TOP
SHOW



 
MERCI DE NOUS AVERTIR DE VOS PRÉSENTATIONS TERMINÉES DANS CE TOPIC.
BIENVENUE Invité !
FORUM RPG BASÉ SUR LA SÉRIE DOCTOR WHO.
REJOINS-NOUS VITE SUR LE TOP SITE DU FORUM !

Partagez | .
 

 Rory Williams _ Together or not at all

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar




Traces de mon passage : 26
Mon arrivée : 28/08/2015
Localisation : Dans le TARDIS, pas forcément de mon plein gré

MessageSujet: Rory Williams _ Together or not at all   Dim 30 Aoû 2015 - 11:52

Enfin terminée!

“ Rory Williams

« Arthur Darvill »

• Prénoms, Noms; Rory Williams
• Date et lieu de naissance; 14 février 1989 à Leadworth
• âge; 29 ans
• Groupe; Humain
• Race; Humain/Auton
• Autre; Humain jusqu'à mourir, aspiré dans une fissure de l'Univers, avant de ressortir au temps des romains sous forme de centurion/robot

♦♦ TELL ME WHO YOU ARE

• Who Am I; Rory Williams est, depuis son plus jeune âge, un garçon d'un tempérament docile, plutôt calme et posé. Rêvant tout d'abord d'une vie de famille tranquille et paisible avec Amy, son grand amour de toujours, il se découvre, au cours de ses voyages avec elle et le Docteur, un certain goût pour l'aventure. Justement, ce fameux Docteur qui a rythmé l'enfance d'Amy lui en a fait voir des belles. Ayant une confiance en lui plutôt restreinte de par, entre-autre, une certaine réserve pouvant s'apparenter à de la timidité, Rory s'est souvent senti rejeté du duo. Tout d'abord, ce jour où le Docteur est réapparu après plus de 10 ans d'absence, puis au début de ses voyages. Il mit un moment à réaliser qu'il avait lui aussi sa place dans l'équipe. Malgré son peu d'assurance, Rory a appris à prendre confiance au fil de ses aventures, et à s'affirmer davantage. Mais c'est surtout un jeune homme loyal et à l'écoute des autres qui n'hésitera pas à mettre sa vie en péril pour protéger ceux qu'il aime. Il est aussi doué d'un certain humour légèrement sarcastique et est capable sans mal d'auto-dérision.
• What I look like; Rory a un physique plutôt banal, châtain aux cheveux courts et ébouriffés et aux yeux noisettes tirant sur le vert. Son visage est pointu et ses traits plutôt fin avec un front moyen et des lèvres minces. Ce qu'il y a de plus notable chez lui est sans doute son nez, long et bossu, ce que ne manque pas de lui faire remarquer le Docteur (qui le surnomme amicalement "le Nez") ou d'autres (Oswin Oswald...) et qui est toujours un petit complexe pour lui. D'une taille moyenne égale à celle de sa femme et du Docteur, il a une morphologie normale voir même un peu maigrichon. Il porte des vêtements plutôt banaux types sweat, jean et T-shirt bien qu'il se vêtisse volontiers en romain pour le plaisir de sa femme...



♦♦ TELL ME YOUR STORY



D'aussi loin qu'il se souvenait, Rory Williams n'avait jamais eu d'yeux que pour Amelia Pond. Bien sûr, Rory aurait pu se décrire autrement qu'au travers de sa femme mais... Non, à vrai dire, c'aurait été se mentir à soit-même que de se dire que sa vie n'avait pas été écrite par la plume d'Amy Pond. Amy... La fougueuse écossaise dont les aventures extraordinaires avaient fait prendre à sa vie un tour si particulier.

I. Avant le Docteur



- Mais il est super, ton dessin! dit papa en levant les bras, tout joyeux. Qui c'est là?

- Là, c'est toi!

- Oui je sais, à côté!

- A côté de Déclic?

- Oui, celle-là!

- C'est Amelia. j'avoue en me mettant à avoir chaud.

- Amelia... Amelia la nièce de Sharon?

- Oui.

Papa me fait un drôle de sourire comme quand il lit dans ma tête et me passe la main dans les cheveux. Il regarde encore mon dessin. Je l'ai fait ce matin sur la table de la cuisine quand il pleuvait dehors et que je ne pouvais pas aller jouer dans le petit jardin. Je l'aime bien notre jardin. Il est petit et il y a un pommier dedans avec des herbes très hautes autour avec plein d'insectes coincés dedans. En été, on sort la tente du placard et j'ai le droit de dormir dedans avec un pull et même Déclic, notre gros chien jaune qui saute partout.

Mon papa, c'est le plus génial des papas. Ensemble on fait plein de choses très chouettes. Je sais qu'à l'école tout ceux de ma classe ont une maman aussi mais pas moi. Quand j'en ai parlé à mon papa, il m'a pris sur ses genoux, m'a parlé d'une voix très gentille, et m'a dit que ce n'était pas vraiment de la faute de maman, qu'elle n'était pas prête à s'occuper d'un enfant, et que ce n'était pas de la mienne non plus, qu'on ne commandait pas ce genre de choses mais qu'il sera toujours là pour moi. J'ai ouvert grand les yeux et les oreilles mais je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. En tout cas, mon papa, lui, restera toujours avec moi, je le sais. Et puis, Amelia n'a pas de maman ni de papa et Mels n'en parle jamais non plus. Et puis j'ai Déclic!

Amelia justement, c'est une fille importante. Je ne sais pas vraiment comment dire. Elle est différente des autres filles que je connais dans mon école. Mels aussi mais c'est pas la même chose. Et c'est même pas parce-qu'elle a les cheveux oranges! Amelia est arrivée l'année dernière à Leadworth, le village où j'habite avec papa et Déclic, et où il y a mon école. Avant, elle vivait en Écosse mais elle a déménagé quand elle avait six ans avec sa tante. Comme papa la connaît un peu, je vais souvent chez elle ou elle à ma maison. Avant, on était juste tous les deux, et on jouait à plein de jeux ensemble, même à la récré. On les inventait, nos jeux, on devait trouver des trésors par exemple, quand on était des pirates, ou délivrer le dragon (Déclic) dans sa tour gardée par la méchante princesse - Amelia n'aime pas les princesses. C'est un truc différent avec Amelia ça aussi. Elle n'aime pas les trucs de fille, elle ne veut pas être une fille, elle dit qu'elle compte comme un garçon. Et c'est vrai! Elle fait beaucoup de bêtises à l'école (surtout avec Mels) et aime l'aventures et les choses dangereuses. Par exemple, à la sortie de l'école, elle escalade les arbres en attendant sa tante, même quand elle risque de tomber!

Il y a pas très longtemps, Mels est arrivée à l'école. C'était une nouvelle qui est dans notre classe, avec Amelia. Amelia, elle est devenue vite amie avec elle parce-qu'elle ressemblait à un garçon elle aussi, et qu'elle aimait faire des bêtises comme voler le pain à la cantine! Depuis que Mels est là, nous trois on s'amuse toujours bien, mais c'est comme si j'étais plus vraiment là parfois. Mels vient souvent chez Amelia, comme moi, et même là-bas, les jeux ont un peu changé. C'est moi qui doit garder la tour du dragon pendant qu'elles, les aventurières, vont le sauver. Parfois quand j'y pense, ça me rend un peu triste et je me dis que je ne dois pas être différent des autres garçons pour Amelia, pas comme pour moi. Mais pas tous le temps, on joue quand-même ensemble et elles me défendant toujours si les autres m'embêtent! Mels a déjà mordu John et Amelia à fait une griffure à Leo.

Et un jour, Amelia a eu un nouvel ami en plus de Mels et de moi. C'était le Docteur. A l'école, un lundi, elle est arrivée très pâle avec du violet sous les yeux. Mels a dit que c'était parce-qu'elle avait pas assez dormi et Amelia a dit que c'était vrai et qu'il s'était passé quelque chose d'incroyable. Elle nous a raconté le samedi soir où une boîte de police bleue était tombée dans son jardin. Elle était descendue pour voir et un monsieur tout mouillé avec des vêtements tout déchirés était sorti de la boîte. Dedans, elle disait qu'il y avait une piscine dans un bibliothèque et qu'on pouvait voyager dans le temps. Elle disait que le Docteur était incroyable, qu'il avait fait apparaître une prison pour un prisonnier zéro avec un œil dans la fissure bizarre de son mur et qu'il mangeait des bâtonnets de poissons à la crème anglaise. Mais il avait du repartir pour réparer sa boîte qui allait exploser et il avait disparu. Amelia avait eu l'air très triste en disant ça et Mels la regardait comme si c'était quelque chose de très chouette et qu'elle la croyait. Moi je ne savais pas. Amelia avait l'ait de croire vraiment à son Docteur mais les boîtes, même les bleues ne peuvent pas disparaître, et un œil ne pouvait pas être caché dans la fissure de sa chambre!

Mon papa pensait qu'elle avait peut-être rêvé mais Amelia n'est pas une menteuse et Mels y croyait vraiment aussi. Le Docteur est devenu notre nouveau jeu. On fabrique des marionnettes et des sculptures en pâte à modeler du Docteur et de sa boîte, et je dois me déguiser en lui pour qu'on aille chasser le Prisonnier Zéro. Mels parle même du Docteur à la maîtresse! Le problème c'est que sa tante commence à s'inquiéter pour Amelia, c'est papa qui me l'a dit, et il voulait aussi savoir si elle allait bien. Je lui ai dit que oui mais il n'avait pas l'air de me croire beaucoup.

Le soir quand papa me couche, je regarde mon dessin accroché au-dessus de mon lit avec papa, moi, Déclic et Amelia. Quand papa éteint à la lumière, je vois juste ses yeux en deux points bleus et ses cheveux oranges.

II. Avec le Docteur



- ... reste éloigné de la chaleur et des ondes radios quand elles existeront. Tu ne peux pas te soigner ou te réparer toi-même. Tout dommage sera permanent. Alors pour l'amour de Dieu, même si tu t'ennuies, tiens-toi éloigné de...

Le Docteur cesse de pianoter sur le manipulateur de Vortex accroché à son poignet et disparaît dans un nuage de fumée accompagné de grésillements d'électricité. Je jette un regard circulaire à la grotte humide dans laquelle je me trouve. Des espèces de statues de pierres sablonneuse l'occupent dans un silence assourdissant, tombant en poussière pour la plupart. Des vestiges grisâtres et en ruine de robots à l'œil unique, de romains et autres aliens inconnus. Le Docteur a dit que c'était des empreintes de ce qui aurait pu être, d'une réalité alternative qui s'est effondrée, je ne suis pas sûr de comprendre. Tout ce que je comprends c'est qu'Amy est avec moi, et que je dois la protéger.

Je m'assoie sur le rebord de la boîte géante et tire mon épée de mon fourreau dans un frottement métallique qui résonne à travers la grotte. La Pandorica. L'immense et majestueux coffre cubique au gravures étranges dans lequel est enfermé ma fiancée. Comment puis-je en être arrivé à monter la garde devant un objet de légende à l'époque des romains alors que l'Univers s'est effondré dans l'attente qu'Amy se réveille? C'est une longue histoire. Une longue histoire invraisemblable que j'aurais bien du mal à raconter. Mais j'ai 2000 ans devant moi. 2000 ans sans voir son visage et sans pouvoir la toucher, l'entendre. Je peux simplement ressasser mes souvenirs, lui parler en rêvant qu'elle m'écoute.

En grandissant, j'ai continué à côtoyer Amy et Mels qui étaient mes deux meilleures amies. Nous passions toujours autant de temps ensemble, au collège comme au lycée et même dans la suite de nos études. Au milieu de cette vie normale qui me convenait parfaitement, il y eut un miracle: je me mis à sortir avec Amy après qu'elle ait enfin réalisé que je l'aimais depuis toujours. Ce fut une période magique. Tout ce temps passé avec elle sans oser lui dire par peur qu'elle ne ressente rien pour moi. Amy, depuis le temps, était devenue une jeune femme magnifique au visage diaphane incrusté d'yeux ambrés, encadré de longues boucles incandescentes ce que ne manquait de remarquer des garçons plus beau et plus populaires que moi et je ne craignais rien tant que de la voir tomber dans les bras de l'un d'entre eux un jour ou l'autre. Mais Amy leur adressait des regards malicieux, riait et se dérobait toujours à eux avec cette espièglerie si caractéristique qui faisait son charme.

Je me lançai plus tard dans des études de médecines et dans ce cadre, passai beaucoup de temps dans l'unique hôpital de Leadworth. Ce fut là que commença pour moi un nouvel événement qui me conduisit à revoir le Docteur Débraillé de l'enfance d'Amy. C'est assez peu glorieux à dire comme ça mais je fus congédié après avoir fait part de deux événements bizarres à un médecin en charge des patients dans le coma. Tout d'abord, j'avais aperçu à plusieurs reprises les concernés se promener en ville alors qu'il n'étaient pas supposé avoir quitté leur lit depuis des jours ou des semaines, puis ils s'étaient mis en chœur à prononcer le nom du Docteur que j'avais interprété comme étant un appel à un médecin de l'hôpital. Je me retrouvai donc à la porte avec la pitoyable sensation de m'être fait jeté comme une vieille chaussette. Comme pour me narguer, je revis encore un patient au centre-ville, se promenant avec son chien. Et même si l'attention générale se portait plutôt sur le soleil qui n'avait pas l'air au mieux de sa forme, j'ai honte d'avouer que c'était lui que je photographiai avec la vague intention de récupérer ma place avec ces preuves... Ce que sembla remarquer celui que je n'aurai jamais cru voir ailleurs que sur les dessins d'Amy enfant.

Et en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, le Docteur, aussi débraillé que me l'avait décrit ma petite amie, se trouva devant moi, sans sembler le moins du monde perturbé de sortir de son imagination, me parlant des patients qui n'étaient pas supposés être là. Et comme un résumé de mon avenir, je fus emporté sans même comprendre ce qui m'arrivait dans un tourbillon d'événements improbables avec alien métamorphe aux longues dents - le fameux Prisonnier Zéro, au programme. Dans un sens, ce fut tellement soudain que je n'eus pas le temps de réfléchir, et à peine les extraterrestres partis et le soleil redevenu normal, le Docteur s'envola à son tour.

Ce fut évidemment un choc énorme pour moi: l'existence du Docteur et des extraterrestres... Mais je sais que ce fut très dur pour Amy plus que pour quiconque à Leadworth, non pas à cause des événements de ce fameux jour, mais parce-qu'une fois de plus, son Docteur Débraillé, le totem de son enfance et le héros ses rêves avait disparu sans plus de considération. Elle n'en parla pas, mais c'était plus qu'évident. Après son second départ, elle se mua dans un silence douloureux, et ne prononça que quelques mots les jours qui suivirent. Froide et distante avec tous le monde, elle me jetait des regards glacials quand je me risquais à rester trop longtemps avec elle. Je savais qu'elle en voulait au Docteur d'être parti sans elle, à elle-même de ne pas avoir réussi à saisir sa chance à nouveau et je m'en voulais aussi à moi-même d'être incapable de la faire rêver comme lui. J'avoue m'être senti jaloux, exclu et inintéressant avant que je ne réussisse à la tirer de sa mélancolie. Depuis, elle ne prononça plus une fois le nom du Docteur. Cependant, je commençai à réaliser que peut-être, sa vie ne lui convenait pas tant que je l'aurait espéré. Que je ne lui suffisais pas vraiment. De plus, Mels commençait à se faire absente régulièrement. Je me mis à songer qu'elle devait se sentir abandonnée, sans même des parents à qui se confier. Cette idée me fendit le cœur et je me jurai d'être, pour ma part, toujours présent à ses côtés.

Un an plus tard, je vécus un moment des plus angoissants et des plus heureux de ma vie: après l'avoir emmené pic-niqué au bord d'un lac dans une ville voisine, je la demandai en mariage, tenant entre mes main tremblante un écrin de velours rouge renfermant l'alliance que j'avais mis des heures à choisir. Ses yeux brillèrent d'un éclat que je ne connaissais pas, ou peut-être était-ce ses yeux qui s'humidifiaient, et elle me sauta au cou, me renversant sans ménagement sur la nappe à carreau. Ce fut le plaquage le plus agréable que je vécus. Nous fixâmes la date du mariage à un an plus tard, le 26 juin 2010, le temps de s'occuper de tous les préparatifs. Il me semblait avoir dissipé la douleur causée par ses rêves d'enfance arrachés, cependant, je la surprenais parfois le soir à regarder les étoiles d'un air mélancolique.

La veille du grand jour arriva vite et je passai mon enterrement de vie de garçon avec des amis et autres connaissances de mes études. La soirée était animée et mon taux d'alcoolémie plutôt élevé lorsque surgit du gâteau, normalement réservé à... Un autre usage... Le Docteur. C'était lui, c'était vraiment lui tel que nous l'avions quitté la dernière fois avec sa coiffure étrange, son visage si particulier et son nœud papillon. Je fus abasourdi, un grand silence s'installa, mais sûrement pas pour les même raisons que moi. Je n'étais pas au bout de mes surprises car avant même que je ne réalise ce qui se passait, il m'annonça qu'Amy avait tenté de l'embrasser. Ce fut comme s'il avait tranché mon cœur en deux. Bien sûr, le Docteur était revenu comme un prince, sans problème de conscience après avoir abandonné ma fiancée deux fois, et elle était tombée dans ses bras. Le Docteur. Le héros de sa vie. Qui étais-je, moi, pour elle? Le gentil Rory pour se distraire en attendant que le Docteur rentre à la maison? Comment avais-je pu penser avoir réussi à lui faire oublier le Docteur alors qu'il n'avait pas mis plus de cinq minutes à chaque fois pour redevenir le centre de son monde? Comment avais-je pu penser faire le poids?

D'après la suite des événements, il n'avait pour autre but que de nous réunir puisqu'il nous emmena en lune de miel anticipé à Venise à la fin de XVIème siècle où nous nous retrouvâmes mêlés à une histoire vampires-aliens. Et même si Amy et lui m'assurèrent qu'elle ne l'avait embrassé que sur un coup de tête après avoir eu peur, je ne pus empêcher une main glacée me serrer le cœur en y repensant.

Ce ne fut qu'en vivant une étrange aventure que je réalisai à quel point j'importais pour Amy. Alors que nous balancions entre deux mondes reliés uniquement par le sommeil représentant un futur possible de notre couple à Leadworth et le TARDIS - la boîte bleue qui voyageait dans le temps, je fus tué par une attaque de... Retraités-aliens dans le premier monde. Amy m'avoua ensuite s'être tuée avec le Docteur sans avoir la certitude de se réveiller. Et alors que je compris enfin que je n'étais pas le seul à l'aimer passionnément, je me rendis enfin compte que ma vie rêvée, une vie paisible, où j'étais marié et heureux à Leadworth avec elle, n'était aussi qu'une illusion. Que pouvait m'importer d'avoir un joli jardin si cette vie ne lui convenait pas? Je réalisais qu'où qu'elle veuille aller, je serai heureux tant que je serai avec elle.

Je me sentis définitivement heureux. J'étais avec Amy, je voyageais avec elle et le Docteur avec qui je commençais à me lier d'amitié, je n'attendais rien de plus. Mais les choses ne durèrent pas et un jour où nous nous occupions d'une confrontations entre humains et intra-terrestre, je fus tué d'un tir d'arme silurienne. Encore. Le destin se moquait de moi. Je ne me rappelle, à ce moment, que d'avoir écarté le Docteur de la trajectoire du rayon lumineux, puis d'avoir ressenti une vive douleur électrique dans le ventre. Je revois le visage d'Amy penché sur moi, comme dans le rêve. M'être dit que je ne serai plus là pour elle et qu'elle était la plus belle personne que j'ai jamais vu. Comme la première fois. Mais que cette fois-ci, un réveil ne me sauverait pas.

Je me trompais. Je jette un coup d'œil à mon épée de centurion, brillant à la lueur des torches accrochée au mur. Je me suis bel et bien réveillé. Dans un corps de romain. A l'époque des romains. J'ai ouvert les yeux sous une tente, la tête remplis de faux souvenirs, de personnes que je n'avais jamais rencontré ailleurs que dans mes livres d'histoires, de batailles menées et de techniques de combat. J'étais un soldat romain. Je vécus quelque jours comme tel, pensant avoir rêvé d'un futur inventé à Leadworth, du Docteur et de ses aventures... et d'Amy. Amy, qui ne serait qu'un rêve. Je crois que c'est ce qui fut le plus dur à supporter. Jusqu'à ce que j'entende parler d'un homme avec sa boîte bleue avec cette fille aux cheveux roux. Mon sang ne fit qu'un tour. C'était eux! Ils étaient de retour pour moi! Je m'arrangeai pour être mêlé à leurs histoires en me portant volontaire pour escorter une femme à la volumineuse chevelure blonde qui avait apparemment affaire à eux. C'est ainsi que j'entrai pour la première fois dans la grotte qui contenait la Pandorica où j'eus la surprise de voir un homme de fer, sorte de robot en piteux état, qui s'apprêtait à défoncer une porte de bois. Je le transperçai sans mal grâce à "ma formation" de soldat. Et la porte s'ouvrit alors sur une silhouette bien connue dans la pénombre du petit placard. Je sentis mon cœur faire un bond dans ma poitrine, il me semblait n'avoir jamais été aussi heureux.

- Qui êtes-vous? balbutia Amy que mon casque, ma tenue de centurion et ma position à contre-jour devait porter à confusion.

- Salut Amy. répondis-je seulement en ôtant mon casque pour m'approcher d'elle, le bonheur faisant enfler ma poitrine à chaque pas.

Elle tituba et ses yeux papillonnèrent alors qu'elle perdait connaissance. Je la rattrapai de justesse et l'allongeai sur une surélévation en pierre dans un coin. Ils était bel et bien revenus pour moi, ils m'avaient retrouvés et maintenant, j'allais pouvoir reprendre ma vie avec Amy là où je l'avais laissé. Ce court instant de bonheur et d'espoir fut cependant vite balayé. J'aurais pourtant du comprendre, après avoir retrouvé le Docteur – qui ne se rendit tout d'abord pas compte de ma présence, que le long silence suite à ma demande de savoir si j'avais manqué à Amy n'était pas anodin.

Lorsqu'elle s'éveilla enfin, la scène que je vécus me donna l'impression d'un trou en plein dans le ventre. Elle... me passa devant. Tout simplement, m'accordant à peine un regard pour me remercier pour « le truc avec l'épée » avant de se détourner pour quitter la pièce sans plus de cérémonie. Le Docteur, comme quelques minutes auparavant, me rappela que je n'avais jamais existé, que je n'étais jamais né, que c'était pourquoi elle ne se souvenait pas de moi. Et à mesure qu'il parlait, je sentais le trou dans mon ventre se faire plus vaste et plus douloureux. Amy ne se souvenait pas de moi. Je n'avais jamais existé pour elle. Alors que le désespoir menaçait de m'envahir complètement, le Docteur m'envoya une petite boîte rouge qui n'était autre que l'écrin de velours renfermant l'alliance de ma fiancée. Face à mon incompréhension, il me confia une chose qui retentit encore à mes oreilles.

- L'Univers est grand. Il est vaste et compliqué et ridicule. Et parfois, très rarement, des choses impossibles se produisent, on les appelle des miracles, c'est la théorie.

Un miracle. Un miracle ridicule m'avait ramené à la vie. Du moins c'est ce que je pensais. Je retrouvai vite Amy. Un autre miracle ridicule, priai-je, une dernière chance pour que mon existence n'ait pas été que du vent. Le miracle me fut à nouveau accordé. Sans savoir pourquoi, elle se mit à pleurer lorsque je lui appris mon nom, et je sentis une nouvelle dose d'espoir s'insuffler en moi. L'espoir aurait du rester. Si ce n'était cette... Chose qui se produisit alors. Tout autour de nous, les romains qui passaient dans le camp s'immobilisèrent pour se tourner vers l'entrée de la grotte abritant la Pandorica. Leurs yeux se vidaient d'expressions et devenaient fixes alors que leurs mouvements se faisaient mécaniques. Et alors que leurs doigts joints s'ouvraient comme un clapet, de leurs mains tendues jaillirent des canons d'armes à feu. Je sentis alors une volonté supérieur s'emparer de moi. Ma résurrection n'avait jamais rien eu d'un miracle. J'avais été créé pour accomplir la même mission qu'eux. Mais je n'étais pas comme eux ! J'étais Rory ! Je n'étais pas une machine à tuer... ! Et pourtant, toujours cette volonté étrangère et de plus en plus forte qui ne me disait qu'une chose : Amy était en danger. Je lui criai de s'enfuir avant qu'il ne soit trop tard, avant que je ne puisse plus lutter contre cet instinct. Mais c'est alors qu'elle se rappela de moi. Et qu'elle s'opposa définitivement à l'idée de partir. Et que la volonté pris finalement le dessus. Comme dans un cauchemar, je vis le canon de l'arme jaillir de ma main et le visage de ma fiancée se torde dans une expression de douleur et d’ahurissement. Et j'eus à peine le temps de hurler qu'elle s'effondra.

Voilà comment Amy se trouvait à présent dans la grande boîte qui retenait le peu de vie qu'il lui restait jusqu'à ce qu'un extrait de son ADN ne puisse être prélevé 2000 ans plus tard pour la lui rendre définitivement. Alors que je pleurais sur le corps de celle qui avait été la seule que j'ai jamais aimée, assistant à la fin de l'Univers, le Docteur était apparu devant moi dans un crépitement d'électricité, me confiant son tournevis sonique afin que j'aille le sortir de la Pandorica avant de disparaître, ce que je fis sans attendre. Et aussitôt que cette version de lui-même fût délivré, il constata l'horreur qui venait d'avoir lieu. Le corps d'Amy gisait toujours au sol, incarnation de mes pires cauchemars. Il l'enferma alors dans la Pandorica et, suite à mon refus de l'accompagner dans le futur pour veiller sur Amy, il s'évanouit comme quelques minutes auparavant, me laissant pour seule compagnie celle que je ne pourrais pas voir avant 2000 ans.

- Je vais rester là, Amy. je murmure à la boîte en imaginant ma voix la traverser pour atteindre ses oreilles. Je vais rester là jusqu'au bout. Personne ne te fera jamais de mal et je ne te laisserai jamais tomber.

III. Après le Docteur?



- Nous avons deux vies. je remarque en prenant le soleil sur la terrasse avec Amy. La vraie vie et la vie avec le Docteur. Mais on ne donne pas beaucoup de priorité à la vraie vie.

- Qu'est-ce qu'on fait ? s'enquit-elle en me fixant avec intérêt.

- On choisit ?

A peine ai-je prononcé cette phrase que les vrombissements familiers du TARDIS nous parviennent. On dirait bien que nous allons une fois de plus être brutalement arrachés à notre « vraie » vie...

- Mais pas aujourd'hui. ajoute-t-elle précipitamment.

- Non, pas aujourd'hui. je l'approuve.


... Cependant pas pour nous déplaire. Beaucoup de choses ont changé depuis la Pandorica. Et je ne parle pas des 2000 ans à attendre. 2000 à parler à une boîte muette, à trouver tous les moyens possibles pour tromper l'ennui, à se tirer de situations plus critiques les unes que les autres... Et à tenter de retenir, de me raccrocher au souvenir d'Amy. 2000 à tenter de me rappeler de son visage, de sa voix, de ses gestes... Le moment des retrouvailles fut l'un des plus beaux de ma vie... Jusqu'à ce que le jour du mariage arrière enfin. Une fois encore, le Docteur parvint à sauver l'Univers. Et Amelia Pond devint finalement Amelia Williams... Du moins officiellement. Aux yeux de ma femme et du Docteur - et je me laissais moi-même piéger parfois, j'étais bel et bien Rory Pond. Qu'importe. Nous étions définitivement liés. Et que ce soit une horde de vieillards-aliens ou la fin de l'Univers, rien ne saurait plus nous séparer.

Après une suite de voyages de lune de miel chaotiques s'ensuivit une courte période où Amy et moi vécûmes à nouveau à Leadworth où le Docteur nous faisait signe à travers le temps en nous emmenant en voyage de temps en temps... Jusqu'au jour où nous reçûmes cette lettre bleue TARDIS portant le chiffre 2 nous conviant au lac Silencio dans l'Utah, date et heure tout aussi précises. Non signée mais il n'était pas difficile d'en deviner l'émetteur et Amy et moi suivîmes les coordonnées au jour et heure indiqués. Comme prévu, nous y retrouvâmes le Docteur, et, à notre surprise, River Song, la femme aux volumineux cheveux blonds et bouclés qui nous avions rencontrés dans le camp de romains 2000 ans auparavant. Un pic-nique nous attendait au bord du fameux lac, espace perdu au milieu de nul part donc le sable était léché par l'eau bleue. Nous le débutâmes dans la bonne humeur général jusqu'à ce qu'un événement imprévu - du moins, pour Amy et moi, ne l'interrompe. En fait, "interrompre" est un euphémisme puisque le scaphandrier-astronaute qui surgit alors des eaux du lac Silencio... Divisa le temps. C'est franchement étrange et pas très clair comme formulation mais c'est bel et bien ce qui arriva. Deux situations se produisirent en même temps ayant pourtant la même débouchée. Chose qui a tendance à me perturber encore aujourd'hui mais que j'ai classé, tout comme Amy avec qui j'ai eu de longues discussions à propos de ce qui c'était produit, dans la catégorie "trucs bizarres associés au Docteur".

Dans la première version, après nous avoir intimé l'ordre de ne pas intervenir, il fut tué par le mystérieux nouvel arrivant après que ce dernier lui ait tiré dessus à plusieurs reprise, suite à quoi, après avoir brûlé son corps, nous nous rendîmes dans un restaurant à proximité, où nous trouvâmes une version plus jeune du Docteur qui n'avait pas encore vécu ceci. Nous nous lançâmes dans une chasse aux aliens en 1969 et au terme de ce voyage j'appris qu'Amy s'était crue enceinte et avait confiée cette inquiétude au Docteur. Cette information m'intrigua, voir m'inquiéta quelque peu mais ce ne fut que plus tard que j'en réalisai l'ampleur. Nous reprîmes alors nos voyages avec lui comme avant à une différence près : derrière chacun nos regards, à l'abri de nos pensées se cachaient la fatalité de savoir qu'un jour, notre meilleur ami mourrait sous le tir d'un inconnu surgi de nul part. Amy surtout, qui avait une relation si privilégiée avec lui, semblait passer chaque minute passé avec lui à refouler l'envie de tout lui révéler, et chacune ailleurs à se demander quel danger il courait lorsqu'elle tournait le dos. Je savais que la situation était pour elle insoutenable. Et le Docteur sentait aussi que quelque chose n'allait pas. C'est dans cette atmosphère de confidences gardées soigneusement pour soi que se déroulèrent trois des plus grands événements de ma vie. De notre vie.

Après avoir passé une journée à nous pencher sur le cas d'un laboratoire étudiant et pratiquant la création de clones de chair demandant leur indépendances vis-à-vis de leurs modèles, nous rentrâmes tous les trois dans le TARDIS avec précipitation après que le Docteur nous ait implicitement informé de l'urgence de la situation. La tension était palpable, notre ami, à quelques mètres d'Amy la considérait comme une chose très précieuse qui lui glissait entre les doigts et je me suis rapproché d'elle, alerté, comme pour la retenir avec moi, loin des griffes d'un ennemi inconnu. Mais avant même que je comprenne le sens des paroles du Docteur qui prétendait que ma femme n'était plus avec nous depuis longtemps, il pointa son tournevis sonique sur elle et son image s'effaça alors qu'elle s'effondrait au sol en un tas de chair blanchâtre.

Je ne peux raconter l'horreur qui me saisit à la gorge alors que le Docteur tentait de me calmer et de m'expliquer que la vraie Amy était prisonnière quelque part, et que nous allions la délivrer. Ce fut cette frayeur de ne pas savoir où était ma femme, qui l'avait faite prisonnière et ce que cette personne voulait d'elle qui me conduisit à une détermination sans faille : je la retrouverai, comme l'avait dit le Docteur, quoi qui lui arrive et où qu'elle était. Je la retrouverai toujours. Nous étions sur la même longueur d'onde, moi et le propriétaire du TARDIS, et nous nous lançâmes sans tarder à sa recherche. Nous fouillâmes les moindres recoins de l'Univers, interrogèrent les connaissances du Docteur, menacèrent ses ennemis – il supposait qu'Amy était un moyen de pression pour causer sa perte. Ce fut au bout de cette chasse au trésor chaotique et laborieuse que nous aboutîmes à un astéroïde du nom de « Demons run » où je retrouvai enfin ma femme et ma fille. Je ne peux décrire l'état de bonheur que je ressentis après ces nouvelles retrouvailles auquel s'ajoutait un tout nouveau membre. Un tout petit, et tout fragile membre, ma fille Melody.

Je les laissai peu après toutes deux à l'abri dans un coin pour me joindre à la bataille opposant les Moines sans Têtes, alliés à ceux qui avaient enlevés ma femme, et l'armée du Docteur. Mais c'est au terme de cette bataille où notre défaite fut cuisante que se déroula, pour moi, une catastrophe qui changea tant de chose dans ce qu'aurait pu être notre vie, à Amy et à moi. Je me rappellerai toujours de son cri. De son regard éperdu. De ce chagrin sans nom qui la faisait serrer de toutes ses forces contre sa poitrine un lange aussi blanc de la substance qui s'en échappait, gouttant au sol pour reformer l'image du tas immaculé qu'elle avait laissée avant de disparaître. Notre fille avait disparu. Elle nous avait glissé entre les doigts, remplacée par une illusion qui venait de s’effondrer en même temps que notre bonheur renaissant.

Le Docteur arriva peu de temps après, constatant les restes de ce qui avait été son armée soudée et ses amis réunis avec leur enfant. River apparut peu de temps après et cette partie est assez floue pour moi tant le désespoir m'accablait, la seule chose dont je me rappelle est cette phrase qu'elle prononça une fois le Docteur, tout sourire, disparu dans le TARDIS.

- Je suis Melody. Je suis votre fille.

Le choc fut immense. Phénoménal. Le temps sembla ralentir son vol. Le monde autour de moi s'effriter. River Song. Melody Pond-Williams. La même personne. Ma fille. Notre fille. Comment aurais-je pu ne serait-ce que l'imaginer ? Cette femme qui semblait plus âgée que nous était notre fille. Celle qui paraissait avoir vécu bien davantage. Je ne l'avais vu que deux fois auparavant, une fois de plus pour Amy, et pour elle comme pour moi, elle restait très mystérieuse. Et voilà qu'une des nombreuses énigmes qui l'entourait se révélait être ses origines. Nous avions donné naissance à un bébé de quelques heures, et nous nous retrouvions avec une femme d'une quarantaine d'année. Nous apprîmes plus tard que cet âge, tout comme dans le cas du Docteur, était une façade qui en dissimulait un bien plus avancée. Qu'ayant été conçue dans le TARDIS, elle avait un ADN d'humain et de Seigneur du Temps, qu'elle pouvait donc se « régénérer » en changeant de corps et d'image. Mais pour le moment, ignorant de tout ça et sous le choc de cette immense révélation, je considérais, abasourdi, cette femme que je ne parvenais pas à reconnaître comme le bébé qui venait de disparaître.

A peine conscients de ce qui nous arrivait, nous fûmes ramenés, Amy et moi à Leadworth par River par le biais de son manipulateur de vortex, ayant consentis à quitter l'astéroïde par la promesse du Docteur de retrouver Melody. L'été passa sans que nous ne revoyions le Docteur, toujours à la recherche de notre fille. Nous le passâmes, pour notre part, à ressasser ce que nous avions appris, à nous inquiéter, puis à reprendre espoir en sachant ce qu'était devenue Melody, avant que la peur ne nous reprenne de ne pas la voir grandir. Nous le passâmes à nous soutenir mutuellement. A mêler nos inquiétudes à nos espoirs. Durant cette période, nous eûmes l'occasion de revoir une vieille amie : Mels nous rendit souvent visite et nous l'informâmes tant bien que mal de la situation. Elle qui n'avait jamais eu l'air de cesser de croire une seconde aux histoires du Docteur Débraillé, s'avéra accepter ces informations insensées et décousues comme si elle n'avait jamais rien entendu d'aussi logique. Elle nous fut d'un grand soutien, étant aussi présente que nous avions besoin tout en sachant nous laisser notre intimité quand elle nous en sentait le besoin.

Au bout de cet été, Amy et moi décidâmes d'un commun accord que nous lui avions laissé suffisamment de temps pour se manifester et prîmes la décision de l'appeler d'une façon... Moins commune qu'un coup de fil, dirons-nous. Et en quelques longueurs automobiles dans un champ de blé, nous traçâmes les lettres du mot « Doctor ». Nous le retrouvâmes aussitôt dans le second O de son nom, accompagné de son fidèle TARDIS. Il nous annonça avoir fait son possible pour retrouver notre enfant mais en avoir été incapable. C'est alors que, dans un vrombissement de moteur de voiture de luxe, surgit d'entre les tiges de blés aux alentours, la voiture en question dont la conductrice descendit sans tarder. Il s'agissait de Mels. Elle considéra la cabine bleue avec cette nonchalance légèrement arrogante qui lui était propre et nous eûmes à peine le temps de pousser un cri épouvanté qu'elle menaçait notre ami d'un revolver pour s'enfuir dans le TARDIS avant l'arrivée de la police dont nous entendions la sirène au loin.

Après un atterrissage en catastrophe à Berlin à l'époque d'Hitler dans le bureau duquel nous nous étions lamentablement écrasés, notre meilleure amie se fit tirer dessus par erreur par le dictateur. Ce fut comme si j'avais reçu la balle à sa place. La voir s’effondrer au sol, la vie commencer à s'échapper d'elle, c'était une vision insupportable. Nous la connaissions depuis si longtemps, nous avions partagé tellement de chose... Le désespoir gagnait dangereusement du terrain alors que, penchés sur elle gisant au sol, Amy, le Docteur et moi entendîmes ce qui allait à nouveau produire un si grand choc pour nous. Au détour d'une blague disant que la permission de se marier au Docteur pouvait lui être donnée dans cette pièce, résonna soudain une vérité frappante. Une lueur dorée commença à s'échapper d'elle et alors que le Docteur nous intimait l'ordre de nous écarter d'elle tandis qu'elle se mettait debout comme si elle n'avait jamais reçu la balle supposée mortelle.

- Mels, commença-t-il, diminutif de...

- Melody. acquiesça notre amie.

Notre amie... Et notre fille comme nous l'apprenions à l'instant. Et sans nous laisser le temps de poser la moindre question, elle rejeta la tête en arrière et écarta les bras, laissant un flux de lumière dorée jaillir d'elle, changeant son corps et son visage à l'abri du torrent ambré. Et redressant la tête, elle laissa découvrir le visage et la chevelure folle de River Song. Melody Pond-Williams. Mels. River Song. Notre fille. Celle qui avait rythmé et partagé notre enfance, nos rires et nos jeux. Celle qui avait grandi à nos côtés, prenant du terrain sur la vie alors que nous passions d'enfants à adultes. Notre amie d'enfance, notre meilleure amie n'était autre que Melody, notre enfant. Nous avions vu grandir notre fille au travers de notre enfance.

Le reste de la journée fut une course-poursuite à travers Berlin à la recherche de Melody-River qui avait manifestement pour but de tuer le Docteur, ayant, d'après le concerné, été formée pour ça – sujet d'un nouveau gros choc pour Amy et moi. Quelle enfance avait-elle donc vécue ? Contrainte de n'avoir en tête que le meurtre ?  Source de nombreuses sensations de chute libre à l'idée de ma fille, si jeune et sans défense, face à une telle éducation. Au terme de cette journée, Melody réalisa finalement ne plus tenir à la mort de celui pour lequel elle devait déjà se sentir éprouver quelque chose, et elle utilisa son énergie régénératrice – s'empêchant elle-même d'y accéder – pour le sauver, perdant connaissance après lui avoir rendu la vie. Le Docteur la déposa dans le meilleur hôpital de l'Univers, disait-il, lui laissant pour tout souvenir de lui un cahier bleu au motif du TARDIS qui allait devenir le carnet de bord, point de repère temporel de ma fille.

Nous reprîmes nos voyages avec le Docteur quelque temps jusqu'à une certaine destination, un hôtel rassemblant les pires cauchemars de ses occupants, où il sembla réaliser quelque chose qui lui avait échappé jusque là, ou qu'il avait à tout prix voulu oublier. Après ce « dernier » voyage. Il nous déposa sur Terre, devant une magnifique maison devant laquelle était garée la voiture de mes rêves. Il voulait nous laisser, selon Amy, avant de nous perdre définitivement. Nous sauver, disait-elle. C'est dans cette fameuse maison que vivons aujourd'hui oscillant entres aventures à travers le temps et l'espace qui commencent à ressembler de plus en plus à des fuites, et vie normale qui nous priverait définitivement des voyages palpitants que nous avons menés jusque-là.

Mais ce n'est pas ici que s'arrête l'histoire avant aujourd'hui. Car il ne s'agit que de la première version de mes souvenir. Celle dans laquelle le Docteur meurt au lac Silencio, remplacé par la version plus jeune de lui avec qui nous reprenons nos voyages. La seconde version est... Bien différente c'est le moins qu'on puisse dire.

Comme la première fois, le pic-nique est interrompu par l'arrivé du scaphandrier-astronaute surgi des eaux du lac. Comme la première fois, le Docteur nous intime de ne pas intervenir quoiqu'il puisse arriver. Mais alors que l'inconnu tend le bras devant lui, ce n'est pas un rayon électrique qui en sort pour frapper notre ami, lui ôtant la vie. En fait, il ne se passe strictement rien... Et avant que je ne comprenne ce qui m'arrive, je me retrouve dans un autre monde où, comme dans le camp de soldats romains près de la Pandorica, j'ai mes souvenirs et je m'y sens comme si j'y avais toujours vécu. Un monde mêlant toutes les époques alors que le temps lui-même s'est figé. Dans ce monde, je ne connais pas le Docteur ni n'ai de relation particulière avec Amy dont je suis à la charge en tant que « Capitaine Williams ».

Après une intervention d'urgence au Sénat de Buckingham où nous avions détecté la présence de nombreux Silence, Amy tomba sur le Docteur que je ne reconnus pas lorsque nous embarquâmes à bord du train qui nous mena à la pyramide où étaient retenus captifs ces créatures. Mais c'était visiblement autre chose qui intéressait ma patronne car sitôt arrivés et après avoir vaincus un groupe de ces aliens qui, comme nous le réalisâmes n'étaient en rien prisonniers, je fus embarqué dans une course qui nous mena au sommet de la pyramide, elle, le Docteur, River que je ne reconnus pas non plus comme ma fille, et moi. Là-bas, bien qu'incapable sur le moment de comprendre vraiment ce qui se produisait, je saisis vaguement que le Docteur voulait – devait – mourir, sinon le temps se détruirait, et que c'était la faute de River qui finalement, l'épousa avec notre accord à Amy et à moi, après qu'en quelques mots qui m'égarèrent encore davantage que je ne l'étais déjà, m'expliqua que nous étions mariés et ses parents. Il échangèrent un baiser et le temps repris son cours normal.

Amy, River et moi étions à nouveau au bord du lac Silencio à observer, désespérés, le Docteur se faire tirer dessus par l'Impossible Astronaute avant de retrouver la version plus jeune du Docteur, puis que tout se déroule comme dans la première version : Amy disparaissant en tas de chair, nos recherches pour la retrouver, Demons run et Melody, River Song qui se révélait être notre fille, puis Mels à son tour, la maison laissée par le Docteur... Le Docteur qui, selon nous, malgré les deux versions de ce moment si étrange au lac Silencio, était mort, tué par l'étranger surgi de l'eau. River-Melody resta quelques temps près de nous, nous rendant régulièrement visite, sans doute tant pour passer du temps avec des parents qui la reconnaissaient enfin que pour nous soutenir – surtout Amy – dans l'épreuve qu'était le deuil du Docteur.

Jusqu'à cette soirée où, rentré de mon travail d'infirmier comme tous les soirs, environ un mois après que le Docteur nous ait laissé après l'hôtel des cauchemars, je retrouve ma femme et ma fille en pleine démonstration de joie dans le jardin, dansant et riant gaiement. Je n'attendis pas longtemps pour connaître la cause de ce bonheur alors que cela faisait quelques semaines que la mélancolie voilait Amy. Lors de leur mariage improvisé au sommet de la pyramide, juste avant de s'embrasser, le Docteur avait dit confié son nom à River au creux de l'oreille, sans que ni Amy, ni moi ne puissions entendre de quoi il retournait. Il s'avéra que les quelques mots chuchoté à ma fille n'étaient autre que « regarde dans mon œil », l’œil étant, comme nous l'avions appris à Berlin lors de la course-poursuite aux trousses de River-Melody, le point par lequel le conducteur du robot métamorphe du Tesselecta, pouvait voir et être vu des autres. Ce n'était donc pas le Docteur qui s'était fait tirer dessus par l'inconnu du lac mais bien le robot à son image, lui étant bien à l'abri à l'intérieur ! Même si j'étais loin d'avoir la même complicité avec lui qu'Amy, je ne le considérais pas moins comme un de mes amis les plus chers et ce fut avec la même joie que j'appris la nouvelle. Le Docteur était vivant ! Le Docteur s'était encore bien fichu de nous et devait voyager quelque part dans une autre galaxie en profitant de la longue vie qui lui restait à vivre !

Bien que je sentais que le Docteur manquait toujours à Amy, elle fut apaisée par cette nouvelle et passa les deux années suivantes sans le voir à considérer la situation de son meilleur côté... Bien qu'il lui arrivait quelques fois, comme de nombreuses années auparavant, de regarder le ciel avec une nostalgie empreinte de sérénité. Elle savait le Docteur en vie, toujours partant pour de nouvelles aventures, mais aussi seul et loin d'elle. Passer tant de temps sans son meilleur ami, celui qui avait rythmé toute sa vie depuis son enfance était forcément un peu difficile pour elle, bien qu'elle sache qu'il faisait ça en grande partie pour nous protéger. Je dois avouer qu'il m'arrivait souvent de regretter la candeur du Docteur. De guetter le moindre bruit à l’affût du son si reconnaissable du TARDIS. Les moins passèrent, plus les années, et je commençais à abandonner l'espoir qu'il revienne un jour... Jusqu'à cette soirée de Noël deux ans plus tard où il fit son grand retour avec autant d'enjouement et aussi peu de gêne que s'il était parti la veille. Ce fut une soirée merveilleuse où je réalisai enfin à quel point il m'avait manqué. Il nous parla de ses voyages, nous lui racontâmes notre vie d'humains lambda.

Nous aurions pu reprendre nos voyages avec lui comme auparavant, notre détachement total pour la « vraie vie », laisser tomber les courses aux supermarchés, les réveils le matin pour aller travailler, les soirées devant la télé à regarder des comédies stupides au profit de toutes les planètes de l'Univers si un petit quelque chose ne nous avait pas retenu : nous nous étions attachés à cette vie normale. Tranquille et paisible loin de l'agitation qui régnait à bord du TARDIS. La vie qui me faisait rêver des années plus tôt alors que la volonté d'Amy me tirait à l'écart de ce projet avait fini par devenir réalité. Presque 10 ans déjà que je l'avais rencontré. Le Docteur nous rendait donc visite de temps en temps pour nous embarquer dans de folles aventures avant que nous ne reprenions notre vie sereine pour quelques semaines, ou mois parfois à mesure que nos rencontres s’espaçaient.

C'était le sujet de la discussion de cette matinée sur la terrasse peu avant que le Docteur ne débarque. Nos sentions bien que cette façon de vivre ne pouvait pas durer éternellement, ces deux vies n'étaient pas compatibles. Mais il était tellement dur de faire un choix. Renoncer à une vie paisible ou à tout le temps et l'espace... Et au Docteur qui était malheureusement indissociable de ses aventures. Comme l'a dit Amy de toute façon « pas aujourd'hui ». Résoudre ce dilemme n'est pas pour aujourd’hui. Renoncer à une des deux vies que nous aimons tant n'est pas pour aujourd’hui. Ça relève d'une certaine lâcheté il faut bien l'avouer, une nouvelle fuite en avant... Pour oublier qu'il faudra tôt ou tard faire un choix.
Le temps et l'espace.
Ou une vie tranquille.

Et abandonnant ces préoccupation à l'extérieur du TARDIS, j'y entre à la site d'Amy d'où le Docteur nous adresse un sourire rayonnant accompagné d'un candide « Salut les Ponds ! ». Quelques boutons et leviers tripotés plus tard, nous nous envolerons vers une nouvelle destination. Le temps et l'espace sont à portée de main aujourd’hui. Aujourd'hui, au moins aujourd'hui, nous laissons la « vraie vie » à la porte.



♦♦ AND YOU, WHO ARE YOU

• Prénom/âge/sexe; Louyse/14 ans (bientôt 15)/Fille
• Région; Ile-de-France (Paris)
• Fréquence de connexion; 3/7 sans doute mais ça dépendra vraiment de mon emploi du temps
• comment as-tu découvert le forum ? En recherchant désespérément un bon forum RPG DW
• Code du règlement; Mendax was there
• Autre chose ? J'ai super-hâte de commencer les RPs!

__________________________


Dernière édition par Rory Williams le Mar 1 Sep 2015 - 14:50, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

For all you know,I’m the silver in the bullet
For all you know,
I’m the silver in the bullet



Traces de mon passage : 1263
Mon arrivée : 23/02/2012

MessageSujet: Re: Rory Williams _ Together or not at all   Lun 31 Aoû 2015 - 11:22

Bienvenuuuuuuue
Si tu as des questions, n'hésites pas

__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Traces de mon passage : 101
Mon arrivée : 01/09/2014

MessageSujet: Re: Rory Williams _ Together or not at all   Lun 31 Aoû 2015 - 17:59

Roryyyy
Y'en a une qui va être ravie.
J'suis tellement contente qu'il soit tenté

__________________________

NOT WITH HASTE

We will run and scream. You will dance with me. Fulfill our dreams and we'll be free. We will be who we are. And they'll heal our scars. Sadness will be far away
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar




Traces de mon passage : 26
Mon arrivée : 28/08/2015
Localisation : Dans le TARDIS, pas forcément de mon plein gré

MessageSujet: Re: Rory Williams _ Together or not at all   Lun 31 Aoû 2015 - 21:18

Merci à vous deux! J'aime tellement ce personnage et sa relation avec notre p'tite écossaise préférée que je ne me suis pas sentie le choix! J'ai hâte de commencer!
Après je ne veux pas avoir l'air trop impatiente mais c'est normal que mon personnage mette autant de temps à être validé?

__________________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

For all you know,I’m the silver in the bullet
For all you know,
I’m the silver in the bullet



Traces de mon passage : 1263
Mon arrivée : 23/02/2012

MessageSujet: Re: Rory Williams _ Together or not at all   Dim 6 Sep 2015 - 16:13

So so so so sorry du retard

Mais c'est top cool !    
“ welcome in the game !

   
Félicitations, ton personnage est validé ! Tu peux désormais commencer le jeu en créant tout d'abord tes fiches de topics et de liens, en remplissant bien ton profil et en faisant recenser ton avatar ici. N'oublie pas de nous prévenir en cas d'absence, ici. Si tu as la moindre question ou réclamation à faire, adresses-toi aux administrateurs et modérateurs, ils se feront une joie de te répondre. Bon jeu à toi !
   

__________________________

Yesterday was a million years ago ; in all my past lives I played an asshole. Now I found you, it's almost too late... And this earth seems obliviating, we are trembling in our crutches. High and dead our skin is glass. I'm so empty here without you, I know it's the last day on earth ; We'll never say goodbye.
Love burns it's casualties
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Rory Williams _ Together or not at all   

Revenir en haut Aller en bas

Rory Williams _ Together or not at all

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
• THE SILENCE HAS FALLEN • :: 'cause everyone is important :: présentations. :: ceux qui participent.-