Il y eut une grande décharge électrique qui traversa la machine, et elle s’enflamma avant de tomber par terre d’un coup de crosse du fusil de la jeune femme. Posant son fusil par terre contre les roues du camion elle tira avec force les portes du conteneur et parvint à les ouvrir. Les yeux de la jeune femme s’ouvrirent grand quand elle constata qu’un visage familier était assis avec les autres prisonniers, son compagnon de bataille, un jeune homme blond à l’allure assez jeune. Il se mit à sourire en la voyant et la salua en agitant ses mains attachées par des menottes daleks. « Je me disais bien que je reconnaissais quelque chose ! » S’exclama Mendax tandis qu’elle grimpait dans le conteneur pour détacher les chaînes des prisonniers. Elle détacha Mendax en dernier et soupira tandis qu’ils sortaient tous les deux du conteneur. « Je t’attends depuis presque dix heure du matin, tu te rends compte ? Tu aurais pu me prévenir. » S’était-elle mise à râler en ramassant son fusil pour l’attacher à son dos à l’aide d’une lanière en cuir.

Mendax malaxait ses poignées que les menottes avaient maltraités tandis qu’il observait l’horizon de la route par laquelle ils étaient arrivés. Il tourna la tête vers Kätt et lui dit d’un ton beaucoup plus sérieux que celui qu’il utilisait avant la Guerre « Ils nous ont fait tourner en rond pendant à peu près une trentaine de minutes avant de faire un tour depuis la Route principale pour ensuite traverser les ruines d’Harbour City. On a tourné à droite au bout de trois kilomètres, puis on a traversé d’autres ruines, celles de Kalisson je crois, et ensuite un virage à gauche au bout de dix kilomètres. Je pourrais retrouver le chemin du camp depuis le TARDIS. En attendant, il faut s’occuper des réfugiés. Tu as les provisions et les armes quelque part ? » Kätt hocha la tête et d’un mouvement du bras fit signe aux prisonniers qui se reposaient par terre de la suivre. « Je vais vous donner à tous des fusils et trois packs de munitions. Si vous voyez un Dalek, visez l’œil au centre. Si c’est sur des Degrad’, visez le crâne. Si c’est plus reconnaissable, courez, ou utilisez les tirs explosifs. Gardez-les précieusement, on est limités pour ceux-là. Mendax va modif’ vos armes, ça utilisera les packs mais ça gaspill’ra pas les tirs. » La jeune femme détacha un pointeur sonique de sa ceinture et le jeta dans les mains du Seigneur du Temps, qui se mit aussitôt à appliquer les modifications à chacune des armes des civils rescapés. « Chef oui chef. » Marmonna Mendax l’air amusé tandis qu’il modifiait le fusil d’une petite fille d’à peine dix ans, au visage salit par la terre et le sang.

« Dax, tempête de sable à l’horizon ! » S’écria Kätt en mettant ses jumelles sur son nez en guise de protection.

Le Seigneur du Temps observa l’horizon à son tour, se détachant le nez des modifications d’armes. Sa vision était plus accrue que celles des êtres humains, par conséquent il voyait un tout petit mieux qu’eux, il pouvait avec plus de faciliter détailler les choses à l’horizon et pendant un instant, il eut l’air inquiet. — C’est pas une tempête… Tout le monde ! On s’bouge ! Vite ! Tanks en approche ! GO GO GO ! » Et aussitôt ils se mirent tous à courir, Kätt observa avec la visée de son fusil pendant un court instant pour en être sûre et se mit ensuite à courir à son tour. Il n’avait pas véritablement d’endroit où se cacher, et se contentèrent de se cacher derrière des pierres assez larges, ils n’avaient pas vraiment d’autre endroits où se cacher et ces pierres ne tiendraient pas longtemps si les Daleks les repéraient rapidement. Le temps leur était précieux et en toute hâte, Kätt se mit à échafauder un plan en préparant son fusil. « Dax, les tirs sont reconfigurable pour suivre la trajectoire donnée par ton pointeur, c’ça ? Il hocha la tête rapidement, Alors j’ai un plan. »

S’en souvenait-il ? Oh, les images oscillaient bien souvent devant ses yeux, qu’il dorme ou non. La guerre du temps était un monstre, et chaque jour qu’elle continuait Mendax était envahi par la terreur et la colère.



Mais ce qui le torturait un peu plus chaque jour, c’était la culpabilité. Mais sa furie était éternelle, il n’avait rien à faire dans cette guerre, elle se passait à des milliers d’années de sa propre vie, il n’avait pas à y prendre part, pas plus que le reste des siens qui avaient été ramenés à la vie, réquisitionnés par Gallifrey, un par un. Mendax aussi avait été réquisitionné par le conseil de guerre. Il s’agissait d’une des nombreuses choses enfermées dans l’Arsenal d’Omega. Une des nombreuses lois du temps interdisait de voyager à travers la ligne temporelle de Gallifrey, et pourtant l’une des armes employée par les Généraux, bien avant qu’ils n’osent utiliser Le Moment, enfreignait celle-ci. Le Voile du Temps. Une source d’énergie Artron infinie, qui puisait dans le Vortex ; avec celle-ci ils avaient retirés de nombreux soldats de leurs propres époques et les avaient amenés du côté de la dernière grande guerre. Et Mendax, comme le reste de sa famille en faisait partie.

Dans un fracas métallique on jeta de nombreuses dépouilles dans les eaux vertes d’un marécage enfumé, et Daniel se sentait mal à l’idée de les voir être enterrés de cette façon, il n’avait jamais aimé les enterrements mais voir que l’on était obligé de se débarrasser des morts de cette façon le dégoûtait et l’attristait énormément, si ces maudits Seigneurs du Temps n’avaient pas déclenchée cette foutue guerre du temps ses parents seraient toujours en vie et il n’aurait jamais eu à les jeter dans les cuves puantes et corrosives du marée. Le garçon d’à peine vingt-trois ans se sentait mal à regarder les corps s’enfoncer dans l’eau verdâtre et préféra retourner à l’intérieur. Il n’allait pas pleurer les décès, ce n’était pas de son genre, mais il se sentait mal. Son monde, comme tous les autres à proximité était en guerre. En guerre contre les Daleks, mais aussi moralement contre les Seigneurs du Temps. Ironiquement, ou peut-être était-ce de l’hypocrisie, Daniel était attendu par un garçon de Gallifrey. Lequel lui lança un sac dans les bras dès qu’il ferma la porte et lui fit face ; « Dépêche-toi, on dégage. Les Daleks prévoient une offensive cette nuit. » Mendax semblait pressé. Et tout à fait indifférent du reste des habitants de la planète marécageuse. « Mais les autres ? » Demanda Daniel tout d’un coup, « Tu vas venir les chercher aussi, hein ? » Mendax haussa les épaules et attrapa un second sac. D’un geste de la main il fit signe à Daniel de le suivre et tous les deux s’engouffrèrent dans une colonne qui se révéla être son TARDIS.

Il y avait bien des choses que la Guerre avait rendue horrible au fil du temps, l’Univers tout entier s’était épris d’une haine sans fin à la fois pour les Daleks et pour les Seigneurs du Temps, très peu de ces-derniers ne s’étaient d’ailleurs essayés à être pardonnés, la plupart n’en avait que faire des avis et des considérations de peuples qu’ils considéraient leurs inférieurs, Mendax – du moins le premier – n’était pas de cet avis. À ses yeux chacun des peuples était aussi grand et l’un comme l’autre ils pouvaient être d’une grande aide dans cette lutte sans fin contre les forces Daleks ; il s’était donc décidé à traverser la galaxie et à emporter avec lui tous ceux qui se démarquaient du reste. Tous ces gens avec des aptitudes au combat remarquables, s’ils savaient manier une arme, armer des bombes ou piloter des vaisseaux, Mendax les trouverait et il combattrait à leur côté pour essayer de rendre cette guerre plus simple pour l’univers. Il fallait faire quelque chose, et il n’avait pas suffisamment d’influence pour convaincre le Conseil ou les généraux. Aegis était une forteresse, mais une forteresse que plus personne ne défendait pendant la Guerre, quasiment tous avaient fui pour Arcadia ou le Capitole, si bien que la famille de Mendax fut l’une des seules à encore chercher à protéger la ville. Ils n’étaient plus grand nombre, et chaque jour devenait plus difficile. Chaque fois les offensives étaient plus intenses et plus insoutenables, et chaque fois ils essuyaient des pertes incommensurables, le Voile autour d’Aegis avait été percé, et les Daleks semblaient même être décidé à le détruire complètement, malgré les nombreuses tentatives pour le réparer des ingénieurs présents. Contrairement aux autres villes, à Aegis ils n’étaient plus que quelques centaines, c’était bien mince en comparaison aux milliers qui défendaient le Capitole et Arcadia.

Dans un fracas maladroit et tortueux, le TARDIS traversa une nouvelle fois le vortex du temps, celui-ci était chargé de tempêtes et d'obstacles en tout genre. Nul doute que la Guerre en était l'horrible cause. Que le temps tout entier soit tiraillé entre les réalités et les époques était la preuve de l'insoutenable horreur qu'était l'impact de la Guerre dans l'Univers tout entier. Il y avait bien des mondes réduits en simples ruines fumantes tandis que d’autres disparaissaient simplement de leurs orbites, détruits sous les coups incessants des torpilles Gallifreyennes et Daleks à la fois. Les ravages étaient immenses et la galaxie de Kasterborous autant que l’univers tout entier furent couverts de cendres et de l’horrible présence de la Mort, la vraie. Celle que rien n’arrête, celle qui dévore tout sur son passage et celle qui n’a de repos qu’une fois qu’elle a englouti la réalité même. La Guerre ne semblait pas avoir d’issu et les combattants s’en doutaient bien, ils ne restaient pas au front par volonté de gagner, non, la plupart voulaient simplement tuer le plus de Daleks avant que le monde disparaisse, d’autres voulaient être tués au combat pour un soi-disant honneur, rares étaient ceux qui combattaient parce qu’ils savaient que c’était la bonne chose à faire. Et cette fois-ci, le TARDIS de Mendax manqua de s’écraser contre un gratte-ciel d’Aegis lorsqu’il sortit finalement du Vortex, couvert de fumée et d’impact brûlant de canons lasers. Une volée de navettes de guerres s’étaient jetées contre l’échine métallique et fragile du vaisseau ; il fut déstabilisé un long moment avant que l’on n’entende ses tourelles canons se mettre en marche. Bombardant dans toutes les directions tout ce qui n’était pas Gallifreyen, les rafales de lasers teintaient le ciel déjà sombre d’une allure encore plus sinistre et l’on entendait les multiples détonations traverser Aegis.  

À l’intérieur du vaisseau de guerre on se bousculait dans tous les sens, Mendax n’était pour une fois pas le seul à piloter le vaisseau, mais à deux ils ne semblaient pas non plus exceller dans la manipulation du grand navire de guerre, à divers endroits se bousculaient des hommes en tenues de combat frappées du sceau d’Omega, tandis qu’à chacun des sièges qui permettaient de contrôler les tourelles on devinait des gens qui n’avaient rien de Gallifreyen ; Mendax leva la tête un instant des commandes du TARDIS et s’écria à son copilote « Dax ! À gauche ! Daleks ! » Le copilote, qui visiblement était la même incarnation future que lors de la cérémonie de son titre, fit un rapide signe de la main et tira un levier avant de glisser sur le côté pour contrôler d’autres commandes d’un air très assuré et très certain de ce qu’il faisait. Les manches retroussées sur ses vêtements troués par les combats et salis par de nombreuses manœuvres fatigantes, il fit virevolter le TARDIS tout entier d’un côté, les faisant esquiver de justesse une charge de multiples navettes militaire, tandis que le premier Mendax continuait de piloter avec difficulté l’énorme masse qu’était ce vieux TARDIS. « Kätt, envoies les torpilles ! » S’écria le Mendax de l’avenir à la jeune femme qui prit rapidement place dans le compartiment destiné à cet armement spécial. En l’espace de quelques instants la jeune femme avait chargé un large obus pointu dans son canon et l’avait tiré dans la direction des navettes qu’ils venaient tout juste d’éviter. Attendant d’abord un signal des deux Mendax elle tira finalement, et la déflagration des torpilles n’atteignit pas les Daleks mais sembla percer un trou dans l’air où elles s’étaient arrêtés, il y eut un grand souffle attirant les choses à l’intérieur du trou, et les navettes y furent rapidement aspirées. Tout semblait s’être calmé pour le moment. Les deux incarnations du Seigneur du Temps avaient retrouvées leur calme et ils se serrèrent solennellement la main. « Okay ! On entame l’atterrissage. Daniel et Xelion, surveillez l’air. Si jamais vous voyez des navettes, hurlez… » Lança le Premier Mendax en poussant deux leviers de la console avec précaution vers l’avant.



Xelion était un extra-terrestre aux allures imposantes de guerrier viking, si bien que beaucoup pensent encore que c’est son espèce qui vint coloniser les terres du nord sur Terre et que c’est d’eux que viennent les héros et les dieux de la mythologie scandinave. Xelion comme beaucoup de son peuple, atteignait facilement les deux mètres de haut et parlait toujours d’une voix très forte, celle-ci chargée d’un accent assez étonnant de rigidité. Les mots semblaient être mâchés et certaines lettres étaient souvent roulées à l’excès, comme le R. Xelion comme beaucoup de guerrier de son espèce, portait la robe et se maquillait en conséquence au niveau d’une proéminence que seuls les mâles portaient au niveau du menton. Il avait de long cheveux tressés et gardait toujours une coiffe par-dessus ceux-là, ne laissant entrevoir que quelques mèches rousses descendant jusqu’au bas de son dos. Les hommes de son espèce portaient leur apparence avec beaucoup de fierté et d’attention, contrairement à leurs femmes qui elles ne se maquillaient pas et n’avaient aucun désir de se présenter pour ‘faire belle’. Les mœurs du peuple de Xelion étaient bien complexes et cet homme d’un âge plutôt avancé, la cinquantaine, s’y complaisait comme beaucoup. Mais chaque chose perd de sa valeur au fil du temps, et les passions du vieil homme furent rapidement chamboulées quand les ravages d’une guerre s’amoncelèrent à l’horizon. Les vieilles chamanes qui commandaient son peuple avaient prédits les orages de feu et les tempêtes de destruction, mais Xelion était bien loin de se douter de l’étendue de l’horrible terreur qui s’approchait de son monde bientôt oublié. La pauvre planète fermière était sur la route des Daleks. Et ceux-là n’avaient aucune pitié, ils ravagèrent les champs et brulèrent tout ce qui était sur leur chemin. Xelion et ses amis les plus proches s’étaient regroupés dans un contingent de guerriers, mais le manque d’avancée technologique prouva leur inefficacité, ils n’avaient que des épées pour se défendre contre des monstres mécaniques et tous furent tués rapidement. Tous, sauf Xelion. Puisque de justesse quelque chose s’était formé autour de lui, une bulle d’énergie étrange, le guerrier ne comprit pas immédiatement. Jusqu’à ce que l’univers autour de lui commença à tourner en toute hâte, si fort et si rapidement qu’il eut l’impression d’être dévoré par une bête millénaire. Il n’était pas si éloigné de la vérité que cela, à dire vrai, puisqu’il avait été couvert d’un champ de force avant qu’un transmat ne soit établi entre lui et le TARDIS. Mendax à l’époque était seul, mais le garçon avait sauvé le Guerrier, et celui-ci lui devait une éternelle dette de vie. Ce que Mendax demanderait, Xelion l’exécuterait. Il l’avait promis. Et c’est ainsi que ce vieux guerrier devint l’un des premiers compagnons de Mendax.



Les cieux s’étaient apaisés au-dessus d’Aegis pour le moment, et le TARDIS descendit lentement et calmement pour finalement atterrir dans la cour d’un grand bâtiment. Silencieux et bruyant à la fois, ses portes s’ouvrirent et descendirent en toute hâte des régiments de soldats qui allèrent prendre place aux côtés du reste des troupes, tandis que la Sorcière s’approchait lentement des marches qui menaient à l’intérieur du vaisseau, observant les incarnations de son fils sortir à leur tour. Elle était heureuse, et couverte d’inquiétude à la fois. Elle se jeta dans leurs bras et les serras l’un contre l’autre le plus fort possible contre elle. « Par les Anciens vous êtes en vie… Elle embrassa le Premier puis le Quatrième sur le front et continua, Quand j’ai entendu les portes d’Horizon s’écrouler, j’ai bien cru vous perdre tous les deux… » Elle relâcha son étreinte et ils descendirent tous les trois pour retrouver le reste de leur famille. « Quelle est la situation ? » Demanda le Premier Mendax en serrant son frère dans ses bras, ravi de le voir. « La Ceinture est bouclée, et les mines de Bulnée brûlent en ce moment-même. Ushran a bombardé un campement scientifique où ils fabriquaient des Dégradations. On attend qu’elle revienne. Père a transmaté des ressources supplémentaires depuis le Foyer et Mère prie les Furies. » Mendax hocha la tête et s’approcha de la table holographique sur laquelle défilaient des cercles Gallifreyens à toute vitesse. La quatrième incarnation était restée à l’écart, observant les anciens compagnons de sa vie d’origine, il n’osait pas poser le regard sur les membres de sa famille, au lieu de tout cela, il avait les yeux concentrés sur les bâtiments encore en flammes d’Aegis. C’était depuis bien trop longtemps qu’il n’avait plus revue Gallifrey, et encore moins dans cet état. Le ciel était enflammé de fumée et d’éclairs sombres, il faisait si sombre alors qu’ils étaient en plein jour. C’était si horrible à supporter… Le Cordonnier qui observait le futur de son petit-frère depuis la table des opérations la quitta rapidement pour s’approcher du Seigneur du Temps. « C’est dur, hein ? Le Quatrième Mendax hocha la tête sans rien dire, il s’était assis sur une caisse en métal, dépité. Aucun d’entre nous n’est supposés être là. Mais toi encore moins, de notre timeline c’est pas encore arrivé. Mais de la tienne… Je sais pas quel âge tu as maintenant, mais ça doit sûrement être de l’histoire ancienne cette Guerre. Mais l’important, petit frère, c’est que si les Dieux ont décidés de tous nous y faire participer c’est qu’il y a une raison derrière. Je ne sais pas ce qui arrive à Gallifrey plus tard, ni même ce qu’il va m’arriver après, mais ce que je sais, c’est que cette Guerre doit être terminée. Et même si l’on ne gagne pas, je sais qu’on aura tout de même réussi quelque chose. Que ce soit la survie de Gallifrey, la perte de l’Ennemi, ou la Victoire. On aura réussi quelque chose. » Le Cordonnier posa une main sur l’épaule de son petit frère, et se redressa.

« C’est bon de vous revoir tous. » Marmonna le futur Mendax à son frère avant de se relever à son tour et d’approcher de la table holographique.

Le calme n’allait bientôt plus durer et tous le savait, les torpilles n’avaient pas un effet illimité, et au plus vite le Cordonnier s’affaira à ordonner les troupes en toute hâte, donnant des ordres dans tous les sens, l’air convaincant et charismatique, les soldats l’écoutaient et lui obéirent à toute vitesse ; chacun s’arma et tous se mirent en position. De l’autre côté, on entendait la Sorcière commander à un autre régiment, des gens de plusieurs espèces différentes, ceux que les Mendax avaient ramenés et que le Premier avait recruté un peu partout dans la Galaxie. Ils étaient en rang, et sous le commandement de la Sorcière ils étaient prêts à en découdre. La dame elle-même était bien plus silencieuse et moins rêveuse qu’à l’habitude. Elle observait l’horizon, et semblait même fixer au travers du temps le retour de l’Ennemi que les torpilles avaient temporairement éloigné. « Aux aguets… » Marmonnait-elle en serrant entre ses mains de nombreux chapelets. Sa grande robe portait de grandes épaulières desquelles balançaient des talismans de tissus et de pierres en tout genre. Le vent commença à se lever à nouveau, et la poussière des ruines se transforma en une courte tempête de sable, La Sorcière se couvrit les yeux tout en gardant sa position, prête à donner ordre. Au même moment, le Cordonnier était prêt à signaler à son régiment de faire feu. L’air était agité mais tout était silencieux.




Il y eut un coup de tonnerre, puis un autre, puis encore un autre. Et très rapidement le ciel orangé devint bleu, couvert et chargé d’électricité il s’était mis à pleuvoir et l’on entendait le tonnerre gronder au-dessus d’Aegis. La Sorcière leva les yeux au ciel et observa un éclair, puis un second. Et toujours la main levée en signe d’attente à ses troupes elle gardait son calme du mieux qu’elle pouvait, le Cordonnier semblait au contraire un peu moins rassuré. Les deux incarnations de Mendax, quant à elle, étaient toujours à l’écart, concentrées derrière la table holographique, de la même façon que leur père, silencieux et concentré. Un autre éclair traversa Aegis et alla se cogner contre le sommet d’un gratte-ciel avec une telle force qu’il en fit tomber des morceaux métalliques déjà bien ruinés et on entendit le ciel se tortiller dans un vortex très haut dans le ciel. L’effet des torpilles avait cessé et très rapidement les navettes Daleks commencèrent à pleuvoir en trombe sur la cité. « Tirez ! » Avaient hurlés la Sorcière et le Cordonnier presque en même temps. Et les troupes chargèrent l’environnement autour d’eux de poussière et de poudre, des volées de lasers verts bleus et rouges scintillaient dans tous les sens et tout était si bruyant qu’on ne s’entendait même plus respirer. La Sorcière accourue rapidement vers son époux et les incarnations de son fils, pour se réfugier des tirs Daleks et alors que des dizaines de soldats mourraient, très peu de navettes Daleks explosaient, certains de leurs pilotes tombaient sous le coup des lasers, mais les monstres mécaniques se mettaient presque aussitôt à flotter depuis leurs armures horribles. « Où est Ushran, bon sang ?! » S’écriait la Sorcière en gardant un œil sur les forces Ennemies. Le Cordonnier était toujours avec ses troupes et participait lui aussi à l’offensive, armé d’une arme lourde à plusieurs canons, il tirait des salves de lasers imposantes et dévastatrices. Quand bien même les Daleks n’en mourraient pas immédiatement, il faisait des dégâts suffisants pour qu’une bonne partie de son escouade ne soit pas décimée.

« On a besoin d’elle ! Appelez-la ! S’était mise à hurler la Sorcière à son fils et son époux, ils faisaient du mieux qu’ils pouvaient, mais tout n’était pas si simple. — Elle ne répond pas ! Ses transmetteurs doivent être HS ! » Répondit le Premier Mendax en frappant sur la table. — Ushran, ici base-1 ! Ushran, réponds ! » Insistait le Précurseur en vain.

Le Quatrième Mendax s’éloigna en hâte de la table holographique et attrapa une arme au passage, « Je vais la chercher ! » Traversant à toute vitesse le chemin qui le séparait du TARDIS il manqua à plusieurs reprises de se faire tuer par des détonations autour de lui, les Daleks n’étaient pas idiots, ils avaient rapidement compris le plan des Seigneurs du Temps. « Sorcière ! Je vais avoir besoin de vous pour passer ! » Avait-il continué en posant finalement le pied devant son TARDIS. Elle hocha la tête et fit quelques pas en avant, levant la tête vers l’horizon, elle leva les mains, paumes vers le ciel et se mit à marmonner des choses dans une langue ancienne. Les yeux de la dame s’illuminèrent d’une couleur argentée et autour de ses mains se mirent à onduler des bandes d’énergie dorée. Et d’un geste puissant, elle tira ses bras vers son ventre, l’air tordu par l’orage  sembla suivre les mouvements de la dame et une ouverture se creusa dans les nuages, suffisante pour laisser s’envoler le TARDIS. Lorsqu’elle relâcha son emprise magique, il y eut un très grave coup de tonnerre qui traversa le ciel, provoquant un court déluge de foudre sur plusieurs navettes Daleks, les faisant s’écrouler au sol ou les unes contre les autres dans de grandes explosions. Le phénomène n’était pas chose facile, la Sorcière s’écroula par terre et son époux se dépêcha d’aller la soulever pour l’emporter à l’abri sous la tente où étaient leur centre de commande, la table holographique. « Mendax, occupe-toi des commandements, je m’occupe de ta mère ! » Le Premier Mendax acquiesça rapidement et d’un pas se décala sur le côté, pour superviser à la fois ce que lui faisait déjà et ce que faisait son père auparavant.


__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties


Dernière édition par Mendax le Dim 12 Oct 2014 - 18:35, édité 52 fois
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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Jeu 11 Sep 2014 - 23:10

♦♦ The truth unfolded


Les informations défilaient à toute vitesse devant les yeux du Seigneur du Temps et il ne pouvait s’empêcher de lancer des regards inquiets à sa mère, essoufflée et à son père qui s’occupait d’elle comme il le pouvait. Chaque fois qu’elle utilisait ses dons, la dame était faible, souvent inconsciente, et chaque fois cela inquiétait Mendax plus que tout. Par chance, la dame n’était pas évanouie cette-fois, simplement affalée par terre, la respiration haletante et le visage rapidement couvert de sueur ; son père agitait un éventail en mauvais état devant le visage de la dame du temps, pour l’aider à se rafraichir. Elle avait les yeux fixés sur son fils, on ne distinguait pas d’émotion particulière, mis à part de l’inquiétude, Mendax ne le remarquait pas, trop concentré sur les informations devant lui. Le ciel grondait à l’horizon des coups de canons lasers de Gallifrey contre le reste des forces Daleks et tout était en flammes. La planète s’écroulait, ils avaient perdus. L’horrible conclusion fut rapidement confirmée lorsqu’un message fut diffusé à haute voix à travers les hologrammes qu’observait Mendax, Arcadia venait de tomber, tous devaient retrouver le Capitole et se mettre aux abris.

Tout autour d’eux les cieux grondaient d’un air menaçant et l’annonce de la chute d’Arcadia n’apaisait certainement pas le tableau, il y eut ensuite comme un coup de tonnerre et partout on se mit à entendre une alarme, bruyante comme un long et sombre son de trompe. Le Haut-Commandement appelait et ordonnait aux troupes de quitter leurs postes. Le Précurseur se redressa et rejoignit rapidement le Cordonnier pour maintenir l’ordre dans les régiments affolés de son fils qui ne lui obéissaient plus. Tous voulaient partir, certains voulaient fuir, d’autres espéraient déserter. D’un rapide mouvement, le Précurseur arracha de la ceinture de son fils un pistolet et tira une balle au centre du crâne d’un soldat, faisant se taire tout le monde autour. Les soldats effrayés n’osèrent plus bouger, remettant l’arme dans l’étui de son fils, qui regardait le Précurseur avec un air médusé, le paternel seigneur du temps croisa les bras et les observa quelques instants, avant de s’approcher d’eux, l’air sévère.

« Votre Dame est mourante. Elle ne survivra pas le trajet d’ici au Capitole. » disait-il en pointant du doigt la Sorcière vers laquelle s’était jeté Mendax pour remplacer son père et lui faire de l’air. « Souhaitez-vous vraiment assister à la chute de deux cités ? D’abord Arcadia et maintenant la nôtre ? C’est cela que vous voulez tous ? Rassilon et les Généraux ont peut-être donné des ordres, mais ils ne vivent pas ici. Nous sommes d’Aegis, nous sommes les restes des habitants de la Cité d’Oméga, de quel droit osent-ils nous ordonner d’abandonner nos foyers et de quitter notre bien-aimée ville ? À quel prix ? La mort de La Sorcière ? La survie de Rassilon, la protection d’un Capitole qui n’a rien fait pour Aegis depuis sa fondation ? Que ceux qui veulent partir s’en aillent immédiatement… Avant que je ne change d’avis et que je les tue tous. »

Les mots du Précurseur résonnèrent autour de lui et des troupes, ils ravalèrent leurs élans de courage ou de patriotisme et décidèrent de ne pas partir ; Le Cordonnier ne put masquer un sourire narquois en observant ses troupes et il tourna la tête pour rejoindre sa mère, comme son père. Le Précurseur posa une main sur l’épaule de Mendax et le remercia avant de reprendre l’éventail des mains tremblantes et apeurées de son fils.

La violence du Précurseur n’était pas quelque chose de fréquent. Mais c’était suffisamment craint pour que personne n’ose remettre en cause son autorité. Souvent stoïque, on le connaissait pourtant pour sa fureur et ses excès de violence, une violence animée par un amour et une passion débordante à la fois pour son épouse mais aussi pour la cause que lui et la Sorcière défendaient. Une cause que bien peu avaient osé rejoindre au fil des millénaires. Celle d’Oméga. Mais pourtant que Sorcière et Précurseur auraient donnés leurs vies au nom d’Oméga, ils n’avaient jamais poussé leur progéniture à faire de même. Oh, bien sûr, le Cordonnier et la Demoiselle savaient tout ou presque au sujet de cette adoration, jamais ils n’avaient ressentis un quelconque besoin de faire partie d’un tel culte. Toujours sans nouvelle de sa sœur et de son incarnation prochaine, Mendax commençait à perdre espoir de les revoir. Peut-être qu’ils avaient été tués, peut-être qu’ils les avaient abandonnés ou peut-être pire encore… Le jeune seigneur du temps aurait voulu partir de ce champ de bataille et ne jamais y revenir mais il n’avait pas le moindre choix en vérité ; et même s’il l’avait eu, la peur de son père et de cette guerre du temps l’empêchaient de partir. Ce n’était pas son époque, ni celle de ses parents ou de ses frère et sœur et pourtant ils y avaient été envoyés de force. Bien pire encore, le Haut-Conseil avait ramenés le Précurseur et la Sorcière à la vie spécialement pour qu’ils combattent et défendent Gallifrey dans ses derniers jours. Car c’était certain que le temps de la planète rouge était révolu, tous le savaient mais personne n’osait l’admettre.

Les cors et les alarmes continuaient de percer le ciel enflammé d’un Gallifrey meurtrie par une guerre de plusieurs siècles, et lentement le ciel fut traversé par des volées d’éclairs incessants, couverts d’une étrange couleur pourpre ; il y eut un coup de tonnerre étonnamment sourd et sans qu’aucun n’eut le temps de comprendre ce qu’il se passait un tourbillon gigantesque, comme le cœur d’un maelstrom s’était formé dans le ciel, inondant l’horizon de flammes et d’explosions, il se mit à pleuvoir une armada de navettes daleks. Toutes plus armées les unes des autres, elles firent feu immédiatement et le Cordonnier comme le Précurseur n’eurent que quelques temps pour s’en rendre compte et ordonner à tout le monde de reprendre son poste. En quelques secondes à peine, cette paix temporaire avait pris fin et tout brûlait à nouveau. Gallifrey elle-même avait perdu son intérêt de garantir la sécurité d’Aegis et aucun TARDIS ne sembla venir les aider dans ce marasme d’ultra-violence…



Les sifflements de tirs hurlaient à travers des échos de détonations, et le sombre ciel qui masquait la lueur des deux soleils ne semblait pas prêt de disparaître. Au loin, on apercevait les ombres menaçantes des croiseurs ennemis, et rien que leurs lentes ondulations glaçaient tout autant le sang que les terribles navettes qui continuaient de bombarder Aegis, Le Cordonnier s’était rapidement mis à l’abri lorsque l’une d’entre elle passa au-dessus de lui et de ses hommes, manquant presque de se faire tuer, il avait eu la rapidité suffisante pour glisser derrière une barricade en validium, un métal ultra résistant que les Timelords avaient inventés. Une main pressée contre son torse, il était essoufflé et ses cœurs battaient la chamade. Le Précurseur, quant à lui, était droit, toujours au même endroit, sous la tente de commandement depuis laquelle la Sorcière se reposait et son fils surveillait depuis des hologrammes. Il avait les bras croisés et fixait le ciel enflammé. Toujours dans l’attente du retour de l’incarnation future de son fils et de la Demoiselle. Bien qu’il ne le montrait pas, le Précurseur n’avait pas le moindre espoir de les revoir, il les pensait déjà morts et disparus à tout jamais.

Pourtant, il y eut un sifflement électrique à son côté et sa fille venait de réapparaitre, renvoyée au camp par transmat, elle semblait toute aussi surprise que son père, mais ils n’avaient pas le temps de se réjouir d’être unis, l’offensive Dalek n’avait pas de limite ni de fin, et alors qu’ils s’apprêtaient à faire feu une nouvelle fois, prêts à raser les restes en ruines de cette ville, la Sorcière appela son époux à ses côtés ; en toute hâte à son chevet, ses mains autour de la sienne, le Précurseur observait la pauvre dame, essoufflée et tremblante. Presque grelottante, elle n’osait pas lui parler même si son visage en pleurait d’envie. Lui le comprenait bien, et d’un geste réconfortant, il l’embrassa sur le front. Le Précurseur ne se redressa pas d’abord, la Sorcière respirait moins vite et ses paupières devenaient de plus en plus lourdes, jusqu’à ce qu’elles ne se ferment pour toujours et que son souffle s’arrête complètement. La Sorcière était morte à nouveau.



Épuisée par sa précédente prouesse mystique La Sorcière s'était vidée de ses dernières forces; maintenue en vie à travers un paradoxe vicieusement fomenté par l'un des nombreux Chapitres du Conseil de Gallifrey, elle était déjà très faible. Son destin, elle l'avait scellé avec cette dernière action. La chaleur des mains du Précurseur l'avaient quelque peu rassurée, mais elle aurait tant voulu pouvoir lui dire quelques mots avant de s'éteindre. Elle avait entrevu l'avenir avant de rendre son dernier souffle; les légendes des Pythies disaient que les femmes voyaient non pas leurs vies défiler devant leurs yeux au moment du trépas mais bien autre chose, au lieu de cela, elle apercevait l'étendue infinie de l'Existence. De la naissance de l'Univers jusqu'à sa terrible et silencieuse fin. Est-ce que tout cela était vrai ? Nul ne l'avait jamais su. Et peut-être était-ce une illusion causée par un manque de confiance, ou par une nécessité maternelle de protéger ses enfants, mais la Sorcière avait vu la fin de la Guerre. Elle avait vu Gallifrey se relever de ses ruines, grandir... Mais surtout changer.

Le visage couvert de larmes, un simple baiser sur le front avait apaisé presque toutes ses souffrances, mais tandis que les plus évidentes disparaissaient, elle sentait en elle grossir cette lourde douleur d’un ventre noué par la culpabilité et la peur. Une culpabilité sans fin s’était glissée dans les cœurs de la Sorcière, elle n’avait pas osée reposer son regard sur Mendax tout du long de cet épuisement fatal. Et même si elle n’avait pas eu le temps de prononcer ses derniers mots, le lien télépathique qui la liait et l’unissait à son époux pu le faire à sa place. Dorénavant morte deux fois, ce second décès avait engendré un lourd et puissant paradoxe autour d’elle. Une bulle temporelle s’était formée sur Aegis, tel un dôme protecteur et avait fait disparaître de la surface de la planète, et à travers le temps et l’histoire, cette ville autrefois si importante. Aegis n’existait plus et les seuls qui se souviendraient qu’autrefois il y avait une ville à cet endroit étaient ceux piégés hors du temps et de l’univers, dans ce micro-univers à l’écart de tout.

La Demoiselle s'approcha, et le visage paisible et rassurant qu'on lui connaissait n'était plus ; noyée par le chagrin et la colère elle s'agenouilla, silencieuse, au chevet de sa mère. Ses mains se déposèrent contre les joues glacées de la Sorcière et même si Ushran voulait la serrer contre elle, elle ne le pouvait pas. Elle n'en avait ni le courage, ni la force. La Demoiselle aurait tout donné pour être aussi stoïque que son père, mais pourtant, elle le haïssait en ce-moment présent. « C'est tout ce que tu comptes faire ?» Demandait-elle, son regard triste et furieux braqué sur le dos de son père. « Même pas la pleurer ? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?! » Insistait-elle en se redressant.

Et le Précurseur ne répondit rien ; les cris de sa fille ne l’atteignaient pas, restant indifférents à ceux-là, il se contenta de retourner au commandement des troupes restantes. Mais il n’y avait plus grand monde. Les soldats se faisaient décimer, et le hasard décidait d’épargner les derniers membres de la maison Devorantem. Le Cordonnier continuait de tenir le front, avancé dans les débris avec les derniers soldats encore en vie, tandis que le Précurseur restait là, en arrière, à observer les troupes se battre. Ushran se passa une main sous les paupières, pour faire disparaître les larmes et s’approcha colérique de son père, le forçant à se retourner d’un violent geste elle resta d’abord silencieuse, intimidée par son allure, avant de finalement éclater de nouveau en sanglot contre lui, le frappant à plusieurs reprises contre le torse, répétant qu’elle le haïssait, qu’il était un monstre, et qu’il était un mauvais époux. D’abord ne réagissant pas, le Précurseur craqua et repoussa sa fille avec violence, la faisant trébucher en arrière sans qu’elle ne tombe, il s’approcha l’air sévère et l’attrapa par la gorge, si fort qu’il la souleva de quelques centimètres du sol, les sourcils froncés et le visage enragé. « Ne t’imagine pas, sombre idiote, que je ne suis pas affecté par sa mort. Ne t’imagines pas que j’ai moins de peine que vous trois ; ne crois pas que je n’en ai rien à faire. J’AI vécu pendant plus de dix incarnations auprès d’elle, J’AI passé plus de cinq millénaires à ses côtés. MOI, et MOI seul. Ton frère et toi n’avez pas la moindre idée de ce que je peux ressentir. » Il relâcha finalement la gorge d’Ushran et elle tomba par terre, reprenant son souffle avec difficulté.

Mendax, intimidé et silencieux, avait observé la scène de loin, c’est quand le Précurseur la relâcha finalement qu’il s’empressa de courir vers elle, l’aidant à se relever il observa son père un instant avant de la conduire vers un endroit où elle pourrait s’asseoir et se remettre de ses émotions.

Agenouillé en face d’elle, Mendax n’osait pas la regarder dans les yeux, la tête baissée, comme s’il croyait qu’Ushran l’avait méritée. Des trois, La Demoiselle était la plus âgée, dépassant d’à peine quelques siècles Le Cordonnier. Et en tant qu’ainée elle avait toujours été la seule avec assez de courage pour oser tenir tête à son père. Mais cette fois-ci, ça n’avait pas suffi. Mendax s’en rendait compte lentement, en restant auprès de sa sœur ; Le Précurseur était en tort. Une nouvelle sensation fit lentement son ascension dans les cœurs de Mendax, une sorte de haine mêlée à un courage extraordinaire. Il osa relever la tête et regarder sa sœur quelques instants, avant de la prendre dans ses bras et de lui murmurer à l’oreille qu’elle avait eu raison. Qu’il était fier d’elle, et que plus jamais elle n’aurait à endurer  tout cela toute seule. Se faisant, il se redressa et s’approcha de son père qui ne regardait pas dans la même direction qu’eux, et leva le ton à son tour. « Ushran a raison. Ton comportement est pitoyable, tu prétends l’avoir aimé mais ce n’est pas l’attitude que tu montres ! » S’il avait pu anticiper la suite, Mendax se serait accroupi, ou aurait fait un pas sur le côté. Mais contrairement à sa mère, il ne voyait pas dans l’avenir. Ainsi, il ne fut pas capable d’éviter la violence et la force de son père, se prenant un coup de poing en plein visage la silhouette frêle du jeune seigneur du temps virevolta en arrière, projetée au sol. Couvert de sang et de larmes, la douleur était horrible.

L’imposante stature de son père s’approcha de lui, et le regarda avec mépris. Tandis qu’au loin Le Cordonnier avait retourné la tête en entendant ce fracas ; Le Précurseur posa un pied contre le torse de Mendax pour l’empêcher de se redresser, « Crois-tu connaître quoique ce soit ? L’arrogance d’un enfant artificiel m’étonnera toujours. Tu n’es ni de son sang, ni du mien. Juste une coquille inutile, destinée à servir au retour de Peylix. » lui avait-il craché au visage en se penchant vers lui. Retirant son lourd pied de lui, pour faire demi-tour et se diriger vers les troupes, il n’avait pas bronché en voyant Le Cordonnier se ruer vers Mendax. Son frère l’aida à se relever, et de la même façon que Mendax avait pris Ushran en charge, il l’amena à côté d’elle et s’occupa de soigner sa blessure avec rapidité. Plaçant un genre de tissu transparent sur lequel on distinguait des circuits contre la partie de sa joue que la force du coup de poing et le sol avait ouvert et avait faite saigner. Ushran était silencieuse, les bras croisés comme si elle s’étreignait elle-même. Mendax garda un instant la tête penchée vers l’arrière, sous le conseil du Cordonnier, avant de la redresser vers l’avant, une fois que le bandage électronique était en place. Des larmes vinrent à nouveau teinter de rouge les pupilles du seigneur du Temps et Le Cordonnier s’empressa de poser une main contre la nuque de son frère, en le regardant avec beaucoup de compassion. « Eh. Eh, regarde-moi. C’est courageux ce que tu as fait. Il ne faut pas avoir honte. Ni toi, ni Ushran n’êtes en tort. Tout va bien se passer. C’est la Guerre qui rend tout le monde aussi tendu. »

Mais les nouveaux pleurs du jeune homme ne venaient pas de là, ils avaient été alimentés par autre chose, ce que le Précurseur lui avait vomi au visage, Mendax ne l’avait pas compris. Il bégaya un instant avant de pouvoir parler, « Ce qu’il a dit… C’est la vérité ? » s’interrogea Mendax en lançant d’abord un regard à Ushran puis à son frère ; ni l’un ni l’autre ne fut capable de répondre. Et inspirant d’abord un instant pour réfléchir, Le Cordonnier tourna la tête pour regarder leur père avant de reprendre « Je n’en sais rien. Mais peu importe ce qu’il a dit ou ce qu’il puisse croire, ça n’a aucun impact sur toi, ou sur nous. Que ce soit vrai ou non, tu es notre frère. Et ce n’est pas lui qui définit ton utilité. Ce sont tes actes. Et tes actes seulement. » Mendax hocha la tête, réconforté, et cessa de pleurer ensuite. Ushran qui s’était un peu moins resserrée contre elle-même attrapa son petit frère et le serra fort contre elle. Le Cordonnier se releva et ramassa son fusil qu’il avait mis de côté pour appliquer les bandages à son frère, la Guerre n’était pas terminée, et ils étaient toujours attaqués, il devait retourner derrière les barricades. Cette fois-ci, en passant à côté de son père, il ne lui adressa pas un regard et se contenta de repositionner son fusil pour tirer dans la direction des forces daleks. Un instant avant qu’il ne rejoigne les autres troupes, Le Précurseur héla dans sa direction ; « Prendre sa défense ne me fera pas t’aimer. Il n’est pas ton frère, pas plus qu’il n’est celui d’Ushran. » On eut peut-être l’impression que Le Cordonnier s’apprêtait à faire volte-face et tirer sur son père, mais il ne le fit pas. La colère qui se reflétait en lui à la suite de ses propos fut jetée contre les Daleks qui ne cessaient pas de foncer contre eux. Il n’eut de pitié pour aucun d’entre eux.

Mendax n'osa pas quitter Ushra, toujours serré entre ses bras, elle ne semblait pas non plus prête à le laisser partir. Cependant, ce qui était une manière de se réconforter l'un et l'autre ne plaisait pas au Précurseur. Il s'était tourné vers eux, et bien qu'on aurait pu croire que c'était pour présenter des excuses, il se contenta d'abord d'ordonner sur un ton vif et sévère « Mendax, retourne t'occuper des communications ! » Le précédent énervement de sa sœur s'était, semble-t-il, transposé sur lui, puisqu'en se redressant il osa tenir tête et soutenir le regard terrifiant de son père, lui répondant sans bafouer d'un « Non. » vindicatif.

Il en aurait fallu beaucoup, en temps normal, pour surprendre et étonner Le Précurseur. Pourtant, la réponse négative de Mendax se montra suffisante pour l'interpeller. Haussant un sourcil, il s'était approché d'un air presque choqué. Posant son lourd regard sur lui, Le Précurseur fut rapidement coupé, avant même de pouvoir prendre la parole, par Mendax qui s'empressa de justifier d'un autre « Non. Je ne retournerai nul part. Mère est morte, et même si tu prétends être autant affecté que nous; tu ne l'es pas. Je me fous de ces putains de communications, je me fous de cette saloperie de Guerre. Et je me fous de tes ordres ou de toutes ces machinations religieuses que toi et je ne sais qui me réserviez ! » Les cœurs de Mendax battaient à l’unisson dans un rythme endiablé, il fixait son père avec terreur mais faisait tant bien que mal en sorte de ne pas le lui montrer. Rougissant au travers de son acte, Mendax était pétrifié, bien qu'il ne voulait pas rebrousser chemin, se savoir incapable de bouger, devant le mastodonte qu'était son père, rendait le jeune seigneur du temps nerveux. Le terrifiant Précurseur brisa finalement le silence qui s'était installé en fronçant les sourcils avant de hurler à Mendax un horrifiant « Je t'égorgerai moi-même si tu ne retournes pas à ton poste; immonde petit ingrat ! »



La haine du Précurseur était bien réelle, sans attendre aucune réaction de la part de son fils, il attrapa Mendax par la gorge et le jeta sur le côté, dans la direction de la table holographique. Il fit quelques pas vers Ushran, qui restait toujours immobile et silencieuse, là où Mendax l'avait faite s'asseoir et d'un air encore plus méconnaissable de fureur, il la força à se relever en la tirant par le col vers lui. L'autre main libre, prête à la gifler avec force, le Précurseur l'observa quelques instants dans le blanc des yeux avant de lever la main. Ushran, quant à elle, ferma mécaniquement les yeux, comme habituée à se faire battre. Mais avant qu'elle ne puisse sentir la violence de son père sur son visage, celui-ci la relâcha et s'écroula au sol. Le Cordonnier lui avait lancé dans le dos une décharge non-mortelle de son fusil. Le Précurseur frémissait par terre, tourmenté par le choc électrique, tandis que Cordonnier s'approchait d'Ushran et la serra contre lui. Gardant son fusil pointé vers leur père, le Cordonnier l'observa à son tour avec le même mépris qu'il avait éprouvé contre ses enfants. Mendax s'était redressé et s'approcha à son tour du Cordonnier et de sa sœur. Les trois enfants regardèrent le Précurseur gémir de douleur sous le choc électrique et, tandis que les dernières décharges s'estompaient pour le laisser sonné au sol, Mendax l'observait avec un dégoût bien plus prononcé que son frère et sa sœur. Pendant quelques instants, ils ne firent rien, mais alors que les yeux du Précurseur croisèrent ceux de Mendax, on eut l'impression que le monstre qu'était leur père semblait implorer Mendax de l'aider. Si bien que le jeune seigneur du temps eut l'impression d'entendre dans son esprit la voix de son père lui demander de l'aider, de tuer Ushran et Cordonnier, de ne rien laisser en travers de leur route à tous les deux. La Demoiselle, qui n'était pas insensible à la télépathie l'entendit aussi, et elle lui murmura de ne pas l'écouter. Mendax embrumé par la haine se jeta contre son père à terre et le frappa, encore et encore et encore. Jusqu'à briser autant d'os de son visage qu'il n'en brisait sur ses poings. Pour finalement mettre fin à ses millénaires de tyrannie. Sous le regard silencieux du Cordonnier et de la Demoiselle.

__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties


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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Ven 12 Sep 2014 - 1:23

♦♦ From One to Three



La seconde mort du Précurseur, comme la seconde de la Sorcière semblait être reliée à la bulle temporelle dans laquelle Aegis avait été enfermée. Cependant, bien que la Sorcière avait retirée la ville du temps et de l'espace en mourant une seconde fois, lorsque ce fut au tour du Précurseur, la Bulle temporelle s'était certes dissipée, mais Aegis ne revint pas. Au lieu de cela, ils se retrouvèrent projetés tous les trois dans des ruines si anciennes qu'on aurait dit qu'elles dataient d'il y a plusieurs millions d'années. Autour d'eux il ne restait plus rien d'Aegis, et pas la moindre trace du conflit ni même de la Guerre du Temps. Pourtant celle-ci avait bien lieu, le ciel était envahi à l'horizon par des vaisseaux Daleks et Gallifreyens, et le combat battait son plein dans la direction du Capitole et d'Arcadia. Les trois seuls survivants d'Aegis regardèrent au loin, et la terreur de la Guerre les hanta de plus belle.

Le Cordonnier, réajustant son fusil sur son épaule, observa longuement la lointaine silhouette enflammée du Capitole avant de se tourner vers Mendax, « Dax, tu ferais mieux de partir. Tant que tu en as encore le temps. T'es trop jeune pour faire cette guerre. T'en es qu'à ta première incarnation, ce serait idiot de tout perdre aussi vite. » La Demoiselle hocha brièvement la tête lorsqu'il observa sa réaction, avant de reposer son regard sur Mendax. Le jeune seigneur du temps était dépité; « Mais je vais pas vous abandonner tous les deux là-dedans...  Fuyez avec moi ! » La Demoiselle répondit d'un ton très protecteur, « Non. Ne t'inquiètes pas pour nous, ce n'est pas notre première guerre. On saura se débrouiller Daxalmax et moi. Dépêche-toi, le-ton TARDIS est au Bosquet. » Mendax hocha la tête, regarda Ushran, sa soeur et Daxalmax, son frère, avant de tourner les talons et de se diriger dans la direction opposée. Tandis que Le Cordonnier et La Demoiselle s'en allèrent vers le Capitole.

Traversant les ruines, Mendax n'eut pas grand mal à atteindre les restes de ce Bosquet dans lequel il avait choisi son titre, il n'en restait plus grand chose que des arbres morts et de la terre desséchée; le bosquet était silencieux et les ruines étaient vides du moindre envahisseur, les Daleks n'étaient pas intéressés que par les zones habitées; comme indiqué par Ushran le TARDIS l'attendait bien à cet endroit.

Jamais Mendax n'aurait pensé être aussi heureux de retrouver une simple machine, même s'il aurait préféré repartir aux côtés d'Ushran et de Daxalmax; il ne comprenait malheureusement que trop bien qu'il n'avait pas d'autres choix. Et quand bien même, la tristesse de les laisser là fut très difficile à supporter. À bord du TARDIS, Mendax hésita bien longtemps avant d’en démarrer les moteurs, il avait d’abord passé quelques temps à observer la console, en faire le tour, et se décider à quitter définitivement Gallifrey, pour abandonner son peuple tout entier, son frère, sa sœur et tout ce qui restait d’Aegis était un choix presque impossible à faire, mais il n’avait pourtant pas d’autre choix, s’approchant des commandes, une main posée contre le levier qui actionnerait le décollage, il n’osait pas encore l’abaisser ; trop effrayé de partir. Mais trop effrayé de rester aussi, les Daleks allaient tout détruire autour de lui s’il ne partait pas…

« Décision difficile à prendre, n’est-ce pas ? » L’incarnation future de Mendax était toujours là, dans le TARDIS, il était adossé contre le mur, Mendax ne l’avait pas vu auparavant et sursauta donc en conséquence lorsque sa voix brisa le silence de la pièce.



L'incarnation future fit quelques pas autour de la console et se plaça à l'exact opposé de Mendax. « J'étais seul quand ça m'est arrivé. J'ai dû vivre avec le poids de cette fuite sur mes épaules. Je n'ai jamais pu m'y faire. Ce que j'aurai souhaité; ce que je sais que tu souhaites en ce moment-même; c'était de ne pas être seul. » Et se faisant, il posa ses mains sur la console, leva les yeux vers son passé et lui dit, d'une voix pleine d'espoir. « Tu ne seras plus jamais seul. Et ça, je te le promets. »

Offrant d'abord un regard intrigué à son avenir, Mendax hocha finalement la tête. Et c'est plein de réconfort et d'un courage nouveau qu'il fit décoller le TARDIS, présent et futur aux commandes; ils traversèrent l'atmosphère de Gallifrey et quittèrent rapidement le système solaire. Juste assez vite pour apercevoir au loin une gigantesque explosion qui balaya mystérieusement l'armada Dalek. Dans un flash détonant le TARDIS disparu et s'engouffra dans le vortex du temps. Là-dedans, ils cherchèrent à rejoindre la fin de la Guerre et à retourner sur Gallifrey mais quelque chose l'empêchait. Ils ne savaient pas quoi. Ainsi, pendant quelques longues décennies ils furent bloqués à l'intérieur du vortex. Pendant ces années d'enfermement dans le vortex, l'avenir de Mendax lui apprit bien des choses, surtout à se battre et à comprendre et réparer le TARDIS, tandis que celle-ci lui apprenait les natures de sa naissance, forgé à partir d'un loom relié à sa console, il était né de trois seigneurs du temps sacrifiés et d'une portion de l'ADN de sa mère, la Sorcière; le rendant à la fois fils de son TARDIS et fils de La Sorcière. Lui offrant ainsi les mêmes capacités de magie que sa mère ainsi qu'un étrange lien avec le temps et la création. Une sorte d'avantage qui n'avait rien de très prestigieux, puisqu'il ne pouvait rien en exploiter à part quelque chose qui gonflait son égo.

C'est au bout de soixante quatre ans que le TARDIS parvint finalement à sortir du Vortex, à la suite d'une gigantesque explosion si puissante que tout avait cessé d'exister pendant une fraction de secondes, si bien que les commandes s'étaient affolées et que le TARDIS s'était projeté dans une dimension parallèle pendant cette-même fraction de secondes. Tout avait été silencieux pendant ce qui avait paru durer des heures avant que la lumière ne fut à nouveau. Lorsqu'ils émergèrent enfin du vortex, il y avait quelque chose de différent. L'un ou l'autre des Mendax n'avait aucune idée de ce dont il pouvait s'agir, alors que le TARDIS indiquait des choses qui n'avaient aucun sens. Un Big Bang.



Kasterborous, la grande constellation où siégeait Gallifrey, il avait perdu l'espoir de la revoir un jour, ces grandes nébuleuses au loin, ses deux gigantesques soleils, ses lunes et sa planète orangée. Ils étaient à quelques parsecs de Gallifrey, elle était là, immobile et magnifique. Silencieuse dans son vide galactique; les deux Mendax se tenaient là, dans le TARDIS a en observer l'image. L'un comme l'autre aussi touché par cette vision. Cependant, c'était le présent seulement qui devait s'y rendre, l'intervention de son avenir était terminée. Et ravalant son bonheur de voir son monde se tenir là, à sa place, il souleva sa manche, sur laquelle on voyait un manipulateur de vortex. « J'ai fait ce que je devais faire. Bonne chance pour le reste, Mendax. » Lui dit-il avant de disparaître dans un nuage électrique.

À peine avait-il eut le temps de reprendre les commandes en mains que le TARDIS se mit à grogner et violemment grincer; le vaisseau n'eut même pas le temps de se déplacer qu'il avait déjà été enchaîné dans un rayon jaunâtre qui l'immobilisait. D'abord inquiet, il se rua vers les écrans mais n'eut pas le temps de les atteindre puisqu'il fut violemment transmaté sur Gallifrey. Dans une grande pièce aux allures de cathédrales, avec d'immenses vitraux opaques desquels on peinait à lire de large cercles anciens; il y avait une femme, vêtue de blanc, dont le heaume se séparait en deux extrémités brodées d'or, elle portait une large écharpe rougeâtre, et à sa droite comme à sa gauche on apercevait divers vieux et vieilles Seigneurs du Temps, tous vêtus de robes aux couleurs différentes, chacune indiquant leur affiliation politique. Mendax n'était pas indifférent des choses de son monde et il avait bien compris ce qu'il se passait. Se redressant du transmat violent, il baissa les yeux pour constater que ses mains comme ses pieds étaient enchaînés dans des liens en une matière semblable à du diamant. « Ah, crap... » Marmonna-t-il en posant ses yeux sur la femme en blanc.




« Seigneur Fersingradamenotorelevomegatharon de la Grande Maison de Devorantem, porteur du Titre Mendax; vous paraissez en ce-jour pour être jugé de vos crimes passés, présents et futurs devant la Grande Inquisitrice, Dame Darkelatraquistahastrad de la Grande Maison de Jurisprudence, porteuse du Titre de The Inquisitor, membre du Haut Conseil gallifreyen et Inquisitor Prime de Gallifrey et ses mondes colonisés. Vos crimes affreux et horribles enfreignent toutes les lois passées et présentes de la constitution Gallifreyenne. Vos méfaits recensés enfreignent tous une ou plusieurs Lois du Temps; certains les enfreignent toutes en même temps. Il a donc été décidé par le Haut Conseil de Gallifrey de vous condamner. Chaque Chapitre choisira la sanction qui lui paraîtra la plus appropriée et l'énoncera à voix haute, au tour à tour. L'Inquisitrice se chargera de déterminer laquelle est la plus apte à être appliquée. Pour de plus amples informations sur les méfaits à venir du condamné veuillez prendre connaissance des documents présentés devant vos parloirs respectifs. » Avait mécaniquement vomi un homme qui siégeait à côté d'elle, en se redressant, fixant Mendax d'un air assez étrange. Qui semblait bien familier au condamné, sans même qu'il soit en mesure de comprendre pourquoi.

Mendax observait chacun des politiciens, tous confortablement assis dans des sièges larges et épais, comme s'il s'agissait de simplement se détendre, ils marmonnaient, discutaient, certains riaient entre eux sous le regard silencieux et patient de l'Inquisitrice et son Assistant. Son regard resta un instant sur ceux vêtus de tenues vertes sombres aux cols bruns, il s'agissait du Chapitre Arcalian, les gens d'Oméga, ceux qui avaient dirigés Aegis après la mort de celui-ci; ils n'avaient pas l'air plus aimables ni plus indulgents puisqu'il entendit l'un d'entre eux marmonner quelque chose à propos de la Death Zone. Un endroit terrible que Mendax espérait ne jamais voir. Tournant le regard à la mention de celle-ci, il posa ses yeux vers des politiciens vêtus de robes bleues; ceux-là parlaient de Vaporisation. La peine de mort. Le jeune seigneur du temps baissa la tête et resta silencieux.

Quelques minutes passèrent, puis des heures, et les chaînes commençaient à devenir de plus en plus inconfortables. Il peinait à rester sur place, immobile, ses jambes devenaient lourdes et le poids des liens lui faisait si mal au dos qu'il était légèrement penché vers l'avant. Les membres de chaque Chapitre avaient finalement terminés de discuter et chacun avait désigné l'un d'entre eux qui parlerait pour eux tous, les six membres de chacun des six Chapitres s'étaient donc avancés devant leurs parloirs et attendirent le signe de l'Inquisitrice pour prononcer leur punition souhaitée pour Mendax. « Le Chapitre Prydonian exige l'annulation du droit à la régénération. » Énonça le premier Émissaire avant de croiser les mains dans son dos.

« Le Chapitre Arcalian exige un transfert dans la Death Zone. » S'offusqua le second Émissaire en regardant Mendax avec dégoût et une haine profonde. L'Inquisitrice fit signe au troisième émissaire, qui se leva à son tour, « Le Chapitre Patrexes demande l'emprisonnement sur deux incarnations. » Marmonna l'émissaire en posant ses mains contre la surface en bois de son parloir. Un autre émissaire observa celle du Chapitre Patrex avec amusement avant de rire grassement; pour ensuite hurler une fois qu'on lui avait fait signe « Le Chapitre Dromeians EXIGE l'emprisonnement sur TOUTES les incarnations ! » L'Inquisitrice fit rapidement revenir le calme d'un geste de la main, l'émissaire gras et bruyant des Dromeians ne semblait pas en bons termes avec celle des Patrexes; elle fit signe à une autre femme, celle-ci vêtue de bleue, qui se leva et dit « Le Chapitre Céruléen demande la Vaporisation. »

Enfin, l'Inquisitrice fit signe aux derniers des émissaires, dont les vêtements aux couleurs de la cendre semblait brûler sous les éclairages de la pièce, qui se leva et approcha de quelques rapides et fins mouvements vers son parloir. L'émissaire était une jeune femme aux longs cheveux bruns et bouclés. D'une voix sereine et moins fortes que les autres, car elle ne cria pas, elle dit « Le Chapitre Scendles propose l'exil. » Presque tous les autres émissaires s'offusquèrent et hurlèrent à la mascarade en insultant l'Émissaire de ce dernier Chapitre, et quand bien même elle avait fait signe de se taire, l'Inquisitrice eut du mal à les faire se calmer à nouveau, si bien qu'elle avait du frapper à plusieurs reprises de son marteau. « Les Émissaires resteront silencieux ou j'ordonnerai évacuation ! Ce tribunal n'est pas un exutoire à insultes. Et Seigneur des Dromeians devrait le garder à l'esprit s'il ne veut pas se trouver prochain sur le banc des accusés. » Elle fit une pause et se leva de son siège, située un peu plus en hauteur que les autres, elle les dominait de sa présence mais surtout de son statut.

Les mains posées contre la surface de son bureau, elle passa son regard sur chacun des politiciens, avant de le déposer sur Mendax. « En tant que Grande Inquisitrice, c'est à moi et moi seule que revient cette décision, et si elle ne plaît pas aux membres des Chapitres, ils seront remerciés de leur postes au Tribunal. En vertu, donc, des pouvoirs que Rassilon et le reste du Haut-Conseil m'a confiée, j'ai décidé de la sentence. Celle-ci, irrévocable et à effet immédiat est l'Exil. Seigneur Mendax, de cette sanction, vous perdez tout droit de venir sur Gallifrey pendant cinq milles ans sous peine d'être emprisonné et de perdre vos régénérations à venir. Votre TARDIS verra ses bases de données nettoyées de toutes informations concernant notre monde et un inhibiteur sera placé dans ses moteurs pour l'empêcher de se matérialiser aux coordonnées de Gallifrey ou d'un monde colonisé. En votre qualité de dernier membre vivant de votre Maison, tous les biens, titres et autres propriétés y appartenant sont immédiatement et pour les mêmes cinq milles années réquisitionnées par le Haut-Conseil. » Elle frappa trois fois de son marteau, et le bruit des politiciens résonna autour de Mendax tandis qu'il était téléporté une seconde fois, à bord de son TARDIS qui fut à son tour projeté ailleurs, loin de Kasterborous.




Pendant des années, Mendax traversa le Temps et l'Espace sans véritable but, sans véritable motivation. Tout s'était écroulé autour de lui, il n'avait plus de famille, plus de foyer. Plus de planète, ni nul part où aller. L'Univers était gigantesque et lui était seul, seul avec son TARDIS, un grand vaisseau silencieux et muet. De quoi devenir cinglé. Sans savoir où aller, sans savoir où rester, Mendax traversait les époques un peu plus chaque jour, dérivant dans des périodes, s'ennuyant dans des moments historiques; rien n'avait de valeur. Tout était devenu si fade, si grisâtre... Plus rien n'avait de saveur dans l'univers. Parfois au détour d'un voyage ou d'un autre, il entrait en contact avec un peu d'adrénaline, mais ça n'était plus tant suffisant. Plus rien ne lui convenait et tout devenait si répétitif. Un jour, son TARDIS se heurta avec tellement de violence qu'il eut du mal à s'en remettre; le vaisseau s'était cogné horriblement fort contre une réplique identique au sien, si bien que la console avait explosé dans tous les sens. Projetant Mendax contre les portes. Et puis plus rien, tout était redevenu calme.

74 ans plus tard; la console était toujours en mauvais état. Mendax avait été incapable de réparer une grande partie des dégâts, ou peut-être qu'il en avait perdu l'envie. Quoiqu'il en soit, c'était devenu difficile de piloter cette vieille machine mal en point, si bien qu'il voyageait désormais à l'aveuglette; les écrans ne lui indiquaient plus où il allait, ni dans quelle époque il atterrissait. Un mal pour un bien peut-être. Puisque ce voyage allait être le dernier, Mendax n'en savait rien, mais ce qui allait se passer aller tout changer. Il y eut l'habituel grognement du vaisseau lorsqu'il se matérialisait, puis un large et sourd bruit d'atterrissage. Trainant les pieds vers l'extérieur, il ouvrit les portes d'un air presque indifférent; et avant même qu'il ne puisse s'en rendre compte, des dizaines de flèches s'étaient plantés dans les portes et peut-être trois ou quatre en lui.

La douleur était absente pendant quelques temps, jusqu'à ce qu'il se rende compte de ce qu'il se passait autour de lui; tombé en pleine conquête de l'Ouest, il s'était matérialisé au centre d'une zone de conflit, des Mohawks se battaient contre des américains, et une volée de flèches l'avait touché. En toute hâte il recula vers l'intérieur de la console, les mains comprimées vers son torse touché, il essaya de fermer les portes mais n'y parvint pas, la douleur l'emplissait d'incertitude et de difficulté à marcher. Il trébucha par terre, s'écrasa contre le sol froid et glacé de la pièce, sur le côté du corps. Cherchant à ramper vers la console, il voyait de plus en plus mal. Il entendit un lourd fracas derrière lui, les portes s'étaient fermées toutes seules et lui; silencieux, s'endormait par terre.

Il ne se souvint de rien en s'éveillant.

La nouvelle personne qu'il était ne lui disait rien, il ne se reconnaissait pas dans l'étroit reflet que son TARDIS pouvait lui fournir au travers d'un écran, et ne savait pas non plus qui il était ni quoi que ce soit à son sujet. Et la seule chose dont il se souvenait était qu'il était un Seigneur du Temps. Mais même ça, qu'est-ce que ça voulait dire au final ? Dérivant dans le cosmos en toute hâte, son TARDIS avait fui la zone de sa première mort et l'avait emporté il ne savait où. Ça, il savait qu'il venait de se régénérer, mais sans la moindre idée de quelle incarnation il était, il était en bien mauvaise posture. Quand bien même il n'avait plus de souvenir de lui-même, son cerveau criait des informations dans tous les sens, à tel point qu'il n'en pouvait plus. Se serrant les tempes en toute hâte il se recroquevilla contre lui, adossé contre la console et s'efforça tant bien que mal d'emmagasiner tout ces souvenirs sur bien des sujets. Sa mort devait avoir été incroyablement violente pour qu'il en oublie même sa propre personne supposait-il.

Les protocoles de sécurité du TARDIS fonctionnaient à pleins moteurs et sans qu'il ait besoin de piloter le vaisseau, celui-ci traversa le cosmos et le temps, pour finalement atterrir sur un monde à la végétation si dense qu'on ne distinguait pas les continents. Les Monts Victorieux, tel était le nom de ce monde, vivaient dans un constant état semblable à l'époque médiévale, quand bien même on distinguait des outils techniques et une technologie relativement avancée, ce timelord sans nom et sans titre s'y posa rapidement. Le TARDIS avait jugé que la planète serait la chose la plus convenable pour qu'il puisse se remettre du stress post-traumatique de sa mort.

Devenant ermite tout autant qu'il était devenu l'un des habitants les plus respectables et les plus adorés des Monts Victorieux, le vieillard sans nom fut considéré comme le héros qui redonna vie à ce monde en pleine proie à d'innombrables maladies et de nombreuses crises, famines et autres catastrophes, usant de son savoir très ancien il avait permit à la planète de retrouver sa gloire autrefois perdu. Cependant, l'année suivante, ses souvenirs lui revinrent avec violence, comme un choc électrique. Son nom, son titre. Et tout ce qui faisait de lui qui il était réellement. Mendax était mort, Mendax II vivait. Et celui-ci avait ruiné tout ce que le premier prétendait être. Colérique et enragé, il s'en alla et retrouva son TARDIS, quitta la planète en toute hâte et s'enferma pendant une année toute entière, sans jamais voyager, à l'intérieur du TARDIS. Ironiquement, il était celui qui avait contribué à la fabrication des armes à feux du monde qu'il avait redressé, et furieux, il quitterait ce monde à tout jamais pour ne plus jamais y revenir. Cependant c'était trop. Cet immonde petit personnage qu'il était le dégoûtait sous tous les angles, que ce soit moralement, physiquement ou intellectuellement. Il avait besoin de changer.

Changer. Fort heureusement, il était de ces gens capables de changer. Et armé d'un pistolet, il se tira une balle dans la tempe. Traversant sa cervelle et sortant de l'autre côté de son crâne, ricochant contre un mur de la salle de console, la balle disparue quelque part dans les grands murs de la pièce. Et tout en tombant par terre; le corps trapu du Mendax se mit à brûler, d'une énergie dorée aux accents pourpre si intense qu'on aurait dit qu'il était devenu un brasier. Étalé au sol, l'énergie se répandait autour de lui comme une gigantesque inondation de flammes. Et tandis que lui changeait une seconde fois, la console hurlait sa souffrance. Le suicide du second Mendax venait de sévèrement endommager le lien qui le liait à son TARDIS, à sa mère artificielle. Si elle avait pu saigner, la console toute entière aurait saignée. Il était trop tard pour revenir en arrière.

Et dans un rire maniaque, alors qu'il reprenait vie et que son corps brûlait d'énergie, il se mit à rire. Avant de finalement s'évanouir et de devenir le Troisième.



En s’éveillant, une incroyable douleur vint se loger dans son crâne, comme un mal de tête si violent qu’il eut l’impression que sa cervelle allait lui exploser sous les yeux, se serrant le crâne du bout des doigts, il n’eut pas encore le temps de contempler son reflet et de savoir ou non s’il allait se suicider à nouveau dans un même élan de folie. Les choses étaient trop floues autour de lui et la seule chose qui avait du sens devant lui en ce moment présent était l’horrible douleur qui sifflait dans son crâne, comme si la balle qu’il avait tiré était toujours logée au centre-même de son cerveau. Il tituba pour se relever et se dirigea comme il put entre les couloirs longs et sûrement infinis de son TARDIS pour finalement s’échouer devant la porte fermée de la baie médicale, frappant plusieurs fois contre la porte il essaya de l’ouvrir, sans succès, et son TARDIS semblait ne pas le comprendre puisqu’elle était toujours fermée. Lui, écrasé devant l’entrée de celle-ci, recroquevillé les mains contre son crâne, frappa à nouveau contre la porte et sembla même y mettre plus de force que précédemment puisqu’on entendit l’écho du métal sonner contre celle-ci. Toujours endolori, le seigneur du temps fit du mieux qu’il put pour se redresser et tenter de tenir debout, même si l’exercice semblait très simple il était devenu impossible pour celui-ci puisqu’il manqua de tomber à plusieurs reprises et se décida finalement à se tenir contre l’arche métallique qui séparait la porte et le reste des couloirs. Marmonnant des choses sans réussir à les prononcer, la porte restait toujours fermée, jusqu’à ce qu’il ne donne un dernier coup contre celle-ci, si fort qu’il avait eut l’impression que sa main avait enflée après celui-ci.

Ce qui ne fut que quelques secondes pour permettre à la porte de s'ouvrir parut être une éternité aux yeux de Mendax. Titubant dans l'air, la douleur plus forte à chaque pas, Mendax se laissa finalement tomber contre une sorte de lit relié à des machines mobiles. Appuyant à l'aveuglette contre les touches qui activaient celles-ci, il avait clairement l'air de savoir ce qu'il faisait tout de même. Lorsqu'il pressa finalement un dernier interrupteur de couleur verte une voix artificielle se déclencha aussitôt. « interface vocale activée. » et les machines aux allures de bras mécaniques terrifiants, tous chargés d'outils en tout genre, se mirent rapidement en marche, tournoyant autour de Mendax avant de se déployer en cercle devant lui. À moitié évanoui par la souffrance, le seigneur du temps repris ses esprits difficilement avant de peiner à articuler quelques mots « Je... Eh... Lance un... Un. Un scan complet. Puis proto-protocole de maintenance 66, Régénération. »

En à peine quelques rapides secondes, les bras mécaniques se mirent en marche à la demande de Mendax. L'un des automates se redressa et un autre fit de même à l'emplacement opposé. Les autres bras mécaniques s'emboitèrent ensuite contre l'un et l'autre, tous parfaitement répartis. Droits et immobiles, on distinguait désormais des sortes de capteurs lumineux le long de leurs surfaces. Sifflants d'abord dans un genre de bruits qui semblait être le résultat de chacun des capteurs chauffants très lentement, ils commencèrent ensuite à tourner d'un geste unique autour de Mendax pour enfin projeter ce qui avait l'air d'un filet quadrillé holographique et doré. Ni jeté sur lui, ni déposé contre lui, celui-ci semblait avoir apparu par dessus la silhouette du seigneur du temps et la cercler parfaitement. Pendant peut-être trois minutes, les bras mécaniques continuèrent de tourner avant de finalement s'arrêter et de se détacher les uns des autres. Et de la même façon qu'il était apparu, l'hologramme doré disparu.

« no physical injuries detected. » Un coup de poing dans le métal, puis un regret; Mendax grogna en se serrant le poing un instant, au moins, sa douleur s'était redirigée dans sa main pour le moment. « then explain the fucking pain you fucking idiot ! » Le lien télépathique brisé rendait la matrice de traduction elle aussi tout à fait bancale, et l'interface de la machine, qui n'était pas configurée convenablement était tout aussi mal en point que le reste du réseau télépathique du TARDIS. Mendax, lui, avait répondu sans vraiment prêter attention à ce qu'il disait, ce n'était plus lui qui parlait mais sa douleur de toute façon. Alors il changerait de langue sans s'en rendre compte chaque fois que la machine elle aussi le ferait. Et tandis qu'il relevait la tête pour observer les machines et se déconcentrer de sa main endolorie, la douleur horrible et cinglante revint lui arracher l'esprit. Il hurla de douleur en se serrant le crâne de toute ses forces, recroquevillé sur le lit, les genoux presque à la hauteur du visage. Son visage mêlé de sang, de sueur et de larmes, il tremblait tellement qu'il n'arrivait même plus à perdre connaissance. « Aidez-moi... Aidez-moi... » Murmurait-il entre des hurlements incessants et des sanglots de plus en plus fort. L'horrible impression que son cerveau brûlait l'empêchait de se redresser, ni même de demander quoique ce soit à la machine, et s'il avait pu, il aurait hurlé à s'en briser les cordes vocales, il aurait hurlé qu'elle remplisse son système d'anti-douleurs. Qu'il se noie dans la morphine, la kétamine, l'aspirine même s'il risquait d'en mourir. La douleur était si violente, il voulait que cela cesse. Il voulait mourir. Mais la force qu'il avait eut lorsqu'il s'était tiré une balle dans le crâne n'existait plus; Mendax était devenu une loque incapable de bouger ne serait-ce que le petit doigt.

Paralysé par la peur, la douleur, et la violence de son suicide et de cette régénération. Il se sentait si faible, si honteux d'exister. Il aurait tout donné pour que sa sœur bien-aimée, son frère adorée, et même son père soient présents et puissent l'aider à survivre à cette nouvelle incarnation. Un millier d'années, voilà ce qu'il avait fallu à Mendax pour comprendre l'importance d'Ushran et de Daxalmax à ses yeux. Et pourtant, aussi fort qu'il souhaitait les voir à ses côtés, qu'il puisse sentir Ushran le consoler et Daxalmax l'encourager; tout ce qu'il entendait dans sa douleur étaient ses propres cris. Il hurlait, il hurlait encore et encore, si fort que sa voix ne lui sonnait même plus familière, quelque chose d'autre que lui était là et hurlait de douleur, ce n'était pas Mendax. C'était une bête sans fin et sans âge. Un monstre.

Ignorant l'univers dans ses hurlements, il n'avait plus conscience de quoique ce soit autour de lui, il était seul et souffrait. Resserré contre son propre corps chétif et mortel, il n'avait pas la moindre possibilité. Et pourtant, quelque chose autour de lui sembla s'animer. Les yeux fermés par tant de douleur, Mendax fut incapable de le remarquer, mais s'il avait pu les avoir ouvert, il aurait vu de gigantesques flammes dorées se dégager de son corps et s'animer autour de lui, sans qu'il ait le moindre contrôle sur elles, elles tournaient autour de lui, s'enroulaient comme de longs rubans autour des machines et tandis qu'il continuait de souffrir et de sangloter, elles s'affairaient à fonctionner. Toutes animées par cette énergie temporelle qui jaillissait de lui. En pendant un court instant, on aurait presque cru qu'une silhouette se dégageait elle aussi des flammes, plus grande que Mendax, peut-être plus épaisse de corps, elle semblait bien réelle, bien physique. Une véritable entité d'or et de flammes. Elle tenta plusieurs fois de s'approcher de lui, mais les mouvements du reste de l'énergie semblait l'en empêcher, comme un véritable tourbillon digne d'un maelstrom marin, l'énergie ne cessait de surgir du travers de chacun des pores endoloris du seigneur du temps. Et à chaque fois, la silhouette devenait de plus en plus réelle, plus masculine.

Finalement, elle devint réelle. Un véritable corps pour un véritable être, et tendant les bras devant lui il traversa les effluves bruyantes et dévastatrices d'énergie. Il ne s'agissait pas simplement d'un jeu de lumière ni d'une quelconque source d'on ne sait quelle magie qui animait les machines; il s'agissait d'énergie temporelle pure et puissante, la même source de Création et de Vie qui se déployait lorsqu'un Timelord se régénérait, et tandis que cette énergie traversait parfois l'être qui venait d'émerger de Mendax, on avait parfois l'impression qu'il l'absorbait, même parfois qu'il changeait d'apparence pendant un très court instant là où elle passait dans sa forme de rayon avant de s'écraser ailleurs. La puissance des projectiles lumineux semblait même creuser les murs du TARDIS que l'on réputait indestructibles. Pourtant, ils ne semblaient pas avoir le moindre effet sur cette étrange entité. Elle avait tendue les bras pour les poser par dessus les mains de Mendax, qui continuait de hurler et de tenir son propre crâne, surchargé de douleur. Et alors que les deux personnages se touchèrent, les énergies déversées en abondance par Mendax semblèrent se calmer et prendre simplement contrôle des machines. L'entité avait quelque chose qui semblait détendre et apaiser le pauvre seigneur du temps endolori. Et tandis que l'étrange personnage esquissait un sourire en serrant les mains de Mendax avec compassion, la douleur semblait s'envoler. Et quand il cessa finalement de hurler et osa enfin ouvrir les yeux, il n'eut pas vraiment le temps d'apercevoir ce qu'était cette silhouette qu'elle avait déjà disparue dans un nuage doré semblable à de la vapeur qui se dissipa au dessus de lui, comme les restes d'une régénération violente.

Se redressant difficilement, il eut du mal à se souvenir dans quel endroit il était, l'absence si rapide de douleur semblait lui avoir embrumé l'esprit. Il sursauta lorsque le contact froid d'un des bras mécaniques frôla son épaule, avant d'y planter une seringue sans crier gare. « Bordel ! Préviens avant, saloperie ! » S'était-il écrié en contractant le bras piqué presque immédiatement. L'interface vocale parut confuse pendant un instant, puisque tout les bras s'immobilisèrent. « "sincères excuses." prélèvement sanguin nécessaire pour le scanner complet que vous avez précédemment demandé. » Le seigneur du temps grimaça et se laissa faire, même si la perspective de donner tant de sang pour remplir une fiole d'un demi-litre ne lui plaisait pas des masses. Il serra les dents quand l'aiguille sortit de son bras et remua le bras quelques fois pour le désengourdir de l'épaisse aiguille qui devait faire plus de dix centimètres de long. Il fut parcouru d'un frisson quand deux des autres bras mécaniques vinrent soulever, même si arracher serait plus approprié, le t-shirt qu'il portait.

Ensuite, un autre s'approcha et plaqua contre le torse nu de Mendax un objet rectangulaire qu'on aurait tout à fait pu confondre avec un défibrillateur. Il y eut un léger choc qui fit grincer le seigneur du temps des dents mais rien de très puissant. Puis un grincement de chair, suivi par un bruit de succion violent et un genre de son similaire à celui du papier arraché, si ce n'est que le papier n'est jamais couvert d'une substance gluante et colorée de rouge. La machine venait d'ouvrir le torse du seigneur du temps et l'on pouvait clairement voir ses deux cœurs battre chacun leur tour. Mendax semblait ne rien ressentir, ce qui était dû au léger choc provoqué par la machine, elle avait neutralisée tous les nerfs du seigneur du temps, pour pouvoir opérer sans le faire souffrir. Un bras muni d'une très fine pince s'approcha et inspecta dangereusement de près les veines et les artères de chacun des deux cœurs avant d'y souffler un genre de gel bleu transparent qui semblait renforcer la chair autour des deux organes. Une fois ceci fini, la précédente machine vint recoller contre le torse de Mendax la partie de son torse qu'elle avait enlevée et dans un genre de sifflement accompagné de vapeur, la peau fut reposée là où elle avait été retirée, sans la moindre cicatrice. Une seconde décharge très légère fut envoyée à Mendax et son système nerveux fut remis en marche.

Il eut brièvement un peu de mal à s'y faire et sembla avoir du mal à respirer quelques secondes, avant de reprendre un souffle ordinaire. Penché vers l'avant, il avait croisé une de ses jambes sous l'autre, qui elle, balançait au bord du lit médical. La douleur n'était plus du tout présente, pas même dans ses moindres dernières piques, et c'était un sentiment étrange. Si bien qu'il semblait irréel et que Mendax n'avait plus l'impression de vraiment être là où il était. Comme s'il était conscient d'être inconscient, comme s'il dormait mais le savait. C'était une étrange plénitude à laquelle il n'avait jamais goûté.

Et c'est dans celle-ci qu'il sauta du lit et s'en alla aussitôt de la baie médicale, décidant que si la douleur n'était plus là, il n'avait plus rien à faire ici, quand bien même les écrans des machines affichaient d'effrayants résultats aux tests qu'ils venaient de faire sur lui. Tout cela, il s'en fichait et retourna auprès de sa console beaucoup plus détendu. Une fois devant celle-ci, il resta un instant immobile, observant la flaque encore humide de son propre sang, où il s'était suicidé. Comme fasciné par sa mort. Et puis, haussant les épaules, il donna un coup de pied dans le bas de la console et s'empressa de presser certaines commandes pour partir de peu importe où il était.



Les moteurs explosèrent et toute la structure se mit à trembler, Mendax n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait, mais tout explosait dans tous le sens. À peine régénéré, il allait déjà s'écraser ? Quelle plaie ! C'est visiblement ce qu'il se passait. Il n'avait pas pris la peine de consulter les rapports des scanners et n'avait donc pas idée de l'étendue des dégâts sur le réseau télépathique du TARDIS. Tout était foutu, la quasi-totalité des contrôles avait été rendue caduque et plus rien ne permettait au vaisseau de voyager convenablement; cependant, c'est avec un peu de savoir-faire gallifreyen que Mendax se débrouilla pour piloter ce qui restait de contrôlable dans le TARDIS. Il parvint à bidouiller les circuits assez rapidement pour faire se matérialiser le vaisseau dans l'atmosphère humaine de la Terre mais n'eut pas le temps de remettre les commandes de vol en état de marche...

Et le drame fut horriblement dévastateur. Un séisme dévastateur fut le résultat de ce crash; duquel Mendax parvint à sortir indemne en riant. S'extirpant difficilement de la carcasse fumante du TARDIS qui s'était si violemment écrasée qu'une partie s'était détachée et avait coulée sous les mers japonaises. S'extirpant de l'épave avec cela dit un peu de difficulté, il eut du mal à déplacer les épaisses parties métalliques que le crash avait arraché, et quand bien même, il en riait toujours. Si amusé de s'être écrasé, si amusé de s'être violemment séparé de tout. Sa folie était déjà bien présente et peut-être qu'elle était liée uniquement à la cause de la naissance de cette incarnation. Peut-être que les seigneurs du temps n'avaient jamais été supposés se suicider de cette façon, peut-être qu'ils auraient toujours dû attendre l'arrivée de la mort au lieu de la provoquer d'eux-mêmes.

De plusieurs coups de pied dans les portes de l'épave, Mendax parvint à les ouvrir et à sortir. Toujours hilare, il mit du temps à se calmer et ce fut d'un cri à pleins poumons qu'il termina finalement son atterrissage maladroit sur Terre. Posant ses mains contre ses hanches, il observa l'horizon quelques instants. Toujours torse-nu, il observait ce qui s'étendait devant lui, avant de se retourner vers l'épave en morceaux de son TARDIS. Soupirant dans ce qui eut l'air d'être un très rare élan de lucidité, il venait finalement de comprendre que son TARDIS était en majorité détruit, et quand bien même la machine n'était pas morte, elle était affreusement blessée. C'était comme se faire amputer des deux jambes par un médecin cinglé, après tout.

「 Kūki-chū no te! 」 se mit-on à hurler dans sa direction, il se retourna très rapidement, les mains en l'air comme on venait de lui ordonner, pour observer une trentaine de soldats japonais, des armes pointées vers Mendax. Il se mit à sourire l'air confiant, avant de leur répondre dans un japonais identique et tout à fait sans le moindre accent, l'un des avantages d'être Seigneur du Temps, 「 Ā nan iinkai! 」 s'étonnant lui-même ensuite, "Holy shit, I speak japanese now ! Haha !" L'un des soldats, sûrement le plus gradé à en croire son uniforme couvert de blasons en tout genre s'approcha un fronçant les sourcils, 「 Now? Anata wa timelord shite iru? 」 Baissant les bras lentement, Mendax hocha la tête, intrigué par le soldat, il savait à propos des seigneurs du temps et des régénérations, il avait sûrement interprété le "now" de Mendax comme indicateur d'une régénération récente, et il n'avait pas si tort. Pointant vers lui-même, le timelord répondit alors, presque excité qu'on le reconnaisse, 「 Hai, sore wa soreda! 」

Levant la main à ses troupes, le soldat leur indiqua de ne pas tirer, de baisser leurs armes, très simplement. Il s'approcha de quelques pas, et avec un accent très fort, lui demanda; « Que s'est-il passé ? » Mendax eut un instant de réflexion, se retournant vers l'épave en remuant les lèvres, sans former de phrases. Cherchant sans doute une formulation appropriée ou moins offensante que ce qu'il pensait. « Euh. Erm. Dysfonctionnement des moteurs...? »

S'en suivirent de très longues explications scientifiques et ennuyeuses durant lesquelles Mendax se débrouilla pour faire croire à ces autorités japonaises qu'il avait été forcé de s'écraser sur Terre s'il ne voulait pas mourir et provoquer un gigantesque paradoxe dans le continuum espace-temps qui aurait pu annihiler toute la création. Un mensonge assez gros et difficile à croire, quoique les humains prirent la parole du seigneur du temps comme quelque chose de très fiables et l'aidèrent à quitter l'île sur laquelle ils étaient. Laissant l'épave là, ils partirent à bord d'un bateau tandis qu'une autre équipe arrivait et se charger de repêcher ce qui était tombé sous l'eau et de récupérer le reste.



Entre-temps, ils lui donnèrent quelques vêtements supplémentaires, fort heureusement à sa taille, et tandis que le bateau quittait l'île et que le TARDIS se faisait récupérer, Mendax réfléchissait patiemment. Complotant dans son coin en boutonnant la chemise, il écoutait au loin les marmonnements de ces gens qui venaient de l'aider sans véritablement savoir qui il était. Il avait toujours perçu cette espèce comme naïve, mais n'avait jamais pensé autant de mal envers eux, s'étonnant lui-même en observant son reflet, des pensées si sombres lui traversaient l'esprit qu'il eut du mal à les interpréter toutes. Sa nouvelle incarnation était si différente que la précédente, si colérique, si haineuse; il y avait quelque chose d'effrayant dans son propre regard. S'observant, il détaillait les caractéristique de son corps, plus large et plus épais que le premier, il avait des cheveux bruns mi-longs et des yeux d'un bleu perçant, presque hypnotique. Si bien qu'il se mit à se demander s'il serait capable d'hypnose désormais. Chaque incarnation avait son lot de techniques et d'aptitudes; pourtant, il n'avait jamais vraiment pris le temps de découvrir tout ceci.

Cette fois-ci, il voulait connaître son incarnation. Il voulait apprendre à la contrôler, à la maitriser. Il voulait être le maître de son propre être et n'avoir plus aucune limite dans quoique ce soit, peut-être était-ce un élan mégalomaniaque, mais il était désireux de régner sur son être. Et pour savoir de quoi son nouveau corps était capable, il avait besoin d'explorer son esprit. S'asseyant sur le lit qui trônait silencieusement dans la cabine qu'il occupait sur le bateau, il croisa les jambes et joignit les mains. Prenant une grande inspiration, expirant, puis en prenant une autre, il devait faire le vide dans son esprit; ne pas penser et se détendre. La méditation était une pratique à laquelle il n'était pas étranger et rapidement, il tomba dans un état de semi-conscience, vadrouillant dans ses pensées comme s'il s'agissait d'un gigantesque labyrinthe; les choses étaient toujours les mêmes dans son esprit, c'était bien la seule chose qui ne changeait pas à chaque régénération et explorant une nouvelle fois les chemins qu'il connaissait déjà, il suivait une route qui le mena rapidement à des sentiers qu'il n'avait jamais emprunté ou aperçu. Se retrouvant finalement dans des endroits changeants, il eut une sorte de vision qui le fit sortir de sa transe méditative : des symboles dorés, des éclairs de lumière, et des tourbillons d'énergies. Puis, plus rien. Il eut d'abord du mal à comprendre ce qu'il venait de voir, mais une fois la chose comprise après quelques minutes de réflexions, il observa son reflet et se mit à sourire d'un air mauvais.

Approchant sa main du verre, il le frôla du bout des doigts et une sorte de décharge violette semblable à de la fumée vint traverser le miroir et le fendre en un millier d'éclats immobiles. Reculant sa main, il observa le verre fendu un instant et le toucha une seconde fois du bout de l'index et dans un grand fracas les morceaux du miroir s'écrasèrent par terre et se redressèrent dans un gigantesque nuage de poussière scintillante qui s'éleva dans l'air. Intrigué par ce don, il observa ses mains quelques instants, et se mit à rire silencieusement. Redressant le regard vers la porte fermée de sa cabine, il en approcha et voulu prendre la poignée, mais les mêmes ondes pourpres traversèrent sa main, et celle-ci se désintégra en un nuage de poussière au sol. Il n'avait pas encore pris le contrôle de ce pouvoir nouveau. Inspirant profondément, il se répéta une sorte de vieux mantra Gallifreyen en tête pour se convaincre de son contrôle et poussant la porte de la main, il l'ouvrit sans la désintégrer à son tour.

Observant le couloir autour de lui, il remarqua du coin de l’œil un soldat armé qui gardait le chemin qui menait à la cabine solitaire dans laquelle on l'avait convié à se rendre; finalement il n'était peut-être pas si libre que ça...

S'approchant à pas discret, il attrapa le soldat à la gorge et serra sa paume contre la bouche de celui-ci, pour l'empêcher de hurler. « Hello honey. » Lui murmura-t-il à l'oreille en collant presque sa tête contre l'autre; un sourire effrayant sur le visage. Reniflant un instant la joue droite du soldat qui n'osait pas bouger, Mendax se mit à glousser discrètement avant de serrer sa prise contre la gorge du personnage. « Bonne nuiiiit. » Siffla-t-il entre ses dents en pressant si fort qu'on entendit les os du pauvre homme se briser sous le choc. La force du Seigneur du Temps était toujours la même, pas véritablement surhumaine, mais assez pour neutraliser à mains nues des hommes très forts.

S'agenouillant avec le mort, le laissant glisser contre lui-même et l'installant lentement contre le mur adjacent, Mendax récupéra l'arme d'assaut de celui-ci et passa la tête entre la bandoulière de l'arme, la gardant contre lui et prêt à s'en servir si nécessaire, s'il ne parvenait pas à faire tout cela discrètement aussi. Faisant le tour des couloirs, il cherchait d'éventuels autres personnes, mais surtout la sortie pour se rendre sur le pont du bateau. À en croire l'allure de celui-ci, ce n'était pas un très grand navire, ni même quelque chose d'idéalement préparé à la guerre, au mieux il devait s'agir d'un simple transport, ce qui expliquait bien pourquoi Mendax avait été invité dans une chambre. Il lui avait bandé les yeux avant de l'y amener, et quand bien même il possédait une très bonne mémoire, se retrouver à l'aveuglette n'était pas quelque chose de simple pour un seigneur du temps fraîchement régénéré.

Se déplaçant prudemment, il s'adossa contre un mur et regarda du coin de l'oeil vers l'extrémité d'un chemin qui semblait plus fréquenté que le reste. C'était le moment où jamais pour essayer ce nouveau don sur des êtres vivants; plaquant sa main contre le mur il laissa l'énergie pourpre mystérieuse glisser contre celui-ci, traçant un lourd creusé dans les fondations du bateau, avant de s'écraser au sol derrière eux. Fendant le bois du sol, on entendit la carcasse du navire grincer jusqu'à ce qu'un gigantesque bruit assourdissant ne fasse écho tout autour d'eux, il venait de se fendre en deux, et chacune des deux parties coulaient. L'action mal-calculée de Mendax allait lui être fatale.



S'effondrant sous les eaux, les uns comme les autres s'efforçaient de nager vers la surface mais la fatigue et la surprise en avaient sonnés énormément, peinant à refaire surface, ils furent plusieurs à mourir d'asphyxie sous la violente pression des eaux qui étaient venues les dévorer avec une force telle que plusieurs avaient été projetés contre les profondeurs et les récifs dangereux; Mendax avait eu la chance de flotter assez proche de la surface pourtant il ne semblait pas se débattre, ni même chercher à remonter. Inconscient sous les eaux, son corps tombait lentement dans ce vide abyssal, et rien ne semblait montrer qu'il en reviendrait. Une brève lueur dorée se mit à scintiller d'entre ses mains et son visage, et comme s'il commençait à se régénérer il ouvrit les yeux en toute hâte, son corps changeait lentement. Ses cheveux bruns devenaient lentement blonds tandis que son visage s'affinait comme le reste de son corps...

Les moteurs explosèrent et toute la structure se mit à trembler, Mendax n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait, mais tout explosait dans tous le sens. À peine régénéré, il allait déjà s'écraser ? Quelle plaie ! C'est visiblement ce qu'il se passait. Il n'avait pas pris la peine de consulter les rapports des scanners et n'avait donc pas idée de l'étendue des dégâts sur le réseau télépathique du TARDIS. Tout était foutu, la quasi-totalité des contrôles avait été rendue caduque et plus rien ne permettait au vaisseau de voyager convenablement; cependant, c'est avec un peu de savoir-faire gallifreyen que Mendax se débrouilla pour piloter ce qui restait de contrôlable dans le TARDIS. Il parvint à bidouiller les circuits assez rapidement pour faire se matérialiser le vaisseau dans l'atmosphère humaine de la Terre mais n'eut pas le temps de remettre les commandes de vol en état de marche... Il y eut une détonation devant lui et à sa grande surprise, il n'était plus seul. Sa sœur venait de surgir de nul part, vêtue d'une robe de cérémonie elle accourue vers les commandes et s'empressa d'aider son frère à piloter le vaisseau en danger.

« Ushran ?! Comment ?
— Je t'expliquerai après, Dax; elle va se crasher ! Vite ! »


Avait-elle crié en pressant de nombreuses commandes avant de se tirer vers l'interface psychique de la machine; y glissant ses doigts, elle fut d'abord électrocutée et se mit à hurler de souffrance, mais comme si la présence d'Ushran rassurait la machine, le vaisseau commença à l'accepter en son esprit et pendant quelques instants, elle réussit à la calmer. Suffisamment longtemps pour que le vaisseau atterrisse avec violence contre une île japonaise, assez fort cela dit pour provoquer un séisme, mais sans se briser en plusieurs morceaux; la machine était saine et sauve.



Observant son reflet, il avait remarqué qu'il restait encore de son ancien sang sur son visage, et même une plaie presque encore ouverte. Humidifiant un mouchoir il le posa avec précaution contre sa tempe et tressaillit un instant, non seulement parce que l'eau était gelée mais aussi parce que la douleur de la plaie sembla l'envahir dans son être tout entier, comme si sa régénération s'était mal passée, ou que quelque chose était intervenu dans la transition entre ses deux incarnations. Il observait le bleu cinglant de ses yeux tandis que derrière lui, la Demoiselle s'était approchée et l'interrogea d'une voix rassurante; « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Il prit quelques instants avant de lui répondre, baissant la tête pour observer ses mains, et le sang séché qui les tachait.

« D'abord, j'ai été transmaté devant l'Inquistrice Prime; les Chapitres m'ont jugés et c'est grâce à celui des Scendles que j'ai été puni à l'exil. Les autres voulaient tous ma mort ou me priver de mes vies futures... Il marqua une pause et se retourna vers elle, le regard marqué par le temps et la tristesse, regardant sa soeur il continua. J'ai été condamné pour des choses que je n'ai même pas encore commise, te rends-tu compte, Ushran ? Ces chiens m'ont punis pour des choses que mon avenir allait réaliser, pas moi. Exilé pendant 5 000 ans... Ils ont retiré les coordonnées et les informations sur Gallifrey du TARDIS et je suis condamné à errer dans l'univers; loin de tout. Je ne sais plus trop comment exactement, mais j'ai atterri quelque part aux USA et je me suis fait massacré par une volée de flèches. » Ushran parue horrifiée en l'entendant et elle s'approcha pour l'enlacer, mais il lui fit de reculer; « Je suis devenu un vieillard ventripotent. Et agacé par tout, je me suis tiré une balle dans la tête. »

Elle hocha la tête sans juger son frère et le força finalement à la laisser l'enlacer. Se serrant contre lui elle lui caressa d'un geste presque maternelle l'arrière de la tête et le garda contre elle bien longtemps. Il se laissa faire sans rien dire. Ushran resta avec Mendax pendant quelques heures, durant lesquelles elle lui révéla que l'assistant de l'Inquisitrice Prime grâce à laquelle il avait seulement été puni à l'exil était en vérité la nouvelle incarnation de son frère Le Cordonnier. Celui-ci s'était régénéré pendant la fin de la Guerre, et comme nul ne se souvenait de lui puisqu'Aegis et nombreuses de ses archives avaient disparues de l'existence il préféra d'abord se faire oublier, être un ermite, ne plus être qui que ce soit. Mais lorsqu'il apprit que son petit frère allait être jugé par le Conseil et Lady Darkel, il ne pu s'empêcher de vouloir s'y impliquer. Parce qu'il connaissait le Conseil Gallifreyen et savait à quel point celui-ci était dangereusement corrompu. C'est à force de manipulation et de tricherie qu'il vint à prendre la place de l'ancien assistant et conseiller de celle-ci pour le devenir à son tour. Et tirant les ficelles dans le fond, il convainquit Darkel de simplement punir Mendax à l'exil, et ainsi garder son frère en vie.

Au départ, Mendax paru presque choqué qu'on ne lui ait rien dit, mais il ne pouvait pas tant leur en vouloir, il n'allait pas non plus se plaindre, puisqu'on venait de lui éviter la peine de mort sous toutes ses formes, mais l'exil restait tout de même un très lourd fardeau à porter pour n'importe quel timelord, d'autant plus qu'il ne pourrait plus retrouver Gallifrey à moins de recevoir de l'aide extérieure d'un Timelord ou d'une Timelady qui risqueraient bien pire que l'exil s'ils l'aidaient. N'étant pas vraiment doué pour exprimer ses remerciements, Mendax se contenta d'un hochement de tête et serra maladroitement sa soeur contre lui, bien moins longtemps qu'elle ne l'avait fait, mais même s'il ne savait pas faire, Ushran comprenait parfaitement et ne lui en voudrait pas.



Des années s'étaient écoulées depuis l'atterrissage forcé au Japon, des dizaines et des dizaines de vies avaient été gâchées auprès d'un monstre comme Mendax, et tandis que beaucoup s'efforçaient encore de le côtoyer, certains même l'aimaient, il avait quitté à tout jamais ce pays qu'il n'avait jamais apprécié, trop ancré dans ces histories féodales et son empire qu'il ne voulait pas lâcher, Mendax avait retrouvé son TARDIS après bien du temps. Le vaisseau avait été récupéré par l'Empire Japonais qui comptait s'en servir pour extraire les techniques et les plans afin de propulser leur pays au dessus de tous les autres, fort heureusement, Mendax était intervenu avant qu'ils aient le temps de comprendre les voyages dans l'espace ainsi que la superposition dimensionnelle; au mieux ils retiendraient comment miniaturiser des objets et s'en serviraient plus tard lors de la création d'appareils mobiles. Mais pour l'heure, ils seraient bloqués sans rien de très avancé. Détruisant au passage la base cachée sur une île, il avait tiré l'une des dernières torpilles temporelles que le vaisseau possédait d'origine, et celle-ci fit disparaître l'ile de l'histoire; plus personne ne connaitrait son existence.

En fuyant cette époque qu'il trouvait inintéressante, il se souvint de sa mort, la première. Il se souvint de la terreur et de la surprise qui avaient traversés son esprit lorsque les flèches s'enfoncèrent dans sa chair fragile et frêle. Il se souvint s'être demandé s'il n'allait peut-être pas ne pas se régénérer. Et finalement, il se rappela ce gigantesque soulagement qui l'apaisa lorsqu'il sentit son corps être dévoré par les flammes de sa propre existence. Et d'un coup, tout devint plus clair. Le Second n'était pas une régénération ratée, ni quelque chose de honteux. Il était né de la tranquillité, de la paix et de la sérénité qu'avait ressenti Mendax en découvrant finalement que quand bien même il avait été forgé et non enfanté comme ses frère et sœur, il était tout de même un seigneur du temps. Il avait ce cadeau presque divin; il pouvait se régénérer, vivre presque éternellement. Et il l'avait gâché une fois.

Alors, animé par une soif de connaissance, il décida de retourner sur les traces de son passé. Il retournerait là où il était mort et découvrirait la vie, redécouvrirait l'existence. Matérialisant son TARDIS dans les terres lointaines de l'Amérique en pleine colonisation, le vaisseau prit la forme d'un grand chêne, robuste et immense. Le même que celui qui ornait le centre du Bosquet où sa Promesse fut faite. Planté dans les marécages à proximité de Boston, il en sortit, vêtu de choses d'époque matérialisée par un projecteur holographique relié à la console. Et silencieusement, il observa la vie autour de lui pendant quelques longs instants. Assit par terre, méditant presque. Écoutant la vie sauvage, les insectes, la nature. Et au loin, le bruit de quelques chevaux pressés.

Une brindille vint craqueler dans un coin, les oreilles de Mendax frissonnèrent et il tourna très faiblement la tête dans la direction du bruit. Silencieux et concentré ; les pas se rapprochaient vers lui, il n’était pas seul. Cependant il ne parvenait pas à compter le nombre de personne, la brindille était une diversion, c’était certain. Il se redressa et fit un pas vers celle-ci tout de même. Tout en écoutant autour de lui ce qu’il se passait, il comptait plusieurs personnes sans chevaux, leurs pieds faisaient se mouvoir de la boue et de la mousse par terre. Il entendit le bruit d’une arme être lentement dégainée et se tourna dans la direction opposée. Assez vite pour apercevoir une dizaine de silhouettes s’abaisser et se dissimuler avec beaucoup de talent dans les hautes fourrées ou derrière des arbres épais. Cependant qu’il voulut faire un pas vers l’avant il fut surpris dans un sursaut par une lame en pierre taillée plaquée contre sa gorge. À l’odeur, il reconnut une femme. Elle siffla quelque chose en une langue indienne qu’il eut du mal à comprendre avant que le TARDIS ne lui traduise avec un léger délai.

« Que fais-tu ici homme blanc, ces marais sont Kanien'kehá:ka. » Mendax inspira profondément, l'air inquiet pour sa survie et se mit à soupirer ensuite, répondant d'une voix presque agacée « Je me suis trompé d'époque... »


__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties


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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Sam 18 Oct 2014 - 20:42

♦♦ Finally At Peace



Elle retira lentement sa lame de sa gorge et le poussa dans le dos du bout des doigts, intriguée. D'un sifflement elle prévint le reste des hommes, qui sortirent tous des buissons et de leurs autres cachettes, hachettes et arcs prêts à les utiliser. Elle leva la main vers eux et ils baissèrent leurs armes. « Qu'est-ce que j'ai dit ? » S'interrogea Mendax en les regardant s'approcher. Il gardait les mains tendues en l'air, comme s'il était braqué par des fusils et la femme qui commandait haussa un sourcil « Qu'est-ce que tu fais avec tes bras ? »

Il bégaya une explication mais ne prononça finalement rien, rabaissant ses bras et reculant d'un pas vers le TARDIS devenu arbre. « Je suis Kalikatiitò:wa, qui es-tu toi ? » Avait-elle continué en l'approchant, sa lame rangée contre sa ceinture. Elle portait une fourrure comme sorte de cape et son visage était marqué de tâches de rousseur presque invisibles contre sa peau brune, de longs cheveux tressés en une longue que de cheval s'enroulaient autour de sa nuque, et à la pointe de celle-ci on pouvait voir une sorte de broche en métal en forme de pointe. Il observa un instant les autres hommes et fut presque étonné de savoir qu'une femme les commandait, répondant finalement d'une voix un peu plus calme que précédemment. « Mendax. »

L'Iroquoise se mit à sourire, elle croisa les bras et le regarda d'un air amusée. « Ce n'est pas un nom blanc, ça, d'où viens-tu ? » Le seigneur du temps hésita quelques instants, réfléchissant à une excuse qu'il pourrait donner. Avant de finalement se résoudre à dire la vérité. « Vous ne me croiriez pas...
— Essaie-dont.
Insista-t-elle en l'observant des pieds à la tête.
— D'au-delà du ciel. » Finit-il par admettre en l'observant dans le blanc des yeux, comme pour la sonder.

Il s'attendait à ce qu'elle lui rie au nez, mais finalement, elle se contenta de sourire et d'incliner la tête; tandis que ses hommes se mirent à marmonner et à s'interroger sur la nature du gallifreyen, elle fit quelques pas autour de lui, il était un peu plus grand qu'elle mais semblait beaucoup moins sûr de lui en ces lieux. Elle gloussa timidement en le voyant si intimidé et se mit ensuite à regarder l'arbre gigantesque contre lequel il avait médité. « Cet arbre, c'est le tien, n'est-ce pas ? Demanda-t-elle en y touchant la surface de ses mains lisses, elle eut un bref de mouvement de recul au contact, comme si elle avait senti quelque chose de différent. Il n'est pas comme les autres. Celui-ci est chaud. Il respire comme toi, pas comme les arbres d'Orenda. Vient-il de là d'où tu viens aussi ? » Mendax l'avait observée faire et hocha lentement la tête.

« Pourquoi es-tu venu ici ? Ce n'est plus un temps sûr. Ni pour nous, ni pour les hommes comme toi. Les blancs nous pillent et nous massacrent, nous ne serons plus bientôt que l'histoire de cet endroit. » Mendax baissa la tête, il savait tout ça; bien sûr qu'il le savait, l'histoire des populations natives était marquée d'horreurs de ce genre par la faute des colons. Mais il sentait le besoin d'être là, d'être avec eux, à la fois pour découvrir ce que l'histoire n'avait pas gardée mais aussi pour comprendre les choses de cette époque lointaine. « Je me suis senti attiré ici, j'avais besoin de venir. De comprendre ces choses-là, de me trouver peut-être aussi. »



Kalikatiitò:wa reserra les lanières de ses vêtements et se redressant de devant le feu brûlant qui se consumait devant elle, elle se retourna vers une table en bois sur laquelle étaient posés de nombreux pots en terre cuite. Elle les prit entre ses mains et sortit de la grande habitation en bois. Une fois à l'extérieur elle se dirigea vers la rivière qui traversait une partie du village et les posa au sol, s'asseyant ensuite à côté. En ouvrant un, puis un second, elle observait son reflet dans l'eau, ses cheveux toujours aussi noirs étaient plus courts qu'à sa rencontre avec Mendax, mais elle gardait toujours la même apparence de femme forte et charismatique. Plongeant son index et son majeur dans le premier pot, elle se marqua le visage de deux traits rouge sombre, s'humidifia les doigts et recommença avec l'autre pot, duquel elle se marqua le sommet du front jusqu'à la pointe de son nez d'un long symbole presque en forme de flèche. Tandis qu'elle continuait d'appliquer les peintures, Mendax l'avait remarquée au loin et quitta le centre du village, où il discutait avec des membres de la tribu, pour la rejoindre.

« C'est déjà le moment ? » S'interrogea-t-il en s'agenouillant à côté d'elle. Elle hocha, sans rien dire, la tête et continua d'appliquer ses peintures de guerre. Mendax baissa la tête, soupirant, et posa sa main sur l'épaule de la guerrière. Elle tourna le visage vers lui, des larmes coulaient le long de ses joues « Hey... Je t'ai déjà dit que je ne partirai pas. » Lui murmura-t-il en passant son pouce pour essuyer une larme. « Ce n'est pas parce que j'ai peur de te perdre que je pleure. C'est parce que je sais que je ne reviendrai pas. » Avait-elle répondu en plongeant son regard dans le sien. Elle se mit à sangloter plus fort, dévastée. Mendax s'approcha et la serra contre lui, une main aimante posée contre sa joue, silencieux et plein de compassion. Un véritable amour était né entre lui et Kalikatiitò:wa; si bien qu'il ne s’imaginait plus la quitter comme il avait prévu au départ. En arrivant dans cette région, il s'était dit qu'il repartirait une fois son objectif accompli, mais la jeune femme était intervenue et au fil de leurs aventures, il était devenu fou d'elle comme elle de lui.

Quelques minutes plus tard, elle portait ses peintures de guerre très fièrement et s'approchant du centre du village, elle détacha de sa ceinture une hache longue; qu'elle planta violemment contre un arbre. Son peuple, du moins son clan, était désormais ouvertement en guerre.

Pendant des semaines entières les iroquois du village de Kalikatiitò:wa affrontèrent les britanniques qui cherchaient à les contrôler, à envahir ce continent qui n'étaient pas le leur. Et même si Mendax était à ses côtés, les prédictions de la jeune femme s'avérèrent réelles; et elle fut tuée comme le reste de son peuple; le village fut rasé et l'on y construisit même une scierie. La chose avait dévasté le seigneur du temps, qui s'en alla aussitôt retrouver son TARDIS et disparu de ce temps maudit comme le reste de l'histoire de l'humanité. Tout était si répétitif chez eux, chaque fois qu'ils découvraient quelque chose, ils se détruisaient les uns et les autres; et c'est peut-être à partir de ce moment que la haine de Mendax pour l'humanité commença à voir le jour. Peut-être ne pardonnerait-il jamais aux êtres humains leur nature. Peut-être était-il trop différent pour les comprendre au final.



Presque un peu plus d'une décennie plus tard, dans un deuil presque assumé, presque oublié. Mendax avait quitté cette époque, voyageant non seulement dans l'espace, mais aussi à travers l'histoire de la Terre, quelque chose l'intéressait dans ce monde, mais pas son peuple. Ses origines peut-être, ou bien ce qui faisait qu'ils étaient tous aussi destructeurs. Sans vraiment y penser cela dit, il se posa dans une époque très en arrière, à l'aube du premier siècle. Quelque -7 avant Jésus Christ. Dans le Yeshimon, le désert de Judée. Son TARDIS prenant la forme d'une fontaine perdue quelque part dans le sable, sans eau. Portant quelques longues robes amples et épaisses, il traversa silencieusement celui-ci et rejoignit un village dont il ne connaissait rien, Nazareth. Assez peu grand, il régnait une atmosphère de quiétude assez étonnante, presque endormie. En pleine nuit, il faisait assez froid et les quelques torches qui servaient de lampadaires n'éclairaient pas bien loin, cependant, le ciel et ses astres brillants, plus brillants que dans l'avenir car le monde était moins pollué, servaient tout aussi bien de boussole aux voyageurs silencieux qui osaient marcher de nuit, sans crainte des bandits.

Cependant qu'il faisait nuit presque noire, Mendax savait qu'il était pourtant seulement soir, peut-être vingt heure, ou vingt-et-une, mais pas plus tard que cela. Marchant dans l'entrée de Nazareth, il fit quelques pas avant d'apercevoir que nombreux habitants étaient encore dehors à cette heure. Certains parlaient, d'autres rangeaient des choses à l'intérieur de leurs maisons, mais beaucoup étaient encore réveillés. Se faufilant entre les hommes armés qui tenaient leur poste devant les portes de la ville, il n'eut pas besoin de s'expliquer pour entrer puisqu'il utilisa ses dons psychiques pour leur faire croire qu'il d'ici-même. Suivant la route mal-pavée de pierre il alla rejoindre une sorte d'auberge. L'animation y régnait et l'on criait et buvait à l'excès. S'approchant de l'entrée il fut cependant refoulé par un homme large d'épaule, en armure romaine.

D'explications, on ne lui en donna pas d'autre que l'établissement avait été réservé. Et que s'il insistait, il découvrirait le contact du glaive contre ses entrailles. Désireux de rester entier, Mendax n'insista donc plus. Se faisant, il vadrouilla dans le reste de ce petit village, attiré sans véritablement s'en rendre compte vers l'extérieur. Là où des morceaux de bois et parfois de pierre étaient entassés les uns à côtés des autres. Ce cimetière n'était pas des plus glorieux, cependant il y régnait une étrange et intrigante impression de grandeur. Mendax contempla ce rappel de la mortalité des hommes avec silence et respect pendant quelques longs moments. Si longtemps en fait, qu'il ne se rendit pas compte du levé du soleil et du début de la matinée. Ses membres n'étaient pas engourdis, mais ses paupières étaient restées ouvertes bien trop longtemps, si bien qu'il sentait comme une désagréable sensation de brûlure du fond de son regard. Comme lorsqu'on fixe une source imposante de lumière trop longtemps sans cligner. Et cligner, c'était justement ce qu'il n'avait pas fait du temps de sa contemplation de la vie limitée des êtres humains.

Étonné qu'il fasse jour, il avait perdu la notion du temps pendant qu'il observait les tombes et s'imaginait toutes les vies qui avaient été vécue par ces gens qui occupaient désormais la terre. D'un geste, il vint se frotter les paupières et tourna ensuite la tête vers Nazareth; désireux de la découvrir plus encore qu'avant, les morts l'avaient en quelque sorte motivés à s'immiscer dans ce village minuscule. Dorénavant qu'il faisait jour, l'ambiance était bien plus animée, d'un peu partout on voyait des caravanes de marchands passer et repasser, certains entraient d'autres quittaient la ville. Et tandis que les soldats patrouillaient un peu partout, et dans tous les coins de la ville; le peuple vivait comme si de rien n'était. Mendax s'approcha de la partie la plus animée de Nazareth, le marché, et observa les étals sans rien dire, sans rien faire; quand bien même de nombreux vendeurs le hélaient de venir goûter leurs produits, il les ignorait, se faisant d'ailleurs parfois insulter de loin pour ces insultes. Mais au vue de l'importante concentration de soldats, il préféra ne pas réagir.

Il tournait plus en rond qu'il avait l'air de se promener le long du marché, et se heurtant parfois à de nouveaux chemins, il finissait toujours par revenir sur ses pas, toujours attiré vers le cimetière. Mais rien n'y fit. Il rebroussa chemin une nouvelle fois et décida de suivre une autre route, se glissant entre deux ruelles, si on pouvait les appeler ainsi, il se heurta finalement à une jeune femme aux longs cheveux bouclés, au visage fin et lisse, plus lumineux que le reste des gens présents ici. Elle ne resta pas longtemps à la vue du seigneur du temps, puisqu'elle prit rapidement la fuite. Et derrière lui, Mendax entendit le bruit lourd de plusieurs hommes courant après elle, hurlant à la voleuse, hurlant qu'on lui coupe les mains. Il fut intrigué et se décida à la suivre. L'odorat développé des Gallifreyens lui fut suffisant pour reconnaître la pigmentation infiniment différente de son odeur à elle, et sans pour autant courir, il marchait un peu plus vite qu'avant, suivant la trace qu'elle avait laissée derrière elle. Se faufilant entre des ruelles plus étroites, des chemins plus serrés, plus difficile d'accès; et glissant parfois sous des fondations en bois, il arriva finalement à un endroit où il pensait qu'elle devait être cachée. Mais rien n'était en vue.

Jusqu'à ce qu'il sente le contact glacé d'un Janbiya contre sa gorge. La jeune femme murmura à son oreille d'une voix furieuse mais à la fois étrangement douce et gracieuse. « Qu'est-ce que tu me veux ? » Étrange situation que celle qui ressemblait une fois de plus à toutes les rencontres féminines ou masculine que Mendax faisait sous cette incarnation; il avait prit l'habitude de considérer ce genre de moment comme instigateur de quelque grande relation avec la personne, et se sentit presque flatté d'être menacé de mort, cette fois. Presque arrogant, il répondit à la jeune femme; « Rien. Rien. Je ne suis pas venu vous dénoncer. Je veux vous aider.

— Pourquoi devrais-je te croire ? Tu es blanc comme les romains et les grecs. Et vous n'avez fait qu'apporter malheur à mon pays depuis la fondation de votre empire. Même nos noms ne peuvent rester les nôtres, vous nous renommez pour vos registres de malheur !

— Oh ! Oh !
Protestait-il J'ignore de quoi vous parlez. Je ne suis ni grec, ni romain. Je ne suis d'aucun empire à part le mien. »

Elle retira finalement son poignard et le laissa se retourner vers elle. Le visage caché dans l'obscurité elle n'en restait pas moins étonnamment belle. Glissant son arme dans son fourreau, elle le dissimula sous l'ample tissu qui lui couvrait les vêtements comme une sorte de cape ou de voile, et observant Mendax l'air confuse. Elle continua, « Tu ressembles aux romains, mais tu parles un araméen parfait et sans accent latin. Tu es un homme étrange.

— Oh si vous saviez...
Marmonnait-il tandis qu'elle regardait sur le côté, persuadée d'avoir entendu quelque chose.
— Vite ! Sortons de là ! D'apparence tu es romain, ils t'écouteront s'ils ne me regardent pas. » Et sans l'attendre elle le poussa en dehors de sous ces fondations et se couvrit le bas du visage de son long tissu, ne laissant que ses yeux de visibles, tandis qu'elle attrapa Mendax sous le bras et qu'elle le força à marcher comme si de rien n'était.



Ils marchèrent le long de quelques mètres, tandis qu'il lui lançait parfois quelques regards auxquels elle répondait par un coup de coude dans ses côtes, jusqu'à ce qu'ils soient finalement interpellés par des gardes et un marchand soufflant d'épuisement. « Hé ! Faîtes voir vos poches, cette femme ressemble à la voleuse ! » Les gardes approchèrent et commencèrent à la fouiller, sans toucher à Mendax, qui fit mine d'être offusqué, « C'est un menteur ! Elle ne peut pas l'avoir volé, elle était avec moi tout du long. » Les gardes le regardèrent quelques instants et répondirent eux aussi en latin quelque chose que le marchand et la jeune femme ne comprenaient pas. Mendax quant à lui répondit une nouvelle fois, et les gardes s'en allèrent. Faisant suivre le marchand avec eux. Une fois séparé de toute cette agitation, il tourna la tête vers la voleuse et se mit à sourire, fier de lui, comme un enfant prétentieux. « Tu parles latin et araméen ? Qui es-tu ?
— Mendax, c'est mon nom. Et c'est à peu près tout ce que je suis.
— Et bien, menteur, tu es un très bon acteur. »


Il inclina la tête comme signe de remerciement et tandis qu'elle retirait le voile de son visage, elle lui offrit un premier sourire. Par la suite, elle l'invita à le suivre. Il découvrit une fois arrivé que les choses que la jeune femme dérobait servaient à nourrir les quelques orphelins qu'elle dissimulait chez elle, pour les protéger de la justice romaine, qui s'en servirait comme esclaves. Elle lui révéla ensuite que son prénom était Maryam, mais qu'elle avait été renommée Marie pour être inscrite dans des registres qu'elle ne comprenait pas. Le seigneur du temps compris les actes de celle-ci, et l'encouragea à continuer; même mieux, il lui promis qu'il l'aiderait alors.

Quelques deux ans plus tard, Maryam donna naissance l'enfant de Mendax, ils lui donnèrent le prénom d'Îsâ. Que les registres renommeraient plus tard Jésus. Et qu'ironiquement les homes vénèreraient sous ces deux noms, l'un pour un culte, le Christianisme, l'autre pour le second, l'Islam. Mais les évènements de la naissance et du nom de son fils illuminèrent l'esprit de Mendax qui se rendit finalement compte de ce qu'il venait de faire, de qui il venait d'engendrer. Pris de panique, peut-être même de peur, il effaça son souvenir de l'esprit de Maryam et disparu de ce temps, la laissant l'oublier; fuyant au loin et traversant le temps et l'espace, chargé d'un regret étrange. D'une impression de culpabilité que rien ne semblait capable de faire disparaître. Maryam été déjà mariée, et cet enfant qu'elle avait eut dans le secret auprès de Mendax allait être le point d'ancrage de tout un nouveau monde de conflit et de haine. Par la faute de Mendax.

Lorsque l'on découvre qu'on est à l'origine des plus anciens conflits modernes, on est dévasté. Mendax n'en fut pas moins troublé et choqué qu'il s'isola quelques temps dans son TARDIS et se noya dans la culpabilité, la colère et l'incompréhension. S'il était le père de ce Jésus Christ, s'il était l'origine des religions, des fois monothéistes, était-ce de sa faute si les hommes s'entretuaient à propos de leurs croyances ? N'était-ce là qu'un conflit représenté à son image ? Tout était de sa faute, la violence, la haine... La mort de Kalikatiitò:wa... Tout ces gens qu'il avait connu, qu'il avait aimé. Côtoyé. Toutes ces morts à cause de lui et de sa stupide envie de liberté.

Dans un accès de rage et de chagrin, il s'enferma dans les longs et tumultueux couloirs infinis de son TARDIS, marchant sans vraiment regarder où il se rendait, oubliant ses envies, masquant ses souvenirs comme il le pouvait, tout devait cesser. Peut-être était-ce le début de la folie, peut-être était-ce autre chose. Mais une fois au bout d'un long couloir, il traversa la porte ouverte qui menait à sa chambre et avec la plus grande de toutes les violences il détruisit toutes les choses qui lui rappelaient ces anciens compagnons, photos, portraits, babioles et bijoux en tout genre, tout fut jeté au sol avec colère. Brisant les portraits, arrachant les photographies, déchirant les lettres et les tableaux. Le désordre honteux de trois vies horribles, trois vies dans lesquelles il n'eut jamais rien de bon au final. Tout se terminait dans la noirceur, tout s'achevait dans les larmes et la violence. Pleurant sa haine contre l'univers, il se laissa tomber par terre, dans les débris de verre et de tissus, dans les souvenirs écrasés et les babioles démontées; il se laissa tomber. Et il pleura. Tout était fini, tout allait finir. Chaque fois, tout était plus sombre que la précédente rencontre, chaque fois il faisait face à la plus terrible de toutes les histoires. Chaque fois, c'était pire.

Et tant c'était invivable qu'il en perdit la raison.



Détaché de presque tout, il continua bien sûr de voyager, d'avoir quelques compagnons et d'en garder certains plus longtemps auprès de lui que le reste, mais aucun d'entre eux ne fut aussi important que Maryam, et les précédents; ils n'étaient que des alliés temporaires, de passage, parfois si peu important que Mendax n'avait pas le moindre regret de les abandonner sur des mondes qui n'étaient pas les leurs, de les laisser mourir à sa place et parfois de les tuer lui-même. Le troisième Mendax était devenu un monstre; un monstre qui continua sur ce chemin pendant encore très longtemps jusqu'à ses 2 865 ans. Quelque part en l'an 3047, des Sontariens s'attaquèrent à l'une des nouvelles colonies de l'empire humain; parfois sain d'esprit mais surtout protecteur de tout ce qui ressemblait à sa propre espèce, Mendax se décida de venir en aide à la colonie. Et affrontant les Sontariens avec fureur et haine il vint à la rencontre d'un jeune homme, d'à peine dix huit ans, qu'il sauva d'une attaque dévastatrice. L'aidant à fuir, il lui offrit la promesse d'un voyage à travers temps et espace; lui faisant découvrir bien des choses pour lui faire oublier l'horrible traumatisme de cette attaque extra-terrestre; lui dévoilant monts et merveilles dans l'espace et le temps. Mendax était retombé dans ses effluves d'émotions, les mêmes qu'il avait éprouvé pour Maryam et Kalikatiitò:wa auparavant, les mêmes que celles que sa première incarnation avait éprouvé pour plusieurs de ses compagnons.

La présence de ce jeune homme, Mark, avait garanti à Mendax de retrouver la stabilité psychique dont il avait besoin; jamais plus il n'eut d'écart de folie en sa présence et jamais plus il ne se sentit dériver contre l'éternité. Il se sentait mieux, bien presque. Et pour prouver sa dévotion, il l'emmena à proximité d'un système solaire éclatant de beauté, l'un de ceux de l'empire sontarien. Le lui révélant, et lui montrant qu'il était de son côté; qu'il était prêt à tout pour ce jeune humain, Mendax le bombarda. Par un acte de vengeance et d'égoïsme à la fois. Il voulait montrer à Mark que rien ne lui arriverait plus jamais, que tout ce qu'il avait perdu avait été vengé, mais surtout qu'il était désormais et pour toujours protégé par ce seigneur du temps qui l'aimait.

Même s'il ne le lui avoua jamais clairement, les actes et le comportement de Mendax le disaient à sa place ; le jeune allemand comptait plus que tout pour le seigneur du temps. Et depuis l'attaque Sontarienne ils ne s'étaient plus quittés. Depuis cette rencontre, Mendax allait mieux. Libéré de tous ces si mauvais souvenirs, il avait enfin réussi à tourner la page. À oublier, à se pardonner. Et surtout, il avait réussi à être heureux. Tout cela, il le devait à ce jeune homme pour qui il ne trouverait jamais les mots afin d'exprimer sa reconnaissance et sa gratitude. Mark lui avait tout bonnement sauvé la vie. Sa sagesse retrouver grâce à lui, il ne voulu jamais s'en séparer, et traversant l'univers à deux, ils continuèrent d'en découvrir les merveilles.

À chacun de leurs tumultueux voyages, l'univers se montrait chaque fois plus surprenant, les étonnants toujours un peu plus de merveilles à couper le souffle. Ils ne cessaient d'être émerveillés devant de flamboyantes effluves lumineuses projetées par des astres aux scintillements aveuglants. Cependant que leurs voyages à travers le temps et l'espace continuaient, Mendax restait encore très secret; ne parant que très peu, voire quasiment pas, de son passé. Ne voulant pas nécessairement apprendre à Mark qu'il était presque immortel. Qu'il vivrait bien plus longtemps que lui pourrait un jour espérer vivre, toujours très vague dans ses explications, il ne se contentait que de lui apprendre les grandes lignes de son histoire, de son espèce et de son peuple. Lui expliquant brièvement la régénération, mais priant pour que ça n'arrive jamais devant lui. Priant même pour que ça n'arrive jamais plus. Mendax ne voulait pas partir, il ne voulait pas changer. Il était heureux comme il était, et il était heureux avec lui, l'humain qu'il avait sauvé et qui l'avait sauvé.

Au bout de quelques voyages cependant, la plus horrible des choses eut lieu. Alors qu'ils étaient sur un monde colon, un régiment tout entier de Judoon se matérialisa autour d'eux, les prenant en joug de leurs lourdes et imposantes armes, jusqu'à ce qu'une femme aux cheveux longs et blancs, aux pupilles lumineuses rouge n'apparaisse à son tour. S'écriant émissaire de la Proclamation de l'Ombre, elle leur hurla qu'ils étaient en état d'arrestation, que leur TARDIS avait été réquisitionné et qu'ils seraient emmenés en prison. Et pendant les trois premières heures, ce fut bien le cas. Mendax et Mark furent jetés dans une cellule qu'ils partagèrent brièvement.

Sans dire un mot, sans rien avertir, Mendax disparu de la cellule dans un nuage d'électricité bleutée. Abandonnant Mark pendant onze longues et terrifiantes années.



Onze ans sans donner de nouvelles, onze ans pour Mark, mais combien d'années pour Mendax ? Même si plus tard il ne lui révéla rien par principe. Ne voulant pas le blesser et s'attirer ses foudres, c'était bien plusieurs siècles qui les séparaient. Des siècles durant lesquels le timelord se rendit compte de la nécessité du jeune homme dans sa vieille vie. Si important pour lui, bien plus qu'il ne le pensait. Fuyant la prison, il pensait qu'il l'oublierait et finirait par ne plus s'y intéresser, mais chaque jours un peu plus, les horribles voix dans son crâne résonnaient plus fort, si bien qu'il perdait à nouveau l'esprit; perdu dans des souvenirs entrechoqués de violence et de colère, il espérait pouvoir l'oublier. Il voulait l'oublier, il devait l'oublier. Ce genre de sentiment ce n'était pas pour lui, il était un foutu seigneur du temps de quel droit pouvait-il aimer une espèce inférieure à la sienne ? Pourquoi ? Comment ? C'était illogique et inconcevable.

Depuis l'incident de sa première vie, il avait toujours essayé de fuir ces choses-là, mais à chaque fois c'était revenu, et à chaque passion c'était de plus en plus fort. De Kali à Marie, c'était maintenant au tour de Mark de tomber dans les cœurs du Gallifreyen. Et ce feu qui coulait dans chacun de ces deux cœurs semblait si intense que le battement des deux organes semblait battre à l'unisson des pensées dirigées vers Mark. Mendax avait tenté pendant plusieurs siècles de l'oublier, mais ça n'avait pas marché. Il avait besoin de lui plus que de tout. Et retournant sur ses pas, il rejoignit une fois de plus la prison de la Proclamation de l'Ombre, cette fois-ci bien décidé de l'en faire sortir. Onze ans plus tard. Onze ans de retard. Il ne savait même pas si Mark allait toujours y être, s'il avait pu survivre à l'horrible atmosphère d'une prison galactique. Des criminels de toutes les races croupissaient dans ces cellules, du plus dangereux terroriste, au plus vicieux des pirates. Quelques temps avant d'atterrir, Mendax reste en orbite à l'écart de l'astéroïde et pirata les bases de données de la Proclamation, découvrant les listes de prisonniers, pour s'assurer que l'humain, son humain, était toujours là.

Il fut rassuré et incroyablement heureux de découvrir qu'il avait survécu, qu'il était encore là, et qu'il n'avait pas été condamné à autre chose que la vie en cellule. Cependant, il était condamné à la place de Mendax, d'un crime si grave et si important que sa peine dépassait son espérance de vie. La colère et l'embarras qui se lisaient sur le visage de Mendax ne faisaient qu'un, et plutôt que de le sauver discrètement, il décida de tout détruire. Se creusant littéralement un chemin dans l'astéroïde il ne se pria pas pour massacrer tout ce qui se mettait en travers de son chemin. Des dizaines et des dizaines de Judoons furent si violemment tués que certains n'en avaient plus l'air, et c'est finalement arrivé aux cellules qu'il provoqua une si gigantesque émeute que la Proclamation de l'Ombre ne s'en remettrait jamais, de toutes parts des criminels se libéraient, des pirates comme des meurtriers tous le monde quittait sa cellule et semait le chaos autour de lui; et dans le silence de ce brouhaha monstrueux, Mendax s'approcha de la cellule fermée de Mark.

Il l'avait volontairement gardée fermée, pour qu'aucun criminel ne s'approche de lui, que personne ne lui fasse plus de mal que cet infini emprisonnement pouvait déjà lui apporter. Et l'ouvrant d'une pression sur l'interface digitale qui se chargeait de la garder close, Mendax posa son regard bleuté sur lui, d'abord sans rien faire, trop immobile pour oser quoique ce soit. Il avait la mine grave et le teint pâle, ses pupilles se noyaient presque dans le néant et tandis qu'il fixait Mark d'un air presque absent, presque comme s'il était perdu, il retira lentement sa main du verrou et se jeta dans sa direction, l'enlaçant de toutes ses forces, se perdant contre lui. Dans une étreinte presque éternelle, en oubliant tout son environnement, le visage enfoui contre les épaules du jeune homme plus grand que lui, silencieux et suffoquant de sentiments qu'il ne prononcerait pas. Il ne voulait plus le lâcher, plus le laisser partir, ne plus jamais s'éloigner de lui. Et se reculant un instant, les bras toujours cernés contre la taille de l'humain, il sanglotait, ses prunelles rougies par l'émotion, d'un regard qui disait tout à sa place, « I need you. I missed you. I can't be without you. » avait-il simplement marmonné avant de prolonger cette embrassade qu'il voulait faire éternellement durer. Pleurant toujours, cherchant à formuler quelques mots, l'aveu de sa passion, sans y parvenir.

Et l'emmenant avec lui, ils s'échappèrent de la terrible prison sur astéroïde de la Proclamation et à bord du TARDIS ils s'en allèrent le plus vite possible, fuyant à tout jamais cette période sombre de leurs histoires respectives, n'y revenant plus jamais, tandis que derrière eux le chaos réduisait la base en poussières. De nombreux explosions avaient lieu partout sur l'astéroïde et s'ils étaient restés un peu plus longtemps ils auraient pu faire la connaissance de nombreux pirates dont l'un d'entre eux qu'ils rencontreraient plus tard.

Et pendant de longues journées et d'époustouflantes aventures, ils continuèrent sur cette voie; pourtant, toutes les choses même les plus belles ont besoin d'être appréciée avec du recul. Et c'est après longue discussion qu'ils décidèrent de se séparer, pas véritablement, mais plutôt de prendre un peu leurs distances l'un avec l'autre. Mendax le déposa au 20ème Siècle, tout en lui offrant un manipulateur de vortex dérobé plus tôt, insistant qu'ils pourraient ainsi toujours garder contact et qu'il viendrait au moindre appel. Hélas, ils ne furent jamais vraiment réunis grâce à celui-ci.

Pendant un temps, Mendax s'efforça de toujours garder un œil sur lui, l'espionner sans vraiment l'espionner en quelques sortes. Juste histoire de s'assurer qu'il soit en parfaite sécurité. Toujours veiller sur lui de loin, peut-être était-ce la chose la plus proche d'être avec lui qui pouvait garantir à Mendax de garder l'esprit libéré de toute ces folies qu'il avait commise avant de le connaître, le garder dans son esprit, toujours et éternellement. C'est ainsi qu'il se maintiendrait en vie. En pensant à lui, comme une sorte de soutien psychique.

Par la suite, de très longs siècles continuèrent de s'écouler, durant lesquels il avait cessait d'observer la vie de Mark, sans quoi son futur aurait été scellé, sans quoi il serait mort à tout jamais pour Mendax et cela était une chose qu'il ne voulait pas voir. S'il mourrait, le seigneur du temps en serait bien trop dévasté pour continuer. Il refusait de sceller l'avenir en assistant à quelque chose qui le concernait. Voyageant toujours et partout dans le temps, il avait depuis très longtemps arrêter de l'épier, le laissant vivre sa vie à son train. Attendant toujours cependant d'être appelé par le manipulateur de vortex. Celui-ci, Mendax l'avait trafiqué pour qu'il puisse toujours être relié à la console du TARDIS peu importe le nombre d'années qui les séparait. Ils seraient toujours reliés. En quelques sortes toujours l'un avec l'autre.

Mais ni Mark ni Mendax n'allaient faire le premier pas; et le manipulateur ne fut jamais utilisé.




Les siècles avaient passés, les passions s'étaient assoupis et le désir de vivre s'était endormi. Enfermé dans une pièce oubliée et perdue dans les profondeurs insondables d'un TARDIS infiniment grand, Mendax écrivait, il écrivait une lettre qu'il voudrait plus tard adresser à ces gens qu'il aimait. Ces gens qu'il avait côtoyé depuis sa toute première incarnation. Le tremblant éclairage au dessus de sa tête vacillait lentement tandis qu'il terminait son dernier long paragraphe. Décidé à en finir, à tout arrêter. Éternellement convaincu qu'il était une plaie à cet univers, il ne voulait plus y prendre part. L'expérience avait été trop douloureuse. Et chaque fois qu'il y pensait tout était un peu plus insupportable qu'avant, son corps était mourant de toute façon. Il avait finalement pris conscience de sa propre vie limitée, cette régénération incomplète, cette erreur qui avait détruit le lien télépathique qui le liait à son unique compagne dans l'éternité, tout cela avait rendu son propre corps si ce n'est son âme-même fragiles et temporaires. Il allait bientôt mourir, il le savait. Il n'était pas certain de la durée de vie qu'il lui restait mais il refusait de se laisser mourir bêtement, dans un lit, à attendre la terrible venue de la Faucheuse. Le visage blafard d'un mal certainement physique, il posa son stylo et observa avec la lettre avec un instant de dédain. Convaincu qu'il était condamné de toute façon, il avait présenté ses excuses à l'univers, à tout les gens qu'il avait blessé, tout ceux qu'il avait abandonné et tout ceux qu'il avait aimé et qui l'avaient aimé en retour. Mais dans un dernier accès de colère qui lui contracta l'estomac et lui serra les cœurs, il déchira la lettre et la jeta aux ordures.

Quittant la pièce pour rejoindre la console il s'empressa d'entrer des coordonnées, et son vaisseau ne se fit pas attendre pour rejoindre la planète en question, un gigantesque monde désertique aux allures d'empire moderne tant les grattes-ciels étaient présents. Se posant très à l'écart de cette civilisation, il avait prévu d'y laisser mourir son TARDIS tandis que lui mourrait des mains des gens de ce monde. Un monde qui le considérait comme le Démon, le Diable primordial. Un monde qui était ouvertement en guerre contre lui et lui seul. Bien des choses l'avaient fait devenir détestable aux yeux de l'univers mais cette planète, Charon, le haïssait plus que tout dans l'univers. Et pendant une très longue journée, le chaos fit rage sur la planète.

Mais au détour d'une rencontre, tout fut altéré. Le Professeur, un congénère de Mendax s'était décidé de le sauver, de le sortir de là. Lui qui était venu sur ce monde dans l'avenir avait vu une représentation de la mort de Mendax ; et sans doute dans un désir protecteur, il était revenu dans le passé de Charon et avait trouvé Mendax. Ensembles, ils combattirent les forces de ce monde, et ensembles ils sortirent victorieux. Cependant, tandis que l'horrible combat continuait, Mendax fut victime de son propre orgueil. Au sommet d'un bâtiment, ils avaient détruit une balise, pour couper toutes les communications des forces militaires de Charon et ainsi s'assurer de gagner. Mais lors de la destruction de celle-ci, une gigantesque déflagration de flammes et de débris métalliques fit fondre les chairs du seigneur du temps, et pendant quelques instants, Mendax fut une créature horrible et hideuse, jusqu'à ce que dans une explosion de lumière et d'or il ne revienne à la vie. La Quatrième Incarnation de Mendax était née.

Se réunissant ensuite avec son TARDIS, lui et le Professeur quittèrent Charon, et pour s'assurer qu'il ne mourrait jamais, Mendax chargea le cœur de la planète d'une centaine de torpilles temporelles, si puissantes qu'elles provoquèrent un trou noir au cœur du monde, le faisant s'écrouler sur lui-même. Dans un grand éclair lumineux, un Paradoxe avait eut lieu, Mendax était mort, mais le Professeur n'était jamais venu l'aider, puisque l'avenir de Charon venait d'être réécrit. L'un comme l'autre n'oublièrent cependant pas les évènements étrange de cette aventure. Bien qu'ils ne se recroisèrent pas.



Mendax is finally at Peace.


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Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties


Dernière édition par Mendax le Ven 21 Avr 2017 - 22:33, édité 51 fois
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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Ven 5 Déc 2014 - 15:35








J'ai enfin terminéééééé





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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Ven 5 Déc 2014 - 16:56

Je lis ça dès ce soir !!!! Mais avant tout je tiens à te féliciter xD T'es un grand malade, Dadax

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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Ven 5 Déc 2014 - 16:58

+1 sur le grand malade U_u
Moi jlis ça quand jtrouve le temps! =D

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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   Ven 5 Déc 2014 - 17:03

Héhéhéhé

60 pages word pour 38 376 mots, C'EST QUI L'HOMME ?

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Shadows settle on the place that you left. Our minds are troubled by the emptiness. Destroy the middle, it's a waste of time ; from the perfect start to the finish line. And if you're still breathing, you're the lucky ones 'cause most of us are heaving through corrupted lungs. Setting fire to our insides for fun, collecting names of the lovers that went wrong... Well, I've lost it all, I'm just a silhouette, a lifeless face that you'll soon forget. My eyes are damp from the words you left, ringing in my head, when you broke my chest.
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MessageSujet: Re: Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.   

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Mendax Δ I made no promise. Not to you, not to anybody. Mine was only for myself.

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